{"id":1930,"date":"2018-10-19T12:42:27","date_gmt":"2018-10-19T12:42:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=1930"},"modified":"2018-10-20T01:04:10","modified_gmt":"2018-10-20T01:04:10","slug":"el-clamor-de-los-presos-saharauis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2018\/10\/19\/el-clamor-de-los-presos-saharauis\/","title":{"rendered":"Prisonniers sahraouis : un cri dans le d\u00e9sert"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1921 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/photo_auteur_non.jpg\" alt=\"\" width=\"70\" height=\"70\" \/>I<em>ls les mettent en prison juste comme \u00e7a, avec des proc\u00e8s iniques, une vraie bouffonnerie ; et l\u00e0 ils pourrissent. Personne n&rsquo;est \u00e0 l\u2019abri de cette mal\u00e9diction. Mais les Sahraouis, qui sont courageux, ne se soumettront jamais. En public, pour que tout le monde sache, dans les face-\u00e0-face avec les juges, ils d\u00e9noncent l&rsquo;occupation, ils d\u00e9noncent les tortures et leur traitement en prison, ils d\u00e9noncent l\u2019enfermement loin de leur terre, l&rsquo;isolement. Ils font des gr\u00e8ves de la faim pour protester, pour que le monde entier sache.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/acatfrance.fr\/public\/aff_disleurquej-existea3.jpg\" alt=\"\" width=\"572\" height=\"321\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais le monde regarde ailleurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous, \u00e7a nous importe. Nous lisons avec angoisse les derniers rebondissements pour les prisonniers du Maroc et nous nous sentons plus li\u00e9s qu&rsquo;eux. Ils r\u00e9agissent, ils protestent, ils risquent leur vie, mais ils ne se soumettent pas. Nous, oui. Nous nous soumettons au manque d&rsquo;imagination, en attendant qu&rsquo;une protestation soit convoqu\u00e9e. Nous nous consumons, mais nous ne savons pas quoi faire ni comment. Il serait temps de commencer \u00e0 agir, d&rsquo;en bas, \u00e0 partir de nos sentiments.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La presse est complice. Les m\u00e9dias diffusent toutes les nouvelles d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs sur des brutalit\u00e9s d&rsquo;intensit\u00e9 variable, parfois en jubilant avec une insistance maladive. Mais pas un mot des atrocit\u00e9s commises par le Maroc dans les territoires du Sahara occidental. Ils disent : <em>Le Sahara Occidental ne produit pas de nouvelles. C&rsquo;est une situation stagnante. La presse a besoin de nouvelles.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Voici donc les derni\u00e8res nouvelles produites dans un court laps de temps :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Prisonniers de Gdeim Izik<\/strong>: Khadda El Bachir poursuit la gr\u00e8ve de la faim qui a commenc\u00e9 le 18 septembre. Comptez les jours. Imaginez comment va la sant\u00e9 de Khadda, qui continue \u00e0 recevoir des visites brutales de ses ge\u00f4liers, mais pas d&rsquo;un m\u00e9decin. Ses compagnons \u00e0 Tifilt2, consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des prisons les plus criminelles du Maroc, sont \u00e9galement malades, isol\u00e9s et en je\u00fbne &#8211; quelle force d&rsquo;esprit il faut avoir pour ne pas tomber : Mohamed Lamine Haddi, depuis le 5 octobre ; Abdalahi Bahaha, depuis le 1er octobre ; Mohamed Burial, depuis le 16 octobre. Bourial a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e le 12, apr\u00e8s un calvaire \u00e0 travers diverses prisons, et plac\u00e9 dans une cellule disciplinaire. Les raisons, vous savez : ce sont des prisonniers politiques innocents qui exigent leur lib\u00e9ration. Ils veulent qu\u2019au moins on les emm\u00e8ne sur leurs terres, pas \u00e0 1 200 km de leur famille, ils veulent que les traitements inhumains cessent. Et beaucoup de leurs gr\u00e8ves sont men\u00e9es en solidarit\u00e9 avec leurs camarades. Ainsi, les prisonniers de Kenitra et de Bouzakarn -10 personnes- les soutiennent par leurs gr\u00e8ves. Les premiers, 48 heures par semaine depuis le d\u00e9but de la gr\u00e8ve de Khadda, les seconds ont fait deux gr\u00e8ves de 24 heures.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Les prisonniers d&rsquo;A\u00eft Meloul, Bani, Lemjiyed, Lefkir et Ismaili<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 rendus malades par la nourriture qui leur a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Ils ont arr\u00eat\u00e9 de manger parce qu&rsquo;ils ont senti qu\u2019on \u00e9tait en train de les empoisonner.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Abdeljalil Laroussi<\/strong>, seul et isol\u00e9 dans la prison de Laarjat, est tr\u00e8s malade \u00e0 cause de tant de tortures. Amnesty International a lanc\u00e9 une action en sa faveur, mais rien n&rsquo;a chang\u00e9. Amnesty International \u00e9met maintenant un communiqu\u00e9 dans lequel elle demande que la MINURSO puisse surveiller la situation des droits humains. C&rsquo;est un grand pas. Mais en attendant, pouvons-nous faire quelque chose de plus pour chacun des prisonniers ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Nasser Amenkour<\/strong> est l&rsquo;un des 19 \u00e9tudiants du groupe de Marrakech condamn\u00e9s pour un crime non prouv\u00e9. Il a men\u00e9 sa gr\u00e8ve de la faim du 13 septembre au 10 octobre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et <strong>Mbarek Daoudi<\/strong> ? On ne parle pas de lui. Regardez ce que cet homme a endur\u00e9. Ils l&rsquo;ont mis en prison sans raison, bien qu&rsquo;ils en aient trouv\u00e9 une : il avait gard\u00e9 chez lui une vieille pi\u00e8ce, un mortier de ses anc\u00eatres. Il a purg\u00e9 la peine requise et ils ne l\u2019ont pas remis en libert\u00e9. La vengeance du gouvernement marocain contre lui a \u00e9galement frapp\u00e9 ses enfants. Malgr\u00e9 cela, il n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 mener une gr\u00e8ve de la faim le 2 octobre en solidarit\u00e9 avec ses camarades gr\u00e9vistes. Ils ne s\u2019avouent jamais vaincus. Ils osent. Pas nous.