{"id":2660,"date":"2018-11-02T01:45:35","date_gmt":"2018-11-02T01:45:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=2660"},"modified":"2018-11-02T01:45:35","modified_gmt":"2018-11-02T01:45:35","slug":"des-mots-pour-tisser-des-plans-nous-autres-femmes-noires-savons-quoi-faire-au-bresil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2018\/11\/02\/des-mots-pour-tisser-des-plans-nous-autres-femmes-noires-savons-quoi-faire-au-bresil\/","title":{"rendered":"Des mots pour tisser des plans : nous autres, femmes noires, savons quoi faire au Br\u00e9sil"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2664 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/aut_6322Bis.jpg\" alt=\"\" width=\"70\" height=\"70\" \/>Une belle image a circul\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux le soir du deuxi\u00e8me tour de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle : \u00ab\u00a0Personne ne l\u00e2che la main de personne.\u00a0\u00bb Le grand legs des \u00e9lections est un vaste r\u00e9seau pour le droit \u00e0 la vie, mais aussi pour la terre, le logement, l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, la sexualit\u00e9, les corps. Pour le droit d&rsquo;expression politique et de croyance, de parole, de presse. Cela s\u2019appelle peut-\u00eatre la d\u00e9mocratie, celle qu\u2019on nous a ni\u00e9 depuis que les peuples de la terre et ceux d&rsquo;entre nous qui ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9s ici existent.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_19171.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"600\" \/><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Personne ne l\u00e2che la main de personne\u00a0\u00bb : dessin de Thereza Nardelli, alias <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/zangadas_tatu\/?hl=fr-ca\">Zangadas<\/a>, tatoueuse de Belo Horizonte (Minas Gerais)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous avons recr\u00e9\u00e9 les Afriques \u00e0 travers des liens familiaux, politiques, \u00e9conomiques, artistiques, culturels, de pouvoir et d\u2019affection. Des enl\u00e8vements, nous avons fait des nations et de l\u2019Atlantique m\u00eame, nous avons aussi fait un chemin d\u2019aller-retour. Nous sommes nombreuses et nous sommes fortes. Nous savons d&rsquo;o\u00f9 nous venons et quelles le\u00e7ons nous avons h\u00e9rit\u00e9es de nos anc\u00eatres, que nous louons et v\u00e9n\u00e9rons, maintenant et toujours. Le chemin a \u00e9t\u00e9 pav\u00e9 de sang et de sueur, faire marche arri\u00e8re n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une option viable ni imagin\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Certains disent que nous sommes revenus \u00e0 1964*. Ils se disent perplexes devant les r\u00e9sultats des \u00e9lections qui font du gouvernement des justes une r\u00e9alit\u00e9 indigeste, lorsque le nom de dieu est utilis\u00e9 pour justifier la mort annonc\u00e9e des droits d\u2019aller et venir, de se promener tranquillement dans la favela o\u00f9 nous sommes n\u00e9\u00b7es. C\u2019est l\u2019\u00e9tonnement de ceux qui ont le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre surpris par la haine qui caract\u00e9rise notre soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;illusion de ceux qui croient que les supr\u00e9macistes sont les autres, dans d&rsquo;autres pays, dans d&rsquo;autres calendriers.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais pour la grande majorit\u00e9 des personnes qui saignent dans les communaut\u00e9s, au bord des <em>igarap\u00e9s<\/em> (petites rivi\u00e8res), des voies expresses et en marge des villes, il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;un nouveau chapitre de l&rsquo;histoire. Nous sommes s\u00fbres de l&rsquo;avenir. Nous sommes filles, petites-filles, arri\u00e8re-petites-filles, arri\u00e8re-arri\u00e8re-petites-filles de la lutte. Nous savons quoi faire et nous continuerons sur la voie qui nous \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e. Maintenant plus que jamais, car c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans les moments de crise que l\u2019on peut discerner des occasions d&rsquo;exister et de r\u00e9sister.