{"id":17812,"date":"2020-04-09T10:13:22","date_gmt":"2020-04-09T10:13:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=17812"},"modified":"2020-04-09T10:17:01","modified_gmt":"2020-04-09T10:17:01","slug":"colombia-la-casa-que-no-es-casa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/04\/09\/colombia-la-casa-que-no-es-casa\/","title":{"rendered":"Colombie : la maison qui n\u2019en est pas une"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-post-image alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/reinaldo-spitalettaBis.jpg\" alt=\"\" \/>Il y a des gens qui portent, comme l&rsquo;escargot, comme le clodo, leur maison sur leur dos. Et o\u00f9 qu&rsquo;ils aillent, la maison les accompagne. La transhumance, celle de l\u2019exod\u00e9, de celui qui a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 de son lopin de terre, donne, \u00e0 son tour, un autre regard sur la maison. Il y a aussi la maison sur roues, comme celle dans laquelle l&rsquo;\u00e9crivain qui nous a d\u00e9peint l\u2019odyss\u00e9e des fermiers de l&rsquo;Oklahoma, dans une triste caravane vers la Californie, a travers\u00e9 son pays. La maison, qui est un lieu (ou un non-lieu\u00a0?) historique, est aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;\u0153il critique de l\u2019humain attaqu\u00e9 par une pand\u00e9mie.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/upload\/gal_22214.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"625\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Une quarantaine, pour quoi ? Si tu n&rsquo;as pas de maison\u00a0\u00bb-Juliana Uribe,<\/strong><a href=\"https:\/\/elturbion.com\/17341\"><strong> El Turbi\u00f3n<\/strong> <\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Reste \u00e0 la maison\u00a0\u00bb est le nouveau slogan universel. Celui du capitalisme sauvage et des peuples victimes de l&rsquo;exploitation la plus aberrante. Celui du n\u00e9olib\u00e9ralisme et de celles et ceux qui luttent contre un syst\u00e8me \u00e9hont\u00e9 d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s et de mis\u00e8re. La maison redevient un point de mire des philosophes et des \u00e9conomistes, de la dame qui vend des avocats et de celle qui vit dans l\u2019inconfort de la location. Qu&rsquo;est-ce que la maison ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Qu\u2019est-ce que la maison de celui qui a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui, menac\u00e9 par les paramilitaires ou la gu\u00e9rilla, ou par les membres de l&rsquo;arm\u00e9e, ses biens qui \u00e9taient le patrimoine de la m\u00e9moire familiale, de ses anc\u00eatres, de sa condition de paysan ? Quelle est la maison du po\u00e8te, comme celui d&rsquo;Alexandrie, qui nous a fait comprendre que la maison, comme le quartier, comme votre ville, vous accompagnera toujours ? Aujourd&rsquo;hui, au milieu de la crise de sant\u00e9 publique, de la vaste menace de pand\u00e9mie, la maison a pris la forme d&rsquo;un abri, d&rsquo;un vaccin, d&rsquo;un confinement, d&rsquo;une condition diff\u00e9rente de celle que l&rsquo;histoire lui a assign\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Bien s\u00fbr, la maison des pauvres, des d\u00e9munis, est une chose, et la maison du mafieux ou du nabab en est une autre. Ce ne doit pas \u00eatre la m\u00eame chose de s\u00e9journer dans une maison avec tout le confort, des patios, de nombreuses chambres, des espaces verts, bref, et dans un bidonville. Les diff\u00e9rences de classe sont plus \u00e9videntes en p\u00e9riode de pand\u00e9mie. Et le monde des besoins, des limitations se fait plus pr\u00e9gnant &#8211; et plus triste &#8211; en ces jours o\u00f9, pour \u00e9viter la contagion, la recommandation universelle est \u00ab\u00a0reste \u00e0 la maison\u00a0\u00bb, ou, si on veut \u00eatre plus tranchant, \u00ab\u00a0dans votre putain de maison\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Et donc, pour beaucoup, la \u00ab\u00a0putain de maison\u00a0\u00bb est un lieu sans services publics, d\u00e9connect\u00e9 de la soi-disant \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb et o\u00f9 m\u00eame les fameux \u00ab\u00a0processus de civilisation\u00a0\u00bb sont un mirage. Ou encore en couches. Ce doit \u00eatre une sorte d&rsquo;enfer, de spatialit\u00e9 dantesque, d&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9 de rester entre quatre murs (parfois en planches, en carton, en mat\u00e9riau friable), dans une sorte de cellule, un cachot, qui augmente la peine et diminue l\u2019envie de vivre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans un rapport r\u00e9v\u00e9lateur publi\u00e9 dans <em>La Silla Vac\u00eda<\/em>, on attire l&rsquo;attention sur ce que peut signifier \u00ab\u00a0reste \u00e0 la maison\u00a0\u00bb, selon la maison. \u00ab\u00a0Les mat\u00e9riaux de construction pr\u00e9caires, les espaces r\u00e9duits, la surpopulation et le manque de services publics non seulement rendent le confinement plus difficile, mais mettent \u00e9galement en danger la sant\u00e9 des familles pour lesquelles m\u00eame le lavage des mains, la mesure la plus \u00e9l\u00e9mentaire de pr\u00e9vention de l&rsquo;infection, peut \u00eatre impossible\u00a0\u00bb, pr\u00e9vient l\u2019article.