{"id":7829,"date":"2019-04-01T21:31:13","date_gmt":"2019-04-01T21:31:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=7829"},"modified":"2019-04-01T21:36:37","modified_gmt":"2019-04-01T21:36:37","slug":"quelle-hypocrisie-lenvironnement-met-tout-le-monde-daccord-pourvu-quon-ne-fasse-rien-dialogue-avec-guido-viale-de-dickens-a-cormac-mccarthy-de-ballard-a-b","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2019\/04\/01\/quelle-hypocrisie-lenvironnement-met-tout-le-monde-daccord-pourvu-quon-ne-fasse-rien-dialogue-avec-guido-viale-de-dickens-a-cormac-mccarthy-de-ballard-a-b\/","title":{"rendered":"\u00ab Quelle hypocrisie, l\u2019environnement met tout le monde d\u2019accord, pourvu qu\u2019on ne fasse rien \u00bb : dialogue avec Guido Viale<br> <i>De Dickens \u00e0 Cormac McCarthy, de Ballard \u00e0 Beckett, une anthologie litt\u00e9raire de d\u00e9chets et d\u2019hommes-d\u00e9chets<\/i>"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/aut_6655.jpg\" width=\"209\" height=\"133\" border=\"0\" \/>Sur ce th\u00e8me du d\u00e9chet &#8211; existentiel, \u00e9thique, esth\u00e9tique, social, \u00e9cologiste \u2013 Guido Viale a constitu\u00e9 une bibliographie qu\u2019on peut m\u00eame dire proph\u00e9tique (<em>Un monde jetable. La civilisation des d\u00e9chets et les d\u00e9chets de la civilisation, <\/em>1994<em>\u00a0; Gouverner les d\u00e9chets,<\/em> 1999<em>\u00a0; R\u00e9duire \u00e0 z\u00e9ro les d\u00e9chets, <\/em>2008<em>)\u00a0;<\/em> mais, dans le cas pr\u00e9sent, la litt\u00e9rature constitue un d\u00e9clencheur fascinant. Dans <em>La parola ai rifiuti. Scrittori e letture<\/em> <em>sull\u2019 aldil\u00e0 delle merci <\/em>(Edizioni Interno4, 2019) [La parole aux d\u00e9chets. \u00c9crivains et analyses sur l\u2019au-del\u00e0 des marchandises] la finalit\u00e9 profonde est subtile. Viale s\u2019exprime ainsi\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0De Goethe \u00e0 Kafka, de Calvino \u00e0 Montale, de Pasolini \u00e0 Hugo, de Saramago \u00e0 Coetzee, de Dickens \u00e0 Bollard \u2013 et bien d\u2019autres encore &#8211; ces textes montrent de fa\u00e7on indiscutable comment, \u00e0 partir d\u2019un certain moment de l\u2019histoire, (mais H\u00e9raclite, d\u00e9j\u00e0, avait trouv\u00e9 des correspondances entre un tas de d\u00e9chets et \u00ab\u00a0le meilleur des mondes\u00a0\u00bb), les d\u00e9chets sont devenus une composante essentielle et irr\u00e9ductible de notre monde et de nos vies. Et comment ils ont aussi fini par mettre leur marque sur les \u00eatres humains, r\u00e9duits \u00e0 des objets de rebut quand ils n\u2019ont plus d\u2019utilit\u00e9. Quant \u00e0 moi, je dirais, plus brutalement, que les \u00e9crivains voient ce que personne ne veut voir, imaginent, avec une violence imaginative virtuose, l\u2019inimaginable, et parviennent avant les autres au c\u0153ur de la question<em>. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans le cas pr\u00e9sent, l\u2019anthologie r\u00e9unie par Viale &#8211; qui t\u00e9moigne de son flair de lecteur \u2013 est fascinante et hallucinante\u00a0: on va de l\u2019in\u00e9vitable <em>Nom de la rose<\/em> d\u2019Umberto Eco \u2013 qui montre comment on se d\u00e9barrassait des d\u00e9chets au Moyen-\u00c2ge \u2013 au Londres souill\u00e9 de marchandises avari\u00e9es de Dickens, o\u00f9 ce qui pour les uns est d\u00e9chet est de l\u2019or pour d\u2019autres, de l\u2019\u00e9ruption dystopique de d\u00e9chets de J. C. Ballard (\u00ab\u00a0Il sortit dans les rues d\u00e9sertes, observant la cendre l\u00e9g\u00e8re qui tombait sur Hamilton, provenant des centaines de feux de d\u00e9chets \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville, et