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Le territoire o\u00f9 les lois sont faites est un domaine crucial de ce vieux conflit connu. Qui l\u00e9gif\u00e8re d\u00e9termine qui vit et qui meurt, qui peut aller et venir et qui verra encore une fois ses privil\u00e8ges reconnus et prot\u00e9g\u00e9s. C&rsquo;est ici que le bras de fer avec la blanchitude** devient encore plus cruel et sanglant. Le racisme est institutionnel !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Du point de vue de la population noire, ce que nous vivons met ce ph\u00e9nom\u00e8ne en \u00e9vidence, mais ce n\u2019est en aucun cas une nouveaut\u00e9. Un exemple est la fa\u00e7on dont le vote a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli dans ce pays. Jusqu\u2019en 1889, il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir un revenu sup\u00e9rieur \u00e0 200\u00a0000 r\u00e9is pour voter et 400\u00a0000 r\u00e9is pour \u00eatre \u00e9lu. La population noire a \u00e9t\u00e9 exclue de l&rsquo;exercice l\u00e9gislatif sans qu\u2019on ait \u00e0 utiliser le mot \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb dans la loi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">En ce nouveau moment de grave ins\u00e9curit\u00e9 d\u00e9mocratique, nous devons porter notre attention sur le pouvoir l\u00e9gislatif sans jamais sous-estimer la port\u00e9e de l&rsquo;ex\u00e9cutif. C&rsquo;est dans les chambres que les soi-disant \u00ab\u00a0hommes de bien\u00a0\u00bb se sont cantonn\u00e9s pour maintenir leurs privil\u00e8ges, leurs espaces de pouvoir et pour dessiner le g\u00e9nocide des populations noires et indig\u00e8nes, afin de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats du capital et des bonnes m\u0153urs patriarcales.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Notre effort a consist\u00e9 \u00e0 comprendre le r\u00f4le de cette dynamique dans la structuration de la r\u00e9gression. Qui sont les gens qui font les lois dans ce pays ? Sont-ils pr\u00e9occup\u00e9s par les normes pos\u00e9es par ceux qui d\u00e9fendent les droits humains ? Quel est le r\u00f4le des chambres en p\u00e9riode d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 politique et institutionnelle ? Est-ce qu&rsquo;ils nous repr\u00e9sentent? Est-il encore possible de parler d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre et de race ? Et pendant combien de temps ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Comment se sont pass\u00e9es les \u00e9lections<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">En tant que femmes noires, et aussi de nombreux autres groupes r\u00e9duits au silence, nous savons que chaque point de tension offre \u00e9galement une occasion d&rsquo;agir. Et nous ne parlons pas au figur\u00e9, mais d\u2019un mouvement qualifi\u00e9 et intentionnel qui se concentre, depuis l\u2019\u00e9poque avant l\u2019abolition [<i>de l\u2019esclavage, en 1888, NdT<\/i>] et gagne des contours encore plus nets avec l\u2019organisation politique des femmes noires qui, ce n\u2019est pas un hasard, ont \u00e9galement gagn\u00e9 en notori\u00e9t\u00e9 en tant que candidates cette ann\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous ne pouvons pas croire que ce ph\u00e9nom\u00e8ne est une r\u00e9ponse r\u00e9cente \u00e0 la vague conservatrice, mais c\u2019est \u00e9galement le fruit du travail s\u00e9culaire incessamment accompli par des g\u00e9n\u00e9rations de femmes noires anonymes dans les charbonneries, dans les ateliers des manufactures,, en lavant les v\u00eatements de la maison du ma\u00eetre, entonnant des cantiques