{"id":2199,"date":"2018-10-23T23:46:09","date_gmt":"2018-10-23T23:46:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=2199"},"modified":"2018-10-23T23:54:26","modified_gmt":"2018-10-23T23:54:26","slug":"un-huracan-llamado-bolsonaro-raices-de-un-fenomeno-sociopolitico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2018\/10\/23\/un-huracan-llamado-bolsonaro-raices-de-un-fenomeno-sociopolitico\/","title":{"rendered":"Un ouragan appel\u00e9 Bolsonaro <br><i>Les racines d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne sociopolitique<\/i>"},"content":{"rendered":"<p><em><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1786 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Raul-ZibecchiBis.jpg\" alt=\"\" width=\"67\" height=\"70\" \/>La victoire ravageuse de Jair Messias Bolsonaro au premier tour des \u00e9lections br\u00e9siliennes (le dimanche 7\u00a0octobre) est le plus grand tsunami politique, social et culturel que ce pays ait connu dans son histoire. Si nous mettons de c\u00f4t\u00e9 les approches \u00e9litistes et conspiratives, nous devons accepter que les personnes savent pour qui elles votent, qu\u2019elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9es ou n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 des pressions. De plus, cette fois, les grands m\u00e9dias n\u2019ont pas jou\u00e9 en faveur du candidat d\u2019extr\u00eame-droite; ils ont diffus\u00e9 ses rodomontades et n\u2019ont \u00e9pargn\u00e9 aucune critique.<\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"center\"><span class=\"texte1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"featured-image wp-post-image aligncenter\" src=\"https:\/\/brecha.com.uy\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/11-FOTO-AFP-FABIO-VIEIRA.jpg\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"374\" data-hidpi=\"https:\/\/brecha.com.uy\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/11-FOTO-AFP-FABIO-VIEIRA.jpg\" \/><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><strong><span class=\"texte1\" style=\"font-size: 12pt;\"> L&#8217;embl\u00e8me de Bolsonaro : un fusil-mitrailleur. Son slogan : rendre sa grandeur au Br\u00e9sil, vulgire plagiat du slogan trumpesque<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"texte1\" style=\"font-size: 12pt;\">Pour compl\u00e9ter ce bref tableau, il faut savoir que Bolsonaro avait tr\u00e8s peu de temps dans les espaces gratuits [qui sont proportionnels \u00e0 la repr\u00e9sentation parlementaire du parti] de la TV, ce qui \u00e0 d\u2019autres occasions a chang\u00e9 les pr\u00e9f\u00e9rences \u00e9lectorales. Appartenant \u00e0 un petit parti presque sans repr\u00e9sentation parlementaire \u2013 le Parti social lib\u00e9ral (Psl) \u2013 il a d\u00fb utiliser les r\u00e9seaux sociaux, o\u00f9 il a obtenu une performance bien sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres candidats. [Il a aussi eu \u00e0 sa disposition le r\u00e9seau important de <em>TV Record<\/em> appartenant \u00e0 l\u2019\u00ab\u00e9v\u00eaque\u00bb \u00e9vang\u00e9liste et homme d\u2019affaires Edi Macedo Bezerra. R\u00e9d]. Il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 comme le candidat anti-syst\u00e8me, bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 pendant 27 ans, et a r\u00e9ussi \u00e0 capturer les sentiments contre l\u2019\u00e9tablissement de la majorit\u00e9 des Br\u00e9siliens et Br\u00e9siliennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Bolsonaro a surf\u00e9 sur la vague sociale \u2013 et l\u2019a exalt\u00e9e \u2013 conservatrice, machiste et raciste. Toutefois, il n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine de ces sentiments. Il en a profit\u00e9 parce qu\u2019elles co\u00efncident avec sa fa\u00e7on de voir le monde.