{"id":58435,"date":"2023-10-17T19:17:41","date_gmt":"2023-10-17T19:17:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapluma.net\/?p=58435"},"modified":"2023-10-18T14:21:13","modified_gmt":"2023-10-18T14:21:13","slug":"17-de-octubre-de-1945-las-patas-en-la-fuente-una-foto-que-insiste-en-ser-revelada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2023\/10\/17\/17-de-octubre-de-1945-las-patas-en-la-fuente-una-foto-que-insiste-en-ser-revelada\/","title":{"rendered":"Buenos Aires, 17 octobre 1945 : \u201cLes pattes dans la fontaine\u201d, une photo qui insiste pour \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00c0 partir de cette image embl\u00e9matique de l&rsquo;origine du p\u00e9ronisme, celle que nous appelons \u201cles pattes dans la fontaine\u201d, l&rsquo;auteure analyse le processus historique et politique qui a commenc\u00e9 ce jour-l\u00e0. Pourquoi cette photo a-t-elle occup\u00e9 cette place ? Quelles significations ont fait l\u2019objet de disputes autour de cette image ? Qu&rsquo;y a-t-il en elle qui la rende sp\u00e9ciale ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Juan Molina et son fr\u00e8re sont assis au bord de la fontaine de la Plaza de Mayo. Tous deux sont v\u00eatus de manteaux sombres, ont les cheveux gomin\u00e9s, pantalons retrouss\u00e9s, pieds dans l&rsquo;eau. Entre eux, on aper\u00e7oit le chapeau de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Juan travaillait dans une usine de boissons gazeuses, mais il n&rsquo;y est pas all\u00e9 ce jour-l\u00e0, son fr\u00e8re lui ayant dit qu\u2019il \u201cfallait aller sauver Per\u00f3n\u201d. Ils ont pris le train de Caseros \u00e0 Palermo et de l\u00e0, ils ont march\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la Plaza de Mayo. Juan portait des chaussures orthop\u00e9diques, la marche depuis Palermo [6 km] fut \u00e9puisante. Il faisait tr\u00e8s chaud ce 17 octobre 1945.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">A c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;eux, Armando Ponce, un jeune de 17 ans originaire de Santiago, a enlev\u00e9 sa chemise et sa veste et s&rsquo;est rafra\u00eechi les pieds dans la fontaine. Armando \u00e9tait apprenti dans une atelier de confection et ce matin-l\u00e0, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 l&rsquo;a appel\u00e9 \u00e0 se rendre sur la place de Mai : \u00ab Per\u00f3n est \u00e0 Mart\u00edn Garc\u00eda et ils veulent le fusiller parce qu&rsquo;il nous d\u00e9fend \u00bb, leur a-t-il dit. Et ils y sont all\u00e9s, pour trouver des milliers de personnes qui faisaient la m\u00eame chose qu&rsquo;eux. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 dix heures du soir, avant de rentrer chez lui, qu&rsquo;Armando a pris son premier repas de la journ\u00e9e, une part de pizza \u00e0 Chacarita. Ce jour-l\u00e0, les travailleurs de tous les coins de la conurbation de Buenos Aires sont arriv\u00e9s tant bien que mal sur la Plaza de Mayo. Pour beaucoup, c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu&rsquo;ils venaient dans la capitale. Des milliers de personnes ont franchi le fleuve Riachuelo [affluent du Rio de la Plata] et l\u2019avenue General Paz &#8211; fronti\u00e8res physiques mais aussi symboliques &#8211; parce qu&rsquo;elles sentaient que ceux qui les d\u00e9fendaient \u00e9taient en danger.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bassin de la fontaine de la Plaza de Mayo se tiennent deux femmes et un homme. L&rsquo;une d&rsquo;elles, qui tourne le dos sur la photo, porte un tailleur \u00e0 manches longues, une jupe et tient \u00e0 la main une paire de chaussures \u00e0 talons hauts. L&rsquo;autre fille, tr\u00e8s jeune, v\u00eatue d&rsquo;une robe et d&rsquo;une veste, regarde vers l&rsquo;arri\u00e8re et porte un autre v\u00eatement au bras, qui pourrait \u00eatre un gilet. Elles ont mis des v\u00eatements adapt\u00e9s pour aller au centre-ville. D&rsquo;autres ont improvis\u00e9 des bandeaux et des mouchoirs en tissu pour \u00e9viter la transpiration. Des b\u00e9rets, des chapeaux, des bretelles, des T-shirts, des vestes et des chemises. Jamais, comme sur cette photo, on n&rsquo;a autant parl\u00e9 de v\u00eatements pour parler de politique. Il y a beaucoup plus de personnes sur la photo. Quelqu&rsquo;un lit un journal, un gar\u00e7on tient un m\u00e2t avec le drapeau argentin. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre pancarte, pas d&rsquo;autre drapeau. Dans la marge gauche de la photo, les protagonistes sont des enfants. Ils jouent autour du jet d\u2019eau, l&rsquo;un d&rsquo;eux tient une espadrille cass\u00e9e \u00e0 la main, les autres sont pieds nus, en pantalons courts ou retrouss\u00e9s. Au loin, plusieurs d&rsquo;entre eux ont r\u00e9ussi \u00e0 escalader le monument \u00e0 Belgrano. C\u2019est s\u00fbr que de l\u00e0-haut, on voit beaucoup mieux la sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le 17 octobre 1945 a \u00e9t\u00e9 cristallis\u00e9 dans la photographie qu\u2019on appelle \u201cles pattes dans la fontaine\u201d. Elle montre une sc\u00e8ne \u00e0 la fontaine qui n&rsquo;existe plus et a pour toile de fond la Casa Rosada [le palais pr\u00e9sidentiel]. Elle a \u00e9t\u00e9 prise vers cinq heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi par un photographe anonyme. Le d\u00e9cor est la Plaza de Mayo, entour\u00e9e des b\u00e2timents embl\u00e9matiques du pouvoir politique, religieux et \u00e9conomique de l&rsquo;Argentine. Un espace presque sacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage exclusif de l&rsquo;\u00e9lite dans les ann\u00e9es 1940.