{"id":32372,"date":"2021-11-25T18:03:37","date_gmt":"2021-11-25T18:03:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=32372"},"modified":"2021-11-26T11:12:25","modified_gmt":"2021-11-26T11:12:25","slug":"silvio-rodriguez-75-anosy-los-que-faltan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2021\/11\/25\/silvio-rodriguez-75-anosy-los-que-faltan\/","title":{"rendered":"Silvio Rodr\u00edguez : 75 ans&#8230;et ceux qui restent \u00e0 venir"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 29 novembre, l&rsquo;auteur-compositeur-interpr\u00e8te, guitariste et po\u00e8te cubain Silvio Rodr\u00edguez Dom\u00ednguez a 75 ans. Ci-dessous un hommage plein de souvenirs \u00e0 ce g\u00e9ant de la Nueva Trova, par un de ses camarades et amis &#8211; FG, Tlaxcala\/La Pluma<br \/><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1980 para\u00eet l&rsquo;album \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=B44QEBhzmA4\">Rabo de Nube<\/a>\u00a0\u00bb de Silvio Rodr\u00edguez. L&rsquo;une de ses chansons est \u00ab\u00a0Testamento\u00a0\u00bb. Contrairement \u00e0 la tradition, dans son testament, Silvio ne parle pas de ce qu&rsquo;il va quitter, mais de ce qu&rsquo;il lui reste \u00e0\u00a0\u00a0 faire, ce qui n&rsquo;est pas rien si l&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque il n&rsquo;a pas encore 35 ans. On dit qu&rsquo;il a \u00e9crit cette chanson parce que son d\u00e9placement en Angola, en pleine guerre contre le colonialisme et l&rsquo;apartheid, a rendu r\u00e9elle et objective une \u00e9ventuelle rencontre avec la mort.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=KtQwQak6f20<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus de 40 ans ont pass\u00e9, la vie a continu\u00e9 \u00e0 tracer son chemin, les ann\u00e9es montrent que l&rsquo;on est plus proche de la fin que du d\u00e9but. Je ne suis pas un chanteur, j&rsquo;essaie de parler par \u00e9crit et dans cette mesure &#8211; en paraphrasant Silvio &#8211; je dois dire que je lui dois une chronique \u00e0 un moment o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9galement fait mon testament sur les choses que je dois encore faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;\u00e9cris ces lignes quelques jours avant le 75<sup>e<\/sup> anniversaire de Silvio. En fait, j&rsquo;aurais d\u00fb le faire il y a cinq ans, lorsqu&rsquo;il est entr\u00e9 dans sa huiti\u00e8me d\u00e9cennie de vie, mais le d\u00e9part pr\u00e9matur\u00e9 de Fidel nous a \u00e9branl\u00e9s &#8211; lui et moi. Je le lui ai dit quand nous avons parl\u00e9 quelques jours plus tard. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s laconique : \u00ab\u00a0Nous ne sommes pas ici pour faire la f\u00eate\u00a0\u00bb. Et c&rsquo;est ainsi que la douleur nous a rong\u00e9s, paralysant tout effort cr\u00e9atif. Il vaut donc la peine maintenant, en guise de souvenir, de raconter quelques anecdotes peu connues qui d\u00e9peignent l&rsquo;\u00eatre humain que j&rsquo;appr\u00e9cie, entrem\u00eal\u00e9 au compositeur et au po\u00e8te qui manque \u00e0 tout le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai rencontr\u00e9 Silvio au milieu des ann\u00e9es 1970, alors que je vivais encore dans l&rsquo;appartement de l\u2019avenue 23 \u00e0 La Havane. Bien que nous ne nous soyons pas rencontr\u00e9s fr\u00e9quemment, les fois o\u00f9 je l&rsquo;ai fait, nous avons eu des discussions intenses sur mon travail \u00ab\u00a0\u00e9trange\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 je faisais les premiers pas dans ma formation militaire. L&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 \u00e9tait due \u00e0 mon statut d&rsquo;\u00e9tranger qui avait acc\u00e8s aux acad\u00e9mies militaires cubaines.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-32373 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Silvio-Rodriguez-1970-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Silvio-Rodriguez-1970-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Silvio-Rodriguez-1970.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<h6 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=4GZNGTv9TPo\">Ojal\u00e1<\/a> Silvio Rodriguez (version 1970)<\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ces premi\u00e8res conversations, j&rsquo;ai pu percevoir la qualit\u00e9 d&rsquo;un \u00eatre exceptionnel. Bien que sa musique ait commenc\u00e9 \u00e0 m&rsquo;accompagner et ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente dans ma vie depuis ce moment jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, je ne pense pas l&rsquo;avoir approch\u00e9 tant pour sa condition de musicien incomparable que pour sa condition humaine et son extraordinaire sensibilit\u00e9 qui lui fait poss\u00e9der un esprit internationaliste, d\u00e9tenteur d&rsquo;un sentiment de solidarit\u00e9 ind\u00e9fectible avec ceux qui luttent \u00ab\u00a0o\u00f9 que ce soit\u00a0\u00bb car nous sommes leurs fr\u00e8res, comme l&rsquo;a soulign\u00e9 Camilo [Cienfuegos].