{"id":40711,"date":"2022-07-19T18:45:23","date_gmt":"2022-07-19T18:45:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapluma.net\/?p=40711"},"modified":"2022-07-23T14:29:23","modified_gmt":"2022-07-23T14:29:23","slug":"sergio-rodriguez-gelfenstein-combatiente-en-nicaragua-el-19-de-julio-fue-el-mejor-dia-de-mi-vida","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2022\/07\/19\/sergio-rodriguez-gelfenstein-combatiente-en-nicaragua-el-19-de-julio-fue-el-mejor-dia-de-mi-vida\/","title":{"rendered":"Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein, combattant au Nicaragua : \u00ab Le 19 juillet 1979 a \u00e9t\u00e9 le plus beau jour de ma vie \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">43 ans apr\u00e8s la victoire de la R\u00e9volution sandiniste, cet \u00e9crivain, chercheur et analyste politique v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien a racont\u00e9 dans une interview \u00e0 Sputnik sa participation au Front Sud, avec un contingent internationaliste envoy\u00e9 de Cuba par Fidel Castro. De m\u00eame, il d\u00e9taille comment, apr\u00e8s le triomphe contre la dictature de Somoza, ce lieutenant des Forces arm\u00e9es r\u00e9volutionnaires (FAR) s&rsquo;est attel\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che de cr\u00e9er l&rsquo;arm\u00e9e nicaraguayenne. La vie de Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein est associ\u00e9e d\u00e8s sa naissance \u00e0 la r\u00e9volution socialiste. De p\u00e8re gu\u00e9rillero, il fait ses premiers pas en politique avec le triomphe de Salvador Allende au Chili, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la dictature d&rsquo;Augusto Pinochet mette fin \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;Unit\u00e9 Populaire avec le bombardement du Palais de La Moneda et un putsch sanglant. Rodr\u00edguez Gelfenstein a \u00e9t\u00e9 lieutenant dans les FAR cubaines, combattant internationaliste au Nicaragua, b\u00e2tisseur de l&rsquo;arm\u00e9e nicaraguayenne, et plus tard ambassadeur du Venezuela dans ce pays, dans l&rsquo;un des rares moments o\u00f9 la terre de Sandino a eu un peu de paix. En dialogue avec Sputnik, ce chercheur et \u00e9crivain raconte avec passion les \u00e9v\u00e9nements survenus il y a exactement 43 ans, lorsque le dirigeant cubain Fidel Castro lui proposa, ainsi qu&rsquo;\u00e0 un groupe de combattants latino-am\u00e9ricains, la mission d&rsquo;aller combattre au Nicaragua, ce qu&rsquo;il accepta ,inspir\u00e9 par la maxime gu\u00e9variste de \u00ab combattre l&rsquo;imp\u00e9rialisme o\u00f9 qu&rsquo;il soit \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-40713 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-1-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-1.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein interview\u00e9 par Sputnik \u00e0 Caracas &#8211; Photo Hern\u00e1n Cano, Sputnik Mundo<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Depuis ce jour, le Nicaragua est une collection de souvenirs ind\u00e9l\u00e9biles, \u00e9ternels, d&rsquo;un bonheur \u00e9norme qui exige un engagement continu envers la r\u00e9volution. \u00ab Tout comme nous avons Bol\u00edvar, le Nicaragua a Sandino, et cela cr\u00e9e une empreinte, une fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre et de se regarder \u00bb, dit Rodr\u00edguez Gelfenstein.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Et il rappelle que \u00ab ce n&rsquo;est pas \u00e0 Playa Gir\u00f3n que la premi\u00e8re d\u00e9faite de l&rsquo;imp\u00e9rialisme en Am\u00e9rique a eu lieu, mais au Nicaragua, lorsque le g\u00e9n\u00e9ral Augusto C\u00e9sar Sandino a expuls\u00e9 l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;invasion yankee \u00bb. Aujourd&rsquo;hui, quatre d\u00e9cennies apr\u00e8s ces ann\u00e9es turbulentes, \u00ab le Nicaragua, Cuba et le Venezuela ont form\u00e9, non pas un axe du mal, mais un triangle qui poursuit la tradition de la lutte anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb \u00bb souligne-t-il.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-40714 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"553\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2-435x290.jpg 435w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2-370x247.jpg 370w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Sergio-Sputnik-2.jpg 639w\" sizes=\"auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein : Fidel nous a dit que l&rsquo;\u00e9quilibre au Nicaragua devait \u00eatre rompu par le Front Sud.