Sauce anglaise médiatique

Nous avons lu l’article de Nature comme une manipulation médiatique à la sauce Worcestershire.

Au Venezuela, depuis la naissance de la Révolution Bolivarienne, les révolutionnaires ont vécu 20 ans de guerre médiatique à travers leurs médias privés, mais ils ont néanmoins remporté 26 de leurs 28 élections. En Europe, ils savent très bien que se déroule la même guerre médiatique, mais sans plus de détails en raison de certaines barrières linguistiques.

Lorsqu’une puissance prépare l’invasion d’un pays, elle doit d’abord la justifier à ses citoyens pour son coût et ses inévitables pertes humaines. Pour cela, leurs médias doivent fabriquer au sein de l’opinion publique des matrices de dictature, de narco-État ou autres, en ignorant l’objectif réel, qui est généralement le pillage des ressources ou la conquête d’un territoire géostratégique.

Le journaliste belge Michel Collon depuis longtemps prévient : «… les guerres ne commencent jamais avec des bombes, les guerres commencent par des mensonges médiatiques… ».

Les ennemis ne sont pas les peuples mais leurs gouvernements et la guerre médiatique internationale, doit être menée sur leur terrain, dans leur langue et avec leurs points de références.

 

Guerra mediática contra Venezuela

Mais la Révolution Bolivarienne a aussi de fidèles amis et alliés dans le monde. C’est précisément Michel Collon qui depuis Bruxelles vient de nous alerter d’une attaque médiatique sans précédent.

En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un grand média conventionnel, c’est Nature, une prestigieuse revue académique fondée en Angleterre en 1869, spécialisée dans les sciences naturelles mais qui a publié des informations sur le Covid-19 au Venezuela, dont un témoignage anonyme : « … répression gouvernementale, détenus par les forces gouvernementales… effort du gouvernement pour minimiser la situation pandémique… des statistiques 5 à 7 fois plus élevées… ». Nature signale également « … le manque d’équipements médicaux… l’économie s’est effondrée à cause de la corruption… » mais bien évidemment sans la moindre mention du blocus et des sanctions économiques.

Alors la question est de se demander pourquoi Nature a publié de telles manipulations.

Surprise dans sa bonne foi par ses informateurs ?

Au service de la guerre médiatique ?

Pour justifier à ses concitoyens la détention par la Banque d’Angleterre de la réserve d’or du Venezuela évaluée à 1 359 millions d’euros ?

Du Venezuela, Nature a reçu une demande de droit de réponse, non anonyme mais entérinée par 177 signatures de professeurs universitaires, de scientifiques et de médecins, avec des données sérieuses concernant la partie médicale.

De Belgique, Nature recevra prochainement une autre demande de droit de réponse, du Collectif Investig’Action * concernant dans ce cas l’aspect médiatique.

Nous avons lu l’article de Nature comme une manipulation médiatique à la sauce Worcestershire. Comme revue de sciences naturelles il serait plus éthique que sur le Venezuela Nature informe des programmes de protection de ses espaces aquatiques, son programme “Mission Nevado” * pour la protection de sus animaux domestiques ou son programme “Mission Arbre” et ses efforts pour sauver l’emblématique Noyer de Caracas en voie de disparition.

Notes

* Investig’Action est un collectif qui siège à Bruxelles, fondé et animé par Michel Collon.

* Nevado, neigeux en espagnol, était le nom du chien qui accompagnait le Libertador Simon Bolivar. Ce chien était d’une race autochtone des Andes vénézuéliennes, race un peu semblable au Saint-Bernard ou berger pyrénéen. Nevado, a succombé sur un champ de bataille et l’histoire dit que c’est l’une des rares occasions ou Simon Bolivar a versé des larmes.

Jean Araud pour La Pluma

Salsa inglesa mediática.Pag 13  El Correo del Orinoco, Caracas, 13 de agosto de 2021

Original: Salsa inglesa mediática

Edité par María Piedad Ossaba