* « Yalla » est une expression très courante en arabe qui signifie « allons-y », « courage » ou « dépêche-toi », et qui est utilisée dans tous les dialectes arabes. J’utilise le nom indigène Abya Yala à la place d’« Amérique latine » pour prendre position en faveur de la décolonisation de la langue, qui fait partie intégrante de la décolonisation de ces territoires.
I. Introduction
J’ai écrit cet article au cœur de la phase la plus impitoyable du génocide palestinien (juin-juillet 2025). Je l’ai écrit avec rage, impuissance et désespoir. En m’endormant sur les récits d’horreur et en me réveillant chaque matin avec des bilans de morts à trois chiffres. En voyant les montagnes de corps enveloppés dans des linceuls dans les fosses ommunes et les petits corps d’enfants au crâne ou au thorax perforés, mutilés ou squelettiques, agonisant à cause de la famine, de la déshydratation et des infections.
Comme des millions de personnes dans le monde qui portons la Palestine sous notre peau ; qui avons arpenté ses villes et ses villages et pleuré devant la beauté de sa terre outragée ; avons planté ou récolté des oliviers avec les familles ; avons dansé lors des mariages et crié des slogans aux funérailles des martyrs ; et avons partagé la vie de son peuple dans les camps de réfugiés (si semblables à nos favelas ou quartiers populaires), depuis deux ans, c’est l’obsession de trouver le moyen d’arrêter ce génocide avant que ce peuple soit éliminé de sa terre qui me tient debout.
Peut-être est-ce pour cela que, plus que théoriques ou analytiques, mes sources proviennent des expériences de lutte et d’organisation. Peut-être aussi parce que je n’écris pas depuis l’académie, mais depuis les rues et les places, les bureaux de gouvernement et les tribunes où, en tant qu’activistes, nous essayons d’influencer et de faire pression pour couper les liens de complicité qui permettent au régime sioniste de continuer à perpétrer l’extermination de la Palestine.
Cet article est une tentative de persuader ceux qui le liront en Abya Yala et ailleurs de l’urgence de passer des mots à l’action, de la solidarité symbolique aux actions effectives. À quoi bon parler du génocide si nous ne pouvons pas l’arrêter ? Ce n’est qu’à travers une action collective, concertée, soutenue localement et globalement que nous pourrons – en paraphrasant Marx – non seulement expliquer huit décennies de colonialisme génocidaire, mais aussi contribuer à y mettre fin et à nous rapprocher de la libération palestinienne.