<\/span><\/strong><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Quel est votre lien avec la r\u00e9volution sandiniste ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Mon p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 dans le stade national du Chili apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat contre Salvador Allende. Il est ensuite parti au P\u00e9rou et n&rsquo;a pas pu rentrer au Venezuela car il avait des affaires en cours datant de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait dans la gu\u00e9rilla. Dans ces conditions, apr\u00e8s plusieurs offres, il a choisi de partir \u00e0 Cuba. J&rsquo;avais 17 ans, et quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 La Havane, j&rsquo;ai demand\u00e9 une formation militaire, et avec un groupe de camarades chiliens, parce que j&rsquo;\u00e9tais aussi chilien, nous avons re\u00e7u une formation militaire dans l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re cubaine. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9poque o\u00f9 presque tous les soldats cubains partaient en mission internationaliste, par exemple en Afrique, et beaucoup d&rsquo;entre nous ont demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre envoy\u00e9s dans l&rsquo;une de ces missions, mais Fidel, dans son infinie sagesse, nous a dit non, que nous devions attendre, que le temps viendrait pour nous, que nous n&rsquo;\u00e9tions pas des Cubains.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Excusez-moi de vous interrompre, \u00e9tiez-vous un officier des forces arm\u00e9es cubaines ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Oui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais lieutenant, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une batterie d&rsquo;artillerie et j&rsquo;avais la responsabilit\u00e9 de 64 soldats, de 6 obusiers de 122 mm, et je remplissais mes fonctions comme tout officier r\u00e9gulier de l&rsquo;arm\u00e9e cubaine. C&rsquo;\u00e9tait en 1979, j&rsquo;avais 22 ans.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Puis votre temps est venu avec le Nicaragua. Comment avez-vous d\u00e9couvert que vous alliez vous battre avec les Sandinistes ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Je rentrais \u00e0 mon unit\u00e9 apr\u00e8s une man\u0153uvre sur un champ de tir, il \u00e9tait plus de 11 heures du soir, et alors que nous laissions toutes les armes dans un endroit s\u00fbr, avec toutes les mesures de s\u00e9curit\u00e9 en place, il \u00e9tait 1 heure du matin. Lorsque tout \u00e9tait pr\u00eat et que les soldats s&rsquo;\u00e9taient couch\u00e9s pour dormir, je me suis rendu \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major de mon r\u00e9giment et j&rsquo;ai signal\u00e9 que tout \u00e9tait en ordre et en s\u00e9curit\u00e9. Et je pars. Apr\u00e8s avoir parcouru environ 40 m\u00e8tres, un officier est arriv\u00e9 en courant et m&rsquo;a dit que je devais retourner \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral. J&rsquo;ai pens\u00e9 au pire. Puis on m&rsquo;a dit que j&rsquo;avais re\u00e7u l&rsquo;ordre de me pr\u00e9senter \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major de ma division \u00e0 La Havane \u00e0 5 heures du matin et que nous allions effectuer une man\u0153uvre \u00e0 Camag\u00fcey, o\u00f9 se trouvait le polygone principal des forces arm\u00e9es. J&rsquo;\u00e9tais \u00e0 40 kilom\u00e8tres de La Havane, barbu, plein de boue. Je ne pouvais pas partir comme \u00e7a. Ils m&rsquo;ont mis dans un camion pour me rendre dans la premi\u00e8re ville et ensuite, en faisant la queue, je suis arriv\u00e9 \u00e0 deux heures et demie du matin chez ma m\u00e8re, qui habitait \u00e0 deux rues de chez moi. Ma m\u00e8re s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9e et m&rsquo;a demand\u00e9 ce que je faisais \u00e0 cette heure-l\u00e0. Je lui ai r\u00e9pondu que j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 pour une man\u0153uvre et que je devais partir t\u00f4t. Et ma m\u00e8re, qui n&rsquo;a jamais su pourquoi, m&rsquo;a dit : \u00ab Non, tu vas au Nicaragua \u00bb.