Poésie et Procureur Général

Et de plus quand on découvre que l’auteur du livre de poésie est le procureur général, cela se transforme en inhabituel, et quand le procureur général lui-même lit ses poèmes, en extraordinaire.

Au Venezuela, en ces temps de sanctions unilatérales et de blocus (organisés principalement par les Etats-Unis et l’Union Européenne), le quotidien est celui de préoccupations matérialistes : réussir à se nourrir, obtenir les produits de première nécessité en évitant une « hyper-spéculation induite » (dans le but de produire une révolte populaire pour justifier une intervention), perdre des heures à se ravitailler en essence ou faire face aux coûts inaccessibles des services médicaux privés. Un rythme de vie imposé à un peuple pour lequel le matériel prime ainsi sur toute idéologie.

#POÉSIE Invitation du poète Antonio Trujillo. Salle de lecture Ramón Palomares de la Bibliothèque Marcel Roche de l’IVIC : Présentation de l’anthologie En un paisaje Boreal avec le poète et frère Luis Alberto Crespo.

Dans ces circonstances, être témoin récemment à la bibliothèque de l’Institut vénézuélien de recherche scientifique IVIC de la présentation d’un livre de poésie inspire, que pendant quelques instants, il soit possible de changer d’horizon et d’échapper à ces situations misérables.

Cela retient d’autant plus l’attention quand l’invitation émane d’un chroniqueur, directeur du Magazine national de la culture et que le présentateur est un ancien ambassadeur du Venezuela auprès de l’Unesco.

Et de plus quand on découvre que l’auteur du livre de poésie est le procureur général, cela se transforme en inhabituel, et quand le procureur général lui-même lit ses poèmes, en extraordinaire.

Cela confirme l’opinion d’un « certain personnage » qui a baptisé le Venezuela comme « inhabituel et extraordinaire », (en référence au décret de l’ex président Obama déclarant le Venezuela comme une menace inusuelle et extraordinaire contre les Etats-Unis pour justifier ses sanctions).

Cette présentation de poésies avec une audience de poètes, comptait comme organisateurs principaux le chroniqueur Antonio Trujillo, la présentation du diplomate Luis Alberto Crespo et comme invité le poète auteur du livre, notre procureur général de la République, Tarek William Saab.

L’extraordinaire est lorsque le procureur lui-même interprète les poèmes de son livre Dans un paysage boréal et au rythme de ses vers, témoigne de ses expériences à travers le monde, de crimes de guerre, de peuples exterminés et de familles orphelines de plusieurs de ses membres.

Les grands médias internationaux qui consacrent leur guerre médiatique contre le Venezuela peuvent « chanter la messe » (expression populaire vénézuélienne pour désigner une forte diffusion d’informations)  pour tromper leurs lecteurs, mais au Venezuela, « le Soleil ne peut se cacher d’un seul doigt » (autre expression populaire vénézuélienne qui signifie qu’il est impossible de cacher les réalités).

Au Venezuela, nous sommes témoins des cas difficiles auxquels notre procureur général est confronté et nous pouvons imaginer d’autres cas non diffusés au grand public qui doivent inclure des crimes graves et inhumains. Mais on peut aussi imaginer comment le procureur doit les analyser pour prendre ses décisions, car sans aucun doute qui a un don de poète a un esprit et un cœur qui doivent lui inspirer des sentiments humains.

Même pour la justice, le Venezuela bolivarien « a comment » (un slogan du peuple vénézuélien pour prévenir de capacité de réponse pour faire face aux multiples attaques qu’il subit).

Après la présentation, une visite de la bibliothèque a été organisée et sur ses rayons était en évidence un livre d’un autre poète, l’inoubliable journaliste et professeur Earle Herrera (journaliste et député de notoriété publique récemment décédé). Peu avant d’abandonner sa vie terrestre, lors d’un petit échange de correspondance, il me répondit avec son art de synthèse un bref message que je garderai à jamais comme guide.

« Estimé Jean. Salutations bolivariennes. Nous gagnerons sans perdre notre humour. Earle H.”

Note de La pluma

En annexe une anthologie numérique que l’auteur des poèmes nous a offert pour nos lecteurs.

Tarek William Saab en un Paisaje boreal (1984-2007)

Poesía y Fiscal General.Pag 13/Poésie et Procureur Général Source: Le Courrier de l’Orénoque, Caracas, le 20 janvier 2022

Edité par María Piedad Ossaba

Jean Araud pour La Pluma, le 8 février 2022

Traductions disponibles: Español