au son des tambours. Dans les universit\u00e9s, dans les quilombos, en s\u2019occupant de leurs enfants. Dans les minist\u00e8res et sur la sc\u00e8ne, dans l&rsquo;\u00e9criture laborieuse, dans les fronti\u00e8res des terres et de la pens\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">D\u2019Antonieta de Barros \u00e0 des femmes comme Leci Brand\u00e3o, Luiza Bairros et Benedita da Silva, en passant par Beatriz Nascimento, L\u00e9lia Gonz\u00e1lez, Marielle Franco et maintenant Robeyonc\u00e9 Lima, \u00c1urea Carolina, Erica Malunguinho, Erika Hilton, Renata Souza, Dani Monteiro, Tal\u00edria Petrone, Monica Francisco, nous, femmes noires, construisons un projet de nation qui est devenu encore plus \u00e9vident au cours de ce processus.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Notre combat est l\u2019h\u00e9ritage de femmes comme Dandara de Palmares, Luiza Mahin, Maria Zeferina, Zacimba Gaba, N\u00e3 Agontim\u00e9. Des m\u00e8res sacr\u00e9es consacrant leur vie aux voduns, aux minkisis et aux orishas, aux caboclos et aux enchant\u00e9s. De celles qui attendent en silence aux arr\u00eats d\u2019autobus quand il fait encore nuit, qui font courir leurs yeux dans les livres et se faufilent entre les gratte-ciel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous m\u00e9connaissons \u00a0les h\u00e9ros imp\u00e9riaux, les ducs, les dictateurs et les <i>bandeirantes<\/i> [<i>colons et chasseurs d\u2019hommes dans le Br\u00e9sil colonial, NdT<\/i>] et ceux qui nous d\u00e9nient pouvoir, intelligence, strat\u00e9gie, force et humanit\u00e9. C\u2019est la raison pour laquelle nous ne pouvons ignorer la prise de conscience que nous avons un grand d\u00e9fi \u00e0 relever et que sa dimension est \u00e0 la mesure de la possibilit\u00e9 de changement. Certains disent que le Br\u00e9silien ne sait pas voter, peut-\u00eatre ne sont-ils pas au courant de la r\u00e9sistance qui a inspir\u00e9 les votes dans le Nord-Est.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cette r\u00e9gion \u00e0 la volont\u00e9 s\u00e9paratiste s\u00e9culaire, chant\u00e9e par Gal Costa dans <a href=\"https:\/\/youtu.be\/u-HYWAkldio\">Revolta Olodum<\/a> (1989), v\u00e9cue longuement dans les batailles d&rsquo;Ant\u00f4nio Conselheiro, r\u00eav\u00e9e \u00e0 \u00a0Palomares par Zumbi et Dandara, dans la R\u00e9volte des Mal\u00eas [<i>soul\u00e8vement d\u2019esclaves yoruba \u00e0 Salvador de Bahia en 1835, NdT<\/i>] dans la Conjuration bahianaise [<em>\u00ab\u00a0r\u00e9volte des tailleurs\u00a0\u00bb, 1798, lire <\/em><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala.es\/pp.asp?reference=4558&amp;lg=fr\"><em>Bahia, 1798: La r\u00e9volution des Jacobins Noirs au Br\u00e9sil<\/em><\/a><em> NdT<\/em>], et dans la Balaiada [<em>R\u00e9volte dirig\u00e9e par le vannier Manuel Francisco dos Anjos Ferreira, appel\u00e9 le Balaio (\u00ab\u00a0panier\u00a0\u00bb) dans le Maranh\u00e3o, 1838-1841, NdT<\/em>]. Le Nord-Est et sa mani\u00e8re singuli\u00e8re de r\u00e9sister, d\u2019exprimer sa force, de forger des femmes noires batailleuses, des migrants et des b\u00e2tisseurs de villes enti\u00e8res! Une terre fertile qui nourrit les hommes et les femmes des villes, <i>jamacaru<\/i> (cactus du NE, NdT] de vie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les gens savent enseigner. Et cet endroit est un exemple du revirement d\u00e9mocratique qui attendait un pays d\u00e9chir\u00e9 par l&rsquo;intol\u00e9rance et la haine. Seul le Nord-Est (et une partie du Nord) a \u00e9lu ce qui constituerait la riposte au fascisme. Cette \u00e9lection pr\u00e9sidentielle a donn\u00e9 une radiographie de qui nous sommes, nous qui esp\u00e9rons, qui luttons, qui continuons \u00e0 croire au changement, \u00e0 une vie meilleure. Nous avons \u00e9lu des candidates noires trans et f\u00e9ministes et nous avons expuls\u00e9 les vieux conservateurs blancs des assembl\u00e9es