{"id":22361,"date":"2020-11-30T23:06:38","date_gmt":"2020-11-30T23:06:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=22361"},"modified":"2020-12-25T10:03:52","modified_gmt":"2020-12-25T10:03:52","slug":"maradona-si-maradona-no-endiosamiento-pasion-y-muerte-de-un-demonio-fuera-de-serie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/11\/30\/maradona-si-maradona-no-endiosamiento-pasion-y-muerte-de-un-demonio-fuera-de-serie\/","title":{"rendered":"Maradona si, Maradona non ! <br><i>Apoth\u00e9ose, passion et mort d&rsquo;un d\u00e9mon hors pair <\/i>"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><i>La mort de Diego Armando Maradona, un prodigieux joueur de football, un illumin\u00e9, une esp\u00e8ce de daim\u00f4n myst\u00e9rieux, ind\u00e9chiffrable, une divinit\u00e9 insolente et vulgaire, a provoqu\u00e9, outre un choc dans les m\u00e9dias, chez les supporters, et m\u00eame ceux qui sont indiff\u00e9rents \u00e0 ce sport, une \u00e9motion ind\u00e9niable. Radicale. L&rsquo;\u00eatre ha\u00ef et aim\u00e9, insult\u00e9 et port\u00e9 aux nues, prodigieux et caillera. Le footballeur charismatique et le pitoyable plouc. Celui que personne n&rsquo;ignore et que des millions d&rsquo;hommes admirent. Et celui que je ne sais combien de gens (peut-\u00eatre m\u00eame pas si nombreux) m\u00e9prisent et condamnent \u00e0 la commune condition de simple mortel\u00a0: ce pl\u00e9b\u00e9ien charismatique s&rsquo;en est all\u00e9 pour rester.<\/i><\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/i.pinimg.com\/originals\/ef\/54\/ef\/ef54ef2056940ed96b4e430f5d6d237e.jpg\" width=\"496\" height=\"554\" \/><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>\u00a0\u00a0 Mythe de la modernit\u00e9, d&rsquo;un sport de masses, du football<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">De son vivant d\u00e9j\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait une\u00a0l\u00e9gende. Et il est possible \u2013 c&rsquo;est le plus probable \u2013 que la l\u00e9gende grandisse apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s. Apr\u00e8s sa veill\u00e9e fun\u00e8bre avec ses d\u00e9monstrations extr\u00eames. Apr\u00e8s son enterrement. Sa putr\u00e9faction. C&rsquo;est ce qui se passe avec les dieux et les h\u00e9ros. Le footballeur injuri\u00e9 et idol\u00e2tr\u00e9 n\u00e9 dans un bidonville, une cr\u00e9ature des marges, qui aurait pu rester dans l&rsquo;oubli s&rsquo;il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par la gr\u00e2ce divine, ou l&rsquo;intelligence diabolique qui pouvait cr\u00e9er avec un ballon des\u00a0 actions qui s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent au statut d&rsquo;art, oui, cette sorte d&rsquo;actions que Panzeri appela la dynamique de l&rsquo;impr\u00e9vu, s&rsquo;il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 la d\u00e9monstration de ce que dit, dans un discours acad\u00e9mique, l&rsquo;\u00e9crivain fran\u00e7ais Andr\u00e9 Maurois, \u00e0 savoir que le football est l&rsquo;intelligence en mouvement \u2013 Maradona serait un mort de plus qu&rsquo;on m\u00e8ne au cimeti\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><i>El cebollita<\/i> [le petit Oignon] qui, tout enfant d\u00e9j\u00e0, \u00e9blouit les autres par la magie incorpor\u00e9e \u00e0 sa jambe gauche \u2013 car la droite ne lui servait m\u00eame pas \u00e0 monter dans l&rsquo;autobus \u2013 \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, si l&rsquo;on admet que le sort, le destin, ce concept si aim\u00e9 et\u00a0 illustr\u00e9\u00a0 par les Tragiques grecs, est un attribut r\u00e9el de l&rsquo;existence, qui marqua Maradona pour toujours. Une cr\u00e9ature de la fatalit\u00e9.