{"id":56493,"date":"2023-08-28T21:37:38","date_gmt":"2023-08-28T21:37:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapluma.net\/?p=56493"},"modified":"2023-08-29T08:48:12","modified_gmt":"2023-08-29T08:48:12","slug":"el-golpe-militar-contra-salvador-allende-visto-por-un-general-chilenopasajes-del-libro-un-ejercito-de-todos-de-ricardo-martinez-menanteau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2023\/08\/28\/el-golpe-militar-contra-salvador-allende-visto-por-un-general-chilenopasajes-del-libro-un-ejercito-de-todos-de-ricardo-martinez-menanteau\/","title":{"rendered":"Le coup d&rsquo;\u00c9tat militaire contre Salvador Allende vu par un g\u00e9n\u00e9ral chilien<br> Extraits du livre <i>Un ej\u00e9rcito de todos<\/i>, de Ricardo Mart\u00ednez Menanteau"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avant m\u00eame sa pr\u00e9sentation officielle, le livre Un ej\u00e9rcito de todos, \u00e9crit par le g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite Ricardo Mart\u00ednez Menanteau, commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e chilienne entre 2018 et 2022, a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 des remous au sein de la direction militaire du pays. Le 50e anniversaire du coup d&rsquo;\u00c9tat qui a renvers\u00e9 le pr\u00e9sident Salvador Allende et instaur\u00e9 la dictature sanglante d&rsquo;Augusto Pinochet est un moment d\u00e9licat pour la coexistence entre les dirigeants civils et l\u2019establishment militaire, qui n\u2019a jamais reconnu la responsabilit\u00e9 des militaires dans ce chapitre atroce de l&rsquo;histoire chilienne.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-56533\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Menanteau-portada-300x169.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le Corps des g\u00e9n\u00e9raux et amiraux (retrait\u00e9s) a adress\u00e9 il y a quelques jours une lettre au pr\u00e9sident Gabriel Boric pour lui signaler que les activit\u00e9s comm\u00e9moratives du 11 septembre \u201csont en train de provoquer une plus grande division parmi nos compatriotes\u201d et affirme : \u00ab nous ne pouvons pas garder un silence coupable devant tant d&rsquo;agressivit\u00e9 et de d\u00e9nigrement des forces militaires et polici\u00e8res qui ont effectivement particip\u00e9 &#8211; sans l&rsquo;avoir cherch\u00e9 ni voulu &#8211; \u00e0 la rupture institutionnelle de 1973 \u00bb, laquelle \u00ab semble avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e unilat\u00e9ralement par les Forces arm\u00e9es, oubliant que ses causes n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9es dans les casernes \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Au grand dam de ses compagnons d&rsquo;armes, Mart\u00ednez Menanteau &#8211; un homme qui a rejoint l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 15 ans et l&rsquo;a quitt\u00e9e apr\u00e8s en avoir \u00e9t\u00e9 le plus haut commandant &#8211; lancera un livre unique ce mardi \u00e0 l&rsquo;Aula Magna de l&rsquo;Universit\u00e9 catholique de Santiago, \u00ab Con\u00e7u \u00e0 l&rsquo;origine comme un document destin\u00e9 \u00e0 sauver et \u00e0 renforcer l&rsquo;\u00e9thique militaire au sein des forces arm\u00e9es \u00bb, il \u00ab vise \u00e0 revaloriser l&rsquo;image de l&rsquo;arm\u00e9e aux yeux du public \u00bb et \u00e0 \u00ab contribuer, 50 ans apr\u00e8s la rupture de notre coexistence nationale, \u00e0 l&rsquo;indispensable r\u00e9union de tous les Chiliens \u00bb, selon la pr\u00e9sentation de l&rsquo;ouvrage. Cependant, Un ej\u00e9rcito de todos constitue une reconnaissance crue et sans pr\u00e9c\u00e9dent, formul\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur des forces arm\u00e9es, de certaines des plus graves violations des droits humains, de la l\u00e9galit\u00e9 et de l&rsquo;honneur militaire perp\u00e9tr\u00e9es par les porteurs d\u2019uniformes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En raison de la pertinence et de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette perspective unique, \u00e0 la veille du 50e anniversaire du coup d&rsquo;\u00c9tat du 11 septembre 1973, La Jornada offre \u00e0 ses lecteurs, en exclusivit\u00e9 pour le Mexique, quelques extraits de Un ej\u00e9rcito de todos, avec l&rsquo;aimable autorisation de l&rsquo;\u00e9diteur JC S\u00e1ez.- La r\u00e9daction de La Jornada<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-56519\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Schneider-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"397\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Schneider-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Schneider-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Schneider.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ren\u00e9 Schneider, chef de l&rsquo;arm\u00e9e chilienne, assassin\u00e9 peu avant que Salvador Allende ne soit d\u00e9clar\u00e9 pr\u00e9sident.<\/span><\/h5>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Schneider<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En mai 1970, le commandant en chef [le g\u00e9n\u00e9ral Ren\u00e9 Schneider] a d\u00e9fini une politique qui devait guider la conduite de l&rsquo;arm\u00e9e. Elle s&rsquo;inscrivait dans la continuit\u00e9 de l&rsquo;approche institutionnelle historique du respect de la Constitution de la R\u00e9publique, que la presse a appel\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui la \u201cdoctrine Schneider\u201d. Elle r\u00e9affirme un pr\u00e9cepte fondamental de l&rsquo;arm\u00e9e, qui est de soutenir et de respecter la charte fondamentale du pays.