l\u00e9gislatives. Conqu\u00eates\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous avons continu\u00e9 \u00e0 parler de repr\u00e9sentativit\u00e9. \u00c0 mettre nos \u00a0visage dans les espaces de pouvoir des chambres, \u00e0 faire des lois et la r\u00e9action \u00e0 ce mouvement a \u00e9t\u00e9 monstrueuse. Marielle Franco et Ma\u00eetre Moa do Katend\u00ea [<i>ma\u00eetre de capoeira d\u2019Angola de Salvador de Bahia, assassin\u00e9 par un partisan de Bolsonaro le 8 octobre, NdT<\/i>] sont deux cas embl\u00e9matiques parmi beaucoup d\u2019autres que nous n\u2019oublierons pas. Tout le temps de nouveaux \u00e9pisodes de racisme, de Lgbtphobie, de transphobie. Il n\u2019y aura pas un seul de leurs drapeaux debout tant qu\u2019on nous tuera pour notre couleur, nos croyances, notre sexualit\u00e9, notre genre et notre classe<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Vous vous demandez encore ce qui s\u2019est pass\u00e9, car vous pouvez vous permettre de ne pas tenir compte du fait que nous sommes dans un pays esclavocrate, raciste et g\u00e9nocidaire. Cette immense masse conservatrice n&rsquo;est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9cent, mais le portrait fid\u00e8le d&rsquo;une nation qui a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 toute id\u00e9e de changement fond\u00e9 sur les droits humains comme valeur, la solidarit\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les peuples. Nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9 surprises et nous y \u00e9tions pr\u00e9par\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">C\u2019est le grand point de mire de ces \u00e9lections : il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019un diff\u00e9rend qui se concentre sur la figure d\u2019un homme, mais sur l\u2019acceptation ou le rejet du projet que nous sommes en train de construire. C\u2019est pourquoi, plus que jamais, nous n\u2019avons pas vot\u00e9 contre ou en faveur de telle ou telle candidature, mais plut\u00f4t pour la possibilit\u00e9 de continuer \u00e0 exister ou non, car nous savions que les temps \u00e0 venir seraient effrayants, quel que soit le r\u00e9sultat des \u00e9lections.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nos sentiments vont \u00e0 toutes celles qui aujourd&rsquo;hui ne se sentent pas en s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 toutes celles qui ont \u00e9t\u00e9 victimes de cette escalade honteuse de la violence. Ce qui nous r\u00e9conforte, c\u2019est la certitude que nous avons \u00e9t\u00e9 victorieuses dans cette guerre, qui ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. C&rsquo;est la confiance dans l&rsquo;h\u00e9ritage que nos a\u00een\u00e9es ont laiss\u00e9 entre nos mains et que nous prot\u00e9geons et transmettons aux g\u00e9n\u00e9rations futures<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les prochaines \u00e9tapes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies auparavant. Ceci dit, nous devons aussi mesurer ensemble notre pouvoir politique en ce moment.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Que les trames de sororit\u00e9 qui nous lient deviennent de plus en plus coh\u00e9rentes maintenant que le projet reste le m\u00eame. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Cette repr\u00e9sentativit\u00e9 est l&rsquo;outil par lequel nous construirons la parit\u00e9 de race et de genre dans les espaces de pouvoir. Parce que c\u2019est bien plus qu\u2019un mirage que le capital puisse avaliser, en se l\u2019appropriant comme une pub t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Bien plus qu\u2019une image t\u00e9l\u00e9g\u00e9nique, n\u2019est-ce pas, Rosane Borges\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous luttons pour notre vie en premier lieu, mais pas seulement, nous voulons une \u00e9galit\u00e9 de race et de genre, pour reprendre ce qui est \u00e0 