teleSUR, c’est nous tou·tes

Et quelque chose qui est infiniment apprécié : dans cette chaîne nous ne pourrons pas voir ces publicités de mauvais goût, sexistes, destructrices de valeurs sociales essentielles, trompeuses , qui dépeignent des mondes inaccessibles

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La marionnette la plus dévaluée de Washington a trouvé une nouvelle formule pour tenter de retrouver une certaine visibilité médiatique. Il semble donc que Juan Guaidó « l’autoproclamé » essaie de donner l’image d’un homme dur, et il a commencé à vociférer devant ses fans de plus en plus rares qu’il va essayer de « repêcher » le signal de teleSUR « pour le mettre au service de la vérité ».

Si ce nouveau canular ne faisait pas partie de la guerre permanente que les USA mènent contre la Révolution bolivarienne, les paroles de ce type prêteraient à rire. Mais ces annonces ne doivent pas être prises à la légère, car derrière elles, une nouvelle attaque sera sûrement lancée contre l’une des rares chaînes de télévision au monde (et la seule en Amérique latine) qui raconte les choses comme elles sont, qui offre un micro à celles et ceux d’en bas, à celles et ceux qui se battent pour être entendu·es, à celles et ceux qui avec beaucoup d’efforts essaient de continuer à croire que l’humanité n’est pas ce que Trump et ses sbires dessinent jour après jour.

teleSUR est devenue, et c’est une chose à célébrer et à défendre, un outil essentiel dans le domaine de l’information. Elle en fait la démonstration depuis son lancement en tant que chaîne multi-étatique et plurinationale. Sans teleSUR, plusieurs coups d’État qui ont eu lieu sur le continent seraient passés presque inaperçus. Des caméras et des journalistes ont montré les atrocités commises au Honduras après la destitution violente du président Manuel Zelaya, et c’est encore la chaîne latino-américaine et caribéenne qui a montré au monde entier quand le président est entré subrepticement DANS LE PAYS et est réapparu dans l’ambassade du Brésil.

Et que dire de teleSUR en Colombie, à l’époque où Juan Manuel Santos ordonnait à l’ESMAD [brigades antiémeutes] de réprimer les grandes manifestations paysannes du Sommet Agraire et, à partir de ces images obtenues avec les communicateur·trices à grands risques, de pouvoir dénoncer au monde ce qui s’y passait. Puis sont venus les jours et les années des négociations des FARC à La Havane, ou celles de l’ELN en Équateur, les massacres paramilitaires, les accords de paix, la trahison par le gouvernement de ce qui avait été signé à La Havane, et l’actualité répressive et autoritaire de l’uribisme, dans lequel, grâce encore à teleSUR, nous avons appris que le peuple colombien ne cesse de lutter pour un pays de justice sociale.

C’est teleSUR qui a ouvert les yeux de beaucoup de gens sur le continent pour découvrir et aimer la Révolution que Hugo Chavez a développée au Venezuela et qui nous habitue jour après jour à admirer le courageux peuple vénézuélien qui est resté mobilisé dans les rues mille et une fois pendant toutes ces années. Les reporters de la chaîne ont été les premiers à descendre dans la rue pour couvrir, au risque de leur vie, les guarimbas [émeutes réactionnaires] de la mort promues par l’opposition fasciste. La chaîne a renouvelé notre espoir que la Révolution avait encore beaucoup à faire, lorsque les multitudes sont descendues dans la rue pour élire l’Assemblée constituante et ont neutralisé la folie fratricide, la même folie en laquelle Guaidó continue de croire et qu’il essaye de  promouvoir.

Et une fois de plus, teleSUR a été à l’avant-garde pour visualiser, pour ceux qui en doutaient, ce qui se cachait derrière la fameuse « aide humanitaire » des Yankees. Celle qu’ils ont essayé de passer en douce sur les ponts près de Cúcuta, qui n’était rien d’autre qu’une véritable invasion. Madelain García était là, donnant une belle leçon sur ce que signifie informer, dans la rue et en y risquant sa peau, sur l’exploit que les milices et la Garde nationale bolivarienne ont réalisé ensemble.

On peut dire la même chose du correspondant en Syrie, Hisham Wannous, qui a montré avec un professionnalisme absolu combien et comment le peuple et son armée se sont battus pour vaincre l’ISIS, ou de la brillante couverture sur la résistance palestinienne face à la bestialité sioniste, de l’invasion otanesque de la Libye, où la couverture de Rolando Segura a brillé, ou de la couverture des événements au Liban et en Iran.