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La temp\u00eate politique de dimanche dernier a apport\u00e9 aux institutions des personnalit\u00e9s inconnues, telles que Eduardo Bolsonaro, le fils, qui a recueilli 1,8\u00a0million de voix pour gagner son si\u00e8ge au Congr\u00e8s, le plus grand vote pour ce poste dans l\u2019histoire du pays. L\u2019avocate [ayant un doctorat en droit p\u00e9nal] et relativement peu connue, Janaina Paschoal (PSL) \u2013 qui avait jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la destitution de Dilma Rousseff en ao\u00fbt\u00a02016: elle \u00e9tait l\u2019une des trois auteurs de la p\u00e9tition pour destituer l\u2019ancienne pr\u00e9sidente \u2013 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue avec le plus grand nombre de suffrages enregistr\u00e9s dans l\u2019histoire pour son poste de d\u00e9put\u00e9e dans l\u2019Etat de S\u00e3o Paulo [avec 2,06\u00a0millions de voix].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Kim Kataguiri, le jeune [22 ans] du Mouvement du Br\u00e9sil libre (Mbl) qui a rempli les rues en 2015 et 2016 contre le PT, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu par les d\u00e9mocrates de droite dure (Dem) et aspire, dans ses d\u00e9clarations du 10\u00a0octobre, \u00e0 pr\u00e9sider la Chambre des d\u00e9put\u00e9s f\u00e9d\u00e9rale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Le centre vaincu<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La droite dans son ensemble a remport\u00e9 301 des 513 si\u00e8ges de la chambre basse, soit une augmentation substantielle puisqu\u2019elle comptait 190 d\u00e9put\u00e9s en 2010 et 238 en 2014. Par contre, la gauche en a perdu un si\u00e8ge par rapport aux \u00e9lections de 2014: 137 d\u00e9put\u00e9s. Toutefois, en 2010 [premi\u00e8re candidature de Dilma Rousseff], elle en avait remport\u00e9 166. Le grand perdant \u00e9tant le centre, qui est tomb\u00e9 \u00e0 75 si\u00e8ges, contre 137 en 2014. Parmi les partis, le PMDB (Parti du mouvement d\u00e9mocratique) de Michel Temer et le PSDB (Parti de la social-d\u00e9mocratie br\u00e9silienne) de Fernando Henrique Cardoso sont les grands vaincus avec, respectivement, seulement 31 et 25 d\u00e9put\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il y a \u00e9galement eu une prolif\u00e9ration de nouveaux partis peu repr\u00e9sent\u00e9s, mais qui totalisent 95 si\u00e8ges, la majorit\u00e9 de la droite. L\u2019organisation des donn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, selon les cat\u00e9gories \u00abgauche\u00bb, \u00abcentre\u00bb et \u00abdroite\u00bb, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le Centre d\u2019\u00e9tudes de l\u2019opinion publique de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Etat de Campinas, et publi\u00e9e par l\u2019Observatoire des Elections. [Le PSOL, \u00e0 la chambre f\u00e9d\u00e9rale, disposera de 10 \u00e9lu\u00b7e\u00b7s, une avanc\u00e9e de 4; le PCdoB en aura de 9 (-1); le PSL passe de 8 \u00e0 52]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La temp\u00eate \u00e9lectorale a pour effet, comme le d\u00e9montre le premier tour, de ne rien avoir laiss\u00e9 en place. Elle a fait remonter \u00e0 la surface ce qui \u00e9tait enfoui. Dans ce panorama d\u00e9sol\u00e9 de lendemain des \u00e9lections, apparaissent des excr\u00e9ments que personne ne voulait voir. Mais elle met au jour aussi que sous et derri\u00e8re les blessures, il y a des voies possibles que des forces institutionnelles et leurs analystes ais\u00e9s refusent de suivre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le lendemain des \u00e9lections met en lumi\u00e8re plusieurs faits qu\u2019il faut d\u00e9composer pour tenter de voir ce que l\u2019avenir imm\u00e9diat peut nous r\u00e9server: le \u00abYa Basta!\u00bb que la soci\u00e9t\u00e9 a prononc\u00e9 en 2013 [en juin-juillet] l\u2019h\u00e9ritage de la dictature militaire, la fin du lulisme (Lula) et les limites de la gauche pour affronter les nouveaux sc\u00e9narios.