Le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, a été investi le vendredi 7août loin de Bogotá, dans une cérémonie de 3 heures rompant avec toutes les traditions, en deux temps : d’abord à l’Université Santiago de Cali, puis dans une caserne. Celui qui s’est surnommé « El Tigre » s’est mis sous le parrainage du sabre et du goupillon. Commentaire de l’écrivain Reinaldo Spitaletta. [NdT]
Investiture virginale à la lueur de pierre d’alun
« El Tigre » colombien brandit la tronçonneuse, le sabre et le goupillon
Ce fut une investiture digne du temps des croisades, avec messe, Vierges et invocations lévitiques. Qu’importe, au fond, que ce pays soit officiellement laïque. Ce n’est là que lettre morte. C’est le retour — même si, à bien y regarder, il n’est jamais vraiment parti — du confessionnalisme, désormais élargi à d’autres religions qui, en dernière instance, comme le disait un vieux penseur, toutes ensemble et chacune séparément, continuent d’être « l’opium du peuple », auquel se sont ajoutés aujourd’hui tant d’autres opiums.