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En arri\u00e8re-plan, je pouvais deviner que Silvio \u00e9tait envieux des possibilit\u00e9s que la vie m&rsquo;avait offertes. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s jeune, je n&rsquo;\u00e9tais personne (je ne suis toujours personne) et il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 SILVIO RODR\u00cdGUEZ, avec une majuscule, bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;int\u00e9ress\u00e2t pas, ni alors, ni aujourd&rsquo;hui, \u00e0 le faire sentir \u00e0 qui que ce soit. \u00c0 cette \u00e9poque, je n\u2019avais pas la capacit\u00e9 rh\u00e9torique ni la facult\u00e9 de discernement que les ann\u00e9es procurent, mais je pouvais percevoir que Silvio aspirait \u00e0 lib\u00e9rer ce sentiment internationaliste avec autre chose que la guitare. Il le dit dans son testament :<\/p>\n<p><em>\u00ab Je dois une chanson \u00e0 une balle<\/em><br \/><em>\u00e0 un projectile qui devait m&rsquo;attendre dans une jungle. <\/em><br \/><em>Je te dois une chanson d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis vinrent la guerre et la r\u00e9volution au Nicaragua. Apr\u00e8s le triomphe du 19 juillet, en septembre, un ami qui travaillait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 la transformation de la d\u00e9funte \u00ab\u00a0Radiodifusora Nacional\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0La Voz de Nicaragua\u00a0\u00bb, sachant que je me rendrais \u00e0 Cuba, m&rsquo;a demand\u00e9 de lui apporter des disques de l&rsquo;\u00eele car il avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de cr\u00e9er une biblioth\u00e8que musicale. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 La Havane, je suis all\u00e9 voir Silvio et lui ai parl\u00e9 de ma mission. Il m&rsquo;a demand\u00e9 quand je rentrais \u00e0 Managua et m&rsquo;a dit de passer la veille. Entretemps, il s&rsquo;\u00e9tait charg\u00e9 d&rsquo;enregistrer sur cassettes un large \u00e9ventail de musique cubaine (pas seulement la sienne), qui ferait partie des premiers morceaux constituant la collection de la nouvelle station de radio du Nicaragua r\u00e9volutionnaire.\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, le jour o\u00f9 je suis all\u00e9 chercher les cassettes chez Silvio, il \u00e9tait en train de r\u00e9p\u00e9ter et d&rsquo;enregistrer quelques chansons sur un modeste \u00e9quipement dans sa maison. Je l&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9 pendant longtemps, et presque \u00e0 la fin, alors que j\u2019\u00e9tais sur le point de partir, il a sorti la cassette de la machine et me l&rsquo;a offerte. J&rsquo;ai conserv\u00e9 cette cassette &#8211; sur laquelle il y avait des chansons encore in\u00e9dites aujourd&rsquo;hui &#8211; pendant 40 ans, pour la lui rendre il y a quelque temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques ann\u00e9es plus tard, en 1983, Silvio se rend au Nicaragua pour participer au IIe Festival de la Nueva Canci\u00f3n Latinoamericana, \u00e9galement connu sous le nom de \u00ab\u00a0Concierto por la paz en Centroam\u00e9rica\u00a0\u00bb (concert pour la paix en Am\u00e9rique centrale). Pour des raisons qui me sont inconnues, il logeait dans un petit h\u00f4tel au kilom\u00e8tre 9 sur la route sud de Managua. Je suis all\u00e9 le chercher \u00e0 plusieurs reprises pour l&#8217;emmener \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Las Mercedes, pr\u00e8s de l&rsquo;a\u00e9roport Sandino, o\u00f9 logeaient la plupart des invit\u00e9s. Silvio m&rsquo;a permis de rencontrer de grands repr\u00e9sentants de la musique latino-am\u00e9ricaine tels qu\u2019 Al\u00ed Primera, Amparo Ochoa, Gabino Palomares, Mercedes Sosa et Daniel Viglietti, entre autres.