{"id":8737,"date":"2019-04-29T14:20:46","date_gmt":"2019-04-29T14:20:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=8737"},"modified":"2019-04-29T14:29:34","modified_gmt":"2019-04-29T14:29:34","slug":"boureima-ouedraogo-francois-compaore-debe-comparecer-ante-los-tribunales-burkineses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2019\/04\/29\/boureima-ouedraogo-francois-compaore-debe-comparecer-ante-los-tribunales-burkineses\/","title":{"rendered":"Boureima Ouedraogo : \u00ab Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 doit venir compara\u00eetre devant la justice burkinab\u00e8 \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/aut_804.jpg\" width=\"105\" height=\"105\" border=\"0\" \/>Burkina Faso<\/strong><\/span><\/p>\n<div class=\"chapo\" style=\"text-align: justify;\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Premi\u00e8re partie de l\u2019entretien avec Boureima Ouedraogo, journaliste d\u2019investigation et directeur du journal <i>Le Reporter<\/i> au Burkina Faso. Propos recueillis par J\u00e9r\u00f4me Duval.<\/span><\/p>\n<figure style=\"width: 640px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logos\" src=\"http:\/\/www.cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L640xH474\/arton17357-88a48.jpg?1556281745\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"474\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Boureima Ouedraogo au Centre national de presse Norbert Zongo. Ouagadougou, janvier 2019. J\u00e9r\u00f4me Duval<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div class=\"texte\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le journaliste Boureima Ouedraogo dirige le journal Le Reporter, une publication qui a rejoint l\u2019environnement m\u00e9diatique du Burkina Faso il y a 12 ans, un pays o\u00f9 le secteur jouit d\u2019une certaine ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des int\u00e9r\u00eats partisans. Ouedraogo aborde les derniers rebondissements de l\u2019affaire Norbert Zongo, ce journaliste assoiff\u00e9 de justice sociale, assassin\u00e9 il y a un peu plus de 20 ans pour avoir voulu r\u00e9v\u00e9ler les affaires de corruption proches du pouvoir de Blaise Compaor\u00e9, le pr\u00e9sident renvers\u00e9 en 2014 apr\u00e8s 27 ans \u00e0 la t\u00eate du pays. Ce dernier est suspect\u00e9 d\u2019\u00eatre impliqu\u00e9 dans l\u2019assassinat, en 1987, du pr\u00e9sident Thomas Sankara et son petit fr\u00e8re Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 est accus\u00e9 d\u2019\u00eatre le commanditaire de l\u2019assassinat de Norbert Zongo\u2026 Dans cette interview, Ouedraogo \u00e9voque l\u2019histoire de son m\u00e9dia, d\u00e9peint plus largement l\u2019\u00e9tat de la presse au Burkina Faso et la demande d\u2019\u00e9claircissements sur le meurtre de Zongo, un pionnier du journalisme d\u2019investigation dans le pays. Dans une seconde partie de cet entretien \u00e0 para\u00eetre prochainement, Boureima Ouedrago reviendra sur l\u2019affaire Thomas Sankara et le terrorisme qui s\u00e9vit au Burkina Faso.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Boureima Ouedraogo, pouvez-vous nous pr\u00e9senter le journal <i>Le Reporter<\/i>\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><i>Le Reporter<\/i> est un journal bimensuel d\u2019information g\u00e9n\u00e9rale, cr\u00e9\u00e9 en juillet 2007 par deux journalistes venant du journal Le Pays et un avocat int\u00e9ress\u00e9 par le travail que nous faisions. Nous avions alors ressenti la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er notre propre espace afin de pouvoir traiter l\u2019information en toute libert\u00e9 et ind\u00e9pendance, conform\u00e9ment \u00e0 nos convictions de ce que devrait \u00eatre le m\u00e9tier de journaliste. Dans un pays comme le Burkina Faso, le journalisme d\u2019investigation n\u2019\u00e9tait pas suffisamment pr\u00e9sent, et nous pensions utile d\u2019aborder certaines questions non trait\u00e9es par les quotidiens. Au regard des exigences de plus en plus fortes en terme de gouvernance vertueuse, il \u00e9tait bienvenu de nous impliquer davantage pour mettre \u00e0 la disposition des citoyennes et citoyens des informations sur l\u2019<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Action-Actions-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341\" name=\"mot1341_0\"><span class=\"gl_mot\">action<\/span><\/a> publique, ses limites et ses d\u00e9rives.