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>La r\u00e9alit\u00e9 de juin\u00a02013<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce fut le moment d\u00e9cisif, celui qui a format\u00e9 la situation actuelle, de la chute de Dilma \u00e0 la mont\u00e9e de Bolsonaro. Juin 2013 a d\u00e9but\u00e9 par des manifestations du Mouvement pour le libre passage (Mpl) contre l\u2019augmentation des tarifs des transports urbains, qui a permis de mobiliser environ 10\u2019000 personnes. Il s\u2019agissait d\u2019un regroupement de jeunes form\u00e9 dans le cadre du Forum social mondial de Porto Alegre, qui regroupe de jeunes \u00e9tudiants des villes et qui a des formes horizontales et festives d\u2019organisation et de mobilisation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La r\u00e9action de la police militaire a \u00e9t\u00e9, comme toujours, brutale. Mais cette fois, la population des grandes villes a surpris tout le monde en descendant dans la rue par centaines de milliers et m\u00eame par millions. Tout au long du mois, 20\u00a0millions de personnes ont occup\u00e9 les rues de 353 villes. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9v\u00e9nement fondamental dans l\u2019histoire r\u00e9cente du Br\u00e9sil, qui montre les niveaux \u00e9lev\u00e9s de m\u00e9contentement et de frustration de la soci\u00e9t\u00e9, mais aussi le potentiel transformateur qui existait dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le PT n\u2019a pas compris qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une clameur qui exigeait d\u2019aller au-del\u00e0: pour plus d\u2019inclusion sociale, pour de meilleurs services sociaux, pour plus d\u2019\u00e9galit\u00e9, exigeant une avanc\u00e9e dans les politiques sociales qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u0153uvre, ce qui impliquait de toucher les int\u00e9r\u00eats du 1% le plus riche du pays. Le gouvernement et son parti ont recul\u00e9 de peur, ne comprenant pas qu\u2019ils pouvaient se mettre en t\u00eate de ce mouvement de masse pour d\u00e9bloquer un syst\u00e8me politique qui fonctionne en faveur des \u00e9lites.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il arrive souvent \u00e0 ceux qui sont au sommet que les murmures d\u2019en bas les d\u00e9rangent, parce qu\u2019ils r\u00eavent de paix sociale afin de continuer \u00e0 \u00abrepr\u00e9senter\u00bb les absents. En effet, la repr\u00e9sentation est un th\u00e9\u00e2tre qui ne fonctionne que si les repr\u00e9sent\u00e9s occupent les chaises de spectateurs afin que les \u00abrepr\u00e9sentants\u00bb occupent eux la sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais l\u2019extr\u00eame droite, en bon chasseur chevronn\u00e9, fut capable d\u2019interpr\u00e9ter les faiblesses de la proie (le gouvernement PT), saisir ses les points faibles\u00a0 (la corruption) et, d\u00e8s lors, se jetant dans une guerre pr\u00e9datrice. Les r\u00e9sultats sont visibles. La gauche a renonc\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence dans les rues en juin\u00a02013 et les a laiss\u00e9es \u00e0 une droite qui avait perdu tout contact avec la foule depuis la veille de la dictature (1964). Le PT et l\u2019ensemble de forces de gauche ont perdu la seule occasion qu\u2019ils auraient eue de s\u2019emparer des r\u00eanes tenues par la droite et les \u00e9lites.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Viennent ensuite les manifestations massives (2015-2016) contre le gouvernement PT, la destitution ill\u00e9gale de Dilma (ao\u00fbt\u00a02016), la mont\u00e9e des sentiments contre les partis, le syst\u00e8me et le personnel politiques et, enfin, la croissance imparable de Bolsonaro.