\u00a0 \u00ab\u00a0Cabecita negra\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0le petit Noiraud\u00a0\u00bb], ce m\u00e9lange entre immigrants et natifs plus ou moins indiens, \u00e0 qui sa maman, do\u0148a Tota, souhaita, lors de son bapt\u00eame, \u00ab\u00a0qu&rsquo;il soit quelqu&rsquo;un de bien et qu&rsquo;il grandisse en bonne sant\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9sir qui est celui de toute m\u00e8re, s&rsquo;initia au professionnalisme \u00e0 seize ans, dans l&rsquo;Argentinos Juniors. Lors de ses d\u00e9buts, dans les premi\u00e8res minutes d&rsquo;une deuxi\u00e8me mi-temps, la premi\u00e8re chose qu&rsquo;il fit \u00e0 un d\u00e9fenseur de Talleres de C\u00f3rdoba, ce fut un petit pont, un \u00ab\u00a0ca\u0148o\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0orde\u0148ada\u00a0\u00bb[<i>une passe entre les jambes<\/i>], comme nous disons, nous, dans nos r\u00e9gions montagneuses, tel que le vaincu, l&rsquo;humili\u00e9, aurait mieux fait de jouer en soutane. Diego perdit son premier match comme professionnel. Les triomphes et la gloire \u2013 et aussi la boue- viendraient apr\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce petit gars, de petite taille (il arriva \u00e0 peine \u00e0 1,62m), grandit au milieu de d\u00e9monstrations de talent, se sp\u00e9cialisa dans l&rsquo;\u00e9merveillement des spectateurs, et l&rsquo;\u00e9blouissement de ses camarades et m\u00eame de ses adversaires gr\u00e2ce \u00e0 ses pieds virtuoses. Quand il \u00e9tait gamin, comme on l&rsquo;a souvent dit, on ne lui raconta pas de contes de f\u00e9es\u00a0: il recevait des ovations, d&rsquo;abord dans les terrains vagues, puis dans les stades. Depuis sa cit\u00e9, il avala le monde. Et tout particuli\u00e8rement quand, en 1986, il fut couronn\u00e9 champion du monde \u00e0 Mexico, le monde se prosterna \u00e0 ses pieds, ou, pour \u00eatre plus exact, devant sa prodigieuse jambe gauche (ah\u00a0! et puis aussi, pourquoi pas, devant sa main gauche !).<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/pbs.twimg.com\/media\/Bqx63dyIMAA552M.jpg\" width=\"501\" height=\"668\" \/><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Maradona, dieu et d\u00e9mon<\/strong><span class=\"texte1\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le g\u00e9nie pr\u00e9coce du ballon, qui pourrait figurer dans un conte des <i>Mille et une nuits<\/i>, connut les pleurs douloureux lorsque l&rsquo;entra\u00eeneur C\u00e9sar Luis Menotti l&rsquo;exclut de la s\u00e9lection qui devait disputer le Championnat du monde de 1978, organis\u00e9 en Argentine, qui fut utilis\u00e9 par la dictature dirig\u00e9e par Videla pour camoufler les innombrables exactions et violations des droits humains.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour ce Mondial, o\u00f9 Maradona avait 18 ans, le joueur \u00e9tait \u00ab\u00a0aff\u00fbt\u00e9\u00a0\u00bb. Je dirais qu&rsquo;il \u00e9tait mieux que jamais. Et quand il apprit qu&rsquo;on l&rsquo;excluait de la liste de la s\u00e9lection, il pleura toutes les larmes de son corps. Plus qu&rsquo;il ne devait brailler du fait du dopage de 94. \u00ab\u00a0Moi, je n&rsquo;ai pas pardonn\u00e9 \u00e0 Menotti, et je ne lui pardonnerai jamais \u00e7a, mais je ne l&rsquo;ai jamais ha\u00ef. Ha\u00efr, c&rsquo;est autre chose que ne pas pardonner. C&rsquo;est ce que je crois, en tout cas. C&rsquo;est pourquoi je dis que, malgr\u00e9 tout, l&rsquo;image que j&rsquo;ai du Flaco [le grand Maigre] ne s&rsquo;efface pas de ma m\u00e9moire, ni sa sagesse, pour ce qui est de savoir me conduire\u00a0\u00bb, dit Maradona dans son livre \u00ab<i>\u00a0Moi, Diego\u00a0<\/i>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Maradona qui, dans ses d\u00e9buts, fit des \u00e9tincelles dans l&rsquo;\u00e9quipe du quartier de La Paternal, l&rsquo;Argentinos Juniors, \u00e9tait appel\u00e9 \u00e0 faire de grandes choses, et d&rsquo;autres bien moins plaisantes et qui ne s&rsquo;accordaient pas avec l&rsquo;attitude normale de discipline d&rsquo;un sportif. Il devint une \u00e9toile (\u00e9toile filante\u00a0? supernova ?) qui illumina