{"id":60662,"date":"2023-12-31T14:53:13","date_gmt":"2023-12-31T14:53:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapluma.net\/?p=60662"},"modified":"2023-12-31T21:20:42","modified_gmt":"2023-12-31T21:20:42","slug":"niger-bajo-una-perspectiva-historica-anticolonial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2023\/12\/31\/niger-bajo-una-perspectiva-historica-anticolonial\/","title":{"rendered":"Le Niger dans une perspective historique anticoloniale"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">L\u2019actuel gouvernement nig\u00e9rien du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), arriv\u00e9 au pouvoir le 26\/07\/2023 en renversant le fantoche Mohammed Bazoum, alli\u00e9 des Fran\u00e7ais, est venu avec la volont\u00e9 de s\u2019inscrire dans une lutte historique, la lutte anticoloniale apr\u00e8s les Ind\u00e9pendances. Le n\u00e9ocolonialisme est une r\u00e9alit\u00e9. Ce qui se mat\u00e9rialise aujourd\u2019hui, \u00e0 travers l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso), c\u2019est une coop\u00e9ration r\u00e9gionale en faveur de la souverainet\u00e9 qui ouvre la porte \u00e0 d\u2019autres partenaires comme la Russie et la Chine.<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhEtjwbp7boZZoG_Fpw7rGKmtGL79qiqq-sDm9-eOxgb-BwQ8bTXnRUYrZwz4057YMS-6OWa-yIBPY1UYoSJ6y97Q0Ku_h09exzws0tq8m2Xj7cVM1-E4xKQLNv-mNsgagTEoASSfEyY3YnkVjTiaNrn_oV5dRAVHUTVMokrtwuLVY5UekgyaM0nBVp9PqL\/w640-h326\/3%20chefs%20AES.png\" width=\"640\" height=\"326\" border=\"0\" data-original-height=\"306\" data-original-width=\"599\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avant d\u2019analyser le cas du Niger et de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel, il est n\u00e9cessaire de rappeler bri\u00e8vement l\u2019histoire des luttes anticoloniales. Cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration panafricaine n\u2019est pas n\u00e9e du n\u00e9ant. Elle s\u2019inscrit dans une longue histoire de luttes anticoloniales. Depuis la conf\u00e9rence de Berlin, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les puissances europ\u00e9ennes ont tent\u00e9 de se partager le g\u00e2teau du continent africain, parce qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, elles avaient d\u00e9j\u00e0 jet\u00e9 leur d\u00e9volu sur ses formidables ressources. Les soci\u00e9t\u00e9s africaines sont d\u00e9structur\u00e9es depuis des si\u00e8cles, notamment par l\u2019esclavage, et la colonisation fran\u00e7aise est bien implant\u00e9e en Alg\u00e9rie. D\u2019autres r\u00e9gions sont envisag\u00e9es : c\u2019est ce que L\u00e9nine analysait comme \u00ab l\u2019imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme \u00bb. \u00c0 cette \u00e9poque, \u00e0 la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale, les puissances europ\u00e9ennes victorieuses se partagent les colonies.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEiqg59GDhON07zaWwaSvKHSn3g21Hy42YLD7gIyqDK8BsSjpRtsiFHMd20aWK9LBmWtfeOh8CEmBfdtfvo908GxukLWmgj3TlEuMf-xZ-DOkhzbaEkpsrQtWNPOOXxX13snyYlHeWTMjHscjl3nA1oLAuT9oyR7x8h3slv1ErNqfbBTGb20-fUws6yGbQ=w640-h490\" width=\"640\" height=\"490\" border=\"0\" data-original-height=\"1227\" data-original-width=\"1600\" \/>Une gravure repr\u00e9sentant Abdelkrim Al Khattabi \u00e0 cheval dirigeant les rebelles du Rif contre les forces espagnoles, Maroc, ann\u00e9es 1920 ; Apic\/Getty Images<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mais elles ne s\u2019attendaient pas \u00e0 ce que la lutte anticoloniale oppose une forte r\u00e9sistance, si forte qu\u2019elle a m\u00eame eu un impact sur les soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes. Cette r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation du nord du Maroc, notamment lors de la guerre du Rif, s\u2019est manifest\u00e9e en France, mais aussi en Espagne. Des manifestations d\u2019opposition \u00e0 l\u2019envoi de troupes espagnoles ont eu lieu. En outre, Abdelkrim Al Khattabi a men\u00e9 une r\u00e9sistance tr\u00e8s vigoureuse contre l\u2019occupation, contre la colonisation espagnole. La bataille d\u2019Annual, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en ao\u00fbt 1921, a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif. Bien que, d\u2019un point de vue eurocentrique, elle soit connue sous le nom de \u00ab d\u00e9sastre d\u2019Annual \u00bb, du point de vue africain, il s\u2019agit d\u2019un exemple clair de victoire anticoloniale. Et ce fut aussi une le\u00e7on que les peuples africains pouvaient s\u2019organiser eux-m\u00eames, en innovant dans leur strat\u00e9gie pour vaincre les troupes coloniales. Cette victoire a tellement boulevers\u00e9 la donne que la France a d\u00fb venir en aide \u00e0 son concurrent, le voisin espagnol colonisateur qui exer\u00e7ait un protectorat sur le Nord du Maroc : ils furent contraints de s\u2019allier pour vaincre le dirigeant de la gu\u00e9rilla rifaine !