qui couvraient les rues et les jardins comme du fait de l\u2019\u00e9ruption d\u2019un volcan voisin\u00a0\u00bb) \u00e0 la \u00ab\u00a0crasse\u00a0\u00bb et au \u00ab\u00a0triomphe des ordures\u00a0\u00bb chant\u00e9s par Eugenio Montale, aux abysses existentiels de Samuel Beckett et aux paysages br\u00fbl\u00e9s par le n\u00e9ant biblique du Cormac McCarthy de <em>La Route<\/em> (\u00ab\u00a0la ville \u00e9tait abandonn\u00e9e depuis des ann\u00e9es, mais ils en parcoururent les rues encombr\u00e9es de d\u00e9chets avec une grande circonspection, en se tenant par la main. Ils d\u00e9pass\u00e8rent une poubelle o\u00f9 on avait jadis essay\u00e9 de br\u00fbler des cadavres\u00a0\u00bb). Une histoire de la litt\u00e9rature par les d\u00e9chets &#8211; les analyses sont nombreuses, elles renvoient \u00e0 Buzzati et Coetzee, Kafka et Hrabal, Tiziano Scarpa et Javier Mar\u00edas, Don DeLillo, Jonathan Franzen, Magda Szab\u00f3 \u2013 comment\u00e9e, pour bombarder de pens\u00e9es notre statut et notre \u00c9tat, notre nature et le monde.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans Le<em> Voyage en Italie<\/em>, dans le Sud, pr\u00e8s de Naples, Goethe a une illumination fulgurante\u00a0: \u00ab\u00a0Dans ces pays, un pauvre, qui nous para\u00eet, \u00e0 nous, mis\u00e9rable, peut non seulement satisfaire ses besoins les plus urgents et imm\u00e9diats, mais jouir du monde de la meilleure fa\u00e7on qui soit\u00a0; et celui qu\u2019on consid\u00e8re comme un mendiant napolitain pourrait aussi facilement d\u00e9daigner la place de vice-roi en Norv\u00e8ge et d\u00e9cliner l\u2019honneur (si l\u2019imp\u00e9ratrice de Russie le lui offrait) du poste de gouverneur de la Sib\u00e9rie.\u00a0\u00bb Ici, on associe au d\u00e9chet le th\u00e8me du renoncement, de la mod\u00e9ration des d\u00e9sirs, de l\u2019aptitude \u00e0 se contenter de ce qu\u2019on a \u2013 concepts nullement n\u00e9gligeables. &#8211;<em>Davide Brullo<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Alors, comment na\u00eet ce livre, \u00e0 partir de quelles pr\u00e9misses\u00a0? Quels int\u00e9r\u00eats dictent ce travail anthologique\u00a0?<strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_20013.jpg\" alt=\"Guido Viale\" width=\"280\" height=\"235\" align=\"right\" hspace=\"10\" vspace=\"10\" \/>L<span style=\"font-size: 12pt;\">a parole aux d\u00e9chets <\/span><\/em><span style=\"font-size: 12pt;\">recueille un ensemble de textes litt\u00e9raires dans lesquels on parle, \u00e0 des titres divers, de d\u00e9chets. C\u2019est une s\u00e9lection des quelque cent articles que j\u2019ai \u00e9crits au cours de presque vingt ans pour le suppl\u00e9ment socio-culturel de la revue <em>GSA Igiene Urbana<\/em>, qui s\u2019occupe de ce sujet d\u2019un point de vue technique. Ces analyses m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 prolonger et approfondir mon regard sur un th\u00e8me, celui des d\u00e9chets, qui, en g\u00e9n\u00e9ral, n\u2019engage qu\u2019en termes \u00e9troitement techniques ceux qui s\u2019en occupent d\u2019un point de vue professionnel. Avec ce livre, j\u2019entends accompagner le lecteur dans sa d\u00e9couverte de la fa\u00e7on dont, \u00e0 partir de la fin de XVIII\u00e8me si\u00e8cle, c\u2019est-\u00e0-dire depuis la R\u00e9volution industrielle, la litt\u00e9rature et les \u00e9crivains (y compris les po\u00e8tes) commencent \u00e0 beaucoup s\u2019occuper des d\u00e9chets, alors m\u00eame qu\u2019\u00e9conomistes, sociologues, m\u00e9decins et philosophes ne se rendaient pas compte de la montagne de d\u00e9chets qui grandissait sous leurs yeux. En effet, ces \u00e9crivains ont vu dans les d\u00e9chets quelque chose de