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Lorsqu&rsquo;on lui a demand\u00e9 quel \u00e9tait l&rsquo;objet de ces candidatures, le commandant en chef a r\u00e9pondu : \u00ab Notre doctrine et notre mission consistent \u00e0 respecter et \u00e0 soutenir la Constitution politique de l&rsquo;\u00c9tat. Conform\u00e9ment \u00e0 celle-ci, le Congr\u00e8s est le ma\u00eetre et le souverain dans le cas mentionn\u00e9 et notre mission est de veiller \u00e0 ce qu&rsquo;il soit respect\u00e9 dans sa d\u00e9cision \u00bb (interview au journal El Mercurio, 8 mai 1970).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cet engagement en faveur de la Constitution lui a co\u00fbt\u00e9 la vie. Deux jours avant l&rsquo;accord entre la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne et l&rsquo;Unit\u00e9 populaire au Congr\u00e8s pour l&rsquo;\u00e9lection de Salvador Allende, le 22 octobre 1970, alors que le commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e se rendait \u00e0 son travail, un groupe d&rsquo;individus d&rsquo;extr\u00eame droite a encercl\u00e9 le v\u00e9hicule, tirant plusieurs coups de feu sur le g\u00e9n\u00e9ral, qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 quelques jours plus tard \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital militaire, compte tenu de la gravit\u00e9 de ses blessures.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">L&rsquo;assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Schneider a impliqu\u00e9 des civils et des militaires actifs et retrait\u00e9s, qui auraient \u00e9t\u00e9 soutenus par la Central Intelligence Agency (CIA) des USA.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En ce qui concerne la participation de cette entit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, il convient de souligner que le 18 octobre de cette ann\u00e9e-l\u00e0, des communications ont fait \u00e9tat de l&rsquo;envoi d&rsquo;armes et de munitions en provenance des USA, arriv\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ambassade des USA au Chili et destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9es pour l&rsquo;enl\u00e8vement du commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Dans l&rsquo;une des notes de la CIA, il est indiqu\u00e9 que \u00ab la neutralisation de Schneider sera une condition pr\u00e9alable essentielle au coup d&rsquo;\u00c9tat militaire, car il s&rsquo;oppose \u00e0 toute intervention des forces arm\u00e9es pour emp\u00eacher l&rsquo;\u00e9lection constitutionnelle d&rsquo;Allende \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les armes fournies par la CIA auraient \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es \u00e0 un groupe d&rsquo;officiers chiliens dirig\u00e9 par les g\u00e9n\u00e9raux Camilo Valenzuela et Roberto Viaux, qui ont jou\u00e9 le r\u00f4le principal dans la planification et la direction du groupe qui a attaqu\u00e9 et tu\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Schneider.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-56520\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Prats-300x179.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Prats-300x179.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Prats.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Carlos Prats est mort avec sa femme Sof\u00eda Cuthbert dans un attentat \u00e0 Buenos Aires.<\/span><\/h5>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Nomination du g\u00e9n\u00e9ral Prats comme commandant en chef<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de Schneider, le pr\u00e9sident Frei Montalva a nomm\u00e9 l&rsquo;officier qui le suivait dans l\u2019ordre d\u2019anciennet\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral Carlos Prats, une d\u00e9cision qui a ensuite \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9e par le pr\u00e9sident Allende.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il est important de souligner qu&rsquo;apr\u00e8s les \u00e9lections de septembre 1970 et dans la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant son assassinat, les g\u00e9n\u00e9raux Schneider et Prats, ainsi que les commandants en chef de la marine et de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air, ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et son ministre de la d\u00e9fense \u00e0 fournir des conseils techniques aux groupes parlementaires qui n\u00e9gociaient la r\u00e9forme constitutionnelle connue sous le nom de statut des garanties d\u00e9mocratiques, \u00e0 fournir des conseils techniques aux groupes parlementaires n\u00e9gociant la r\u00e9forme constitutionnelle connue sous le nom de Statut des garanties d\u00e9mocratiques, qui \u00e9tablit \u00e0 l&rsquo;article 22 que \u00ab la force publique est constitu\u00e9e uniquement et exclusivement des forces arm\u00e9es et du corps des carabiniers, institutions essentiellement professionnelles, hi\u00e9rarchis\u00e9es, disciplin\u00e9es, ob\u00e9issantes et non d\u00e9lib\u00e9ratives. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en vertu d&rsquo;une loi que l&rsquo;on peut fixer l&rsquo;effectif de ces institutions. L&rsquo;incorporation de ce personnel dans les forces arm\u00e9es et les carabiniers ne peut se faire que par l&rsquo;interm\u00e9diaire de leurs propres \u00e9coles institutionnelles sp\u00e9cialis\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;exception du personnel destin\u00e9 \u00e0 exercer des fonctions exclusivement civiles \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cette r\u00e9forme refl\u00e9tait deux objectifs inh\u00e9rents aux arm\u00e9es du monde : la d\u00e9fense du monopole de l&rsquo;usage des armes et le souci des carri\u00e8res professionnelles initi\u00e9es par leur formation dans les \u00e9coles m\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">L&rsquo;assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Schneider a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement triste et funeste et un affront \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique militaire. Il est clair que lorsque des officiers de haut rang perdent leurs r\u00e9f\u00e9rences \u00e9thiques et conspirent avec des activistes politiques fanatiques pour des causes fond\u00e9es sur un patriotisme erron\u00e9, en fin de compte, c&rsquo;est l&rsquo;arm\u00e9e qui subit des dommages qu&rsquo;il sera tr\u00e8s difficile de r\u00e9parer. Un officier g\u00e9n\u00e9ral enseigne toujours \u00e0 ses troupes et est un phare, m\u00eame s&rsquo;il ne s&rsquo;en rend pas compte. Son exemple est une r\u00e9f\u00e9rence et dans ce cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;une honte pour l&rsquo;institution, m\u00eame si le crime lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 commis par des civils.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cet assassinat ignoble a non seulement abr\u00e9g\u00e9 l&rsquo;existence d&rsquo;un commandant en chef en exercice, mais a \u00e9galement d\u00e9truit la vie d&rsquo;un soldat exemplaire dans le respect et la d\u00e9fense des institutions d\u00e9mocratiques de la r\u00e9publique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Face \u00e0 ce crime, il est \u00e9galement condamnable que, dans les ann\u00e9es qui ont suivi, les commandants institutionnels n&rsquo;aient pas honor\u00e9 sa m\u00e9moire, sans aucune explication. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la fin du gouvernement militaire que son nom a \u00e9t\u00e9 progressivement mis en valeur. Sa figure a \u00e9t\u00e9 politiquement justifi\u00e9e par des secteurs qui ont d\u00e9fendu des positions oppos\u00e9es, ce qui a certainement influenc\u00e9 cette inaction institutionnelle.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Incorporation du personnel militaire dans les cabinets politiques<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Suite \u00e0 la grave crise politique, \u00e9conomique et sociale qui a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper sous le gouvernement de l&rsquo;Unit\u00e9 Populaire, le pr\u00e9sident Allende, pour tenter de renverser la situation, a nomm\u00e9 un cabinet comprenant des membres des forces arm\u00e9es, connu sous le nom de cabinet \u201ccivilo-militaire\u201d. Quelques mois plus tard, il a mis en place un cabinet dit de \u201cs\u00e9curit\u00e9 nationale\u201d avec les commandants en chef institutionnels. Sa mission consistait essentiellement \u00e0 contr\u00f4ler les actions subversives en cours et \u00e0 r\u00e9tablir l&rsquo;ordre public.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avec cette d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle, soutenue par certains membres de l&rsquo;Unidad Popular et contest\u00e9e par d&rsquo;autres, les forces arm\u00e9es, une fois de plus dans l&rsquo;histoire du pays, ont \u00e9t\u00e9 reconnues comme garantes de la normalit\u00e9 institutionnelle, ce qui n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre que la confirmation du r\u00f4le latent susmentionn\u00e9, puisqu&rsquo;avec cette mesure, elles \u00e9taient \u00e0 nouveau impliqu\u00e9es dans la situation politique, apr\u00e8s 40 ans d&rsquo;exercice strictement militaire et de marginalisation par rapport \u00e0 la politique contingente.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cependant, l&rsquo;implication des forces arm\u00e9es n&rsquo;\u00e9tait pas seulement de nature minist\u00e9rielle, puisqu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tendait \u00e9galement aux entreprises d&rsquo;\u00c9tat. En effet, dans une quarantaine d&rsquo;organismes, tels que la CORFO [Corporaci\u00f3n de Fomento de la Producci\u00f3n, Soci\u00e9t\u00e9 de promotion de la production], la Commission de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire et d&rsquo;autres, il y avait une repr\u00e9sentation militaire [&#8230;].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La participation militaire au gouvernement de l&rsquo;Unit\u00e9 Populaire a eu deux lectures au sein de l&rsquo;institution militaire : l&rsquo;une qui donne un r\u00f4le d\u00e9lib\u00e9ratif aux forces arm\u00e9es en pla\u00e7ant les commandants en chef et les officiers g\u00e9n\u00e9raux dans des fonctions minist\u00e9rielles, et l&rsquo;autre qui prouve la subordination militaire \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif, dans ce cas pr\u00e9cis pour \u00e9viter la confrontation violente r\u00e9sultant des gr\u00e8ves et pour garantir des \u00e9lections normales en mars 1973, afin de respecter l&rsquo;institutionnalit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-56534\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Tanquetazo-300x213.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Tanquetazo-300x213.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Tanquetazo.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Le \u201cTanquetazo\u201d<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En juin 1973 se d\u00e9roule l&rsquo;\u00e9pisode connu sous le nom de \u201cTanquetazo\u201d, un soul\u00e8vement du 2e R\u00e9giment blind\u00e9, une unit\u00e9 dans laquelle il y avait du m\u00e9contentement, en particulier parmi ses jeunes officiers, qui avaient des contacts avec des civils de Patria y Libertad, un groupe d&rsquo;extr\u00eame droite qui incitait \u00e0 un soul\u00e8vement militaire. La situation a \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Prats et les protagonistes de ce mouvement ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s de soul\u00e8vement et de manquement aux devoirs militaires. Une fois de plus, un groupe de militaires a \u00e9t\u00e9 instrumentalis\u00e9 par des mouvements politiques qui cherchaient \u00e0 s&rsquo;imposer par les armes. Une fois de plus, l&rsquo;ethos militaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 par des \u00e9v\u00e9nements politiques ext\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;institution.