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-60666\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Abdelkrim-Rif-2-300x167.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Abdelkrim-Rif-2-300x167.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Abdelkrim-Rif-2.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/>Le campement espagnol \u00e0 Annual apr\u00e8s sa prise par les Rifains, Maroc, 21 juillet 1921. Photo12\/UIG via Getty Images<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Puis, apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, une autre phase s\u2019est ouverte. Lorsque l\u2019on parle de la Lib\u00e9ration de l\u2019occupation nazie de la France, les combattants maghr\u00e9bins ou ceux des autres pays africains colonis\u00e9s ne sont pas appr\u00e9ci\u00e9s \u00e0 leur juste valeur et sont m\u00eame souvent oubli\u00e9s. En r\u00e9alit\u00e9, la participation des soldats des r\u00e9gions colonis\u00e9es a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s importante. Mais leur reconnaissance apr\u00e8s la Lib\u00e9ration n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur. Surtout, il est tr\u00e8s important de garder \u00e0 l\u2019esprit qu\u2019une fois la Lib\u00e9ration intervenue en mai 1945, une tr\u00e8s forte r\u00e9pression s\u2019est imm\u00e9diatement abattue sur les colonies fran\u00e7aises, comme l\u2019Alg\u00e9rie ou Madagascar, faisant des milliers de victimes. En effet, ceux qui croyaient que la France repr\u00e9sentait le progr\u00e8s face \u00e0 la barbarie nazie se sont r\u00e9veill\u00e9s avec une r\u00e9alit\u00e9 bien diff\u00e9rente. Aujourd\u2019hui encore, \u00e0 S\u00e9tif, en Alg\u00e9rie, le souvenir de ces massacres est tr\u00e8s pr\u00e9sent. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la lutte anticoloniale a donc continu\u00e9 !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cette lutte a donn\u00e9 naissance au Front de lib\u00e9ration nationale alg\u00e9rien (FLN) en novembre 1954, qui \u00e9tait la mat\u00e9rialisation de d\u00e9cennies de souffrance du peuple alg\u00e9rien sous la colonisation. Les crimes du colonialisme doivent \u00eatre rappel\u00e9s, parce qu\u2019ils d\u00e9passent compl\u00e8tement la conception de ce qu\u2019est l\u2019humanit\u00e9, parce que le colonialisme est brutal : il l\u2019\u00e9tait et l\u2019est encore, comme nous le voyons dans d\u2019autres ar\u00e8nes. Il faut le d\u00e9noncer et s\u2019en souvenir. La r\u00e9sistance anticoloniale du Front de lib\u00e9ration nationale alg\u00e9rien est arriv\u00e9e \u00e0 vaincre le colonialisme fran\u00e7ais en 1962. C\u2019est ainsi qu\u2019a culmin\u00e9 la disparition progressive de l\u2019empire fran\u00e7ais, qui, avec l\u2019empire britannique, avait fa\u00e7onn\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 politique au niveau mondial. \u00c0 cette \u00e9poque, \u00e0 partir de 1946, a \u00e9galement eu lieu la guerre d\u2019Indochine qui, comme nous le savons, s\u2019est poursuivie par la guerre du Vi\u00eat Nam jusqu\u2019en 1975. Il s\u2019agissait d\u2019une continuit\u00e9 entre le colonisateur fran\u00e7ais et celui qui allait plus tard prendre la rel\u00e8ve, l\u2019empire usam\u00e9ricain.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Revenons \u00e0 la question des ind\u00e9pendances africaines. C\u2019est en Guin\u00e9e que le leader syndical Sekou Tour\u00e9 a donn\u00e9 une formidable gifle historique aux projets de la France. Tour\u00e9 a dit \u201cnon\u201d. Il ne voulait pas adh\u00e9rer aux projets de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise, qui \u00e9tait le projet n\u00e9ocolonial apr\u00e8s les Ind\u00e9pendances. En d\u2019autres termes, un \u201cNon\u201d au projet d\u2019\u00e9tablir des ind\u00e9pendances purement nominales, ou formelles. Et ce n\u2019\u00e9tait pas seulement sa perception. S\u00e9kou Tour\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas le seul \u00e0 rejeter l\u2019ind\u00e9pendance dans le cadre d\u2019arrangements n\u00e9ocoloniaux, mais il y avait la m\u00eame prise de conscience ailleurs en Afrique de l\u2019Ouest, notamment au Niger, qui est le cas que j\u2019\u00e9tudie dans mon livre (\u201cN\u00edger: \u00bfOtro golpe de Estado o la Revoluci\u00f3n panafricana?