Les 14 juillet franco-vénézuéliens

Depuis 20 ans, face aux agressions et aux ingérences, quand ce ne sont pas les dirigeants, c’est le peuple vénézuélien qui s’exprime en clamant que « La souveraineté de Venezuela doit se respecter ».

Two butterflies with flags on wings as symbol of relations France and Venezuela

Pour les Français, le 14 juillet est par excellence la date la plus emblématique de son histoire. En outre, le 14 juillet est une date qui, pour divers faits historiques, rappelle les liens d’amitié et de coopération qui unissent le peuple français et le peuple vénézuélien.

 

14 juillet 1789.

Grâce à la Révolution française, cette date est historique, non seulement pour la France, mais pour inspirer une partie du monde.

14 juillet 1810.
Le Libérateur Simón Bolívar débarque à Liverpool, en Angleterre. Sa mission diplomatique consiste aussi à ramener au Venezuela le général Francisco de Miranda, qui invite à l’accompagner un jeune français qu’il a rencontré à Londres, Antoine Leleux.

Antoine Leleux, au Venezuela, deviendra secrétaire, aide de camp et homme de confiance, non seulement de Miranda, mais aussi de Bolivar. Par ailleurs, lorsque les espagnols font prisonnier le général Miranda, c’est Leleux qui réussit à sauvegarder ses précieuses archives.

14 juillet 1811. 

Confirmant l’acte de la Déclaration d’indépendance du Venezuela décrétée le 5 juillet, le drapeau tricolore est hissé pour la première fois sur la Place Bolívar de Caracas, pour le serment officiel des troupes vénézuéliennes. Avec un Libérateur comme Simón Bolívar, arrivé et résidant à Paris en 1802, peu après la Révolution française, et un Francisco de Miranda qui a activement participé à cette Révolution, il est facile d’imaginer que cette date du 14 juillet n’est pas une simple coïncidence.

14 juillet 1811. 

Confirmant l’acte de la Déclaration d’indépendance du Venezuela décrétée le 5 juillet, le drapeau tricolore est hissé pour la première fois sur la Place Bolívar de Caracas, pour le serment officiel des troupes vénézuéliennes. Avec un Libérateur comme Simón Bolívar, arrivé et résidant à Paris en 1802, peu après la Révolution française, et un Francisco de Miranda qui a activement participé à cette Révolution, il est facile d’imaginer que cette date du 14 juillet n’est pas une simple coïncidence.

14 juillet 1816. 

Le général Francisco de Miranda décède en prison en Espagne. Un Miranda, honoré sur l’Arc de Triomphe de Paris pour avoir été l’un des cent héros de la Révolution française, a atteint le rang de Maréchal de France et participa à de nombreuses batailles au commandement des troupes du Nord de la Révolution.

14 juillet 1816. 

Le même jour de la mort de Miranda, au Venezuela, l’expédition des Cayos, débarque à Ocumare où une bataille fatidique est livrée avec les troupes espagnoles.
Le Libérateur Simón Bolívar se retrouve isolé sur la plage, au point de se suicider pour ne pas se rendre à l’ennemi, lorsque le mulâtre français Jean Baptiste Bideau, capitaine d’un des navires, sauve la vie de Bolívar.

14 juillet 1816. 

Durant cette même bataille d’Ocumare, le franco-haïtien Jean Baillio est porté disparu. Au service de la guerre d’Indépendance du Venezuela, il est Imprimeur du Congrès suprême et Imprimeur du gouvernement. Il a ainsi contribué au triomphe de la cause révolutionnaire pour presque toutes ses publications patriotiques : brochures, journaux, et même celle de la première Constitution vénézuélienne.

Les 14 juillet franco-vénézuéliens… et de plus.

Comme commenté dans l’article antérieur, la France a célébré sa révolution du 14 juillet 1789.  Au Venezuela, nous nous souvenions des français qui se sont engagés dans une autre bataille révolutionnaire : la guerre d’indépendance du Venezuela, gagnée en 1811 contre l’Empire espagnol.
Le 14 juillet 1808, arrive à Caracas Paul de Lamanon, commandant de la corvette Le Serpent, envoyé de Napoléon pour annoncer que la dynastie des Bourbons ne règne plus en Espagne, mais la nouvelle dynastie de Joseph Bonaparte. La société aristocratique et les autorités vénézuéliennes, encore attachées à l’Espagne, reçoivent si mal cette ingérence que ce français a dû fuir sur son navire, très heureux de sauver sa vie.
Bien qu’avec d’autres idées, ces vénézuéliens expriment déjà que le Venezuela doit se respecter.

Pendant deux siècles, la République du Venezuela, révolue son époque coloniale, fait face à d’autres périodes difficiles, depuis des dictatures jusqu’à être déclarée « arrière-cour » par les États-Unis qui profitent, pratiquement sans compensations, de ses ressources en hydrocarbures.

Au XXIème siècle, le Venezuela souverain doit se respecter.
Inspirè par Hugo Chávez, le peuple vénézuélien lance une nouvelle révolution et la République se transforme, par une nouvelle Constitution, en République Bolivarienne du Venezuela.

Les manifestations du respect a sa souveraineté se succèdent, et entre autres :
2002. Coup d’État. L’opposition soutenue par les États-Unis a renversé le président Chávez. Le peuple prend massivement et pacifiquement les rues et obtient son retour au pouvoir. Le coup d’État a duré 47 heures. En 2019, une poignée d’opposants et de militaires appelle le peuple à un autre coup d’État. Ils n’obtiennent aucune mobilisation populaire, pas même des opposants. La tentative dure à peine quelques heures. 

2005. DEA. Le Président Chávez expulse le Département des Stupéfiants des États-Unis, après avoir vérifié qu’il se dédiait à de l’espionnage contre le gouvernement.
Pour ingérences, Chávez expulse plusieurs ambassadeurs et attachés militaires. A une envoyée de Washington, il ordonne de se retirer du bureau présidentiel en lui rappelant qu’elle parle au président du Venezuela.

2015. Décret Obama. Le peuple organise des manifestations massives pour demander le respect d’Obama lorsqu’il édicte un décret déclarant le Venezuela comme une « menace extraordinaire et inhabituelle ». 

2020. Opération Gédéon. En provenance de Colombie, des mercenaires, dont d’anciens membres des forces spéciales américaines, tentent une incursion maritime dans le but de renverser le président Nicolas Maduro. Ils sont neutralisés et détenus par des pêcheurs membres de la milice bolivarienne. 

2020. Union européenne. Face à ses sanctions, le président Maduro prend la décision de donner 72 heures à l’ambassadrice de l’UE, Isabel Brilhante, pour qu’elle quitte le pays. Josep Borrell, Haut Représentant pour la politique étrangère de l’UE et le chancelier vénézuélien Jorge Arreaza règlent cette situation diplomatiquement.

Depuis 20 ans, face aux agressions et aux ingérences, quand ce ne sont pas les dirigeants, c’est le peuple vénézuélien qui sexprime en clamant que « Le Venezuela doit se respecter ».

Jean Araud para La Pluma

Titre original: Los 14 de julio franco-venezolanos

Edité par María Piedad Ossaba

Source: El Correo Orinoco . Caracas

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