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il est tr\u00e8s important de souligner la position du g\u00e9n\u00e9ral Prats dans la p\u00e9riode turbulente qui a suivi l&rsquo;assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Schneider et sa confirmation dans ses fonctions par le pr\u00e9sident Salvador Allende.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le g\u00e9n\u00e9ral Prats publia un document intitul\u00e9 \u201cD\u00e9finition doctrinaire institutionnelle\u201d, dans lequel il soulignait, entre autres, ce qui suit :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00ab (&#8230;) La fonction de l&rsquo;arm\u00e9e est exclusivement professionnelle ; c&rsquo;est la m\u00eame que celle fermement maintenue dans le pass\u00e9, ratifi\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Schneider dans les moments critiques des \u00e9v\u00e9nements nationaux et confirm\u00e9e par le commandant en chef soussign\u00e9 depuis qu&rsquo;il a pris ses fonctions \u00bb.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Plan de r\u00e9gulation de l&rsquo;organisation de l&rsquo;arm\u00e9e en temps de paix<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pendant son commandement, le g\u00e9n\u00e9ral Prats a entrepris diverses actions pour am\u00e9liorer la coh\u00e9sion spirituelle et l&rsquo;endoctrinement du personnel de l&rsquo;arm\u00e9e, par le biais d&rsquo;un programme de visites aux unit\u00e9s dans tout le pays, expliquant la pens\u00e9e institutionnelle et profitant de l&rsquo;occasion pour s&rsquo;informer sur le moral et les besoins les plus urgents du personnel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Parall\u00e8lement, il se concentre sur la r\u00e9alisation du \u201cPlan de r\u00e9gulation de l&rsquo;organisation de l&rsquo;arm\u00e9e en temps de paix\u201d, bas\u00e9 sur le \u201cPlan d&rsquo;acquisitions\u201d \u00e9labor\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Schneider, dont l&rsquo;objectif est d&rsquo;accro\u00eetre les capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles de l&rsquo;arm\u00e9e en la dotant d&rsquo;\u00e9quipements modernes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il se pr\u00e9occupe aussi particuli\u00e8rement de l&rsquo;\u00e9galisation des salaires des militaires avec ceux des autres institutions des forces arm\u00e9es. Il promeut la r\u00e9forme constitutionnelle de l&rsquo;article 22 qui \u00e9tablit que les forces arm\u00e9es sont \u201cprofessionnelles, disciplin\u00e9es, hi\u00e9rarchis\u00e9es, ob\u00e9issantes et non d\u00e9lib\u00e9ratives\u201d, approuv\u00e9e le 9 janvier 1971.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Prats propose au gouvernement une loi accordant le droit de vote aux sous-officiers des forces arm\u00e9es de la nation, qui est adopt\u00e9e en 1972. Il a promu la loi 17.798, qui \u00e9tablissait le type d&rsquo;armes devant faire l&rsquo;objet d&rsquo;un contr\u00f4le, les sanctions pour la cr\u00e9ation et le fonctionnement de milices arm\u00e9es, la possession ou le port d&rsquo;armes interdites, et l&rsquo;entr\u00e9e non autoris\u00e9e dans les locaux militaires et policiers, entre autres. Cette initiative juridique n&rsquo;a jamais abouti, compte tenu de la polarisation du pays.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">La Chambre des d\u00e9put\u00e9s en appelle aux forces arm\u00e9es<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Face \u00e0 la crise qui s\u00e9vit, le 22 ao\u00fbt 1973, la Chambre des d\u00e9put\u00e9s lance un appel \u00e0 l&rsquo;implication des forces arm\u00e9es dans la crise politique. Cet appel d&rsquo;une fraction du Congr\u00e8s r\u00e9affirme le r\u00f4le latent attribu\u00e9 aux Forces arm\u00e9es que nous avons d\u00e9fendu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Comme on peut le constater, les institutions arm\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es en 1973 \u00e0 deux situations extr\u00eamement critiques qui allaient marquer l&rsquo;avenir, principalement celui de l&rsquo;Arm\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ces convulsions atteignent l&rsquo;institution elle-m\u00eame, qui est affect\u00e9e par les bouleversements sociaux que conna\u00eet le pays. Celles-ci sont accentu\u00e9es par des \u00e9v\u00e9nements tels que la manifestation des femmes d&rsquo;officiers devant le domicile du commandant en chef, qui aboutit finalement \u00e0 sa d\u00e9mission pour \u00e9viter les divisions internes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La crise politique, \u00e9conomique, sociale et institutionnelle de la p\u00e9riode 1970-1973 a conduit les forces arm\u00e9es \u00e0 prendre une d\u00e9cision extr\u00eame, sans pr\u00e9c\u00e9dent au cours du si\u00e8cle, qui a consist\u00e9 \u00e0 d\u00e9poser le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et \u00e0 prendre en charge le gouvernement du pays, autrement dit \u00e0 r\u00e9aliser un coup d&rsquo;\u00c9tat (pronunciamiento militaire).