\u201d). En effet, il y avait Djibo Bakary, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re Pr\u00e9sident du Conseil (3 mois) du Niger, \u00e9cart\u00e9 du pouvoir pour avoir appel\u00e9 \u00e0 voter \u00ab non \u00bb au r\u00e9f\u00e9rendum sur la \u00ab Communaut\u00e9 fran\u00e7aise \u00bb, puis forc\u00e9 \u00e0 la clandestinit\u00e9 et \u00e0 l\u2019exil.<\/span><\/p>\n<div class=\"separator\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhtsD_8L39Ne19dUZmupfgyQ_bXwNSUB0HpoJSkNqUSiSmOi6B0P-t4WzHKR67AGov8jYnnGWo-zQDdTXOcNXiyFTBMCnIMVoEHYABa4xauwkEsUNYTFYJ1FYhKsppub3gEx38RrN9JMSGDebDdG7xgq0S4rXeoaMCA_jOtguo0p0_Urm2qm10Dwed9Ht-N\/s1722\/Djibo%20Bakary.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhtsD_8L39Ne19dUZmupfgyQ_bXwNSUB0HpoJSkNqUSiSmOi6B0P-t4WzHKR67AGov8jYnnGWo-zQDdTXOcNXiyFTBMCnIMVoEHYABa4xauwkEsUNYTFYJ1FYhKsppub3gEx38RrN9JMSGDebDdG7xgq0S4rXeoaMCA_jOtguo0p0_Urm2qm10Dwed9Ht-N\/w460-h640\/Djibo%20Bakary.jpg\" width=\"460\" height=\"640\" border=\"0\" data-original-height=\"1722\" data-original-width=\"1240\" \/><\/a><span lang=\"EN-GB\" style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/polaf_0244-7827_1990_num_38_1_5376\"><span lang=\"FR\"><b>Djibo Bakary (1922-1998)<\/b><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Parfois, lorsque l\u2019on parle de n\u00e9ocolonialisme, certains discours de propagande le pr\u00e9sentent comme s\u2019il s\u2019agissait de quelque chose d\u2019artificiel, comme s\u2019il s\u2019agissait de pure rh\u00e9torique. Non, il n\u2019en est rien. Ces accords coloniaux avaient une signification tr\u00e8s pr\u00e9cise. Dans mon livre, j\u2019analyse un document appel\u00e9 \u00ab Accords de d\u00e9fense 1960-1961 \u00bb, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre cit\u00e9 en raison de son int\u00e9r\u00eat. Il s\u2019agit d\u2019accords entre la France et les nouveaux \u00c9tats africains : \u00ab Les parties contractantes d\u00e9cident de coop\u00e9rer dans le domaine des mat\u00e9riels de d\u00e9fense : hydrocarbures liquides et gazeux, uranium, thorium, lithium, b\u00e9ryllium, leurs min\u00e9raux et leurs compos\u00e9s\u00a0\u00bb\u00bb Mais ce n\u2019est pas seulement au niveau de la coop\u00e9ration, c\u2019est au niveau de la d\u00e9fense que s\u2019\u00e9tablit en r\u00e9alit\u00e9 une relation privil\u00e9gi\u00e9e dans la vente de mati\u00e8res premi\u00e8res strat\u00e9giques \u00e0 l\u2019ancien ma\u00eetre colonial, la France. En d\u2019autres termes, les nouveaux pays d\u00e9pendants se retrouvaient pieds et poings li\u00e9s. En outre, les exportations \u00e9taient restreintes. Il \u00e9tait interdit d\u2019exporter vers d\u2019autres pays, c\u2019est-\u00e0-dire que les nouveaux \u00c9tats africains ne pouvaient pas coop\u00e9rer librement avec d\u2019autres partenaires, en particulier l\u2019Union sovi\u00e9tique, dans ce que l\u2019on appelait le bloc socialiste. Il s\u2019agissait plut\u00f4t de les faire entrer dans le monde capitaliste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Comme le disait Djibo Bakary, qui envisageait de suivre le chemin trac\u00e9 par S\u00e9kou Tour\u00e9, ce projet \u00e9tait \u00ab impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019imp\u00e9rialisme \u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, la France a compl\u00e8tement sabot\u00e9 cette r\u00e9sistance anticoloniale, notamment en distribuant des masses d\u2019argent. Et aussi en envoyant des troupes d\u2019Alger \u00e0 Niamey, des troupes fran\u00e7aises, mais aussi des troupes africaines, qui avaient particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9pression brutale en Alg\u00e9rie. Ainsi, le r\u00e9f\u00e9rendum qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, aurait pu donner au Niger une situation de v\u00e9ritable ind\u00e9pendance, a \u00e9t\u00e9 sabot\u00e9. Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 un \u201coui\u201d gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ing\u00e9rence de la France, une ing\u00e9rence document\u00e9e par un historien n\u00e9erlandais nomm\u00e9 Klas Van Rawel &#8211; et un autre chercheur que je cite dans mon livre, Tomas Borrel &#8211; qui explique comment le scrutin a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement truqu\u00e9. Cela a provoqu\u00e9 la fuite de 40 000 paysans nig\u00e9riens vers le Nigeria. Il a \u00e9galement caus\u00e9 plusieurs ann\u00e9es de morts et de drames au Niger, car une lutte arm\u00e9e a \u00e9clat\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque, qui a finalement \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9e au milieu des ann\u00e9es 1960.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Venons-en aux ann\u00e9es 1970 : ce qui s\u2019est pass\u00e9 au Niger \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, c\u2019est la d\u00e9couverte de gisements d\u2019uranium, qui \u00e9tait &#8211; et est toujours &#8211; une mati\u00e8re premi\u00e8re strat\u00e9gique d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat pour la France. Au Niger, entre le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 et 1979, l\u2019exploitation de l\u2019uranium est pass\u00e9e de 9 % \u00e0 70 % des exportations. Comme je l\u2019explique dans mon livre, la question est de savoir ce que l\u2019exploitation de l\u2019uranium a signifi\u00e9 pour l\u2019\u00e9conomie et la population du Niger. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on a tent\u00e9 de renforcer le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat en cr\u00e9ant des entreprises publiques nationales. Cependant, lorsque le r\u00e9gime de Hamani Diori a tent\u00e9 de ren\u00e9gocier le prix de l\u2019uranium en 1974, il a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019un coup d\u2019\u00c9tat militaire. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le Niger ne pouvait d\u00e9j\u00e0 plus utiliser ces revenus, car il s\u2019agissait d\u2019une mati\u00e8re premi\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cieuse. Le Niger a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 de se d\u00e9velopper, car lorsqu\u2019on aborde la question du d\u00e9veloppement en Afrique, on doit toujours tenir compte de cette relation entre l\u2019exploitation des ressources et l\u2019ing\u00e9rence. L\u2019histoire nous offre de nombreux exemples de cette ing\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de cette tentative de ren\u00e9gociation du prix de l\u2019uranium, les ann\u00e9es 1980 ont \u00e9t\u00e9 celles de la dette. On tente alors d\u2019imposer par la force des politiques de d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019\u00c9tat par le biais du Fonds mon\u00e9taire international. Il s\u2019agissait de r\u00e9duire ce que l\u2019on appelle les \u201cd\u00e9penses publiques\u201d des \u00c9tats, du point de vue du capitalisme. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, emp\u00eachant de nombreux pays de progresser en mati\u00e8re de souverainet\u00e9 et de d\u00e9veloppement. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, il y a eu un processus de participation d\u00e9mocratique au Niger, \u00e0 la suite des luttes qui ont eu lieu contre les politiques \u00e9conomiques du FMI. Il s\u2019agit de luttes sociales qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites au silence ; elles sont peu connues et devraient \u00eatre davantage \u00e9tudi\u00e9es. En 1991, il y a eu un retour \u00e0 une forme de d\u00e9mocratie. Mais ce n\u2019\u00e9tait que des mots, car durant cette d\u00e9cennie, les politiques n\u00e9olib\u00e9rales du FMI n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 remises en cause. Il y a donc eu un processus clairement tra\u00e7able qui a consist\u00e9 \u00e0 d\u00e9manteler l\u2019\u00c9tat, ce qui a emp\u00each\u00e9 les Nig\u00e9riens de pouvoir disposer de services de qualit\u00e9, qui auraient permis \u00e0 la population de sortir d\u2019une situation de mis\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjaU4BJ91NAZoHSpjlC6lhbzDIxEQ6o5Zfacm8qIsOORpJWVPKNqzSWOOO9OY5O6XjNZRc63XXc5UHewTG_kKndQPHH3Uxh159jZi6ZuCwg5HVcYjPGli5wy1PrZ_JDvC3v8ATl5fWFtMFYeavsc7Gj7iTBJjdNqhzMT-n_sfi-o_spoep3nIQ4E1wd_Uht\/w640-h640\/Macron%20Niger%20Latuff.jpeg\" width=\"640\" height=\"640\" border=\"0\" data-original-height=\"680\" data-original-width=\"680\" \/>Carlos Latuff<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Je voudrais maintenant citer quelques chiffres sur le Niger, qui est le sujet principal de mon livre : il faut savoir que les chiffres actuels de