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il est vrai que la crise \u00e9conomique est la toile de fond de tout ce processus, qui a polaris\u00e9 davantage la soci\u00e9t\u00e9. Mais il y avait d\u2019autres moyens si la gauche avait quitt\u00e9 ses bureaux confortables pour \u00e9valuer les v\u00e9ritables souffrances de la population la plus pauvre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>L\u2019h\u00e9ritage de la dictature<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le Br\u00e9sil est le seul cas dans la r\u00e9gion o\u00f9 il n\u2019y a pas eu de <em>Nunca M\u00e1s<\/em> (\u00abPlus jamais \u00e7a\u00bb) qui fasse un r\u00e9el examen des activit\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e durant la p\u00e9riode dictatoriale (1964-1985) ni de proc\u00e8s des militaires et des civils du r\u00e9gime de cette p\u00e9riode. Le pire, c\u2019est que pour une bonne partie de la population \u2013 et pour les \u00e9lites bien s\u00fbr \u2013 la p\u00e9riode de la dictature a \u00e9t\u00e9 un bon moment \u00e9conomique et a repr\u00e9sent\u00e9 le d\u00e9marrage du Br\u00e9sil comme puissance r\u00e9gionale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La dictature a stimul\u00e9 d\u2019importants investissements dans les travaux d\u2019infrastructure. Le Br\u00e9sil a connu une croissance \u00e9conomique soutenue dans les ann\u00e9es 1960 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode de stagnation du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Dans l\u2019esprit de nombreux Br\u00e9siliens, ce fut une p\u00e9riode positive, tant sur le plan \u00e9conomique que sur le plan de l\u2019estime de soi. Ce furent les ann\u00e9es d\u2019or de la g\u00e9opolitique br\u00e9silienne esquiss\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Golbery do Couto e Silva <strong>[1]<\/strong> qui ont conduit le pays \u00e0 avoir une pr\u00e9sence d\u00e9cisive parmi ses voisins et \u00e0 devenir la principale puissance r\u00e9gionale, en dominant l\u2019Argentine dans l\u2019ancienne concurrence pour l\u2019expansion des influences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Selon le philosophe Vladimir Safatle, \u00abla dictature s\u2019est adapt\u00e9e \u00e0 un horizon de d\u00e9mocratie formelle, mais dans les profondeurs elle \u00e9tait l\u00e0, pr\u00e9sente et pr\u00e9serv\u00e9e. La police est rest\u00e9e la police militaire, les forces arm\u00e9es sont rest\u00e9es intactes, aucun tortionnaire n\u2019a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 et les forces politiques li\u00e9es \u00e0 la dictature ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9es\u00bb (<em><span class=\"texte1\">Ag\u00eancia P\u00fablica<\/span>, <\/em>9\u00a0octobre 2018). Par cons\u00e9quent, lorsque la nouvelle r\u00e9publique n\u00e9e apr\u00e8s la dictature (1964-1985) a commenc\u00e9 \u00e0 faire naufrage, l\u2019horizon de 1964 est r\u00e9apparu comme une perspective souhaitable dans l\u2019imaginaire d&rsquo;une partie substantielle de la population.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les d\u00e9clarations brutales de Jair Bolsonaro contre les gays, les lesbiennes, les Noirs et les Indiens, mais aussi celles de personnalit\u00e9s importantes du syst\u00e8me judiciaire, sont un exemple de cette r\u00e9alit\u00e9. Le nouveau pr\u00e9sident de la Cour supr\u00eame f\u00e9d\u00e9rale, Jos\u00e9 Antonio Dias Toffoli, a justifi\u00e9 il y a quelques jours le coup d\u2019Etat militaire en disant qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re parler de ce moment comme celui du \u00abmouvement de 1964\u00bb (<em>IG Ultimo Segundo,<\/em> 1.10.2018). Vladimir Safatle assure que \u00abnous n\u2019avons pas r\u00e9ussi \u00e0 mettre fin \u00e0 la dictature\u00bb et affirme que le PT aurait pu le faire, mais qu\u2019il ne l\u2019a m\u00eame pas essay\u00e9, bien que Lula ait atteint une cote de popularit\u00e9 incroyable, estim\u00e9e \u00e0 84%, quand il a quitt\u00e9 le gouvernement [en janvier 2011, Dilma Rousseff ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9lue en octobre 2010].