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; \u00c0 5 heures du matin, le lieutenant Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein arrive \u00e0 La Havane&#8230;<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; J&rsquo;arrive, et d&rsquo;autres camarades d&rsquo;autres divisions commencent \u00e0 arriver. On nous a dit que nous devions \u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 6 heures. Et la premi\u00e8re chose surprenante, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas que des officiers, il y avait beaucoup de mouvement, beaucoup de secret, et nous avons commenc\u00e9 \u00e0 voir des officiers des troupes sp\u00e9ciales du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur. Ils nous ont rassembl\u00e9s, ils nous ont dit que nous allions dans une \u00e9cole, dont j&rsquo;ai appris plus tard qu&rsquo;elle \u00e9tait l&rsquo;une de ces \u00e9coles o\u00f9 les gu\u00e9rilleros \u00e9taient form\u00e9s, et ils nous ont dit que nous devions nous pr\u00e9parer parce que nous allions au Nicaragua. Et cette nuit-l\u00e0, Fidel est arriv\u00e9 pour nous parler de la mission.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Quelle \u00e9tait la mission qu&rsquo;il vous a confi\u00e9e ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">-L&rsquo;id\u00e9e de Fidel \u00e9tait qu&rsquo;il y avait un \u00e9quilibre au Nicaragua qui n&rsquo;\u00e9tait pas rompu et que pour rompre cet \u00e9quilibre, il fallait le rompre sur le front sud, en cr\u00e9ant un large contingent qui lancerait une offensive qui romprait avec la mani\u00e8re traditionnelle de combattre des sandinistes, qui \u00e9tait de frapper et de se retirer. Pour Fidel, il fallait \u00ab frapper et rester, occuper le territoire \u00bb. Selon lui, avec l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un important contingent de combattants internationalistes, Somoza vendrait l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il lutte contre le communisme international afin de demander l&rsquo;aide du monde entier. Cela obligerait Somoza \u00e0 concentrer l&rsquo;essentiel de ses forces militaires sur le front sud, ce qui att\u00e9nuerait la tension sur les autres fronts de gu\u00e9rilla et permettrait aux sandinistes de passer \u00e0 l&rsquo;offensive. C&rsquo;\u00e9tait la grande conception strat\u00e9gique de Fidel. Il nous a dit : \u00ab il faut y aller, avancer le plus loin possible, creuser une tranch\u00e9e, y rester, r\u00e9sister et cr\u00e9er un territoire lib\u00e9r\u00e9 \u00bb. C&rsquo;est la mission qu&rsquo;il nous a confi\u00e9e.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Quand \u00eates-vous arriv\u00e9 sur le territoire nicaraguayen ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Nous avons quitt\u00e9 La Havane le 16 juin [1979], nous avons dormi \u00e0 Panama le 17, et le 18 juin nous sommes arriv\u00e9s au Nicaragua dans un avion de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air panam\u00e9enne qu&rsquo;Omar Torrijos a mis \u00e0 disposition. Nous sommes arriv\u00e9s sur un terrain d&rsquo;atterrissage qui avait \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres du Nicaragua, en territoire costaricien, car il y avait eu un accord entre Fidel, le g\u00e9n\u00e9ral Torrijos et le pr\u00e9sident du Costa Rica, Rodrigo Carazo, qui \u00e9tait un ennemi de la dictature Somoza.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Lorsque nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 nous \u00e9tions concentr\u00e9s \u00e0 Cuba, qui s&rsquo;appelait Punto Cero, un lieu l\u00e9gendaire dans l&rsquo;histoire du mouvement r\u00e9volutionnaire latino-am\u00e9ricain, nous connaissions l&rsquo;histoire de la r\u00e9sistance de Sandino et de la d\u00e9faite des USA au Nicaragua. Nous connaissions le FSLN parce que la presse cubaine relatait les actions qui se d\u00e9roulaient, mais il s&rsquo;agissait d&rsquo;informations g\u00e9n\u00e9rales. Mais pour nous, c&rsquo;\u00e9tait comme aller en Uruguay ou au Honduras, parce qu&rsquo;\u00e0 Cuba, nous \u00e9tions form\u00e9s dans un esprit internationaliste et nous avions la conviction que nous devions lutter contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, comme le disait le Che, o\u00f9 qu&rsquo;il soit. Et c&rsquo;est Fidel, qui s&rsquo;y rendait tous les jours, qui nous a expliqu\u00e9 ce qui se passait au Nicaragua, la situation politique, la question de l&rsquo;unit\u00e9 interne du Front sandiniste, la conception g\u00e9n\u00e9rale de la guerre. Je vais vous en dire plus, \u00e0 cette \u00e9poque il n&rsquo;y avait pas de projecteurs, et un de ces jours Fidel a pris un morceau de craie et a dessin\u00e9 la carte de m\u00e9moire. \u00c0 l&rsquo;endroit o\u00f9 nous allions arriver, il a d\u00e9taill\u00e9 les collines, la rivi\u00e8re, les villes voisines, la route, un niveau de d\u00e9tail incroyable, tout cela de m\u00e9moire, \u00e0 tel point que lorsque nous sommes arriv\u00e9s, nous avons dit : \u00ab Fidel \u00e9tait ici \u00bb. Non, vraim\u00f9ent, c&rsquo;\u00e9tait un g\u00e9nie.