« Cessez de vous immiscer dans la politique intérieure du Venezuela »
Lettre ouverte aux USA de 73 intellectuels

La irrupción de Estados Unidos en la política de Venezuela provocó todo tipo de reacciones en ese país y el resto del mundo. En ese sentido, el célebre Noam Chomsky junto a un grupo de 70 intelectuales acusó al Presidente de ese país de querer sacar a Nicolás Maduro a través de un golpe de Estado.

Redes Sociales:
7

Si Trump et ses alliés poursuivent leur fuite en avant au Venezuela, le résultat le plus probable sera l’effusion de sang, le chaos et l’instabilité. Lettre ouverte signée par 71 spécialistes de l’Amérique latine en science politique et en histoire, ainsi que par des cinéastes, des personnalités appartenant à la société civile et d’autres experts.

Le gouvernement des USA doit cesser de ­s’immiscer dans la politique intérieure du Venezuela, notamment dans le but de renverser le gouvernement du pays. Il est presque certain que les actions du gouvernement de Donald Trump et de ses alliés dans l’hémisphère Sud ne feront qu’aggraver la situation au Venezuela, entraînant souffrances humaines inutiles, violence et instabilité.

La polarisation politique du Venezuela n’est pas nouvelle ; le pays est divisé depuis longtemps par des lignes de fracture raciales et socio-économiques. Mais cette polarisation s’est accentuée ces dernières années. Cela est en partie dû au soutien donné par les USA à une stratégie d’opposition visant à renverser le gouvernement de Nicolas Maduro par des moyens extra-électoraux. Alors que l’opposition était divisée sur cette stratégie, le soutien des USA est allé aux tenants de la ligne dure des secteurs de l’opposition dans leur objectif de renverser le gouvernement Maduro par le biais de manifestations souvent violentes, d’un coup d’État militaire ou de toute autre voie permettant d’éviter les urnes.

Sous le gouvernement Trump, la rhétorique agressive contre le gouvernement vénézuélien a atteint un niveau encore plus extrême et menaçant, les responsables du gouvernement Trump évoquant l’idée d’une « action militaire » et condamnant le Venezuela, avec Cuba et le Nicaragua, comme partie prenante d’une « troïka de la tyrannie ». Les problèmes résultant de la politique du gouvernement vénézuélien ont été aggravés par les sanctions économiques US, illégales en regard de l’Organisation des États américains (OEA) et des Nations unies, mais aussi du droit US, ainsi que d’autres traités internationaux et conventions.

Ces sanctions ont sapé à leur base les moyens par lesquels le gouvernement vénézuélien aurait pu échapper à la récession économique, provoquant une chute dramatique de la production de pétrole, aggravant la crise économique et causant la mort de nombreuses personnes faute d’accès aux médicaments permettant de sauver la vie. Pendant ce temps, les USA et d’autres gouvernements continuent de blâmer le gouvernement vénézuélien – et lui seul – pour les dégâts économiques, même ceux causés par les sanctions des USA.

Aujourd’hui, les USA et leurs alliés, dont le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, et le président d’extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro, ont poussé le Venezuela au bord du précipice. En reconnaissant le président de l’Assemblée nationale Juan Guaidó comme le nouveau président du Venezuela – chose illégale en vertu de la charte de l’OEA –, le gouvernement Trump a considérablement accéléré la crise politique au Venezuela dans l’espoir de diviser l’armée vénézuélienne et de polariser davantage la population, l’obligeant à choisir son camp. L’objectif évident, parfois revendiqué, est de pousser Maduro vers la sortie au moyen d’un coup d’État.

La réalité est que, malgré l’hyperinflation, les pénuries et une profonde crise économique, le Venezuela reste un pays politiquement polarisé. Les USA et leurs alliés doivent cesser d’encourager la violence en préconisant un changement de régime violent et extralégal. Si le gouvernement Trump et ses alliés continuent leur téméraire fuite en avant au Venezuela, le résultat le plus probable sera l’effusion de sang, le chaos et l’instabilité. Les USA auraient dû tirer des enseignements de leurs tentatives de changement de régime en Irak, en Syrie et en Libye, ainsi que de leur longue et violente histoire de parrainage de changement de régime en Amérique latine.