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Une autre cons\u00e9quence de la continuit\u00e9 de la dictature dans la d\u00e9mocratie est la composition des institutions \u00e9tatiques. Au Parlement, les secteurs les plus r\u00e9actionnaires sont en croissance constante depuis 2010 et ont obtenu l\u2019h\u00e9g\u00e9monie en 2014. Le \u00abbloc rural\u00bb qui soutient l\u2019agro-industrie et rejette violemment la r\u00e9forme agraire compte pr\u00e8s de 200 d\u00e9put\u00e9s, tandis que la fraction parlementaire \u00e9vang\u00e9lique compte 76 d\u00e9put\u00e9s. La \u00abfraction de la balle\u00bb (qui d\u00e9fend la peine de mort et l\u2019armement de la population) est pass\u00e9e d\u2019aucun s\u00e9nateur \u00e0 18 des 54 s\u00e9nateurs se pr\u00e9sentant en ce mois d\u2019octobre (Universo Online, 9.10.2018). [Seule une partie du S\u00e9nat est r\u00e9\u00e9lue lors de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance \u00e9lectorale. Les trois composantes forment le bloc parlementaire dont l\u2019acronyme est BBB]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/alencontre.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/JanainaPaschoal.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-52314 aligncenter\" src=\"http:\/\/alencontre.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/JanainaPaschoal.jpg\" alt=\"\" width=\"313\" height=\"276\" \/><\/a><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Janaina Paschoal<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans le m\u00eame sens, la pr\u00e9sence \u00e9crasante de militaires dans l\u2019\u00e9quipe de campagne de Bolsonaro doit \u00eatre prise en compte, \u00e0 commencer par son candidat \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence, le g\u00e9n\u00e9ral Hamilton Mour\u00e3o [mis \u00e0 la retraite anticip\u00e9e mais pay\u00e9 suite \u00e0 une d\u00e9cision de Michel Temer]. Ce dernier d\u00e9fend l\u2019\u00e9limination des indemnit\u00e9s des \u00e9lus [un s\u00e9nateur, en 2010, gagnait 45\u2019600 euros par mois, un d\u00e9put\u00e9 26\u2019000 euros, une partie de ces indemnit\u00e9s servent \u00e0 payer des assesseurs] jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d&rsquo; une nouvelle Constitution, mais qu\u2019il envisage sans l\u2019\u00e9lection d\u2019une assembl\u00e9e constituante. Ce qui r\u00e9v\u00e8le peut-\u00eatre le mieux l\u2019esprit de cette ultra-droite, ce sont les d\u00e9marches de Bolsonaro lorsqu\u2019il devait choisir qui serait sur son ticket pr\u00e9sidentiel en tant que vice-pr\u00e9sident \u2013 apr\u00e8s que Janaina Paschoal se fut d\u00e9sist\u00e9e : un des personnages qu&rsquo;il sonda fut le \u00abprince\u00bb Luiz Philippe de Orl\u00e9ans e Bragan\u00e7a, membre du PSL, et lointain descendant de la famille imp\u00e9riale (<em>Carta Capital<\/em>, 5.8.2018).<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"shrinkToFit aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_19121.jpg\" alt=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_19121.jpg\" width=\"545\" height=\"545\" \/><\/p>\n<div id=\"attachment_5594147\" class=\"wp-caption aligncenter\">\n<p align=\"center\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Le Lula qui habite en moi salue le Lula qui habite en vous\u00a0\u00bb , par Diego Novaes<\/span><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>La fin du lulisme<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cette fin a deux racines: la crise \u00e9conomique de 2008 [et son impact au Br\u00e9sil d\u00e8s 2011 et de mani\u00e8re accentu\u00e9e d\u00e8s 2014] et le nouvel activisme social. La paix sociale a \u00e9t\u00e9 la cl\u00e9 de vo\u00fbte du consensus entre les travailleurs et les employeurs, ainsi que d\u2019une coalition pr\u00e9sidentielle qui r\u00e9unissait les partis de gauche [le PT pour l\u2019essentiel] et de centre droit, comme le PMDB de Michel Temer [vice-pr\u00e9sident sur le ticket de Dilma Rousseff].