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Vous arrivez le 18, et qu&rsquo;est-ce que vous trouvez ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Le 18, j&rsquo;ai eu mon premier combat, qui \u00e9tait fou, car le chef d&rsquo;une colonne, sans l&rsquo;autorisation du commandement sup\u00e9rieur, a essay\u00e9 de prendre une colline compl\u00e8tement d\u00e9nud\u00e9e, et a envoy\u00e9 les troupes sandinistes traverser la rivi\u00e8re et avancer. Et les mitrailleuses les ont balay\u00e9s. J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 \u00e0 diriger les tirs d&rsquo;artillerie et ils m&rsquo;ont donn\u00e9 l&rsquo;ordre de battre en retraite par radio. Il y a eu des dizaines de victimes ce jour-l\u00e0. C&rsquo;\u00e9tait mon bapt\u00eame du feu sur le Front Sud, dans un contingent qui comprenait des Chiliens, des Uruguayens, des Salvadoriens, des Guat\u00e9malt\u00e8ques et des combattants sandinistes qui s&rsquo;entra\u00eenaient \u00e0 Cuba et qui ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s au pays, mais subordonn\u00e9s \u00e0 nous. C&rsquo;\u00e9tait une chose tr\u00e8s curieuse, un v\u00e9ritable contingent internationaliste.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Vous avez \u00e9t\u00e9 au combat pendant un mois jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire sandiniste, quel souvenir en gardez-vous ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Je vois les choses du point de vue des connaissances que j&rsquo;ai aujourd&rsquo;hui. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais un officier de rang inf\u00e9rieur qui avait une mission \u00e0 accomplir et n&rsquo;avait pas de vue d&rsquo;ensemble. \u00c0 un moment donn\u00e9, il est devenu \u00e9vident que l&rsquo;\u00e9quilibre allait \u00eatre maintenu, que nous n&rsquo;avions pas la capacit\u00e9 de le rompre, mais qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas la capacit\u00e9 de nous vaincre. Surtout parce que nous avions une logistique ouverte, nous avions la fronti\u00e8re avec le Costa Rica et c&rsquo;est par l\u00e0 que tout entrait, nous pouvions continuer \u00e0 nous approvisionner en munitions, en armes, en nourriture, tout. Et, effectivement, Somoza a concentr\u00e9, d&rsquo;abord l&rsquo;EEBI, qui \u00e9tait l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;entra\u00eenement de base de l&rsquo;infanterie, une force d&rsquo;\u00e9lite dont le chef \u00e9tait son fils ; et puis le peu d&rsquo;aviation que Somoza avait \u00e9tait concentr\u00e9e sur le front sud, l&rsquo;artillerie aussi, ils avaient une batterie de lance-roquettes multiples qui avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par les militaires de la dictature argentine. Il y a eu un mois de tiraillement, mais ce que Fidel avait pr\u00e9dit s&rsquo;est finalement produit.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Comment s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e la marche victorieuse vers Managua ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Nous avons commenc\u00e9 la marche vers le nord apr\u00e8s midi le 19 juillet, car une fois qu&rsquo;ils nous ont donn\u00e9 l&rsquo;ordre de nous pr\u00e9parer \u00e0 aller \u00e0 Managua, nous avons d\u00fb stocker les munitions, les mettre dans des caisses, les s\u00e9curiser pour le voyage, nous avions des mortiers enterr\u00e9s etc. Et c&rsquo;\u00e9tait une marche tr\u00e8s lente, parce que les gens sortaient sur la route pour nous saluer, ils nous donnaient des mangues, du caf\u00e9, ils voulaient monter dans les camions avec leurs enfants. Nous avons avanc\u00e9, mais on nous a donn\u00e9 l&rsquo;ordre de faire demi-tour et de nous rendre dans la ville de Granada, qui \u00e9tait le berceau de l&rsquo;oligarchie nicaraguayenne, une ville tr\u00e8s r\u00e9actionnaire, et je pense que le Front Sandiniste voulait y faire une d\u00e9monstration de force. On a donc dormi l\u00e0-bas, et on est partis tr\u00e8s t\u00f4t pour Managua. L\u00e0-bas, sur la derni\u00e8re ligne droite vers Managua, la masse de personnes dans les rues \u00e9tait impressionnante. \u00c0 la fin, ils nous ont dit que nous devions aller dans ce qu&rsquo;on appelait le \u00ab bunker de Somoza \u00bb, le bureau de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, et l\u00e0 nous avons laiss\u00e9 l&rsquo;artillerie, les camions, les munitions, et les camarades ont commenc\u00e9 \u00e0 aller sur la place parce qu&rsquo;ils savaient qu&rsquo;une grande f\u00eate \u00e9tait organis\u00e9e sur la place. Et ce jour-l\u00e0, qui \u00e9tait le 20 juillet, \u00e9tait impressionnant, les fronts de gu\u00e9rilla, la direction nationale du Front sandiniste, la Junte gouvernementale de reconstruction nationale et le peuple \u00e9taient tous sur la place.