plus que de simples mat\u00e9riaux de rebut\u00a0: une m\u00e9taphore de la condition humaine \u2013 justement au moment o\u00f9 le monde des marchandises et de la consommation c\u00e9l\u00e9brait son triomphe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Quelle valeur a la litt\u00e9rature, la tr\u00e8s grande \u2013 tu cites de Montale \u00e0 Beckett, de Goethe \u00e0 McCarthy \u2013 ou celle \u00e0 ras de terre, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019affronter les \u00ab\u00a0questions sociales\u00a0\u00bb\u00a0? Une voix qui crie dans le d\u00e9sert, ou un pouvoir perturbateur\u00a0? La litt\u00e9rature doit-elle donc se poser des probl\u00e8mes d\u2019ordre social, \u00e9cologique, politique, \u00e9thique\u00a0? Quelle est sa mission ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans ce domaine, la litt\u00e9rature est certainement une voix perturbatrice. Pendant pr\u00e8s de deux si\u00e8cles, les d\u00e9chets, produits en quantit\u00e9s croissantes, n\u2019ont pas trouv\u00e9 de place dans la repr\u00e9sentation d\u2019un monde ordonn\u00e9 et en continuel progr\u00e8s qui nous a \u00e9t\u00e9 fournie par les savoirs officiels. Et pourtant, ils \u00e9taient l\u00e0, t\u00e9moignant que chaque \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb, qu\u2019il soit compris au sens \u00e9conomique ou social, a son revers. Revers qui, aujourd\u2019hui, nous m\u00e8ne \u00e0 la catastrophe, parce que m\u00eame le CO2, cause premi\u00e8re des changements climatiques qui menacent la survie m\u00eame de l\u2019humanit\u00e9, n\u2019est qu\u2019un d\u00e9chet\u00a0: le rebut de tous les processus de combustion sur lesquels repose le d\u00e9veloppement de la civilisation industrielle. La litt\u00e9rature ne \u00ab\u00a0doit\u00a0\u00bb pas s\u2019occuper de probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques\u00a0: elle s\u2019occupe de la vie, parce que c\u2019est l\u00e0 sa vocation. Mais si elle le fait bien, elle ne peut pas ne pas rencontrer et d\u00e9velopper un regard sp\u00e9cifique, qui est celui de l\u2019auteur, diff\u00e9rent, de ce fait, des autres, sur tous ces probl\u00e8mes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Parmi les \u00e9crivains que tu as inclus dans cette anthologie, lequel t\u2019a le plus convaincu, lequel t\u2019a le plus \u00e9mu\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le plus \u00e9mouvant, selon moi, c\u2019est, sans aucun doute, Samuel Beckett qui, dans<em> Fin de partie<\/em>, explicite ce qui est le th\u00e8me de fond de tous les \u00e9crivains qui, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, ont touch\u00e9 ou effleur\u00e9 le monde des d\u00e9chets\u00a0: la r\u00e9duction de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019un d\u00e9chet, sa d\u00e9valorisation jusqu\u2019\u00e0 l\u2019annulation totale, seul point \u00e0 partir duquel on peut essayer de redonner un sens \u00e0 la vie \u2013 mais \u00e0 une vie compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Le plus convaincant est sans nul doute Italo Calvino dont (c\u2019est le seul dans ce cas parmi les auteurs trait\u00e9s) j\u2019analyse deux textes, dans deux chapitres diff\u00e9rents\u00a0: pour lui, les d\u00e9chets sont, non pas la m\u00e9taphore de l\u2019existence, mais une cl\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tation de la soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans l\u2019absolu\u00a0: quelles lectures ont marqu\u00e9 votre vie\u00a0? Y a-t-il un livre que vous consid\u00e9rez comme votre \u00e9toile du Nord, auquel vous revenez avec une obstination continuelle\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Je ne