l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 sont de l\u2019ordre de 42%. Quand on met cela en relation avec l\u2019exploitation de l\u2019uranium et d\u2019autres mati\u00e8res premi\u00e8res dans ce pays et dans cette r\u00e9gion, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de se poser la question : comment se fait-il qu\u2019avec autant de richesses, avec un niveau d\u2019exportation aussi \u00e9lev\u00e9, cela ne se traduise pas par une am\u00e9lioration de la population, de la situation de la population ? Lorsque je parlais de la privatisation qui s\u2019est accentu\u00e9e au Niger dans les ann\u00e9es 1990, cela se refl\u00e8te \u00e9galement dans les chiffres que j\u2019analyse dans mon livre. En effet, bien que les entreprises publiques existent, elles ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 un processus de d\u00e9mant\u00e8lement et de privatisation. Tout d\u2019abord, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 : moins de 10 % de la population y a acc\u00e8s. Et ce chiffre est encore plus r\u00e9duit dans les zones rurales, o\u00f9 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 n\u2019atteint m\u00eame pas 1 % de la population. Deuxi\u00e8mement, l\u2019eau : il s\u2019agit d\u2019une autre ressource du Niger, que le pays poss\u00e8de potentiellement en raison du passage du fleuve Niger, qui est le troisi\u00e8me plus grand fleuve d\u2019Afrique. Or, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau est \u00e0 85 % entre les mains du secteur priv\u00e9. Jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, 51 % de l\u2019eau appartenait \u00e0 Veolia, une multinationale fran\u00e7aise. Puis 34 % \u00e9taient entre les mains d\u2019acteurs priv\u00e9s nig\u00e9riens. En d\u2019autres termes, une fois de plus, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau n\u2019\u00e9tait pas garanti. Troisi\u00e8mement, les communications. Si nous prenons l\u2019exemple du r\u00e9seau ferroviaire, nous retrouvons encore une fois un acteur bien connu, le groupe Bollor\u00e9, qui est une multinationale fran\u00e7aise qui a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par la Cour supr\u00eame du B\u00e9nin, le pays au sud du Niger, parce qu\u2019il y avait un projet de r\u00e9seau ferroviaire transfrontalier qui int\u00e9ressait les Fran\u00e7ais&#8230; Bollor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 parce qu\u2019il n\u2019avait pas g\u00e9r\u00e9 ce contrat de mani\u00e8re l\u00e9gale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En plus d\u2019un chapitre qui \u00e9tudie les effets de la privatisation sur le peuple nig\u00e9rien, mon livre contient \u00e9galement un autre chapitre qui analyse l\u2019histoire du point de vue des mati\u00e8res premi\u00e8res, c\u2019est-\u00e0-dire des grands int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. D\u2019une part, il y a la lutte des classes : comme je l\u2019expliquais, pour des raisons historiques, les luttes sociales n\u2019ont pas pu arr\u00eater l\u2019offensive n\u00e9olib\u00e9rale contre les services publics. D\u2019autre part, il y a les grands projets d\u2019infrastructure et l\u2019histoire des mati\u00e8res premi\u00e8res. Nous devons partir du fait que ces trois pays, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont encore une \u00e9conomie peu diversifi\u00e9e. Dans le cas du Mali, l\u2019or repr\u00e9sentait jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment 75 % des recettes d\u2019exportation nationales. En outre, il s\u2019agit toujours d\u2019\u00e9conomies largement informelles, \u00e0 hauteur d\u2019environ 60 %. J\u2019affirme que le secteur secondaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit d\u2019une mani\u00e8re planifi\u00e9e. Comment peu-on dire qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 capables de cr\u00e9er les conditions pour d\u00e9velopper l\u2019industrie ? En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019\u00e9tait la volont\u00e9 d\u2019acteurs tels que le FMI et l\u2019ancienne puissance coloniale. Il est inconcevable que 60 ans apr\u00e8s les ind\u00e9pendances, cette r\u00e9gion ne soit pas industrialis\u00e9e. Certains r\u00e9pondront simplement par une id\u00e9e fantaisiste selon laquelle les peuples africains ne peuvent pas ou sont incapables de le faire. Non, ce n\u2019est pas le cas. Et je le montre dans mon livre en parlant de l\u2019autre type de coop\u00e9ration