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-40715 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Managua-19J-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"554\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Managua-19J-300x203.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Managua-19J-220x150.jpg 220w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Managua-19J.jpg 564w\" sizes=\"auto, (max-width: 554px) 100vw, 554px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Managua, 19 juillet 1979<\/span><\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Que ressentez-vous \u00e0 propos de ce jour ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Je dis que c&rsquo;\u00e9tait le plus beau jour de ma vie. Pour la marche, pour le bain populaire, pour le bonheur des personnes \u00e2g\u00e9es et des enfants, pour voir tant de gens heureux, et pour sentir que nous avions r\u00e9ussi \u00e0 faire dispara\u00eetre l&rsquo;ignominie des d\u00e9cennies. Et c&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9but d&rsquo;une autre histoire, car l&rsquo;arm\u00e9e de gu\u00e9rilla devait \u00eatre transform\u00e9e en arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re. Et qui \u00e9taient ceux qui savaient ? Nous l&rsquo;avons fait, parce que nous avons \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par les acad\u00e9mies militaires.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">-Comment s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 ce processus ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; C&rsquo;est \u00e0 nous, les artilleurs, qu&rsquo;il revient de former l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;artillerie : on \u00e9labore les plans, les \u00e9coles et la structuration des forces arm\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9fense du pays. C&rsquo;\u00e9tait la t\u00e2che des mois de juillet et ao\u00fbt. Et le 27 ao\u00fbt, on a comm\u00e9mor\u00e9 au Nicaragua le jour h\u00e9ro\u00efque de Pancasan, au cours duquel on a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 certaines luttes importantes qui avaient eu lieu dans le pass\u00e9 et qui est un anniversaire tr\u00e8s important pour le Front sandiniste, et cette ann\u00e9e-l\u00e0, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;organiser la premi\u00e8re parade militaire de l&rsquo;arm\u00e9e populaire sandiniste de l&rsquo;\u00e9poque. Les hommes des chars ont donc commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9parer les chars, nous avons r\u00e9par\u00e9 l&rsquo;artillerie et les fantassins ont appris aux soldats, qui \u00e9taient des gu\u00e9rilleros, \u00e0 marcher en bloc pour la parade. Et le d\u00e9fil\u00e9 \u00e9tait impressionnant, un peu plus d&rsquo;un mois apr\u00e8s le triomphe de la r\u00e9volution. C&rsquo;est ainsi que nous avons commenc\u00e9 la formation militaire, la m\u00e9thodologie, l&rsquo;\u00e9tude de ce qu&rsquo;on appelle le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations militaires, l&rsquo;\u00e9tude du terrain et de l&rsquo;ennemi, la capacit\u00e9 de nos troupes, et cette ann\u00e9e 79 a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 cela. A la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1979, en d\u00e9cembre, les premiers signes d&rsquo;une action contre-r\u00e9volutionnaire commencent \u00e0 appara\u00eetre.