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Bien s\u00fbr, nous \u00e9tions sous le r\u00e9gime de Blaise Compaor\u00e9\u00a01, pas vraiment adepte de la bonne gouvernance\u2026 S\u2019aventurer dans un tel contexte pouvait s\u2019av\u00e9rer risqu\u00e9. Mais nous pensions que suite \u00e0 l\u2019assassinat de Norbert Zongo \u2013 le premier journaliste d\u2019investigation au Burkina Faso avec son journal L\u2019Ind\u00e9pendant \u2013 , et \u00e0 la mobilisation qu\u2019il avait engendr\u00e9, il ne viendrait pas \u00e0 l\u2019esprit d\u2019un gouvernant de toucher \u00e0 un journaliste. Le pouvoir pouvait cr\u00e9er les conditions pour qu\u2019on ne puisse pas avoir les moyens \u00e9conomiques d\u2019exercer notre m\u00e9tier, mais nous ne pensions pas qu\u2019il pouvait aller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9limination physique. Nous \u00e9tions tous anim\u00e9s par la volont\u00e9 de contribuer \u00e0 la transparence de l\u2019action publique, de susciter une prise de conscience citoyenne, car nous avions le sentiment d\u2019avancer vers un accaparement de l\u2019\u00c9tat et de ses ressources, par le clan Compaor\u00e9. Il fallait faire en sorte que les citoyennes et citoyens puissent davantage se mobiliser contre l\u2019instauration d\u2019une monarchie de fait au Burkina Faso, et nous pensions que nous pouvions contribuer en tant que journaliste \u00e0 ce combat en lan\u00e7ant notre mensuel. Nous fonctionnions uniquement gr\u00e2ce aux recettes des ventes, nous n\u2019avions aucune insertion publicitaire. La p\u00e9riodicit\u00e9 mensuelle implique une seule vente dans le mois pour assurer les salaires, le loyer et les charges de fonctionnement (imprimerie, etc), c\u2019\u00e9tait trop difficile et nous nous sommes transform\u00e9s, deux ans apr\u00e8s, en bimensuel pour des raisons \u00e9conomiques \u00e9videntes. Aujourd\u2019hui, nous sommes quatre journalistes permanents, plus des collaborateurs externes, et une \u00e9quipe d\u2019administration charg\u00e9e de la gestion quotidienne, de la distribution, de la comptabilit\u00e9 et du secr\u00e9tariat.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Quelle est la diffusion du journal <i>Le Reporter<\/i>\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous tirons en moyenne entre 5 000 et 6 000 exemplaires dans tout le pays, et nous atteignons parfois les 7 000 exemplaires, en fonction de l\u2019actualit\u00e9. Dans le contexte burkinab\u00e8, cela fait parti des meilleurs tirages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><span class=\"spip_document_18611 spip_documents spip_documents_left\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L250xH249\/copia_ouagadougou_en_2008._cc_wikipedia_-_copia-2-a5a44.png?1556282923\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"249\" \/><\/span> Le Burkina Faso est dot\u00e9 d\u2019une presse libre et de qualit\u00e9, parfois virulente avec le pouvoir. Un tel constat d\u00e9note avec la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019autres pays de la r\u00e9gion. Pourquoi un tel contraste\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Contrairement aux autres pays de la r\u00e9gion, le Burkina Faso a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la presse des partis politiques, depuis le retour de l\u2019\u00c9tat de droit dans les ann\u00e9es 1990. Contrairement \u00e0 un pays comme la C\u00f4te d\u2019Ivoire, o\u00f9 les partis politiques cr\u00e9ent leurs journaux, ici les journaux de partis politiques n\u2019ont pas prosp\u00e9r\u00e9, malgr\u00e9 diverses tentatives en ce sens. L\u2019opinion burkinab\u00e8 n\u2019est pas int\u00e9ress\u00e9e par l\u2019analyse partisane de l\u2019actualit\u00e9, ou l\u2019\u00e9loge des acteurs politiques. Au contraire, des journalistes de la fonction publique ont cr\u00e9\u00e9 leurs journaux ou des radios, en toute ind\u00e9pendance, sans que cela soit suscit\u00e9 par des partis ou des organes politiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La presse priv\u00e9e burkinab\u00e8 a \u00e9t\u00e9 progressivement aliment\u00e9e par des journalistes ind\u00e9pendants qui ont estim\u00e9 n\u00e9cessaire de se doter de leurs propres structures, ou de migrer vers les organes priv\u00e9s afin de s\u2019exprimer sans \u00eatre tenus par la contrainte de faire l\u2019\u00e9loge du gouvernement au quotidien. Tr\u00e8s vite, les m\u00e9dias priv\u00e9s se sont plus ou moins \u00e9mancip\u00e9s des partis politiques. Avant l\u2019affaire Norbert Zongo, cette relative ind\u00e9pendance \u00e9tait plus ou moins r\u00e9serv\u00e9e, parce que les journalistes, m\u00eame ind\u00e9pendants, avaient peur du pouvoir, ce qui d\u00e9bouchait sur une forme d\u2019auto-censure. Except\u00e9 quelqu\u2019un comme Norbert Zongo, qui a estim\u00e9 n\u2019avoir d\u2019autres choix que de cr\u00e9er son journal, L\u2019Ind\u00e9pendant en 1993, pour \u00eatre r\u00e9ellement ind\u00e9pendant et s\u2019exprimer librement. Pendant pr\u00e8s de cinq ans, Norbert Zongo \u00e9tait devenu le symbole de la lutte contre la corruption, contre l\u2019impunit\u00e9 des crimes \u00e9conomiques et la mauvaise gouvernance au pays. Quand, le 13 d\u00e9cembre 1998, il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, c\u2019\u00e9tait la r\u00e9volte au sein de la presse. Mais, contrairement aux souhaits des assassins, au lieu de provoquer une psychose aupr\u00e8s des journalistes dont on avait esp\u00e9r\u00e9 qu\u2019ils