qui a exist\u00e9 avec l\u2019Union sovi\u00e9tique et que la Russie est en train de relancer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mais revenons \u00e0 la question des mati\u00e8res premi\u00e8res. Au Niger, il y a le fleuve Niger, le troisi\u00e8me plus grand fleuve d\u2019Afrique. Il existe un projet d\u2019infrastructure, le barrage hydro\u00e9lectrique de Kandadji, qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u il y a plusieurs d\u00e9cennies pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique du Niger. Il permettrait de multiplier par deux la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Cependant, il n\u2019y a pas eu la volont\u00e9 ou la capacit\u00e9 de mettre en \u0153uvre ce projet en raison d\u2019int\u00e9r\u00eats qu\u2019il convient d\u2019analyser en d\u00e9tail. Cet \u00e9tat de fait remet en cause la coop\u00e9ration qui a pr\u00e9valu depuis l\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 savoir la coop\u00e9ration avec la France et les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne. Il est incompr\u00e9hensible que des projets d\u2019infrastructures de d\u00e9veloppement aussi importants ne se soient pas encore concr\u00e9tis\u00e9s. Ils pourront certainement se concr\u00e9tiser maintenant que des pays comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont chass\u00e9 l\u2019ancien pouvoir, confirmant qu\u2019il interf\u00e9rait dans le Sahel d\u2019une mani\u00e8re contraire \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats. Plusieurs mesures allant dans ce sens sont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9es. Parmi les projets importants, il y a non seulement le barrage, mais aussi la d\u00e9couverte de p\u00e9trole, puisque le Niger ne disposait pas de cette ressource jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment. C\u2019est sous le gouvernement de Mamadou Tandja &#8211; qui a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 par un coup d\u2019\u00c9tat militaire, ce qui n\u2019est pas un hasard &#8211; qu\u2019il y a eu une volont\u00e9 claire de diversifier les partenaires du Niger afin de progresser dans l\u2019exploitation du p\u00e9trole. Depuis 2009-2010, il y a eu cette prise de conscience que les gisements de p\u00e9trole pouvaient apporter des revenus importants au Niger. L\u2019exportation du p\u00e9trole nig\u00e9rien a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e via le B\u00e9nin, \u00e0 travers ce qui serait \u201cle plus grand ol\u00e9oduc d\u2019Afrique\u201d. Cela repr\u00e9senterait un revenu de plus de 4 milliards de dollars, soit 1\/4 du produit int\u00e9rieur brut.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjvCeMnwdM_J_r5SfYYR7q3Y-RktcsDKaQCcEH7wy-zU03cIVZLjNQBZqyKR3KbPwhjSlrEVofY-99IyTR8BA410fVF5VojlEc5n_GjujoyQVk3cGwawsNNQ-6RNYKxIXFX3ANerD2o5r-AdO9Rqkp67aWH93FUHzcYjGel2s-aM_iWiXB62fPwmVsPc2vQ\/w640-h580\/Francafrique%20p%C3%A9trole%20livres.jpg\" width=\"640\" height=\"580\" border=\"0\" data-original-height=\"317\" data-original-width=\"350\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il est clair qu\u2019il y a un probl\u00e8me si l\u2019on voit que le Niger a des ressources formidables et qu\u2019en m\u00eame temps, il a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent l\u2019un des pays les plus appauvris de la plan\u00e8te. Mon livre est n\u00e9 de cette r\u00e9alit\u00e9, de la mise en relation de ces deux \u00e9l\u00e9ments et de la volont\u00e9 d\u2019amener le lecteur \u00e0 me rejoindre dans mon hypoth\u00e8se. Pourquoi ? me suis-je demand\u00e9. Quelle est la relation entre ces deux \u00e9l\u00e9ments ? Entre l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 de 42% dans un pays comme le Niger et des ressources aussi formidables, par exemple, car c\u2019est l\u2019un des principaux producteurs d\u2019uranium au monde. Il s\u2019agit d\u2019une mati\u00e8re premi\u00e8re strat\u00e9gique qui permet \u00e0 un pays comme la France de se pr\u00e9senter comme \u201csouveraine\u201d en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie gr\u00e2ce \u00e0 ses centrales nucl\u00e9aires. Il y a une relation entre ces deux facteurs que je qualifie de relation o\u00f9 il y a des complices et des coupables.