la route du mythe, le chemin qui le mena \u00e0 s&rsquo;installer non seulement dans l&rsquo;histoire comme un des meilleurs footballeurs de tous les temps, mais dans le c\u00f4t\u00e9 obscur de l&rsquo;idole qui, m\u00eame en \u00e9tant Maradona, peut avoir des pieds d&rsquo;argile. Au cours de sa trajectoire professionnelle, Maradona marqua des buts incroyables. Impossibles, m\u00eame, comme celui qu&rsquo;il r\u00e9alisa, sur un coup franc, en jouant dans l&rsquo;\u00e9quipe de Naples contre la Juventus, le 3 novembre 1985. Mais il y eut deux buts hors s\u00e9rie, qui allaient catapulter le d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre joueur argentin jusqu&rsquo;aux hauteurs c\u00e9lestes\u00a0: il les marqua \u00e0 Mexico, lors du Mondial 1986, dans le cadre de la confrontation \u00e0 haute tension avec l&rsquo;Angleterre. Les pr\u00e9liminaires de la rencontre furent marqu\u00e9s par le souvenir tendu de la racl\u00e9e inflig\u00e9e par les troupes anglaises aux Argentins, dans la guerre\u00a0 pour l&rsquo;archipel des Malouines ou Falkland, quatre ans auparavant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le premier but, sur les deux marqu\u00e9s par Maradona ce 22 juin 1986, fut une action pol\u00e9mique, mais qui, en m\u00eame temps, r\u00e9v\u00e9la non seulement la malice, l&rsquo;astuce, la ruse, mais aussi la rapidit\u00e9 mentale d&rsquo;un joueur qui avait connu le bapt\u00eame du feu, en fait d&rsquo;habilet\u00e9s et de stratag\u00e8mes, quelques-uns illicites, dans les terrains vagues. Valdano s&#8217;empara du ballon sur la gauche, et fit une passe qu&rsquo;un d\u00e9fenseur anglais repoussa vers l&rsquo;arri\u00e8re. Le 10 argentin se glissa au milieu de ses adversaires et, au moment o\u00f9 Peter Shilton, le gardien de but de l&rsquo;Angleterre, qui faisait 20 centim\u00e8tres de plus que Maradona, sautait pour prendre la balle, el Pelusa [la Tignasse] s&rsquo;\u00e9leva dans les airs et, de la main gauche, mit le ballon dans les filets. Il jeta un coup d&rsquo;\u0153il de c\u00f4t\u00e9 vers le juge de ligne, puis vers l&rsquo;arbitre, qui valid\u00e8rent le but de la Main de Dieu. C\u00e9l\u00e9bration plan\u00e9taire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Selon Maradona, ce but avait eu un pr\u00e9c\u00e9dent du temps des <i>cebollitas<\/i> [surnom donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe des Argentinos Juniors du fait de la petite taille de ses joueurs]. Voici comment <i>el Pelusa<\/i> le raconte dans son livre <i>Moi, Diego<\/i>\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Dans le stade du Parc Saavedra, j&rsquo;ai marqu\u00e9 un but de la main, les adversaires m&rsquo;ont vu, et ils ont saut\u00e9 sur l&rsquo;arbitre.\u00c0 la fin, il accorda le but et ce fut un bordel monstre&#8230; Je sais que ce n&rsquo;est pas bien, mais une chose est de le dire \u00e0 froid, et une autre, bien diff\u00e9rente, de prendre la d\u00e9cision \u00e0 chaud, en plein milieu du match\u00a0: tu veux attraper la balle, et ta main part toute seule\u00a0\u00bb. Oui, il en est bien ainsi. Ceux qui ont jou\u00e9 au foot le savent. C&rsquo;est un sport qui offre une sacr\u00e9e collection de pi\u00e8ges et de ruses, sans parler des improvisations et des id\u00e9es brillantes du moment.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Apr\u00e8s ce but discut\u00e9, arriva le but le plus esth\u00e9tique et athl\u00e9tique de tous les Mondiaux de Football. Cinq minutes apr\u00e8s le divin coup de la main, survient la cr\u00e9ation la plus inspir\u00e9e du football moderne. Le 10 commen\u00e7a son exploit depuis son camp et, en dix secondes et un tout petit peu plus, il laissa derri\u00e8re lui un sillage d&rsquo;Anglais stup\u00e9faits devant la divinit\u00e9 qui manipulait le ballon avec un raffinement, un <i>dribble<\/i> endiabl\u00e9, l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 d&rsquo;un g\u00e9nie. Et, au fond, cette ex\u00e9cution magistrale fut une sorte de vengeance g\u00e9opolitique.