rangeraient micro et stylo pour chanter les louanges du pouvoir, l\u2019effet inverse s\u2019est produit. M\u00eame les journaux ou radios qui \u00e9taient un peu r\u00e9serv\u00e9s avant l\u2019assassinat de Norbert Zongo, sont devenus beaucoup plus critiques qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient avant le 13 d\u00e9cembre 1998. En m\u00eame temps, beaucoup de coll\u00e8gues ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019essayer au journalisme d\u2019investigation pour que le sacrifice de Norbert Zongo ne soit pas vain. Certains, comme Newton Ahmed Barry ou Germain Nama, ont rejoint la r\u00e9daction de L\u2019Ind\u00e9pendant apr\u00e8s l\u2019assassinat de Norbert Zongo pour que le journal ne meure pas. Par la suite, ils sont partis cr\u00e9er un nouveau journal d\u2019investigation, <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/evenement-bf.net\/\" rel=\"external\"><i>L\u2019\u00e9v\u00e9nement<\/i><\/a>, en 2002. Cinq ans apr\u00e8s, en 2007, <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/www.reporterbf.net\/\" rel=\"external\"><i>Le Reporter<\/i><\/a> est lanc\u00e9. Deux ans plus tard, c\u2019est la naissance du <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/courrierconfidentiel.net\/\" rel=\"external\"><i>Courrier confidentiel<\/i><\/a> et en 2012, <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/mutationsbf.info\/\" rel=\"external\"><i>Mutations<\/i><\/a> fait son apparition. M\u00eame si certains journaux n\u2019ont pas surv\u00e9cu, on voit bien un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la pratique du journalisme d\u2019investigation apr\u00e8s l\u2019assassinat de Norbert Zongo.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 ont \u00e9mis un mandat d\u2019arr\u00eat international en mai 2017 \u00e0 l\u2019encontre de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9, accus\u00e9 d\u2019\u00eatre le commanditaire de l\u2019assassinat de Norbert Zongo et des trois personnes qui l\u2019accompagnaient le 13 d\u00e9cembre 1998, son fr\u00e8re Ernest Zongo, Blaise Ilboudo et Ablass\u00e9 Niki\u00e9ma. Le 5 d\u00e9cembre 2018, \u00e0 quelques jours du 20<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> anniversaire de cet assassinat, la Cour d\u2019appel de Paris accueillait favorablement le demande d\u2019extradition vers le Burkina Faso de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 r\u00e9fugi\u00e9 en C\u00f4te d\u2019Ivoire avec l\u2019aide de la France. Qu\u2019est-ce que cela suscite pour le peuple burkinab\u00e8 qui r\u00e9clame depuis tant d\u2019ann\u00e9es \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 et justice\u00a0\u00bb dans cette affaire\u00a0? Peut-on esp\u00e9rer une avanc\u00e9e dans le dossier\u00a0?<br class=\"autobr\" \/><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La d\u00e9cision favorable de la Cour d\u2019appel de Paris est une victoire d\u2019\u00e9tape dans le dossier Norbert Zongo. Rappelons que l\u2019affaire avait \u00e9t\u00e9 class\u00e9e sans suite en 2006 par des juges aux ordres du pouvoir de Blaise Compaor\u00e9, pour prot\u00e9ger le petit fr\u00e8re du pr\u00e9sident. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s le soul\u00e8vement r\u00e9volutionnaire d\u2019octobre 2014 que le dossier a \u00e9t\u00e9 r\u00e9-ouvert en 2015, et qu\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat international contre Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en mai 2017. La justice burkinab\u00e8 donne alors un signal fort quant \u00e0 sa volont\u00e9 de r\u00e9soudre cette affaire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Lors de la visite d\u2019Emmanuel Macron au Burkina Faso, l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 ne pas faire obstruction \u00e0 l\u2019extradition. Si la justice fran\u00e7aise est favorable \u00e0 son extradition, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas question de pers\u00e9cution politique comme ont voulu faire croire les avocats de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9. La chambre d\u2019instruction a pris sa d\u00e9cision \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments apport\u00e9s par l\u2019\u00c9tat et la justice burkinab\u00e8, susceptibles d\u2019impliquer Monsieur Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 dans le dossier d\u2019assassinat de Norbert Zongo. C\u2019est sur la base de ces \u00e9l\u00e9ments d\u2019information que la chambre d\u2019instruction a rendu sa d\u00e9cision favorable.