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le gouvernement actuel du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), arriv\u00e9 au pouvoir le 26\/07\/2023 en renversant la marionnette Mohammed Bazoum, alli\u00e9 \u00e0 la France, est venu avec la volont\u00e9 de participer \u00e0 un combat historique, un combat anticolonial apr\u00e8s les Ind\u00e9pendances. Le n\u00e9ocolonialisme est une r\u00e9alit\u00e9, et ce qui se mat\u00e9rialise aujourd\u2019hui, \u00e0 travers l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel, c\u2019est une coop\u00e9ration r\u00e9gionale qui ouvre la porte \u00e0 d\u2019autres partenaires comme la Russie et la Chine.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mon livre s\u2019inscrit \u00e9galement en faux contre ce que pr\u00e9tend la propagande de l\u2019OTAN ou des m\u00e9dias h\u00e9g\u00e9moniques, selon laquelle la Russie et la Chine seraient toutes deux \u201cles nouveaux colonisateurs\u201d. Tout d\u2019abord, s\u2019il n\u2019y a pas eu de d\u00e9veloppement jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui dans ces pays africains, alors qu\u2019ils disposent de tant de ressources, c\u2019est \u00e0 cause de deux facteurs. Le premier est \u00e9videmment la corruption. Les nouvelles autorit\u00e9s nig\u00e9riennes ont mis en place un organisme de lutte contre la corruption (COLDEFF) et &#8211; en plus des personnes qui ont fui le pays &#8211; toute la criminalit\u00e9 \u00e9conomique et fiscale qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au fil des ans est d\u00e9j\u00e0 mise au jour et fait l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate. L\u2019autre raison que j\u2019\u00e9voque provient d\u2019une conversation que j\u2019ai eue avec l\u2019ancien conseiller pr\u00e9sidentiel de l\u2019Ouganda. Cet homme a travaill\u00e9 avec des communaut\u00e9s paysannes dans diff\u00e9rents pays africains comme le Zimbabwe. Il s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions de d\u00e9veloppement et a \u00e9crit un livre intitul\u00e9 \u201cTrade is War\u201d. C\u2019est un auteur ougandais d\u2019origine indienne, Yash Tandon, qui explique quelque chose qui me semble tr\u00e8s important. L\u2019un des facteurs est la corruption, mais l\u2019autre est celui dont parle Tandon. Il s\u2019agit du type de coop\u00e9ration qui a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 historiquement et qui, au lieu de le favoriser, a emp\u00each\u00e9 le transfert de technologie au niveau mondial. Le droit au d\u00e9veloppement des pays du Sud est une question importante. Leur droit d\u2019\u00eatre libres de cr\u00e9er et de d\u00e9velopper leur propre technologie. Il n\u2019est pas facile \u00e0 r\u00e9soudre, car il y a le probl\u00e8me des brevets qui ont \u00e9t\u00e9 progressivement introduits par le r\u00e9seau d\u2019acteurs n\u00e9ocolonialistes. Yash Tandon explique qu\u2019un autre type de coop\u00e9ration \u00e9tait possible dans le pass\u00e9. L\u2019Union sovi\u00e9tique, par exemple, autorisait le transfert de technologies sans brevets. De cette mani\u00e8re, la technologie pouvait \u00eatre imit\u00e9e, et c\u2019est ainsi qu\u2019il y a eu un processus d\u2019industrialisation dans certains pays africains, qui a ensuite \u00e9t\u00e9 interrompu par l\u2019offensive n\u00e9olib\u00e9rale. L\u2019histoire des relations sovi\u00e9tiques avec le continent africain nous permet de mieux comprendre la situation actuelle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Un projet de coop\u00e9ration vient d\u2019\u00eatre sign\u00e9 entre l\u2019Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg en Russie et 42 universit\u00e9s africaines. Il s\u2019agit d\u2019une coop\u00e9ration russo-africaine dont l\u2019objectif est pr\u00e9cis\u00e9ment de former les \u00e9tudiants africains au d\u00e9veloppement et \u00e0 la technologie. Ainsi, lorsque vous entendez cette propagande selon laquelle la Russie et la Chine seraient de nouveaux colonisateurs, vous devriez r\u00e9pondre sur la base d\u2019une analyse d\u00e9taill\u00e9e des faits. La Russie et la Chine ne sont pas derri\u00e8re ces pays en train de tirer les ficelles, elles sont \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s et les soutiennent dans la lutte pour leur souverainet\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Bien s\u00fbr, les relations internationales sont une question d\u2019int\u00e9r\u00eats. Mais il y a la possibilit\u00e9 que ces int\u00e9r\u00eats soient aussi fond\u00e9s sur le respect mutuel, dans la mesure du possible. Sans \u00eatre na\u00effs, les pays africains qui sont dans une