<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Les droits humains sous le gouvernement civilo-militaire (1973-1990)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le 11 septembre 1973, le haut commandement des forces arm\u00e9es et des forces de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9cide de r\u00e9aliser un coup d&rsquo;\u00c9tat contre le gouvernement du pr\u00e9sident Salvador Allende et de prendre la direction du pays en raison de la grave crise qui s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e. Cette \u00e9tape historique, dont les r\u00e9percussions se font encore sentir aujourd&rsquo;hui, marque le d\u00e9but d&rsquo;une nouvelle \u00e9tape institutionnelle en mati\u00e8re de doctrine militaire et de droits humains.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ce contexte exceptionnel a oblig\u00e9 les membres de l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 concentrer leurs ann\u00e9es de formation et leurs valeurs sur des activit\u00e9s in\u00e9dites et diverses, le tout dans une atmosph\u00e8re nationale de grande tension et de polarisation. L&rsquo;arm\u00e9e a d\u00fb d\u00e9ployer son personnel pour couvrir toutes les fonctions requises, des plus hautes charges aux t\u00e2ches les plus simples, en recourant m\u00eame \u00e0 l&rsquo;utilisation de r\u00e9servistes dans les premiers temps. Certains ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 des t\u00e2ches gouvernementales, d&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 commissionn\u00e9s pour des activit\u00e9s de renseignement national ou politique (non militaire), et un troisi\u00e8me groupe, la majorit\u00e9, a poursuivi ses t\u00e2ches militaires de routine.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ce compte rendu ne tente pas d&rsquo;analyser au cas par cas ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, mais plut\u00f4t de mettre en lumi\u00e8re les \u00e9v\u00e9nements qui ont remis en question &#8211; et dans de nombreux cas viol\u00e9 &#8211; certains pr\u00e9ceptes moraux, individuels et institutionnels et les principes de la responsabilit\u00e9 militaire.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">L&rsquo;auto-exil du g\u00e9n\u00e9ral Prats<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le 15 septembre 1973, \u00e0 l&rsquo;aube, l&rsquo;ancien commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral Carlos Prats, a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 \u00e0 Portillo \u00e0 bord d&rsquo;un h\u00e9licopt\u00e8re Puma. Ensuite, dans sa voiture priv\u00e9e et escort\u00e9 par une patrouille militaire, il est arriv\u00e9 \u00e0 Caracoles o\u00f9, apr\u00e8s avoir accompli les formalit\u00e9s douani\u00e8res correspondantes et pris cong\u00e9 de l&rsquo;escorte, il a remis une lettre adress\u00e9e au g\u00e9n\u00e9ral Augusto Pinochet, dont les principaux paragraphes indiquaient : \u00ab L&rsquo;avenir dira qui s&rsquo;est tromp\u00e9. Si ce que vous avez fait apporte le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral au pays et que le peuple sent r\u00e9ellement qu&rsquo;une v\u00e9ritable justice sociale est impos\u00e9e, je me r\u00e9jouirai d&rsquo;avoir eu tort de chercher si ardemment une solution politique pour \u00e9viter le coup d&rsquo;\u00c9tat. Je vous suis reconnaissant pour les facilit\u00e9s que vous m&rsquo;avez accord\u00e9es pour me permettre de quitter le pays \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les exigences impos\u00e9es \u00e0 un officier g\u00e9n\u00e9ral ou sup\u00e9rieur d\u00e9passent de loin celles impos\u00e9es \u00e0 ses subordonn\u00e9s. Sa responsabilit\u00e9 est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, car une d\u00e9cision ordonnant \u00e0 un subordonn\u00e9 d&rsquo;effectuer une t\u00e2che peut modifier l&rsquo;interpr\u00e9tation de la valeur de ce dernier. En effet, l&rsquo;exercice d&rsquo;une valeur dans des circonstances extr\u00eames peut \u00eatre soumis \u00e0 un certain degr\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Un \u00e9l\u00e9ment fondamental du maintien de la discipline militaire est que les ordres donn\u00e9s par un sup\u00e9rieur doivent \u00eatre l\u00e9gaux, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;imp\u00e9ratif qu&rsquo;ils soient ex\u00e9cut\u00e9s par les subordonn\u00e9s. L&rsquo;ordonnance g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;arm\u00e9e pr\u00e9cise que la discipline dans les relations entre militaires n&rsquo;est pas un acte de soumission, mais au contraire un acte de r\u00e9flexion profonde, par lequel les subordonn\u00e9s abandonnent une partie de leur libert\u00e9 d&rsquo;action pour permettre \u00e0 un commandant d&rsquo;accomplir une mission dans le cadre d&rsquo;un code l\u00e9gal, r\u00e9glementaire et professionnel. Un subordonn\u00e9 est donc oblig\u00e9 d&rsquo;ob\u00e9ir aux ordres \u00e9manant d&rsquo;un sup\u00e9rieur, bien qu&rsquo;il soit dot\u00e9 de la capacit\u00e9 de repr\u00e9senter \u00e0 ses sup\u00e9rieurs les cons\u00e9quences d&rsquo;ordres incorrects, ill\u00e9gaux ou injustes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Dans les pages du livre <em>Ej\u00e9rcito de Chile<\/em> : Un recorrido por su historia, il est clairement et explicitement indiqu\u00e9 : \u00ab Les violations des droits de l&rsquo;homme qui se sont produites au cours de cette p\u00e9riode et auxquelles ont particip\u00e9 des membres de l&rsquo;arm\u00e9e &#8211; qu&rsquo;elles soient la cons\u00e9quence d&rsquo;actes d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;ob\u00e9issance due, d&rsquo;un usage disproportionn\u00e9 de la force, d&rsquo;exc\u00e8s individuels ou d&rsquo;actions fortuites &#8211; ont \u00e9t\u00e9 une blessure profonde inflig\u00e9e au devoir militaire \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-56535\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Caravana-muerte-238x300.png\" alt=\"\" width=\"509\" height=\"642\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">La Caravane de la mort<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">L&rsquo;un des \u00e9pisodes les plus condamnables en mati\u00e8re de droits humains sous le gouvernement militaire a \u00e9t\u00e9 la visite du g\u00e9n\u00e9ral Sergio Arellano Stark et de sa suite dans diff\u00e9rentes garnisons du nord et du sud du pays en octobre 1973, dans le but suppos\u00e9 de \u201cr\u00e9viser et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer les proc\u00e8s\u201d des prisonniers politiques. Cette exp\u00e9dition, connue \u00e0 ce jour sous le nom de \u201c<a href=\"https:\/\/indhciudadano.indh.cl\/infrografia-caravana\/\">Caravane de la mort<\/a>\u201d a laiss\u00e9 derri\u00e8re elle la trace douloureuse d&rsquo;ex\u00e9cutions massives, de dizaines d&rsquo;individus sortis des prisons, sommairement abattus, sans avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du droit \u00e0 une proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re. La mission de ce g\u00e9n\u00e9ral peut \u00eatre d\u00e9crite comme une t\u00e2che parfaitement planifi\u00e9e depuis Santiago, ex\u00e9cut\u00e9e selon un programme identique dans chaque ville, avec un comportement tr\u00e8s indisciplin\u00e9 de ses membres pour intimider le personnel subordonn\u00e9 dans les unit\u00e9s et pour donner des conseils voil\u00e9s et d\u00e9guis\u00e9s sur le terrain sur la mani\u00e8re de proc\u00e9der avec l&rsquo;\u201cadversaire\u201d.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le g\u00e9n\u00e9ral responsable, agissant en sa qualit\u00e9 de \u201cd\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e\u201d, s&rsquo;est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment tenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des lieux des fusillades, distrayant les commandants de r\u00e9giment dans des activit\u00e9s sans importance, tandis que des membres de son entourage sortaient des personnes des prisons et les abattaient ou ordonnaient \u00e0 des membres de l&rsquo;unit\u00e9 de le faire, impliquant intentionnellement le personnel du r\u00e9giment dans de fausses cours martiales.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les faits et le dossier judiciaire confirment que la mission du g\u00e9n\u00e9ral Arellano \u00e9tait d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer les proc\u00e9dures dans les lieux o\u00f9 les commandants auraient fait preuve de faiblesse apr\u00e8s le 11 septembre 1973 (\u201ccommandants pusillanimes\u201d, selon ses propres termes). Mais sur le plan juridique, cela n&rsquo;\u00e9tait pas possible, car la d\u00e9l\u00e9gation ne comptait pas de conseiller juridique dans ses rangs. Dans cette situation dramatique, les capitaines, lieutenants et sous-officiers n&rsquo;avaient d&rsquo;autre choix que d&rsquo;ex\u00e9cuter les ordres de leurs sup\u00e9rieurs sous la menace d\u2019\u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s cour martiale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il ne faut pas oublier que le haut commandement de l&rsquo;\u00e9poque avait d\u00e9clar\u00e9, par le d\u00e9cret-loi n\u00b0 5 du 12 septembre 1973, que l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 pour cause de troubles int\u00e9rieurs, compte tenu des circonstances que connaissait le pays, devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u201c\u00e9tat ou temps de guerre\u201d aux fins de l&rsquo;application des sanctions pr\u00e9vues par le code de justice militaire et d&rsquo;autres lois p\u00e9nales, ce qui signifiait que le non-respect des ordres par les militaires pouvait constituer un motif suffisant pour \u00eatre fusill\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Lors d&rsquo;une confrontation entre le g\u00e9n\u00e9ral Arellano et le capitaine Patricio D\u00edaz au sujet des ex\u00e9cutions \u00e0 Copiap\u00f3, le g\u00e9n\u00e9ral nie cat\u00e9goriquement avoir ordonn\u00e9 l&rsquo;ex\u00e9cution de prisonniers politiques, tandis que le capitaine d\u00e9clare que \u00ab\u00a0&#8230;la raison qui me pousse le plus \u00e0 dire que le major Haag (commandant du r\u00e9giment d&rsquo;Atacama \u00e0 Copiap\u00f3) ex\u00e9cutait des ordres sup\u00e9rieurs est que les 16 ex\u00e9cutions \u00e0 Copiap\u00f3 ont eu lieu exactement pendant la p\u00e9riode de s\u00e9jour de mon g\u00e9n\u00e9ral Arellano et de sa suite dans la garnison. En compl\u00e9ment de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ni avant ni apr\u00e8s la pr\u00e9sence de mon g\u00e9n\u00e9ral Arellano \u00e0 Copiap\u00f3, aucun d\u00e9tenu n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9&#8230;\u00bb Ce qui pr\u00e9c\u00e8de confirme clairement que sa tourn\u00e9e dans chacune des villes o\u00f9 des meurtres ont \u00e9t\u00e9 commis a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d&rsquo;un ordre expr\u00e8s de cette autorit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le statut du g\u00e9n\u00e9ral Arellano en tant que \u201cd\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e\u201d lors de cette tourn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important et d\u00e9cisif pour les r\u00e9solutions adopt\u00e9es, car il repr\u00e9sentait en sa personne l&rsquo;autorit\u00e9 du commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e devant les commandants militaires qui le recevaient dans les diff\u00e9rentes garnisons.