Les trois kidnappées

Espérons que les kidnappées prendront un jour leur liberté pour promouvoir un monde de paix et d’amitié… tout comme elles l’ont offert à leur naissance : en « sécurité et respect des droits de l’homme ».

Pour leurs âges, il s’agit de « dames » et de la même génération ; l’une est née en 1945, l’autre en 1948, et la troisième en 1949. Elles sont nées : l’une à San Francisco, mais a été transférée à New York ; l’autre à Bogota, elle a été envoyée à Washington, et la troisième, à Washington, mais est installée à Bruxelles.

De plus, elles sont nées avec un destin de « dames respectables ».
Mais, pour toutes les trois, un même « tuteur de facto » est apparu.

Inutile de les présenter. Elles sont trois Organisations : l’une, l’ONU pour Nations Unies ; l’autre, l’OEA pour États américains et la troisième, l’OTAN pour le Traité de l’Atlantique Nord.

Son tuteur ne vaut pas la peine d’être présenté ; États-Unis.

Le destin respectable était pour ses principes fondamentaux, offerts par ses nations progénitrices :
Les 51 de l’ONU : « sécurité, paix, droits de l’homme, progrès social ».
Le 21 de l’OEA : « sécurité, paix, droits de l’homme, développement, intégration, amitié ».
Les 12 de l’OTAN : « sécurité, paix et défense en cas d’agression contre l’un d’entre elles ».
Le temps démontre que le gardien de ces Organisations les a kidnappées pour les transformer de respectables en perverses.

L’ONU fédère aujourd’hui 193 nations. Elle a le curieux concept démocratique selon lequel la majorité des voix de ses membres est invalidée si seulement un des cinq oppose un véto.
L’OEA, pour sa part, représente 35 nations. Son « intégration » a exclu un pays et sa « paix et amitié » affronte beaucoup de ses membres qui demandent le respect de leurs souverainetés.
L’OTAN, pour sa part, réunit 30 nations. De l’Atlantique Nord, comme les conquérants coloniaux, elle navigue vers d’autres latitudes avec une intention autre que « la paix et la défense » et tente des relations amoureuses dans le Pacifique et d’autres régions stratégiques. Son principe de « défense contre la pénétration d’Est en Ouest » s’est transformé en une obsession de conquête du monde. Elle bombarde, envahit, organise des coups d’État, détruit des pays et leurs peuples ; allant même jusqu’à violer ses accords avec sa sœur l’ONU. Elle se veut la puissance mondiale hégémonique et prétend empêcher un monde multipolaire.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, avait raison quand, dans une lettre à l’ONU, il écrivait que les États-Unis « … sont la nation qui sème sur la planète des bases militaire, déclenche tant de guerres, violant la souveraineté de tant de nations. » Il a également demandé  » Pourquoi l’ONU ne fait-elle rien pour arrêter Washington, qui s’est octroyé le pouvoir de juge du monde sans que personne ne lui en confie cette responsabilité ? « 

Et il avait raison lorsqu’il demandait que l’OEA ait son siège dans l’un des pays d’Amérique latine, où se trouve l’immense majorité de ses membres.

Espérons que les kidnappées prendront un jour leur liberté pour promouvoir un monde de paix et d’amitié… tout comme elles l’ont offert à leur naissance : en « sécurité et respect des droits de l’homme ».

Jean Araud pour La Pluma le 4 août 2022

Las secuestradas.Pag 13 Le Courrier de l’Orénoque,  Caracas  le 29 juillet 2022

Edité par María Piedad Ossaba

Español: Las tres secuestradas