nouvelle dynamique d\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale panafricaine ont cette conscience et cette id\u00e9e claire : ils sont conscients que la situation de \u201cnouvelle guerre froide\u201d leur offre de nouvelles possibilit\u00e9s. D\u2019abord, r\u00e9soudre par leurs propres moyens le probl\u00e8me de la s\u00e9curit\u00e9 dans la zone des trois fronti\u00e8res. Deuxi\u00e8mement, l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel n\u2019envisage pas seulement une alliance militaire d\u00e9fensive, ce qui est crucial, mais aussi le d\u00e9veloppement d\u2019une union mon\u00e9taire et \u00e9conomique. Il s\u2019agit donc d\u2019un moment historique pour le panafricanisme.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/tienda.elviejotopo.com\/catalogo\/3721-niger-otro-golpe-de-estado-o-la-revolucion-panafricana.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhSYDXuHFtixgp_rNo7TmfA2pGzHFNdipbJOoxp33jWm1qX8vtR6ndPYGAPHq4Ad18euBNzloDyCKvbqhkRZevIqOnlQHsbxmGCEmXnBbrCaSF2IAdLg7jNzvDlsfHJjYZFjlbcrILF-xvihKutVKXO-FnU3SDWnrRYfp2X7qOqgPZ35p7FZ1KNCUpLA3wU\/w420-h640\/Portada%20niger-otro-golpe-de-estado-o-la-revolucion-panafricana.jpg\" width=\"420\" height=\"640\" border=\"0\" data-original-height=\"297\" data-original-width=\"195\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Alex Anfruns, 29\/12\/2023<em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Original <a href=\"https:\/\/rebelion.org\/niger-bajo-una-perspectiva-historica-anticolonial\/\">N\u00edger bajo una perspectiva hist\u00f3rica anticolonial<\/a><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/h2>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Traduit par<a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1iCMKgo4n9QO9LQzVQUf3JXAkTrNmAGrNIkQgnIOlIdM\/edit\"> Fausto Giudice<\/a>, <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Fuente: <a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/2023\/12\/alex-anfruns-le-niger-dans-une.html\">Tlaxcala<\/a>, 29 de diciembre de 2023<\/strong><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">Traducciones disponibles: <a href=\"https:\/\/www.lapluma.net\/2023\/12\/29\/milei-quiere-derogar-la-constitucion-un-golpe-de-estado-poselectoral\/\">Espa\u00f1ol<\/a><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien s\u00fbr, les relations internationales sont une question d\u2019int\u00e9r\u00eats. Mais il y a la possibilit\u00e9 que ces int\u00e9r\u00eats soient aussi fond\u00e9s sur le respect mutuel, dans la mesure du possible. Sans \u00eatre na\u00effs, les pays africains qui sont dans une nouvelle dynamique d\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale panafricaine ont cette conscience et cette id\u00e9e claire : ils sont conscients que la situation de \u201cnouvelle guerre froide\u201d leur offre de nouvelles possibilit\u00e9s. D\u2019abord, r\u00e9soudre par leurs propres moyens le probl\u00e8me de la s\u00e9curit\u00e9 dans la zone des trois fronti\u00e8res. Deuxi\u00e8mement, l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel n\u2019envisage pas seulement une alliance militaire d\u00e9fensive, ce qui est crucial, mais aussi le d\u00e9veloppement d\u2019une union mon\u00e9taire et \u00e9conomique. Il s\u2019agit donc d\u2019un moment historique pour le panafricanisme. <\/p>\n","protected":false},"author":1369,"featured_media":60671,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[218],"tags":[25253,3423,1435,12556,25255,23990,25254],"class_list":["post-60662","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-mundo","tag-alex-anfruns","tag-francafrique","tag-franciafrica","tag-imperialisme-francais","tag-imperialismo-frances","tag-niger-y-francia","tag-panafricanismo"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.6","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60662","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1369"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60662"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60662\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":60699,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60662\/revisions\/60699"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/60671"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60662"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60662"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60662"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}