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/www.eluniversal.com.mx\/sites\/default\/files\/2020\/11\/25\/maradona-mano_de_dios.jpg\" width=\"571\" height=\"352\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><i>La Main de Dieu<\/i><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Maradona, \u00e9rig\u00e9 en dieu du football, avant tout par ses compatriotes, mais aussi par les supporters du Napoli, une \u00e9quipe sans histoire que le 10 transporta jusqu&rsquo;\u00e0 des b\u00e9atitudes jamais v\u00e9cues par les compatriotes d&rsquo;Enrico Caruso, parvint au Paradis de son vivant. C&rsquo;\u00e9tait, sur la pelouse, un illumin\u00e9, dou\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nergie subtile des Muses et autres divinit\u00e9s. L&rsquo;Enfer devait venir plus tard, m\u00eame s&rsquo;il se dessinait d\u00e9j\u00e0 dans ses addictions, dans ses comportements extra-sportifs, dans ses connexions de bas \u00e9tage avec les membres de la Camorra, la mafia napolitaine.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le favori des dieux \u00e9voluait sur la corde raide de la coca\u00efne, avec des comportements de racaille, au milieu des scandales. Et tout cela ensemble, ses qualit\u00e9s de footballeur extraordinaire et ses d\u00e9viations, confectionna le rago\u00fbt de sa gloire et de sa chute, dans sa thaumaturgie avec la balle au pied, et ses d\u00e9bordements hors des stades. Maradona r\u00e9unit les \u00e9tranges attributs du \u00ab\u00a0saint\u00a0\u00bb, comme purent \u00eatre \u00ab\u00a0saints\u00a0\u00bb, dans d&rsquo;autres domaines, des hommes de talent comme Fran\u00e7ois Villon et Jean Genet, ce dernier canonis\u00e9 par Jean-Paul Sartre, et il se colla \u00e0 son tour une \u00e9tiquette de grossier personnage, quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 sa place, et s&rsquo;enivra de son intelligence footballistique\u00a0; son ascension, depuis une cit\u00e9 d&rsquo;indigents, oubli\u00e9s par la fortune, jusqu&rsquo;aux lumi\u00e8res des sunlights, les ch\u0153urs d\u00e9mentiels des foules dans les stades, l&rsquo;extase du succ\u00e8s, s&rsquo;ils le projet\u00e8rent comme une fus\u00e9e sur la lune, firent aussi sa catastrophe sismique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Utilis\u00e9 par des dirigeants politiques de droite et de gauche, Maradona \u00e9tait condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre un dieu-d\u00e9mon, un ange d\u00e9chu, un pr\u00eatre blasph\u00e9mateur. C&rsquo;\u00e9tait (et c&rsquo;est) un \u00eatre parfait pour \u00eatre litt\u00e9raturis\u00e9, pour faire de ses performances et ivresses un th\u00e8me romanesque. Il baigna dans l&rsquo;exc\u00e8s. Dans l&rsquo;hyperbole. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas quelqu&rsquo;un de bien. Ou bien si, cela d\u00e9pend de celui qui profitait de sa r\u00e9sonance universelle pour l&rsquo;utiliser, de son aide et ses faveurs. On pouvait tirer parti de ses origines dans un taudis, de sa formation dans une cit\u00e9, de son adresse unique \u00e0 garder le ballon coll\u00e9 \u00e0 son pied gauche, de sa dimension grandiose comme footballeur. Dans le lexique du cirque, c&rsquo;\u00e9tait le grand trap\u00e9ziste, celui qui prenait tous les risques dans les hauteurs, sans filet protecteur \u2013 sensation unique pour les spectateurs. Parfois, c&rsquo;\u00e9tait le clown. D&rsquo;autres fois, le jongleur.