crois pas. De m\u00eame qu\u2019Harold Wilson ram\u00e8ne \u00e0 Shakespeare tout le \u00ab\u00a0canon\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature occidentale \u2013 y compris m\u00eame, paradoxalement, certains auteurs qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, &#8211; je pense, quant \u00e0 moi, que toute la litt\u00e9rature qui est venue apr\u00e8s lui est dans Dante. Sans jamais, bien s\u00fbr, atteindre sa hauteur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">D\u00e9chet\u00a0: ce terme (j\u2019y fais allusion d\u00e9j\u00e0 dans les questions pr\u00e9c\u00e9dentes) concerne le statut existentiel, marqu\u00e9 par la mort, de la nature humaine, aujourd\u2019hui. Nous rejetons trop, nous produisons trop de d\u00e9chets, nous avons peur d\u2019\u00eatre mis au rebut, nous sommes les d\u00e9chets d\u2019un temps injuste, nous sommes injustifi\u00e9s\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La vie, et le monde, sont faits d\u2019attraction et de r\u00e9pulsion. Comme, en plus d\u2019\u00eatre attir\u00e9s par quelqu\u2019un ou quelque chose, nous aspirons aussi \u00e0 \u00eatre attractifs, pour les autres, y compris pour les biens qui nous entourent, nous sommes aussi amen\u00e9s \u00e0 rejeter beaucoup de choses et beaucoup de comportement des personnes\u00a0; nous avons peur d\u2019\u00eatre \u00e0 notre tour rejet\u00e9s comme des d\u00e9chets. Mais il y a dans les d\u00e9chets quelque chose qui, tout en provoquant notre r\u00e9pulsion, nous attire, parfois sous des formes maladives\u00a0: c\u2019est notre vie, le passage du temps, qui se d\u00e9pose dans les choses que nous avons utilis\u00e9es et qui ne nous sont plus utiles, et dont nous devons nous d\u00e9barrasser. C\u2019est ainsi que, dans l\u2019attraction, il y a toujours aussi, ou il devrait y avoir, une composante de r\u00e9pulsion\u00a0; autrement, nous nous identifierions totalement \u00e0 la chose ou la personne qui nous attire, perdant notre identit\u00e9. Le fait est que ces \u00ab\u00a0mouvements de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb ne se distribuent pas de fa\u00e7on \u00e9gale entre les \u00eatres humains\u00a0: plus on a, plus on attire. Quand on n\u2019a rien, on suscite g\u00e9n\u00e9ralement la r\u00e9pulsion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Aujourd\u2019hui, le th\u00e8me de l\u2019environnement \u2013 dans le domaine sacr\u00e9 comme profane \u2013 est dominant, il met tout le monde d\u2019accord. Du moins, quand il y a des manifestations de rue. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0? Ce sont les habituelles bonnes paroles qui reviennent\u00a0? D\u2019autre part, vous avez fait des d\u00e9chets (je pense \u00e0\u00a0\u00ab Un monde jetable\u00a0\u00bb, 1994) et de l\u2019\u00e9cologie (je prendrai comme exemple \u00ab\u00a0La conversation \u00e9cologique\u00a0\u00bb) un th\u00e8me dominant depuis des d\u00e9cennies.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">C\u2019est le comble de l\u2019hypocrisie. L\u2019environnement met tout le monde d\u2019accord, tant qu\u2019on en parle dans l\u2019abstrait, alors que tous, ou presque, s\u2019occupent \u00e0 le d\u00e9truire et le d\u00e9vaster. Ce jeu s\u2019est poursuivi pendant des ann\u00e9es, mais \u00e0 pr\u00e9sent il est arriv\u00e9 \u00e0 un tournant. Si nous n\u2019inversons pas notre route, il n\u2019y aura plus rien \u00e0 d\u00e9vaster, parce que nous aurons d\u00e9truit tout ce qui peut \u00eatre d\u00e9vast\u00e9 \u2013 y compris nous-m\u00eames, l\u2019humanit\u00e9, que nous sommes en train de priver des conditions qui ont rendu possibles son \u00e9volution et son histoire. \u00c0 ce stade, et sans un rappel \u00e0 l\u2019attraction que devraient exercer sur nous les choses qui font la beaut\u00e9 de la vie, la Terre et l\u2019existence commune des hommes ne seront plus que d\u2019immenses d\u00e9chets.