Je reviens du Chili et là, c’est encore une fois teleSUR qui a pu montrer au continent, grâce à un caméraman et à une chroniqueuse plus que courageux, ce que sont le pouvoir répressif des carabiniers de Piñochera contre un peuple qui s’est réveillé une bonne fois pour toutes. C’était passionnant de voir Paola Dragnic, avec son masque antigaz, faire face à l’agression criminelle des « pacos » chiliens sur la Plaza de la Dignidad, leur tenir tête aux côtés du cameraman (je suis désolé de ne pas avoir son nom) et démontrer que lorsqu’il y a une passion pour dire la vérité en faveur du peuple, il n’y a pas de violence d’État qui puisse faire reculer un·e communicateur·trice populaire. La même chose se répète quotidiennement dans les brillants reportages de Freddy Morales sur la Bolivie d’Evo, aujourd’hui aux mains d’une dictature fasciste et raciste. Ou dans le travail opiniâtre du correspondant argentin, où, face à la censure et au blocage du signal par la tyrannie institutionnelle de Macri, Carolina Silvestre et Edgardo Estéban ont assumé la tâche de maintenir le haut niveau déployé depuis la création de la chaîne. Ou le travail permanent de reporters comme Adriana Sívori, de n’importe quel pays d’Amérique centrale ou de n’importe quel endroit où l’information a besoin de sa puissance juvénile pour être là où d’autres (pas ceux de teleSUR) ne veulent pas être envoyés.

C’est cela et bien plus encore que la chaîne que le nain de jardin Guaidó veut « repêcher » : des programmes de télévision uniques sur le continent, avec des présentateur·trices, des reporters et des analystes brillant·es, qui ne répètent pas des scripts comme des perroquets, ni n’agissent selon des schémas routiniers, mais s’efforcent plutôt de mettre de la passion dans le fait de raconter des nouvelles que la plupart des entreprises médiatiques ignorent, déforment ou mettent directement au tiroir. Nombreux·ses sont celles et ceux qui accomplissent cette tâche, mais nous pouvons résumer son efficacité dans les rencontres quotidiennes à l’écran avec Tatiana Pérez et Abraham Istillarte.

teleSUR, ce sont sont aussi ces documentaires que l’on ne voit pas sur la plupart des télévisions latino-américaines (il y a toujours des exceptions comme la chaîne argentine Encuentro), des espaces culturels où le bling-bling sont habitués les autres médias hégémoniques n’existe pas. Et quelque chose qui est infiniment apprécié : dans cette chaîne nous ne pourrons pas voir ces publicités de mauvais goût, sexistes, destructrices de valeurs sociales essentielles, trompeuses , qui dépeignent des mondes inaccessibles. Non, sur teleSUR, ça n’existe pas, car elles sont remplacées par de bonnes images de notre Amérique, de la musique ou des événements de toutes les luttes et personnalités de la Grande Patrie.

Pour toutes ces raisons, face à ce nouvel étalage de misère et de revanchisme généré par des types comme Guaidó (corrompu au point d’oser voler ses propres maîtres, complice d’actions terroristes et conspirateur de coup d’État avoué), il est nécessaire que tous·tes celles et ceux d’entre nous qui apprécient le rôle joué par teleSUR unissent leurs forces et se préparent rapidement à multiplier les actions pour sa défense. Surtout, celles et ceux d’entre nous qui sont des communicateur·trices populaires, qui savent apprécier in situ ce que signifie faire du journalisme « dans les moments difficiles », comme nous l’a enseigné Rodolfo Walsh.

Comme l’a bien dit la directrice de teleSUR, Patricia Villegas (l’une des grandes architectes de tout ce que la chaîne est arrivée à faire) : « le député (Guaidó) parle de ce qu’il ne connaît pas et ne comprend manifestement pas ». Il ne comprendra jamais non plus, ajouterons-nous, parce qu’une racaille comme Guaidó, qui devrait être en prison à cette heure, ne peut pas imaginer qu’en attaquant teleSUR, il provoque le resserrement des rangs de milliers et de milliers de personnes sur le continent et dans le monde pour que la chaîne continue à être ce qu’elle est : un instrument pour vaincre les ténèbres de la censure et du terrorisme médiatique. #VivaTelesur.

Carlos Aznárez

Original:  Todos, todas, todes, somos Telesur

Traduit par   Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Source: Tlaxcala, le 16 janvier 2020