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"&quot;Canci\u00f3n urgente para Nicaragua&quot;-Silvio Rodriguez, en vivo en Nicaragua 1983\" width=\"660\" height=\"495\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rWXra3RhDjA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Concierto por la paz en Centroam\u00e9rica\u00a0\u00bb (concert pour la paix en Am\u00e9rique centrale)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Silvio m&rsquo;a fait d\u00e9ambuler, envo\u00fbt\u00e9, autour des tables o\u00f9 se trouvait une pl\u00e9iade d&rsquo;artistes engag\u00e9s aupr\u00e8s des peuples des Am\u00e9riques, auxquels il m&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 comme un ami latino-am\u00e9ricain. Peut-\u00eatre n&rsquo;aurait-il jamais pu savoir quel frisson j&rsquo;ai ressenti en rencontrant cette constellation d&rsquo;\u00e9toiles parmi lesquelles je passais inaper\u00e7u malgr\u00e9 mon splendide uniforme vert olive de jeune combattant internationaliste. Ces journ\u00e9es avec Silvio m&rsquo;ont appris la grandeur et la modestie de ceux qui seront immortels dans notre histoire, non seulement pour la gloire de leur musique, mais plus encore pour l&rsquo;avoir mise au service des peuples, des humbles et de la paix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, je voudrais raconter une anecdote curieuse qui, peut-\u00eatre, d\u00e9peint mieux Silvio que toutes les les autres. En mars 1990, alors que la d\u00e9mocratie vient d&rsquo;\u00eatre inaugur\u00e9e au Chili, il se rend dans ce pays pour la premi\u00e8re fois depuis 1972, sous le gouvernement de Salvador Allende. Gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9canisme que nous avions \u00e9tabli, il m&rsquo;a inform\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avance, me demandant m\u00eame mon avis sur la situation du pays et l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;effectuer ce voyage. Je lui ai r\u00e9pondu que je pensais qu&rsquo;il \u00e9tait tr\u00e8s important qu&rsquo;il le fasse parce que cela transmettrait une vague de fra\u00eecheur populaire \u00e0 la transition et serait un symbole du retour au Chili non seulement de lui-m\u00eame mais de tout Cuba, en faisant savoir &#8211; concr\u00e8tement &#8211; que son pays avait toujours \u00e9t\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s du peuple chilien dans les moments difficiles de la dictature. Je lui ai \u00e9galement demand\u00e9 d&rsquo;envisager la possibilit\u00e9 d&rsquo;aller en prison et de rendre visite aux prisonniers politiques condamn\u00e9s pour avoir lutt\u00e9 contre la dictature, sans que cela implique unecons\u00e9quence politique n\u00e9gative pour lui et pour Cuba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Silvio a re\u00e7u le message. Sa seule r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il esp\u00e9rait que nous pourrions nous rencontrer pendant son s\u00e9jour \u00e0 Santiago. Bien que je fusse d\u00e9sormais en r\u00e8gle et que nous eussions entam\u00e9 un processus de n\u00e9gociation de notre insertion dans le syst\u00e8me d\u00e9mocratique avec le nouveau gouvernement de Patricio Aylwin, une partie importante de l&rsquo;organisation \u00e9tait rest\u00e9e clandestine. Je lui en ai fait part, lui ai envoy\u00e9 un mode de contact, mais lui ai dit d&rsquo;\u00e9valuer la faisabilit\u00e9 r\u00e9elle d&rsquo;une rencontre \u00e0 Santiago sans risque pour son int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement, le jour venu, certains contretemps sont survenus en raison de probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 qui m&rsquo;ont amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9cider qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas opportun de tenir la r\u00e9union. Mais le temps que j&rsquo;envoie l&rsquo;information \u00e0 Silvio par messager, il avait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 l&rsquo;h\u00f4tel. Selon les \u00ab\u00a0instructions\u00a0\u00bb que je lui avais envoy\u00e9es et qu&rsquo;il a respect\u00e9es \u00e0 la lettre, il devait quitter l&rsquo;h\u00f4tel \u00e0 l&rsquo;avance et suivre un \u00ab\u00a0plan de marche\u00a0\u00bb pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre suivi par les journalistes et les fans qui l&rsquo;attendaient aux portes de l&rsquo;h\u00f4tel, il devait entrer et sortir des galeries et des rues jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il d\u00e9tecte qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas suivi, avant de se rendre au lieu de rendez-vous : un appartement o\u00f9 vivait un couple de collaborateurs \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils ont \u00e9t\u00e9 avertis qu&rsquo;ils allaient recevoir un visiteur dont ils devaient s&rsquo;occuper. Ils m&rsquo;ont demand\u00e9 qui c&rsquo;\u00e9tait et je leur ai dit que c&rsquo;\u00e9tait une personne qu&rsquo;ils allaient reconna\u00eetre d\u00e8s qu&rsquo;ils la verraient. L&rsquo;arriv\u00e9e de Silvio a failli leur donner une crise cardiaque. Je les avais d\u00e9j\u00e0 inform\u00e9s que je ne pourrais pas \u00eatre pr\u00e9sent et de bien vouloir lui expliquer et lui offrir un verre. Silvio a compris la situation et a gentiment accept\u00e9 de prendre un caf\u00e9 avec les habitants de la maison, qui n&rsquo;en revenaient pas d&rsquo;avoir chez eux l&rsquo;un des artistes les plus respect\u00e9s et admir\u00e9s d&rsquo;Am\u00e9rique latine. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ils m&rsquo;ont dit. La rencontre n&rsquo;a pas eu lieu, mais je crois que Silvio a pu savourer pendant quelques minutes la douceur de la tension, de l&rsquo;\u00e9motion et de la passion avec lesquelles la lutte populaire est confront\u00e9e dans des conditions de clandestinit\u00e9 ou de semi-clandestinit\u00e9, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques jours plus t\u00f4t, Silvio avait visit\u00e9 la prison publique, o\u00f9 il a chant\u00e9 pour plus de 400 prisonniers politiques &#8211; certains en gr\u00e8ve de la faim &#8211; dans un concert qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des plus courts et des plus improvis\u00e9s de sa vie, mais qui a sem\u00e9 dans l&rsquo;esprit et le c\u0153ur de nombreux combattants (dont le mien) le respect infini pour ceux qui &#8211; comme lui &#8211; ne cessent en aucun cas de maintenir leur engagement envers ceux qui luttent, parce que \u00ab\u00a0o\u00f9 qu&rsquo;ils soient, ils sont nos fr\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Joyeux anniversaire cher fr\u00e8re, j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;apr\u00e8s avoir atteint trois quarts de si\u00e8cle, ta vie continuera \u00e0 \u00eatre prosp\u00e8re et pure comme elle l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, que ton amour ind\u00e9fectible pour Cuba et son peuple continue \u00e0 \u00eatre un \u00e9tendard pour ceux d&rsquo;entre nous qui continuent \u00e0 croire que ta patrie est le phare de la libert\u00e9 en Am\u00e9rique. Que ton chant perdure afin que ceux qui ont des doutes puissent les surmonter, et que ceux qui croient puissent continuer \u00e0 le faire. Que le pi\u00e9destal d&rsquo;amiti\u00e9 et de solidarit\u00e9 que vous avez \u00e9rig\u00e9 reste solide et indestructible. Que ta musique et ta po\u00e9sie continuent d\u2019ensemencer la vie, l&rsquo;\u00e2me et la conscience des peuples d&rsquo;Am\u00e9rique latine et de la Cara\u00efbe. Que ton esprit lumineux nourri par Jos\u00e9 Marti et Fidel, transform\u00e9 en chansons, soit une inspiration pour nous tous qui te respectons et t\u2019aimons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Re\u00e7ois toute l&rsquo;affection d&rsquo;un nigaud pour un autre nigaud. Puisses-tu conserver sant\u00e9 et vie pour de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Silvio Rodr\u00edguez - Concierto en Casa de las Am\u00e9ricas 1996\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ursScnTK3Ro?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h4>Sergio Rodr\u00edguez Gelfenstein<\/h4>\n<h4>Original: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2021\/11\/25\/silvio-rodriguez-75-anosy-los-que-faltan\/\" rel=\"bookmark\">Silvio Rodr\u00edguez: 75 a\u00f1os\u2026y los que faltan<\/a><\/h4>\n<h4>Traduit par <a href=\"http:\/\/FR: https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1yonU1TFL80rHWu5iWQekgi-hN6al9M2z\/view\" data-wplink-url-error=\"true\">Fausto Giudici<\/a><\/h4>\n<h4>Traductions disponibles: <a href=\"https:\/\/tlaxcala-int.blogspot.com\/search\/label\/English\">English<\/a><\/h4>\n<h4>Edit\u00e9 par <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/fr\/nosotros\/editora\/\">Mar\u00eda Piedad Ossaba<\/a><\/h4>\n<h4>\u00a0<\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>El 29 de noviembre, el cantautor, guitarrista y poeta cubano Silvio Rodr\u00edguez Dom\u00ednguez cumple 75 a\u00f1os. He aqu\u00ed un homenaje lleno de recuerdos a ese gigante de la Nueva Trova.- FG, Tlaxcala\/La Pluma<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":32374,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[3427,16081,16085,3349,16082],"coauthors":[266],"class_list":["post-32372","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-editoriales-y-opiniones","tag-america-latina-y-el-caribe","tag-clandestinidad-semi-clandestinidad","tag-cuba-phare-de-la-liberte-en-amerique","tag-lucha-popular","tag-silvio-rodriguez-75-aniversario-de-su-nacimiento"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32372"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":32384,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32372\/revisions\/32384"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32374"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32372"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32372"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=32372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}