{"id":20256,"date":"2020-07-26T15:01:00","date_gmt":"2020-07-26T15:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=20256"},"modified":"2020-07-26T16:14:41","modified_gmt":"2020-07-26T16:14:41","slug":"chile-una-breve-historia-de-hermanos-para-los-presos-politicos-mapuche-en-huelga-de-hambre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/07\/26\/chile-una-breve-historia-de-hermanos-para-los-presos-politicos-mapuche-en-huelga-de-hambre\/","title":{"rendered":"Chili : une br\u00e8ve histoire de fr\u00e8res en hommage aux prisonniers politiques mapuches en gr\u00e8ve de la faim"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/aut_7363.jpg\" width=\"109\" height=\"116\" \/>Pe\u00f1i [fr\u00e8re, en mapudung\u00fan, NdT], en cette p\u00e9riode de pluie, permettez-moi de vous raconter une histoire de fr\u00e8res. Une de celles qui se forgent dans les coins rudes des luttes des peuples du monde et des galaxies lointaines. Nous devons les dire parce qu&rsquo;elles sont aussi n\u00e9cessaires que les \u00e9toiles. Les chuchoter, peut-\u00eatre, comme le font les weichafe [guerriers, en mapudung\u00fan, NdT] lorsqu&rsquo;ils marchent \u00e0 travers les collines et les for\u00eats de Wallmapu [territoire mapuche], avec la d\u00e9termination et la m\u00e9moire dans le dos pour dire basta, comme l&rsquo;ont fait Anganamon et Pelantaru. Ce dernier a men\u00e9 la plus grande insurrection mapuche qui a d\u00e9but\u00e9 avec la victoire de Curalaba en 1598.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_22928.jpg\" width=\"609\" height=\"348\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais il s\u2019agit aujourd\u2019hui de l&rsquo;insurrection des corps en gr\u00e8ve de la faim et non pas contre les Espagnols, mais contre les Chiliens qui ont occup\u00e9 votre territoire par la force. Aujourd&rsquo;hui, la violence de l&rsquo;\u00c9tat tr\u00f4ne sur le territoire de vos mains, de vos visages, de vos os. C&rsquo;est l&rsquo;arrogance de la classe coloniale et dominante. Comme ce fut le cas sous la dictature dont les disparus n&rsquo;apparaissent toujours pas et qui sait quels chemins ils empruntent \u00e0 la recherche de la bonne porte pour pouvoir donner leur dernier baiser \u00e0 leurs parents, enfants, compagnons ou grand-m\u00e8res. Qui sait ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce que l&rsquo;on sait, c&rsquo;est que Mauricio s&rsquo;est rendu compte que le CNI [<em>Centrale nationale d\u2019informations, police politique sous Pinochet, NdT]<\/em> le suivait. C&rsquo;\u00e9tait un combattant, un weichafe de la mer, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il \u00e9tait de Valparaiso. Il \u00e9tait \u00e9galement originaire de la terre, non seulement parce qu&rsquo;il \u00e9tait Arenas, Mauricio Arenas, un dirigeant du Front patriotique Manuel Rodr\u00edguez, et que sa terre \u00e9tait occup\u00e9e militairement depuis le coup d&rsquo;\u00c9tat de septembre 1973. L&rsquo;usurpation de la terre par la classe dirigeante comme au Wallmapu. Laissez-moi donc poursuivre en vous racontant une histoire de fr\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_22926.jpg\" width=\"652\" height=\"324\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Mauricio Fabio Arenas Bejas (1958-1991)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Vous raconter que \u00ab\u00a0Joaquin\u00a0\u00bb, son pseudonyme de clandestin, a regard\u00e9 autour de lui en pr\u00e9parant son revolver pour affronter les agents de la CNI. Un combat in\u00e9gal, mais l\u2019id\u00e9e n\u2019effleura m\u00eame pas\u00ab\u00a0Joaqu\u00edn\u00a0\u00bb, pas plus que celle de capituler face \u00e0 l&rsquo;ennemi. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une option. Un chef rodriguiste tombe au combat, m&rsquo;a-t-il dit un soir. Soudain, il entre dans une impasse. Merde ! Il s&rsquo;arr\u00eate derri\u00e8re une voiture ; les agents se multiplient, les carabiniers se joignent \u00e0 eux. Combien sont-ils, d&rsquo;o\u00f9 viennent-ils ? Et la putain d&rsquo;impasse et le weichafe de mer, seul. Il n&rsquo;y a pas d\u2019\u00e9chappatoire possible. Puis les rafales commencent, l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, sans fin, dans une seule direction. \u00ab\u00a0Joaquin\u00a0\u00bb ajuste chaque tir, ils sont peu nombreux. Il vise et tire depuis le sol, toujours couvert par la voiture. Soudain, au loin, il voit clairement un carabinier pointer son arme sur lui. Et l&rsquo;explosion au milieu du front le propulse avec force vers l&rsquo;arri\u00e8re, le faisant retomber sur le b\u00e9ton dur. Je te promets que j&rsquo;ai vu la balle arriver, m&rsquo;a dit \u00ab\u00a0Joaquin\u00a0\u00bb avec une cigarette entre les doigts. Je te le promets. Il n&rsquo;a pas perdu connaissance, m\u00eame si la balle a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans sa t\u00eate. Sa derni\u00e8re pens\u00e9e a \u00e9t\u00e9 pour son petit gar\u00e7on, la pens\u00e9e de la tendresse, avant qu&rsquo;il n&rsquo;appuie sur la g\u00e2chette parce qu&rsquo;il avait gard\u00e9 une balle pour lui-m\u00eame. Se rendre, jamais. Le revolver s\u2019est enray\u00e9, les flics sont arriv\u00e9s et, avec haine et fureur, lui ont fracass\u00e9 les jambes \u00e0 coups de mitraille.