<\/span><b><i><\/i><\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_58441\" aria-describedby=\"caption-attachment-58441\" style=\"width: 355px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-58441\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/lealtad7-254x300.jpg\" alt=\"\" width=\"355\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/lealtad7-254x300.jpg 254w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/lealtad7-867x1024.jpg 867w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/lealtad7-768x907.jpg 768w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/lealtad7.jpg 901w\" sizes=\"auto, (max-width: 355px) 100vw, 355px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-58441\" class=\"wp-caption-text\">Une du quotidien Democracia, 19 octobre 1950. Photo : AGN<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/13A32bhzzy8fHXQeyC-p7arJodAabHMoX\/view?usp=sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><b><i>Lire la suite\u00a0<\/i><\/b><\/a><\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-58445 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Pattes-couv-300x237.jpg\" alt=\"\" width=\"492\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Pattes-couv-300x237.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Pattes-couv.jpg 501w\" sizes=\"auto, (max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><b><\/b><b><a href=\"https:\/\/revistaharoldo.com.ar\/seccion.php?autor=Cora%20Gamarnik\"><strong>Cora Gamarnik<\/strong><\/a> <\/b><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><b><\/b><b><a href=\"https:\/\/revistaharoldo.com.ar\/nota.php?id=657\"><strong>Haroldo, la revista del Conti<\/strong><\/a><strong>, 14\/10\/2021<\/strong><\/b><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/13A32bhzzy8fHXQeyC-p7arJodAabHMoX\/view?usp=sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><b><strong>Photos : avec l\u2019autorisation de l\u2019 <\/strong><\/b><\/a><b><a href=\"https:\/\/revistaharoldo.com.ar\/seccion.php?fotografo=Archivo%20General%20de%20la%20Naci\u00f3n%20(gentileza)\"><strong>Archivo General de la Naci\u00f3n<\/strong><\/a><\/b><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Original: 17 de octubre de 1945: \u201cLas patas en la fuente\u201d, una foto que insiste en ser revelada<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><b><strong>Traduit par <\/strong><\/b><b><\/b><a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/13A32bhzzy8fHXQeyC-p7arJodAabHMoX\/view?usp=sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><b><strong>Fausto Giudice<\/strong><\/b><\/a><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><b><strong>Source: <\/strong><\/b><b><strong><a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/2023\/10\/cora-gamarnik-buenos-aires-17-octobre_16.html\">Tlaxcala<\/a>, l<\/strong><\/b><b><strong>e 16 octobre 2023<\/strong><\/b><\/span><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les journaux et les magazines qui d\u00e9crivent et analysent la journ\u00e9e abondent en termes tels que hordes, foules, masses, lumpenproletariat, malevaje, mal\u00f3n, chusma [engeance, populace, racaille], descamisados, negros, alpargatas [espadrilles], tribu. Les journaux et les stations de radio regorgent de descriptions injurieuses. \u00ab Murgas carnavalesques avec des enfants descamisados et des \u00e9l\u00e9ments de la p\u00e8gre \u00bb, les d\u00e9crit le journal socialiste La Vanguardia.<\/p>\n","protected":false},"author":1142,"featured_media":58471,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[225,23500,239,20179,24665,1470,24663,8177,415],"coauthors":[20180],"class_list":["post-58435","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-argentina","tag-argentina-memoria-historica","tag-argentine","tag-cora-gamarnik","tag-les-pattes-dans-la-fontaine","tag-memoire-historique","tag-patas-en-la-fuente","tag-peronisme","tag-peronismo"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1142"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58435"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58435\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58475,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58435\/revisions\/58475"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/58471"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58435"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=58435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}