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans le domaine politique, la gouvernance luliste \u00e9tait fond\u00e9e sur un large accord qui incluait plus d\u2019une douzaine de partis, la majorit\u00e9 de centre droit, comme le PMDP. Mais cette coalition s\u2019est d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e sous le second gouvernement de Dilma Rousseff [depuis 2014], entre autres parce que la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9lu en 2014 le parlement le plus \u00e0 droite des derni\u00e8res d\u00e9cennies, celui qui l\u2019a d\u00e9mise en 2016.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Une autre cons\u00e9quence de la mont\u00e9e de la droite plus conservatrice est la crise du Parti de la social-d\u00e9mocratie br\u00e9silienne (PSDB) de Fernando Henrique Cardoso (FHC). Le PSDB a perdu toute pertinence, de m\u00eame que le PMDB et le Dem [Democratas, un parti tr\u00e8s conservateur], qui \u00e9taient \u00e0 la base de la droite n\u00e9olib\u00e9rale. Le PSDB a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1988 pendant la transition vers la d\u00e9mocratie et l\u2019\u00e9laboration de la Constitution. Avec le PT, ils \u00e9taient les rivaux les plus f\u00e9roces du Br\u00e9sil en politique, mais en m\u00eame temps ils \u00e9taient les deux principaux partis capables de r\u00e9unir une large coalition autour d\u2019eux, ce qui a permis \u00e0 FHC de gouverner entre 1994 et 2002.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les r\u00e9sultats du candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence du PSDB, Geraldo Alckmin, le 7\u00a0octobre, avec seulement 4,76% des voix, montrent la crise du parti de l\u2019\u00e9lite historique et des classes moyennes blanches urbaines. Sa base sociale s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e en direction de Bolsonaro, du moins lors \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales, bien qu\u2019elle conserve encore une certaine pr\u00e9sence politique dans l\u2019Etat de S\u00e3o Paulo, o\u00f9 se trouvent ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs historiques. L\u2019effondrement de ce secteur n\u00e9olib\u00e9ral mais d\u00e9mocratique pourrait avoir de profondes r\u00e9percussions dans l\u2019avenir imm\u00e9diat, quel que soit le vainqueur du dimanche 28 octobre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>La gauche sans strat\u00e9gie<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce qui survient actuellement est une offensive gigantesque contre les droits des travailleurs, contre les populations noires et indig\u00e8nes, ainsi que contre tous les mouvements sociaux. Cela avec ou sans Bolsonaro \u00e0 la pr\u00e9sidence [2], parce que sa politique a d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 et qu\u2019il s\u2019est fait une place dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans les institutions. Quand il dit qu\u2019il faut \u00abmettre fin \u00e0 tout activisme social au Br\u00e9sil\u00bb, il refl\u00e8te un sentiment r\u00e9pandu qui fait passer l\u2019ordre avant les droits (<em>Expresso<\/em>, 8.10.2018).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce n\u2019est pas un cas isol\u00e9. La ministre f\u00e9d\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 en Argentine, Patricia Bullrich [\u00e9lue dans le gouvernement de Mauricio Macri et en fonction depuis d\u00e9cembre 2015], vient de lancer sans crier gare, cette semaine, dans une interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, l\u2019accusation selon laquelle les mouvements sociaux [la gr\u00e8ve en Argentine du 24\u00a0septembre a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s importante; elle visait le plan d\u2019ajustement structurel pass\u00e9 par Macri avec le FMI] sont li\u00e9s au trafic de drogue, ouvrant ainsi les vannes de la r\u00e9pression. Il s\u2019agit de d\u00e9tourner le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 vers les acteurs collectifs qui font obstacle \u00e0 la mise en \u0153uvre de contre-r\u00e9formes visant les acquis sociaux populaires et la souverainet\u00e9 des Etats sur les biens publics [privatisations \u00e0 tout-va].