Aucune des parties en présence au Venezuela ne peut vaincre l’autre. L’armée, par exemple, compte au moins 235 000 membres actifs et au moins 1,6 million en réserve. Nombre de ces personnes se battront, non seulement pour défendre une souveraineté nationale largement défendue en Amérique latine – face à ce qui semble de plus en plus être une intervention menée par les USA –, mais aussi pour se protéger d’une répression probable au cas où l’opposition parviendrait à renverser le gouvernement par la force.

Dans une telle situation, la seule solution est un règlement négocié, comme ce fut le cas par le passé dans les pays d’Amérique latine, lorsque leurs sociétés politiquement polarisées étaient incapables de résoudre leurs différends par des élections. Des efforts prometteurs ont été faits en ce sens, tels que ceux engagés par le Vatican à l’automne 2016, mais ils n’ont reçu aucun soutien de la part de Washington et de ses alliés, attachés à l’option d’un changement de régime. Cette stratégie doit changer si l’on veut trouver une solution viable à la crise actuelle au Venezuela.

Pour le bien du peuple vénézuélien et de la région ainsi que pour le principe de la souveraineté nationale, ces acteurs internationaux devraient plutôt soutenir les négociations entre le gouvernement vénézuélien et ses opposants, négociations qui permettront au pays de sortir enfin de sa crise politique et économique.  

Signataires:

Noam Chomsky, Profesor Emérito, MIT y Profesor Laureate, Universidad de Arizona
Laura Carlsen, Directora, Programa de las Américas, Centro de Política Internacional
Greg Grandin, profesor de historia, Universidad de Nueva York
Miguel Tinker Salas, profesor de Historia de América Latina y Estudios Chicano / a Latino / a en Pomona College
Sujatha Fernandes, profesora de economía política y sociología, Universidad de Sydney
Steve Ellner, editor gerente asociado de Perspectivas de América Latina
Alfred de Zayas, ex experto independiente de la ONU sobre la promoción de un orden internacional democrático y equitativo y único relator de la ONU que visitó Venezuela en 21 años
Boots Riley, escritor / director de Sorry to Bother You, músico
John Pilger, periodista y cineasta
Mark Weisbrot, codirector del Centro de Investigación Económica y Política
Jared Abbott, PhD Candidate, Departamento de Gobierno, Universidad de Harvard
Dr. Tim Anderson, Director, Centro de Estudios Contra Hegemónicos
Elisabeth Armstrong, profesora del estudio de mujeres y género, Smith College
Alexander Aviña, PhD, Profesor Asociado de Historia, Universidad Estatal de Arizona
Marc Becker, profesor de historia, universidad estatal de Truman
Medea Benjamin, Cofundadora, CODEPINK
Phyllis Bennis, Directora de Programas, New Internationalism, Institute for Policy Studies
Dr. Robert E. Birt, profesor de filosofía, Bowie State University
Aviva Chomsky, profesor de historia, Universidad Estatal de Salem
James Cohen, Universidad de París 3 Sorbonne Nouvelle
Guadalupe Correa-Cabrera, Profesora Asociada, Universidad George Mason
Benjamin Dangl, PhD, editor de Hacia la libertad
Dr. Francisco Dominguez, Facultad de Ciencias Sociales y Profesionales, Universidad de Middlesex, Reino Unido
Alex Dupuy, John E. Andrus Profesor de Sociología Emérito, Universidad de Wesleyan
Jodie Evans, Cofundadora, CODEPINK
Vanessa Freije, profesora asistente de estudios internacionales, Universidad de Washington
Gavin Fridell, Cátedra de Investigación de Canadá y Profesor Asociado en Estudios de Desarrollo Internacional, St. Mary’s University
Evelyn González, Consejera, Montgomery College
Jeffrey L. Gould, Profesor Rudy de Historia, Universidad de Indiana
Bret Gustafson, profesor asociado de antropología, Universidad de Washington en St. Louis
Peter Hallward, profesor de filosofía, Universidad de Kingston
John L. Hammond, profesor de sociología, CUNY
Mark Healey, Profesor Asociado de Historia, Universidad de Connecticut
Gabriel Hetland, profesor asistente de estudios latinos de América Latina, el Caribe y los Estados Unidos, Universidad de Albany
Forrest Hylton, Profesor Asociado de Historia, Universidad Nacional de Colombia-Medellín
Daniel James, Bernardo Mendel Cátedra de Historia Latinoamericana
Chuck Kaufman, Co-Coordinador Nacional, Alianza por la Justicia Global
Daniel Kovalik, profesor adjunto de derecho, Universidad de Pittsburgh
Winnie Lem, profesora, Estudios de Desarrollo Internacional, Universidad de Trent
Dr. Gilberto López y Rivas, Profesor Investigador, Universidad Nacional de Antropología e Historia, Morelos, México
Mary Ann Mahony, profesora de historia, Universidad Estatal de Connecticut Central
Jorge Mancini, Vicepresidente, Fundación para la Integración Latinoamericana (FILA)
Luís Martin-Cabrera, Profesor Asociado de Literatura y Estudios Latinoamericanos, Universidad de California San Diego
Teresa A. Meade, Florence B. Sherwood Profesora de Historia y Cultura, Union College
Frederick Mills, profesor de filosofía, Bowie State University
Stephen Morris, profesor de ciencias políticas y relaciones internacionales, Middle State State University
Liisa L. North, profesora emérita, Universidad de York
Paul Ortiz, Profesor Asociado de Historia, Universidad de Florida
Christian Parenti, Profesor Asociado, Departamento de Economía, John Jay College CUNY
Nicole Phillips, profesora de derecho en la Universidad de la Fundación. Aristide Faculté des Sciences Juridiques et Politiques y profesora adjunta de derecho en la Facultad de Derecho de la Universidad de California en Hastings
Beatrice Pita, profesora del Departamento de Literatura de la Universidad de California en San Diego
Margaret Power, profesora de historia, Instituto de Tecnología de Illinois
Vijay Prashad, Editor, El TriContinental
Eleanora Quijada Cervoni FHEA, facilitadora de educación del personal y mentora de EFS, Centro de Educación Superior, Aprendizaje y Enseñanza en la Universidad Nacional de Australia
Walter Riley, abogado y activista
William I. Robinson, profesor de sociología, Universidad de California, Santa Bárbara
Mary Roldan, Dorothy Epstein Profesora de Historia Latinoamericana, Hunter College / CUNY Graduate Center
Karin Rosemblatt, profesora de historia, Universidad de Maryland
Emir Sader, profesor de sociología, Universidad del Estado de Río de Janeiro
Rosaura Sánchez, profesora de literatura latinoamericana y literatura chicana, Universidad de California, San Diego
TM Scruggs Jr., Profesor Emérito, Universidad de Iowa
Victor Silverman, profesor de historia, Pomona College
Brad Simpson, Profesor Asociado de Historia, Universidad de Connecticut
Jeb Sprague, profesor de la Universidad de Virginia
Christy Thornton, profesora asistente de historia, Johns Hopkins University
Sinclair S. Thomson, Profesor Asociado de Historia, Universidad de Nueva York
Steven Topik, profesor de historia, Universidad de California, Irvine
Stephen Volk, profesor de historia emérito, Oberlin College
Kirsten Weld, John. L. Loeb Profesor Asociado de Ciencias Sociales, Departamento de Historia, Universidad de Harvard
Kevin Young, profesor asistente de historia, Universidad de Massachusetts Amherst
Patricio Zamorano, académico de estudios latinoamericanos; Director Ejecutivo, InfoAmericas

Various Authors – Autores varios – Auteurs divers- AAVV-d.a.

Edité par María Piedad Ossaba

Original: The US and its allies must cease encouraging violence by pushing for violent, extralegal regime change
A call by over 70 committed intellectuals

Traduit par Jérôme Skalski

Source: L’Humanité

Traducciones disponibles: Deutsch     Español