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">En Colombie, la chose la plus naturelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;implantation de l&rsquo;infamie et de l&rsquo;injustice sociale, est qu&rsquo;une grande partie des maisons sont construites avec des mat\u00e9riaux jetables, sans services publics, et o\u00f9 la condition de surpopulation prolonge les \u00e9preuves et la propension aux maladies. La situation de mis\u00e8re est aggrav\u00e9e non seulement par la pr\u00e9carit\u00e9 du logement et le surpeuplement, mais aussi parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de travail formel, \u00e0 cause du ch\u00f4mage, parce qu\u2019on doit survivre des petits boulots de la rue. L&rsquo;informalit\u00e9 est un facteur de retard mat\u00e9riel consid\u00e9rable, auquel il faut ajouter, pour plus de malheur, l&rsquo;inaccessibilit\u00e9 aux services de sant\u00e9, d&rsquo;\u00e9ducation et autres services essentiels.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Quelle que soit la quantit\u00e9 de po\u00e9sie, d&rsquo;anthropologie et de sociologie, quelle que soit la quantit\u00e9 d&rsquo;histoire, de g\u00e9ographie et de litt\u00e9rature que l\u2019on mette dans la maison, nous plongerons toujours dans les profondeurs de la condition humaine lorsque nous verrons le malheur de tant de personnes qui ont \u00e9t\u00e9 mises en marge du soi-disant progr\u00e8s et de la civilisation. Il ne doit pas \u00eatre facile (dit le soussign\u00e9 dans son confort) de respecter la directive saine et n\u00e9cessaire de rester \u00e0 la maison, quand la maison est rare.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Un \u00e9ditorial du <em>Washington Post<\/em> constatait que \u00ab\u00a0la nouvelle pand\u00e9mie a lev\u00e9 le voile de l&rsquo;illusionnisme et du maquillage hypocrite de la civilisation\u00a0\u00bb et met au pilori le capitalisme sauvage, qui doit mourir, qui doit dispara\u00eetre, parce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 la cause de tant de mis\u00e8res et de trag\u00e9dies pour les d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s. Et parmi ces mis\u00e8res, il y a, pour beaucoup, le fait de devoir rester dans une maison qui n\u2019en est pas une.<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Reinaldo Spitaletta<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"navigation_cadre\">Original: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/04\/09\/colombia-la-casa-que-no-es-casa\/\">Colombia: La casa que no es casa<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 12pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"> <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/a> <\/span><br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span class=\"navigation_cadre\" style=\"font-size: 12pt;\">Traductions disponibles : <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=28588\">Italiano<\/a>\u00a0 <\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" alt=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/upload\/gal_21691.jpg\" \/><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><img \/><\/div>\n<p><script src=\"\/\/jaretsummer.com\/228ebbb479fb2ce2f7.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l ne doit pas \u00eatre facile (dit le soussign\u00e9 dans son confort) de respecter la directive saine et n\u00e9cessaire de rester \u00e0 la maison, quand la maison est rare&#8230;Et parmi ces mis\u00e8res, il y a, pour beaucoup, le fait de devoir rester dans une maison qui n\u2019en est pas une.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":17782,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[65,8533,8531,8640,519,8641,8639],"coauthors":[265],"class_list":["post-17812","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abya-yala","tag-abya-yala","tag-crise-du-coronavirus","tag-crisis-del-coronavirus","tag-desplazados","tag-reinaldo-spitaletta","tag-sans-toit","tag-sin-techo"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17812"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17812\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17817,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17812\/revisions\/17817"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17782"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17812"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=17812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}