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mauricio Arenas, le weichafe de la mer et de la terre, n&rsquo;est pas mort. Il finit par marcher \u00e0 nouveau, fut emprisonn\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es et s&rsquo;\u00e9chappa ensuite par un tunnel magistralement creus\u00e9 par d&rsquo;autres camarades. Il est retourn\u00e9 au combat comme les braves le font. Il l&rsquo;\u00e9tait. C&rsquo;est pourquoi il marmonnait sa rage en d\u00e9chargeant le chargeur de son fusil sur la voiture du dictateur Pinochet lors de l&rsquo;attentat de septembre 1986. Il \u00e9tait courageux, d\u2019o\u00f9 la consternation en apprenant qu&rsquo;il avait finalement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par un cancer \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 33 ans. C&rsquo;\u00e9tait le 12 octobre 1991, le jour m\u00eame o\u00f9 les Espingouins ont violemment envahi ce qu\u2019ils allaient appeler plus tard l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Une violence qui n&rsquo;a jamais cess\u00e9 au Wallmapu, m\u00eame si des lances, des hallebardes et des casques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9chang\u00e9s contre des fusils, des chars et des montages. C&rsquo;est pourquoi je voulais vous raconter une histoire de fr\u00e8res, de pe\u00f1i et de lagmen [<em>s\u0153urs, femmes<\/em>] de luttes de tous les mondes et de toutes les galaxies. Je ne doute pas que Mauricio serait non seulement solidaire du peuple mapuche, mais qu&rsquo;il parcourrait les collines du sud, sous la pluie ou le soleil, avec vous. Ou alors il ferait une gr\u00e8ve de la faim, comme vous. Mais je sais aussi qu&rsquo;avec le m\u00eame respect avec lequel il a risqu\u00e9 sa vie, il ne le ferait qu&rsquo;avec l&rsquo;autorisation des Mapuches. Parce que c&rsquo;est le mouvement mapuche, la m\u00e9moire en mouvement, l&rsquo;histoire en mouvement, la culture en mouvement, la communaut\u00e9 en mouvement, l&rsquo;autod\u00e9fense en mouvement, le territoire en mouvement, comme le corps, ce territoire qui est tien, pe\u00f1i, qui aujourd&rsquo;hui fait partie de ta lutte pour l&rsquo;autonomie. Quelle plus grande libert\u00e9 que de fermer les fronti\u00e8res de l\u2019univers sous votre peau et de d\u00e9cider quoi en faire ? C&rsquo;est votre gr\u00e8ve, votre faim, votre d\u00e9cision. Votre Weichan [<em>lutte<\/em>], cette lutte totale dans un conflit que vous n&rsquo;avez pas commenc\u00e9 ou recherch\u00e9. Le dernier recours face \u00e0 l&rsquo;arrogance et au racisme de l&rsquo;\u00c9tat chilien, puisque son occupation du Wallmapu -pays mapuche- est \u00e0 l&rsquo;origine du conflit chilien-mapuche et que la solution de la gr\u00e8ve de la faim est entre les mains de l&rsquo;\u00c9tat colonial qui doit c\u00e9der aux exigences des prisonniers politiques mapuches car cet affrontement de pouvoir, que les classes dominantes, les forestiers et, les agriculteurs descendants des colons qui ont usurp\u00e9 le territoire historique mapuche, le veuillent ou non, se poursuivra. Il n&rsquo;y a pas de retour en arri\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;\u00c9tat doit comprendre qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl\u00e8me politique, que les Mapuches savent bien que les rivi\u00e8res ne boivent pas leur propre eau parce que la nature est sage. Si sage que le fleuve suit toujours le m\u00eame cours, comme les Mapuches qui, peu importe quand, se d\u00e9placent sur le chemin des temps des temps qui, en fin de compte, est le temps des Mapuches. C&rsquo;est pourquoi je voulais simplement vous raconter cette histoire de fr\u00e8res \u00e0 un moment o\u00f9 la solidarit\u00e9 peut apporter un grain d&rsquo;histoire \u00e0 la dignit\u00e9 des Mapuches.<\/span><\/p>\n<p><strong><span class=\"auteur\" style=\"font-size: 14pt;\"> Tito Tricot <\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 14pt;\">Original: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/07\/26\/chile-una-breve-historia-de-hermanos-para-los-presos-politicos-mapuche-en-huelga-de-hambre\/\">Chile: Una breve historia de hermanos para los presos pol\u00edticos mapuche en huelga de hambre<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&#038;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 <\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29405\">Tlaxcala<\/a>, le 25 juillet 2020<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/k3I3ww_dsHI\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.paypal.com\/pools\/c\/8bfPFKFYP5\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" alt=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><img \/><\/div>\n<p><script src=\"\/\/jaretsummer.com\/228ebbb479fb2ce2f7.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>El Estado debe entender que este es un problema pol\u00edtico, que los mapuche saben bien que los r\u00edos no beben de su propia agua porque la naturaleza es sabia.<\/p>\n","protected":false},"author":679,"featured_media":20257,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[6780,10066,10062,10061,10065,10060,2180,10064,10059,352,345,10063],"coauthors":[10058],"class_list":["post-20256","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-chile-abya-yala","tag-chili-abya-yala","tag-fpmr","tag-mauricio-fabio-arenas-bejas","tag-mauricio-fabio-arenas-bejas-alias-joaquin","tag-presos-politicos-mapuche","tag-prisonniers-politiques-mapuche","tag-resistance-mapuche","tag-resistencia-mapuche","tag-revoltes-logiques","tag-revueltas-logicas","tag-tito-tricot"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/679"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20256"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20256\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20260,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20256\/revisions\/20260"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20256"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=20256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}