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">C\u2019est pour nous une victoire. Pendant longtemps on nous a fait croire qu\u2019on voulait atteindre le pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 en cherchant \u00e0 impliquer son fr\u00e8re Fran\u00e7ois\u2026 Mais personne n\u2019est dupe. Enfin, c\u2019est la confirmation de toutes les enqu\u00eates men\u00e9es depuis l\u2019assassinat de Norbert Zongo. Comme l\u2019a conclu <i>Reporter sans fronti\u00e8res<\/i> au terme de ses enqu\u00eates, Norbert Zongo a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 parce qu\u2019il menait des investigations sur la mort de David Ouedrago, le chauffeur de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9, avec une probable implication de la garde rapproch\u00e9e du pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 sur instigation de son fr\u00e8re Fran\u00e7ois. L\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 avait mis en place une commission d\u2019enqu\u00eate ind\u00e9pendante qui a livr\u00e9 ses rapports le 7 mai 1999 en statuant de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le chauffeur de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9, David Ouedraogo, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en d\u00e9cembre 1997, puis tortur\u00e9 et assassin\u00e9 en janvier 1998 par la garde rapproch\u00e9e de Blaise Compaor\u00e9 pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 un vol, r\u00e9el ou suppos\u00e9 d\u2019une vingtaine de millions de FCFA au domicile de Fran\u00e7ois Compaor\u00e9. Trois \u00e9l\u00e9ments de la garde rapproch\u00e9e, le <i>R\u00e9giment de s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9sidentielle<\/i> (RSP) ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s lors du proc\u00e8s de David Ouedraogo\u00a0: son chef, l\u2019adjudant Marcel Kafando et le sergent Edmond Koama ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 20 ans d\u2019emprisonnement ferme pour l\u2019assassinat de David Ouedraogo. Le soldat Ouss\u00e9ini Yaro (charg\u00e9 d\u2019enfermer et de surveiller David Ou\u00e9draogo et ses compagnons), \u00e0 lui \u00e9cop\u00e9 de 10 ans de prison ferme. Mais tous les trois se retrouvent cit\u00e9s comme suspects dans l\u2019affaire Norbert Zongo. Malheureusement pour l\u2019enqu\u00eate, tous les trois sont morts. Marcel Kafando \u00e9tait le seul inculp\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on classe le dossier. Edmond Koama est mort en prison. Ouss\u00e9ini Yaro a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle de Blaise Compaor\u00e9, mais il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 peine sorti de prison. On l\u2019a peut \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 pour pouvoir s\u2019en occuper et l\u2019assassiner\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous exigeons que Fran\u00e7ois Compaor\u00e9 vienne r\u00e9pondre de tous ces chefs d\u2019accusation et s\u2019il apporte les preuves de son innocence, en tant que d\u00e9fenseur des droits humains, nous devons nous battre pour que ses droits soient prot\u00e9g\u00e9s et qu\u2019il ne soit pas condamn\u00e9 pour le simple fait d\u2019\u00eatre le fr\u00e8re de l\u2019ancien pr\u00e9sident. Mais en attendant, il doit compara\u00eetre devant la justice burkinab\u00e8.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>J\u00e9rome Duval pour La Pluma, le 28 avril 2019<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Source: <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Boureima-Ouedraogo-Francois-Compaore-doit-venir-comparaitre-devant-la-justice\">CADTM<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Entretien publi\u00e9 dans le journal <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/pour.press\/francois-compaore-doit-venir-comparaitre-devant-la-justice-burkinabe\/\" rel=\"external\"> Pour <\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Traductions disponibles: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2019\/04\/29\/boureima-ouedraogo-francois-compaore-debe-comparecer-ante-los-tribunales-burkineses\/\">Espa\u00f1ol<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus de vingt ans, Norbert Zongo est devenu un symbole de la lutte contre la corruption, l&rsquo;impunit\u00e9 des crimes \u00e9conomiques et la mauvaise gouvernance dans le pays.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":8738,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[218],"tags":[4853,4855,332,4854,236],"coauthors":[224],"class_list":["post-8737","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-monde","tag-blaise-compaore","tag-boureima-ouedraogo","tag-burkina-faso","tag-francois-compaore","tag-jerome-duval"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8737","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8737"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8737\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8835,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8737\/revisions\/8835"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8738"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8737"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8737"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8737"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=8737"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}