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et ainsi de suite, toujours et encore. Ceux de Gdeim Izik, les \u00e9tudiants de Marrakech, les journalistes, les dizaines de prisonniers ignor\u00e9s qui ont l\u2019effronterie de r\u00e9clamer leur autod\u00e9termination en sachant qu&rsquo;il y aura des cons\u00e9quences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais tout \u00e7a, \u00e7a ne sont pas des nouvelles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il y a des ann\u00e9es, lorsque la communaut\u00e9 internationale a appris l&rsquo;existence de la prison clandestine de Tazmamart, le Maroc s&rsquo;est empress\u00e9 de lib\u00e9rer les prisonniers survivants, apr\u00e8s les avoir nourris pour qu&rsquo;ils n\u2019aient pas trop pi\u00e8tre apparence. Simultan\u00e9ment, il a d\u00e9mantel\u00e9 le complexe pour qu\u2019il n\u2019en reste aucune trace.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">C&rsquo;\u00e9tait une autre \u00e9poque. Le Maroc maintient maintenant ses prisonniers dans des conditions ind\u00e9centes, mais ne se donne pas la peine de les cacher. Puisqu\u2019il n&rsquo;y aura pas de r\u00e9action&#8230; Et il n&rsquo;y en a pas.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">En effet, la question des prisonniers, qui est un aspect fondamental de l&rsquo;occupation marocaine, passe inaper\u00e7ue. Elle est englob\u00e9e dans l\u2019ensemble du probl\u00e8me. Oui, il y a des pages consacr\u00e9es au Sahara occidental qui rendent compte de tout ce qui se passe ; oui, il y a des parlementaires espagnols qui\u00a0 revendiquent en leur faveur en Europe ; oui, il y a des observateurs qui vont aux proc\u00e8s pour d\u00e9noncer la supercherie. Mais il n&rsquo;y a pas de pression pour mettre fin \u00e0 ces abus, ni dans les institutions, ni dans la rue, ni en Espagne, ni en dehors&#8230; Quelqu&rsquo;un sait-il ce que la Croix-Rouge fait pour ces prisonniers ? Elle a des accords et des obligations. Il devra r\u00e9pondre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Chaque journ\u00e9e d\u2019 un prisonnier politique dans une prison marocaine devrait nous soulever de nos si\u00e8ges. Toute torture, tout passage \u00e0 tabac, tout isolement, toute humiliation, tout d\u00e9ni de promenade, de livres, d&rsquo;hygi\u00e8ne, de m\u00e9decin ou de visite devraient nous faire sursauter d&rsquo;indignation. Cela ne vaut pas la peine d&rsquo;\u00eatre rejet\u00e9 dans son ensemble. C\u2019 est trop douloureux pour ne pas personnaliser, ne pas insister sur chaque cas. Chaque minute de gr\u00e8ve de la faim sauvage devrait s&rsquo;accompagner d&rsquo;un mouvement de soutien de notre part. Ils nous font confiance, esp\u00e9rant que leurs efforts pour mettre en lumi\u00e8re la v\u00e9rit\u00e9 sur ce qui se passe auront une r\u00e9ponse dans le monde <em>civilis\u00e9<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ils sont en train de les achever, cruellement, petit \u00e0 petit, comme si le Maroc nous donnait l&rsquo;occasion de r\u00e9agir. Mais nous ne relevons pas le gant, et le Maroc sourit.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les superstructures sont endormies. C&rsquo;est l&rsquo;heure des petits combats, en inistant jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on nous prenne en compte.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il y a un besoin urgent d&rsquo;une campagne pour les d\u00e9tenus avec une seule date d&rsquo;expiration : celle de leur lib\u00e9ration.<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"auteur\">Cristina Mart\u00ednez Ben\u00edtez de Lugo<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 12pt;\">Original: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2018\/10\/19\/el-clamor-de-los-presos-saharauis\/\">El clamor de los presos saharauis<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"><a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=24365\">Tlaxcala<\/a>, le 18 octobre 2018<\/span><\/strong><b><\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a un besoin urgent d&rsquo;une campagne pour les d\u00e9tenus avec une seule date d&rsquo;expiration : celle de leur lib\u00e9ration.<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":1932,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[935,938,481,933,936,937,480,934,939],"coauthors":[932],"class_list":["post-1930","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-editoriales-y-opiniones","tag-cristina-martinez-benitez-de-lugo","tag-occupation-marocaine","tag-ocupacion-marroqui","tag-presos-saharauis","tag-prisonniers-sahraouis","tag-sahara-occidental-occupe","tag-sahara-occidental-ocupado","tag-solidaridad-internacional","tag-solidarite-internationale"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1930","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1930"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1930\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1934,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1930\/revisions\/1934"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1932"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1930"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1930"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1930"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=1930"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}