nous. Poursuivre la lutte de nos anc\u00eatres pour le droit \u00e0 la vie, professer nos croyances, occuper nos terres avec dignit\u00e9, avoir une \u00e9ducation, un logement et la justice, pouvoir raconter notre histoire, \u00eatre les protagonistes de nos r\u00e9cits affectifs, culturels et politiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et malgr\u00e9 tout sc\u00e9nario d\u00e9favorable, nous saisirons toute opportunit\u00e9 comme objet de lutte. Nous avons eu beaucoup de femmes noires \u00e9lues \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, deux femmes indig\u00e8nes \u00e9lues par le front parlementaire indig\u00e8ne. Et tant d&rsquo;autres qui, m\u00eame si elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lues, poss\u00e8dent d\u00e9sormais un capital politique pr\u00e9cieux qui fera toute la diff\u00e9rence dans les actions d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9es dans leurs communaut\u00e9s. Notre temps est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 et nous ne reculerons pas devant les obstacles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous savons depuis longtemps que le combat ne se m\u00e8ne pas seule. En tant que Blogueuses Noires, c&rsquo;est ce que nous croyons depuis le premier jour, car c\u2019est ce nous ont enseign\u00e9 nos m\u00e8res nos grands-m\u00e8res et nos a\u00efeules dans leur lutte pour la terre, pour la nourriture, pour la s\u00e9curit\u00e9 de leurs filles et de leurs fils, pour le logement, pour la justice, pour l&rsquo;\u00e9ducation, dans la rue et par l\u2019\u00e9crit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous ne croyons pas aux mythes, encore moins au pouvoir de la poudre. Nous sommes faites de mots qui voyagent en secret et qui r\u00e9sonnent sur les places, \u00e0 travers des tambours dans et hors des villes et des r\u00e9seaux sociaux. Notre r\u00e9sistance est sur l&rsquo;asphalte et aussi l\u00e0 o\u00f9 vivent les arbres et le sacr\u00e9. D\u00e9clamant ou en silence mais toujours en train de tisser des plans, baign\u00e9es par l&rsquo;amour de nos \u00e9g\u00e9ries.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous savons quoi faire.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><strong>NdT<\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">*1964\u00a0: le 1er avril 1964, un groupe de g\u00e9n\u00e9raux, appuy\u00e9s par l\u2019oligarchie et l\u2019\u00c9glise catholique, renversent le pr\u00e9sident Jo\u00e3o Goulart, alias Jango, accus\u00e9 de vouloir transformer le Br\u00e9sil en nouveau Cuba. Il avait annonc\u00e9 la nationalisation du p\u00e9trole, la r\u00e9forme agraire et urbaine et la tenue d\u2019une assembl\u00e9e constituante pour \u00e9tablir une nouvelle constitution. La dictature civilo-militaire dura 21 ans.<\/p>\n<p align=\"justify\">**Du n\u00e9ologisme br\u00e9silien branquitude, forg\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence au terme n\u00e9gritude. La blanchitude d\u00e9signe l\u2019\u00e9tablissement de la couleur de peau blanche comme normale et normative, faisant des groupes humains d\u2019autres couleurs de peau des marginaux, des inf\u00e9rieurs ou des d\u00e9viants.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_19170.jpg\" alt=\"\" width=\"552\" height=\"253\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"auteur\">Blogueras Negras Blogueuses Noires<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Original: <span class=\"navigation_cadre\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=24479\">Tecendo planos em palavras: N\u00f3s sabemos o que fazer<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=24488\">Tlaxcala<\/a> le 1 novembre 2018<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Notre r\u00e9sistance est sur l&rsquo;asphalte et aussi l\u00e0 o\u00f9 vivent les arbres et le sacr\u00e9. 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