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour ce qui est de l\u2019avenir imm\u00e9diat, le politologue C\u00e9sar Benjamin [ex-membre du PT et ex-membre du PSOL] souligne: \u00abJe crains qu\u2019un gouvernement de Bolsonaro ne soit pire qu\u2019un gouvernement militaire. Il y a une mobilisation de secteurs organis\u00e9s et de masses qui le soutiennent, ce que le r\u00e9gime militaire n\u2019a jamais eu. Une fois Bolsonaro devenu pr\u00e9sident, un grand propri\u00e9taire foncier du Par\u00e1 [Etat du Nordeste, avec comme capitale Belem, dans lequel Ciro Gomez du Parti d\u00e9mocratique travailliste a obtenu 41,5% des voix, devan\u00e7ant Bolsonaro] peut comprendre que le moment est venu de lancer ses hommes arm\u00e9s, un type de bande para-polici\u00e8re qui fonctionne comme groupe d\u2019extermination [de petits paysans pauvres]; ce propri\u00e9taire comprendra qu\u2019il peut aujourd\u2019hui aller plus loin.\u00bb Benjamin conclut par une phrase lapidaire: \u00abLe syst\u00e8me en vigueur dans les ann\u00e9es 80, surtout depuis la Constitution de 1988, n\u2019existe plus\u00bb (<em>Revista Piau\u00ed,<\/em> 8.10.2018).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La gauche [le PT avant tout] a tout mis\u00e9 sur une d\u00e9mocratie clairement d\u00e9ficiente et, d\u00e8s lors, deux choses se sont produites. Tout d\u2019abord, ses difficult\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer en dehors des canaux institutionnels \u00e9taient \u00e9videntes, comme c\u2019est le cas \u00e0 l\u2019occasion de tous les mouvements sociaux. Car ce serait mettre en p\u00e9ril les milliers de postes dans les institutions \u00e9tatiques et tous les avantages mat\u00e9riels et symboliques que cela implique. Dans un sens, elle a montr\u00e9 son incapacit\u00e9 \u00e0 changer sa strat\u00e9gie, alors que la droite l\u2019a fait.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ensuite, opter pour cette voie signifiait ne pas tenir compte du fait que pour les secteurs que la gauche pr\u00e9tend repr\u00e9senter, comme les jeunes et les femmes dans les favelas \u2013 les plus attaqu\u00e9es par le syst\u00e8me \u00abd\u2019ordre\u00bb \u2013 il n\u2019y a jamais eu de v\u00e9ritable d\u00e9mocratie. Ces secteurs sont contraints de vivre \u00e0 la limite de la l\u00e9galit\u00e9, parce que, selon le concept Frantz Fanon [dans <em>Les Damn\u00e9s de la terre,<\/em> 1961], ils se situent dans la \u00abzone de non-\u00eatre\u00bb, o\u00f9 les droits humains ne sont rien qu\u2019un bout de papier d\u00e9chir\u00e9. D\u00e8s lors, le bon sens leur dit qu\u2019ils ne peuvent faire confiance aux institutions \u00e9tatiques. L\u2019impunit\u00e9 de l\u2019assassinat de Marielle Franco parle d\u2019elle-m\u00eame [voir les articles publi\u00e9s sur ce site en date des 17, 25 et 28\u00a0mars].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Se limiter au terrain \u00e9lectoral est suicidaire pour un mouvement de gauche, alors que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, on met en cause les libert\u00e9s minimales de base. Entre la lutte arm\u00e9e des ann\u00e9es 1960-70 et l\u2019adh\u00e9sion aveugle aux \u00e9lections sans d\u00e9mocratie, il y a d\u2019autres voies possibles, celles que tant de secteurs populaires organis\u00e9s prennent pour r\u00e9cup\u00e9rer des terres, des logements, pour prendre en charge le syst\u00e8me de sant\u00e9, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Si le Br\u00e9sil de ces ann\u00e9es nous enseigne quelque chose, c\u2019est qu\u2019il faut prendre d\u2019autres orientations, m\u00eame incertaines, mais qui ne se limitent pas \u00e0 la strat\u00e9gie \u00e9tatiste, et qui auront le m\u00e9rite d\u2019ouvrir le champ des possibles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 