<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><a href=\"https:\/\/www.sportyou.es\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Maradona-Messi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/www.sportyou.es\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Maradona-Messi.jpg\" alt=\"\" width=\"558\" height=\"372\" data-id=\"\" \/><\/a>\u00a0<span class=\"texte1\"><br \/>\n<\/span><strong>Messi et Maradona<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans tous les cas, il traversa, sans approfondir, les terres de l&rsquo;irr\u00e9v\u00e9rence et catapulta ses insultes et crachats contre le pouvoir de la FIFA et autres pouvoirs. Maradona avait et a, non seulement des fans, mais des d\u00e9vots. Il ne rendait pas seulement fous les supporters, il cr\u00e9ait une communaut\u00e9 de croyants. Certains virent en lui un homme crucifi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9, le r\u00e9sultat du calcul de financiers et strat\u00e8ges de marque. Une sorte de victime du succ\u00e8s, de son irruption dans des mondes o\u00f9 seuls peuvent \u00e9voluer les hommes \u00e9lus moins par leur talent, que par ceux qui manipulent, dominent, trompent, et mod\u00e8lent le monde, le divisent en exploiteurs et exploit\u00e9s, en oppresseurs et opprim\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Maradona fut condamn\u00e9 \u00e0 se prendre pour Maradona, et forc\u00e9 \u00e0 \u00eatre la star de toute f\u00eate, le b\u00e9b\u00e9 de chaque bapt\u00eame, le mort de chaque veill\u00e9e fun\u00e8bre. La \u00ab\u00a0succ\u00e9ine\u00a0\u00bb est plus d\u00e9vastatrice que la coca\u00efne. Les analyses, d&rsquo;urine ou de sang, ne d\u00e9c\u00e8lent pas cette drogue\u00a0\u00bb, a dit Eduardo Galeano. L&rsquo;astre du maillot n\u00b0 10 unit dans sa personnalit\u00e9 le ciel et l&rsquo;enfer. Il n&rsquo;\u00e9tait pas fait pour des moralistes. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas un mod\u00e8le d&rsquo;homme exemplaire. Humain, oui, trop humain, quand la drogue et autres d\u00e9r\u00e8glements le mirent \u00e0 nu. Par contre, dieu trop divin, quand il arrivait \u00e0 faire d&rsquo;un ballon conduit par son pied gauche la symphonie avec ch\u0153urs de Beethoven.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Comment expliquer qu&rsquo;un footballeur, \u00e9videmment exceptionnel comme il l&rsquo;\u00e9tait, ait fait l&rsquo;objet d&rsquo;invraisemblables comparaisons avec des personnages aussi oppos\u00e9s et divers que le Christ, Ulysse, San Gennaro, la Vierge Marie, Napol\u00e9on, Mick Jagger et le Chevalier \u00e0 la Triste Figure (Don Quichotte)\u00a0; quels m\u00e9canismes inconscients, quel ensemble de frustrations collectives, de manque de proportions dans l&rsquo;analyse men\u00e8rent \u00e0 ces analogies d&rsquo;un excellent joueur avec des po\u00e8tes comme Baudelaire, par exemple\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Quels signes apocalyptiques avaient d\u00fb voir les fondateurs d&rsquo;une \u00e9glise consacr\u00e9e \u00e0 la v\u00e9n\u00e9ration de Maradona, celui qui, \u00e0 Naples, fut tr\u00e8s saintement travesti en Sainte Maradona, en un jeu de mots qui r\u00e9unissait le nom de la divinit\u00e9 du football et la <i>donna<\/i>, la Vierge, ces m\u00eames images si souvent repr\u00e9sent\u00e9es pendant la Renaissance.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"https:\/\/sc2.elpais.com.uy\/files\/article_default_content\/uploads\/2020\/11\/25\/5fbf05901052e.jpeg\" width=\"535\" height=\"357\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>\u00a0Avec la mort de Maradona, le football aussi est mort. Une belle hyperbole<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans son livre<i> Com\u00e9diens et martyrs, Essai contre les mythes,<\/i> Juan Jos\u00e9 Sebreli, un sociologue argentin, dit qu&rsquo;existent, \u00ab\u00a0entrem\u00eal\u00e9s\u00a0\u00bb, divers mythes qui donnent sa forme au mythe unique de Diego Armando Maradona. \u00ab\u00a0Pour le nationalisme populiste, il incarne le mythe de l&rsquo;identit\u00e9 nationale\u00a0; pour les basses classes sans conscience politique, le mythe du mendiant qui se m\u00e9tamorphose en prince\u00a0; pour les intellectuels de gauche, le mythe du rebelle social\u00a0; pour la jeunesse