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Y avait-il encore des r\u00e9sidus de somozisme ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Non, il ne restait rien du somozisme. Mais il existait une aile droite anti-somociste qui faisait \u00e9galement partie de la Junte gouvernementale de reconstruction nationale. Et dans les premiers jours de d\u00e9cembre 79, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 avec une batterie d&rsquo;artillerie pour renforcer un bataillon d&rsquo;infanterie \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Honduras, car il y avait quelques provocations de l&rsquo;arm\u00e9e hondurienne. Ils nous ont envoy\u00e9s pour faire une d\u00e9monstration de force. Nous avons m\u00eame fait un mouvement extraordinaire l\u00e0-bas, parce que nous avons ferm\u00e9 la route o\u00f9 les camions vont vers toute l&rsquo;Am\u00e9rique centrale, et avec le bataillon d&rsquo;infanterie, l&rsquo;artillerie et les camions de soldats, nous avons quitt\u00e9 la route pour une route secondaire et nous sommes rentr\u00e9s plus loin, et nous l&rsquo;avons fait encore et encore. Le lendemain, les journaux ont annonc\u00e9 l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un important contingent de milliers de soldats \u00e0 la fronti\u00e8re, et il n&rsquo;y avait que nous.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Quand avez-vous d\u00e9cid\u00e9 de quitter le Nicaragua ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<span style=\"font-size: 14pt;\"> Je suis rest\u00e9 jusqu&rsquo;en 1983, je suis pass\u00e9 par diff\u00e9rentes affectations, on a restructur\u00e9 l&rsquo;arm\u00e9e, je suis all\u00e9 travailler \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral, puis \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air et finalement j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans une \u00e9cole cr\u00e9\u00e9e pour la formation des sergents. Mais des officiers cubains avec beaucoup d&rsquo;exp\u00e9rience \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 au Nicaragua, ils \u00e9taient nos professeurs, le chef de la mission \u00e9tait un colonel et tous les autres \u00e9taient des colonels et des lieutenants-colonels ; notre premier chef avait m\u00eame combattu dans la r\u00e9volution cubaine contre Batista. La structure de la mission avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mise en place conform\u00e9ment aux demandes formul\u00e9es par les sandinistes en fonction de l&rsquo;arm\u00e9e qu&rsquo;ils souhaitaient avoir. Ensuite, dans les ann\u00e9es 1980, j&rsquo;ai fait partie du contingent du Parti communiste chilien et, dans le cadre de la restructuration que nous avons effectu\u00e9e, j&rsquo;\u00e9tais charg\u00e9 des relations politiques, et non des relations publiques. Et des collaborateurs salvadoriens sont venus nous voir et nous ont contact\u00e9s pour avoir une r\u00e9union avec un dirigeant du Salvador. Nous y sommes all\u00e9s, et le rendez-vous \u00e9tait avec Schafik Handal [1930-2006. Chef du Front de lib\u00e9ration nationale Farabundo Mart\u00ed (FMLN)]. Schafik nous a dit que l&rsquo;on progressait dans la construction de l&rsquo;unit\u00e9 de toutes les forces, que l&rsquo;on cr\u00e9ait une organisation, le FMLN, et que l&rsquo;on pr\u00e9parait une offensive pour les premiers jours de 1981, et il nous a demand\u00e9 de l&rsquo;aide, car le parti communiste avait une grande exp\u00e9rience de la lutte de masse, ouvri\u00e8re, et une grande capacit\u00e9 d&rsquo;organisation, mais pas militaire. Nous avons donc soutenu la construction de l&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral de la Force arm\u00e9e de lib\u00e9ration, qui \u00e9tait la branche arm\u00e9e du parti communiste salvadorien. Et j&rsquo;y suis rest\u00e9 pendant trois ans, parce que lorsque la guerre a commenc\u00e9, l&rsquo;\u00e9tat-major du FMLN a continu\u00e9 \u00e0 fonctionner \u00e0 Managua, avec Schafik, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils cr\u00e9ent des conditions et d\u00e9placent cette structure. Mais nous avions les yeux riv\u00e9s sur le Chili, sur la lutte contre la dictature, et nous avons commenc\u00e9 \u00e0 faire pression sur nos dirigeants pour qu&rsquo;ils partent. En 1982, les premiers camarades \u00e0 rentrer au Chili ont fond\u00e9 le Front patriotique Manuel Rodr\u00edguez, je suis retourn\u00e9 \u00e0 Cuba en 1983 et suis entr\u00e9 au Chili en 1984.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Et quel bilan faites-vous de ces 43 longues ann\u00e9es ?<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">&#8211; Le Nicaragua a un aimant tr\u00e8s particulier, ce qui signifie que vous \u00eates toujours li\u00e9 \u00e0 lui. J&rsquo;ai beaucoup de grands amis l\u00e0-bas, vous pouvez voir que les g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00e9taient des combattants il y a 43 ans, ils \u00e9taient des soldats. Et quand on tisse des liens d&rsquo;amiti\u00e9 dans la guerre, dans la lutte insurrectionnelle, dans cette belle p\u00e9riode de construction de l&rsquo;arm\u00e9e, ce sont des liens qui ne s&rsquo;effacent jamais, pour moi ils sont \u00e9ternels, et je pense pour eux aussi.