60px;\" align=\"justify\"><em><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Notes de A l&rsquo;Encontre<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 60px;\" align=\"justify\"><em><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>[1]<\/strong> Premier \u00abpr\u00e9sident\u00bb du r\u00e9gime la dictature militaire. Il a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019\u00e9laboration de la conception politico-militaire du r\u00e9gime militaire \u00e9tabli en 1964. Il dessina aussi une perspective de positionnement \u00abg\u00e9opolitique\u00bb pour le Br\u00e9sil. Il anticipa une \u00absortie douce\u00bb de la dictature dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1970 (1911-1987).<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 60px;\" align=\"justify\"><em><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>[2]<\/strong> Selon le sondage de l\u2019institut Datafhola, \u00e9labor\u00e9 le 10\u00a0octobre et publi\u00e9 le 11, les intentions de vote sont les suivantes, avec une marge d\u2019erreur de 2 points: 58% pour Bolsonaro, 42% pour Haddad. Les hommes expriment les intentions suivantes\u00a0: 57% Bolsonaro, 33% Haddad (nuls et ne sait pas ne sont pas mentionn\u00e9s ici); les femmes respectivement 42%, 39%\u00a0; les jeunes de 16 \u00e0 24 ans\u00a0: 46%, 31%\u00a0; de 25 \u00e0 34 ans\u00a0: 54%, 36%\u00a0; de 35 \u00e0 44 ans\u00a0: 49%, 36%\u00a0; de 45 \u00e0 59 ans\u00a0: 48%, 36%\u00a0; et de 60 ans et plus\u00a0: 50%, 32%. La tendance semble confirm\u00e9e. Le \u00abchamp des possibles\u00bb doit \u00eatre s\u00e9rieusement examin\u00e9 par les analyses.<\/span><\/em><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Ra\u00fal Zibechi<\/span><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2018\/10\/23\/un-huracan-llamado-bolsonaro-raices-de-un-fenomeno-sociopolitico\/\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"navigation_cadre\">Original: Un hurac\u00e1n llamado Bolsonaro<br \/>\n<i>Ra\u00edces de un fen\u00f3meno s<\/i><i>ociopol\u00edtico<\/i><\/span><\/span><\/strong><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Photo de couverture: <span class=\"texte1\">L&#8217;embl\u00e8me de Bolsonaro : un fusil-mitrailleur. Son slogan : rendre sa grandeur au Br\u00e9sil, vulgire plagiat du slogan trumpesque<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Source: <span class=\"envoi\">\u00a0<a href=\"https:\/\/brecha.com.uy\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">A l&rsquo;encontre<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Si le Br\u00e9sil de ces ann\u00e9es nous enseigne quelque chose, c\u2019est qu\u2019il faut prendre d\u2019autres orientations, m\u00eame incertaines, mais qui ne se limitent pas \u00e0 la strat\u00e9gie \u00e9tatiste, et qui auront le m\u00e9rite d\u2019ouvrir le champ des possibles.<\/p>\n","protected":false},"author":23,"featured_media":2202,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[65,681,676,679,1091,1015,1092,207],"coauthors":[264],"class_list":["post-2199","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-abya-yala","tag-bolsonazi","tag-brasil","tag-bresil","tag-eleccion-presidencial-brasil-2018","tag-election-presidentielle-bresilienne-2018","tag-fracaso-pt","tag-raul-zibechi"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2199","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2199"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2199\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2201,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2199\/revisions\/2201"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2202"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2199"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2199"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2199"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=2199"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}