contre-culturelle, le mythe du transgresseur\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Maradona, qu&rsquo;on a aussi pu entendre mettre en question l&rsquo;\u00c9glise, le pape (pas le pape actuel, son compatriote, mais Jean-Paul II, un pontife hautement r\u00e9actionnaire), les cur\u00e9s et, tout particuli\u00e8rement le pouvoir qui fait la pluie et le beau temps dans le football, la multinationale appel\u00e9e FIFA \u2013 ce fabuleux Dix du foot se mit aussi autour du cou des scapulaires de gauchiste, ou plut\u00f4t d&rsquo;une esp\u00e8ce de gauchisme infantile, mis en avant, \u00e0 diverses reprises, par Fidel Castro, Hugo Ch\u00e1vez\u00a0; m\u00eame si, auparavant, il avait aussi \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par des individus aussi droitiers et criminels que Jorge Rafael Videla, quand l&rsquo;Argentine, qui alignait dans son \u00e9quipe le jeune Maradona, remporta en 1979 le Mondial Juv\u00e9nile de football, qui se tint au Japon, et ensuite par le n\u00e9o-lib\u00e9ral, populiste et pilleur de l&rsquo;\u00c9tat argentin, Carlos Menem.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le footballeur, qui, de toute fa\u00e7on, \u00e9tait plus important en Argentine que n&rsquo;importe quel chef d&rsquo;\u00c9tat\u00a0 &#8211; et ceux qui le voyaient ainsi avaient raison, et ils \u00e9taient nombreux \u2013 fut assimil\u00e9 \u00e0 un mauvais gar\u00e7on, un <i>bad boy<\/i>, rebelle sans cause, capable de se livrer, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de brillantes actions, \u00e0 des crises de col\u00e8re retentissantes. Et pour ceux qui sont le plus introduits dans la philosophie, il repr\u00e9sentait l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment dionysiaque, carnavalesque, ce qui, du c\u00f4t\u00e9 du tropique, est \u00e9tiquet\u00e9 comme de l\u2019\u00ab\u00a0ang\u00e9lisme gauchiste\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Sebreli raconte que quand Maradona \u00ab\u00a0arrivait au tribunal pour \u00eatre jug\u00e9, les fonctionnaires et les policiers l&rsquo;applaudissaient, lui demandaient des autographes et se faisaient photographier avec lui. Ses adorateurs de la jeunesse <i>underground<\/i> et contre-culturelle ne percevaient pas ou alors dissimulaient ces contradictions. Les marginaux qui s&rsquo;identifiaient \u00e0 lui se voyaient traiter de fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente quand ils se faisaient arr\u00eater\u00a0\u00bb. D&rsquo;autre part, le mythe du rebelle social et du transgresseur permit \u00e0 Diego d&rsquo;entrer dans les pages d&rsquo;\u00e9crivains argentins et d&rsquo;autres nationalit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour Mario Benedetti, par exemple, \u00ab\u00a0ce but que Maradona marqua contre les Anglais avec l&rsquo;aide de la main divine est, jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, la seule preuve cr\u00e9dible de l&rsquo;existence de Dieu\u00a0\u00bb. Et il \u00e9crivit en son honneur un po\u00e8me,<i> Aujourd&rsquo;hui, ton temps est r\u00e9el<\/i>. Maradona, transfigur\u00e9 en ic\u00f4ne de la culture populaire, a inspir\u00e9 des dizaines de chansons, et s&rsquo;est introduit dans les textes litt\u00e9raires de Juan Villoro, Osvaldo Soriano, Roberto Fontanarossa (celui m\u00eame qui a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que Diego a fait de sa vie ne m&rsquo;int\u00e9resse pas, ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il a fait de la mienne\u00a0\u00bb), Eduardo Galeano, Hern\u00e1n Casciari, Mart\u00edn Caparr\u00f3s, parmi beaucoup d&rsquo;autres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La l\u00e9gende Maradona a atteint, du vivant du footballeur et citoyen du monde contest\u00e9, des lumi\u00e8res et une atmosph\u00e8re d&rsquo;aura, tout comme des clairs-obscurs et des zones grises. \u00c0 pr\u00e9sent que celui qu&rsquo;on appelait aussi <i>el Barrilete c\u00f3smico<\/i> [le cerf-volant cosmique] est mort, la l\u00e9gende semble grossir, elle se nourrit m\u00eame de la haine de ses d\u00e9tracteurs et s&rsquo;installe dans les hauts et les bas d&rsquo;une plan\u00e8te pand\u00e9mique, o\u00f9 il y a des famines et de vastes zones sans eau potable, au milieu des agressions permanentes des multinationales contre la terre et contre des millions d&rsquo;habitants vuln\u00e9rables, dont beaucoup subissent l&rsquo;influence abrutissante des mass media, des r\u00e9seaux sociaux, des <i>fake news<\/i>, et aussi le personnage ador\u00e9 et vilipend\u00e9 d&rsquo;un footballeur \u00e0 qui, lors de son bapt\u00eame, sa m\u00e8re souhaita qu&rsquo;il soit un homme de bien et qu&rsquo;il grandisse en bonne sant\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00a0Reynaldo Spitaletta,\u00a0 (Ecrit \u00e0 Medell\u00edn, le 29 novembre 2020).<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 14pt;\">Original: <i><\/i><\/span><\/strong><a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/11\/30\/maradona-si-maradona-no-endiosamiento-pasion-y-muerte-de-un-demonio-fuera-de-serie\/\" rel=\"bookmark\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00a1Maradona s\u00ed, Maradona no! <\/span><\/strong><br \/>\n<strong><i><span style=\"font-size: 14pt;\"> Endiosamiento, pasi\u00f3n y muerte de un demonio fuera de serie<\/span> <\/i><\/strong><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"> <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=3734&#038;lg_pp=fr\">Rosa Llorens \u03a1\u03cc\u03b6\u03b1 \u039b\u03b9\u03ce\u03c1\u03b5\u03bd\u03c2<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Edit\u00e9 par <span class=\"trad\">\u00a0 <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&#038;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a> <\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Source <a href=\"http:\/\/Original: \u00a1Maradona s\u00ed, Maradona no! Endiosamiento, pasi\u00f3n y muerte de un demonio fuera de serie\">Tlaxcala<\/a>, le 6 d\u00e9cembre 2020<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/depor.com\/resizer\/oQUOUkUrnRyfE8e_JuEF5bFKup0=\/1200x1200\/smart\/filters:format(jpeg):quality(75)\/arc-anglerfish-arc2-prod-elcomercio.s3.amazonaws.com\/public\/UUBVY5NVDZE4LEB3Q73RGTI5BY.jpg\" width=\"579\" height=\"579\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/paypal.me\/pools\/c\/8bfPFKFYP5\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" alt=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><img \/><\/div>\n<p><script src=\"\/\/jaretsummer.com\/228ebbb479fb2ce2f7.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;astre du maillot n\u00b0 10 unit dans sa personnalit\u00e9 le ciel et l&rsquo;enfer. Il n&rsquo;\u00e9tait pas fait pour des moralistes. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas un mod\u00e8le d&rsquo;homme exemplaire.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":22362,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8,19],"tags":[11299,11342,11381],"coauthors":[265],"class_list":["post-22361","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-literatura","tag-diego-maradona","tag-mitologias-siglo-xx","tag-mythologies-du-xxeme-siecle"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22361","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22361"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22361\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22547,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22361\/revisions\/22547"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22362"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22361"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22361"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22361"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=22361"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}