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_20014.jpg\" alt=\"\" width=\"344\" height=\"499\" align=\"left\" hspace=\"10\" vspace=\"10\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"https:\/\/www.guidoviale.it\/libri\/\">Guido Viale<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La parola ai rifiuti<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 12pt;\">Scrittori e letture sull&rsquo;aldil\u00e0 delle merci<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/Interno4edizioni\/\">Interno4 Edizioni<\/a>, 2019<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">160 pagine<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">ISBN\u00a0\u00a0 9788885747302<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 12pt;\">\u20ac 11,90 <\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"http:\/\/libri.goodfellas.it\/checkout\/cart\/\">Compra<\/a><\/span><br \/>\n<a href=\"http:\/\/libri.goodfellas.it\/media\/pdf\/LA-PAROLA-AI-RIFIUTI-PRESENTAZIONE+CAP-1.pdf\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Leggi la presentazione e il primo capitolo<\/span><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span class=\"auteur\" style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=6655&amp;lg_pp=fr\">Pangea<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Original: <span class=\"navigation_cadre\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=25688\">\u201cChe ipocrisia, l\u2019ambiente mette d\u2019accordo tutti purch\u00e9 non si faccia nulla\u201d: dialogo con Guido Viale<br \/>\n<i>Da Dickens a Cormac McCarthy, da Ballard a Beckett, una antologia letteraria di rifiuti e rifiutati<\/i><\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=3734&amp;lg_pp=fr\">Rosa Llorens<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Edit\u00e9 par <span class=\"trad\"> <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a> <\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=25689\">Tlaxcala<\/a>, le 31 mars 2019<\/span><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est le comble de l\u2019hypocrisie. L\u2019environnement met tout le monde d\u2019accord, tant qu\u2019on en parle dans l\u2019abstrait, alors que tous, ou presque, s\u2019occupent \u00e0 le d\u00e9truire et le d\u00e9vaster. Ce jeu s\u2019est poursuivi pendant des ann\u00e9es, mais \u00e0 pr\u00e9sent il est arriv\u00e9 \u00e0 un tournant.<\/p>\n","protected":false},"author":460,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[19],"tags":[4326,4323,4324,4325,4327],"coauthors":[4328],"class_list":["post-7829","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-literatura","tag-dechets","tag-environnement-et-litterature","tag-guido-viale","tag-litterature-italienne","tag-pangea"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":false,"excerpt":false},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7829","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/460"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7829"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7829\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7832,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7829\/revisions\/7832"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7829"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7829"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7829"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=7829"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}