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Dans toutes ces ann\u00e9es, il y a trois \u00e9tapes clairement marqu\u00e9es. De 1979 jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils perdent les \u00e9lections en 1990, une p\u00e9riode de r\u00e9volution sous le harc\u00e8lement, l&rsquo;agression, le blocus, avec des mercenaires arm\u00e9s, ils n&rsquo;ont presque pas eu de temps pour la paix, au milieu d&rsquo;une guerre soutenue par les USA, et pourtant tous les niveaux sociaux et \u00e9conomiques du Nicaragua ont augment\u00e9. Malgr\u00e9 les ravages de la guerre, la r\u00e9volution a permis d&rsquo;alphab\u00e9tiser le pays. Et dans la deuxi\u00e8me \u00e9tape, o\u00f9 le n\u00e9olib\u00e9ralisme a \u00e9t\u00e9 intronis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990, tout cela a r\u00e9gress\u00e9. Le Nicaragua est le seul pays au monde o\u00f9 deux campagnes d&rsquo;alphab\u00e9tisation ont d\u00fb \u00eatre men\u00e9es, car lorsque le sandinisme est revenu en 2007, il a fallu recommencer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Depuis 2007, diff\u00e9rentes organisations internationales ont commenc\u00e9 \u00e0 parler du miracle nicaraguayen, mais en 2018, il y a eu une tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat instigu\u00e9e, organis\u00e9e et financ\u00e9e par les USA et l&rsquo;Europe, et tout ce qui allait bien s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9, \u00e0 tel point que l&rsquo;on subit encore les cons\u00e9quences de cette tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat. Aujourd&rsquo;hui, le Nicaragua entre dans une quatri\u00e8me p\u00e9riode, que nous pouvons appeler une p\u00e9riode de r\u00e9cup\u00e9ration, de lutte contre la pauvret\u00e9 et de r\u00e9sistance.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_40716\" aria-describedby=\"caption-attachment-40716\" style=\"width: 433px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-40716\" src=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Hernan-Cano.jpg\" alt=\"\" width=\"433\" height=\"243\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-40716\" class=\"wp-caption-text\">Hern\u00e1n Cano<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Hern\u00e1n Cano<\/span><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Original: <a href=\"https:\/\/www.lapluma.net\/2022\/07\/19\/sergio-rodriguez-gelfenstein-combatiente-en-nicaragua-el-19-de-julio-fue-el-mejor-dia-de-mi-vida\/\" rel=\"bookmark\">Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein, combatiente en Nicaragua: \u201cEl 19 de julio fue el mejor d\u00eda de mi vida\u201d<\/a><\/span><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Traduit par <a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1yonU1TFL80rHWu5iWQekgi-hN6al9M2z\/view\">Fausto Giudice<\/a><\/span><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Traductions disponibles: <\/span><a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/2022\/07\/hernan-cano-sergio-rodriguez_23.html\"><span style=\"font-size: 18pt;\">English<\/span><\/a><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Source: <a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/2022\/07\/hernan-cano-sergio-rodriguez_19.html\">Tlaxcala<\/a>, le 18 juillet 2022<\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et quand on tisse des liens d&rsquo;amiti\u00e9 dans la guerre, dans la lutte insurrectionnelle, dans cette belle p\u00e9riode de construction de l&rsquo;arm\u00e9e, ce sont des liens qui ne s&rsquo;effacent jamais, pour moi ils sont \u00e9ternels, et je pense pour eux aussi.<\/p>\n","protected":false},"author":1127,"featured_media":40715,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[19793],"coauthors":[19791],"class_list":["post-40711","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-cuba-socialista"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40711"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40711\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":40718,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40711\/revisions\/40718"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/40715"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40711"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=40711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}