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cette d\u00e9l\u00e9gation implique une grande responsabilit\u00e9 de la part de celui qui transmet ce pouvoir \u00e0 un subordonn\u00e9, en l&rsquo;occurrence le g\u00e9n\u00e9ral Pinochet, et de la part de celui qui le re\u00e7oit de l&rsquo;utiliser avec le plus grand jugement, la plus grande responsabilit\u00e9 et la plus grande justice, le g\u00e9n\u00e9ral Arellano.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">On peut donc en d\u00e9duire qu&rsquo;il y a eu un comportement ant\u00e9rieur visant \u00e0 susciter la peur et \u00e0 impliquer les membres de toutes les unit\u00e9s visit\u00e9es, en leur confiant la responsabilit\u00e9 de se confronter aux parents des personnes touch\u00e9es et en laissant ainsi les jeunes officiers et sous-officiers de ces r\u00e9giments comme la face visible des ex\u00e9cutions.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les actions du g\u00e9n\u00e9ral Arellano \u00e9taient absolument contraires \u00e0 l&rsquo;honneur militaire. En outre, il n&rsquo;avait aucune consid\u00e9ration pour ses subordonn\u00e9s, ce que confirme la d\u00e9claration du juge Juan Guzm\u00e1n Tapia lui-m\u00eame, charg\u00e9 de l&rsquo;enqu\u00eate judiciaire sur ces crimes, lorsqu&rsquo;il raconte ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 Copiap\u00f3 en r\u00e9ponse \u00e0 un ordre donn\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Arellano, (&#8230;) \u00ab cependant, les deux sous-lieutenants ont repr\u00e9sent\u00e9 l&rsquo;ordre, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils se sont oppos\u00e9s \u00e0 son ex\u00e9cution. Nonobstant, une fois l&rsquo;ordre repr\u00e9sent\u00e9, ils ont de nouveau \u00e9t\u00e9 contraints de s&rsquo;y conformer, car s&rsquo;ils ne le faisaient pas, ils seraient jug\u00e9s militairement pour les crimes de trahison et d&rsquo;insubordination, crimes perp\u00e9tr\u00e9s \u201cen temps de guerre\u201d et passibles de la peine de mort \u00bb (&#8230;). Il en d\u00e9coule que le g\u00e9n\u00e9ral susmentionn\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas responsable des cons\u00e9quences de ses actes. Quant aux officiers charg\u00e9s d&rsquo;ex\u00e9cuter les ordres, ils ont tous deux \u00e9t\u00e9 poursuivis et purgent actuellement leur peine \u00e0 Colina I. Ainsi, Arellano n&rsquo;a jamais r\u00e9pondu de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 sous son commandement, ce qui lui a valu la r\u00e9pudiation des personnes concern\u00e9es et de toute l&rsquo;institution.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En r\u00e9sum\u00e9, ces \u00e9v\u00e9nements dramatiques ont caus\u00e9 des dommages irr\u00e9versibles \u00e0 la population en raison des condamnations \u00e0 mort arbitraires sans proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re, ordonn\u00e9es par un g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;arm\u00e9e, et une grave atteinte \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;institution militaire, certains de ses membres ayant \u00e9t\u00e9 contraints de tirer sur des civils sous la menace de la mort, alors m\u00eame que certains d&rsquo;entre eux purgeaient d\u00e9j\u00e0 des peines.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Enfin, il est important de mentionner que le type d&rsquo;ordres que le g\u00e9n\u00e9ral Arellano a re\u00e7u du commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 clarifi\u00e9 ; en revanche, ses performances lui ont valu une promotion au sein de l&rsquo;institution, par r\u00e9solution du commandant en chef.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Prats<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Outre les crimes de la Caravane de la mort et d&rsquo;autres qui se sont produits, l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien commandant en chef, le g\u00e9n\u00e9ral Carlos Prats, et de son \u00e9pouse, Sof\u00eda Cuthbert, qui a eu lieu en septembre 1974 dans la ville de Buenos Aires et dont certains membres de la DINA ont \u00e9t\u00e9 tenus pour responsables, a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement un crime l\u00e2che, cruel et r\u00e9pr\u00e9hensible, ainsi qu&rsquo;une honte institutionnelle. Bien qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 par un organisme de s\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;appartenant pas \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e, la plupart des personnes condamn\u00e9es par les tribunaux \u00e9taient des membres de l&rsquo;institution.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Selon le dossier d&rsquo;enqu\u00eate, l&rsquo;agent de la DINA Michael Townley, de nationalit\u00e9 usam\u00e9ricaine, a plac\u00e9 un engin explosif dans la voiture de Prats et, le 30 septembre 1974, \u00e0 00h50, il l&rsquo;a fait exploser \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un dispositif t\u00e9l\u00e9command\u00e9 au moment o\u00f9 le couple rentrait chez lui, provoquant la mort instantan\u00e9e des deux personnes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Des ann\u00e9es plus tard, le 5 juin 2009, le commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e, \u00d3scar Izurieta, a fait une d\u00e9claration sur cette situation lors de l&rsquo;inauguration du camp militaire de San Bernardo, [il a dit] \u00e0 propos du g\u00e9n\u00e9ral Carlos Prats : \u00ab &#8230; l&rsquo;arm\u00e9e chilienne, son commandant en chef et les milliers d&rsquo;hommes et de femmes qui la composent, condamnent publiquement la bassesse de cette action et d\u00e9savouent les auteurs d&rsquo;un crime aussi ignoble, ainsi que les personnes indiff\u00e9rentes qui n&rsquo;ont pas apport\u00e9 leur r\u00e9confort et leur soutien aux filles d&rsquo;un commandant en chef assassin\u00e9&#8230; \u00bb. Il a ajout\u00e9 : \u00ab &#8230; si la participation d&rsquo;anciens militaires \u00e0 ces deux crimes est confirm\u00e9e par une sentence ex\u00e9cutoire, un acte du plus grand d\u00e9shonneur aura \u00e9t\u00e9 commis. De plus, si l&rsquo;attentat contre la vie du g\u00e9n\u00e9ral Prats est d\u00e9j\u00e0 une atteinte \u00e0 l&rsquo;honneur militaire, la mort de son \u00e9pouse constitue un outrage \u00e0 notre culture militaire et \u00e0 la notion de famille \u00e0 laquelle nous tenons tant&#8230; \u00bb.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Les d\u00e9tenus disparus<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les plus de 1 000 d\u00e9tenus qui ont disparu pendant le gouvernement militaire constituent l&rsquo;une des pages les plus sombres des violations des droits humains au cours de cette p\u00e9riode et repr\u00e9sentent une plaie ouverte dans l&rsquo;\u00e2me nationale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ne pas avoir remis les corps des victimes au moment de leur mort et ne pas l&rsquo;avoir fait des ann\u00e9es plus tard lorsque les enterrements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans des fosses clandestines dans le cadre d&rsquo;une op\u00e9ration d\u00e9cid\u00e9e par le commandant et approuv\u00e9e par les commandants sup\u00e9rieurs de l&rsquo;\u00e9poque repr\u00e9sente un grave affront \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique militaire et un affront tr\u00e8s douloureux pour les familles touch\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">C&rsquo;est aussi, et \u00e0 juste titre, l&rsquo;un des facteurs les plus d\u00e9terminants dans les accusations port\u00e9es aujourd&rsquo;hui encore contre l&rsquo;arm\u00e9e par les diff\u00e9rentes organisations de d\u00e9fense des droits humains.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-56518 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Menanteau-couv-1-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"589\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Menanteau-couv-1-193x300.jpg 193w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Menanteau-couv-1.jpg 526w\" sizes=\"auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><\/p>\n<h5><span style=\"font-size: 14pt;\">Fill | Presentaci\u00f3n Libro<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\">Martes 29 de agosto<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\">19:00 horas<\/span><\/h5>\n<p>https:\/\/forms.office.com\/pages\/responsepage.aspx?id=-tn1Xz_4wUqk0utI6goA0hhJdzityZlInQ97rjO2l3BUNE1GODNPNVBaOVlQODNaNVFWR0JIMUg2OS4u<\/p>\n<h2><a href=\"https:\/\/www.jornada.com.mx\/notas\/2023\/08\/27\/reportaje\/el-golpe-militar-contra-salvador-allende-visto-por-un-general-chileno\/\"><b><span style=\"font-size: 14pt;\">La Jornada,<\/span><\/b><\/a><span style=\"font-size: 14pt;\"><b> 27 de agosto de 2023<i><br \/>\n<\/i><\/b><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">Original:<a href=\"https:\/\/www.lapluma.net\/2023\/08\/28\/el-golpe-militar-contra-salvador-allende-visto-por-un-general-chilenopasajes-del-libro-un-ejercito-de-todos-de-ricardo-martinez-menanteau\/\" rel=\"bookmark\">El golpe militar contra Salvador Allende visto por un general chileno<br \/>\nPasajes del libro <i>Un Ej\u00e9rcito de todos<\/i>, de Ricardo Mart\u00ednez Menanteau<\/a><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Traduit par<\/strong><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1iCMKgo4n9QO9LQzVQUf3JXAkTrNmAGrNIkQgnIOlIdM\/edit\"><strong> Fausto Giudice<\/strong><\/a><strong>, <\/strong><\/span><\/h2>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Fuente: <\/strong><a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/search\/label\/Fausto%20Giudice\"><strong>Tlaxcala<\/strong><\/a><strong>,<\/strong><strong> 28 de agosto de 2023<\/strong><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre du 50e anniversaire du renversement de Salvador Allende (sur la photo, avec le g\u00e9n\u00e9ral Carlos Prats), le livre \u00ab\u00a0Un ej\u00e9rcito de todos\u00a0\u00bb, du g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite Ricardo Mart\u00ednez Menanteau, commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e chilienne entre 2018 et 2022, a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 des remous au sein de la direction militaire du pays sud-am\u00e9ricain, qui n&rsquo;a jamais admis sa responsabilit\u00e9 dans ce chapitre atroce. Photo tir\u00e9e des r\u00e9seaux<\/p>\n","protected":false},"author":277,"featured_media":56521,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[6501,24246,24235,24236,24237,24238,1693,461],"coauthors":[2468],"class_list":["post-56493","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-11-septembre-1973","tag-aniversario50delaignominia","tag-arellano-stark","tag-caravane-de-la-mort","tag-carlos-prats","tag-coup-detat-chili","tag-disparitions-forcees","tag-executions-extrajudiciaires"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56493","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/277"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56493"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56493\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56516,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56493\/revisions\/56516"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56521"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56493"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56493"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56493"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=56493"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}