{"id":17184,"date":"2020-03-09T11:07:37","date_gmt":"2020-03-09T11:07:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=17184"},"modified":"2020-03-09T18:20:23","modified_gmt":"2020-03-09T18:20:23","slug":"en-paris-festival-de-cine-ruso-o-antisovietico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2020\/03\/09\/en-paris-festival-de-cine-ruso-o-antisovietico\/","title":{"rendered":"Festival du film russe \u00e0 Paris ou URSS bashing ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"texte1\" style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"texte1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-12473 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Rosa-Llorens.jpg\" alt=\"\" width=\"168\" height=\"119\" \/><\/span>Comme nous sommes priv\u00e9s de films russes (autant que submerg\u00e9s de films US, notamment sur l&rsquo;URSS, comme le prochainement en salles L&rsquo;Ombre de Staline), le Festival du film russe (du 2 au 9 mars) semble une aubaine, une chance unique de savoir quels films on fait en Russie, pour les Russes. Mais parler de Russes ne suffit pas\u00a0: quels Russes, faudrait-il se demander, sont aux commandes de ce festival\u00a0? Il suffit de se rendre au cin\u00e9ma Le Balzac, sur les Champs-Elys\u00e9es, et de regarder quelques-uns des films programm\u00e9s, pour avoir une partie de la r\u00e9ponse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span class=\"texte1\" style=\"font-size: 12pt;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"vimeo-player\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/392406298\" width=\"640\" height=\"360\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"texte1\" style=\"font-size: 12pt;\">Samedi 7, on pouvait voir <em>L&rsquo;Homme qui a surpris tout le monde<\/em>, de Natacha Mercoulova et Alexe\u00ef Tchoupov (2018). Dans sa pr\u00e9sentation, la directrice de la salle a lourdement insist\u00e9 sur le caract\u00e8re appropri\u00e9 du film, dans un festival intitul\u00e9\u00a0: Quand les Russes nous \u00e9tonnent , film d&rsquo;autant plus \u00e9tonnant qu&rsquo;il vient d&rsquo;un pays \u00ab\u00a0macho\u00a0\u00bb\u00a0: on pouvait d\u00e9j\u00e0 deviner de quoi il retournait, et on n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u. Le h\u00e9ros, Igor, un garde forestier viril, apprend qu&rsquo;il a une tumeur au cerveau et qu&rsquo;il ne lui reste que deux mois, au mieux, de vie. Il semble d&rsquo;abord r\u00e9agir de fa\u00e7on responsable, en prenant des mesures pour assurer le proche avenir \u00e9conomique de sa famille. Mais il tombe bient\u00f4t dans un \u00e9tat de d\u00e9pression. Sa femme le persuade d&rsquo;aller voir une sorci\u00e8re-chaman, dont les massages et fumigations sont bien s\u00fbr sans effet\u00a0; mais elle lui raconte l&rsquo;histoire de Zhamba, un canard dont la derni\u00e8re heure \u00e9tait venue, mais qui d\u00e9cide de tromper la Mort\u00a0: il se roule dans la poussi\u00e8re et, devenu tout gris, se m\u00eale aux canes, de sorte que la Mort ne peut le reconna\u00eetre et repart bredouille.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/hna_6rHWOIk\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Quelle bonne id\u00e9e\u00a0! Igor fait du shopping, et s&rsquo;enferme dans son appentis pour se travestir en femme\u00a0; peu importe les cons\u00e9quences sur sa famille et ses souffrances\u00a0: sa femme se sent outrag\u00e9e, son fils se fait tabasser par ses camarades, qui le traitent de \u00ab\u00a0fils de p\u00e9d\u00e9\u00a0\u00bb. Igor finit par s&rsquo;exiler dans une cabane dans la for\u00eat\u00a0; il ne manque \u00e0 cet Hansel ou Gretel qu&rsquo;une sorci\u00e8re\u00a0: justement, pr\u00e8s de l\u00e0, op\u00e8re un groupe de charbonniers et, comme on s&rsquo;y attendait, il finit par se faire violer. On pourrait penser \u00e0 Breaking the waves\u00a0: mais, tandis que l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne de Lars von Trier se sacrifie pour son mari, Igor n&rsquo;a pas d&rsquo;autre but que de sauver sa peau &#8211; m\u00eame si les moyens employ\u00e9s laissent perplexe. Et \u00e7a marche\u00a0: le scanner suivant r\u00e9v\u00e8le que la tumeur a disparu\u00a0! Aucune explication, dans tout le film, Igor, en m\u00eame temps qu&rsquo;il se travestit, devient muet\u00a0; il faut dire que le moindre essai de justification de sa part aurait mis en \u00e9vidence le caract\u00e8re grotesque de toute l&rsquo;histoire. Au lieu de cela, comme chez Zviaguintsev, un lourd symbole\u00a0: Igor retourne de fa\u00e7on obsessionnelle dans l&rsquo;enclos des oies, parmi lesquelles il veut se dissimuler, comme Zhamba.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Nous voil\u00e0 bien surpris\u00a0: on esp\u00e9rait d\u00e9couvrir, avec les films russes, de nouveaux horizons, au lieu de quoi, on nous r\u00e9gale d&rsquo;un film LGBT, inspir\u00e9 par la th\u00e9orie du genre, comme tant de films usam\u00e9ricains ou fran\u00e7ais dont nous sommes constamment abreuv\u00e9s. La seule diff\u00e9rence, c&rsquo;est que le film russe s&rsquo;efforce de faire encore plus fort que ses mod\u00e8les occidentaux\u00a0: voil\u00e0 le transvestisme promu panac\u00e9e. Si on essayait le rem\u00e8de contre le corona-virus\u00a0? Pour \u00e9viter les contaminations, travestissons-nous tous, les hommes en femmes, les femmes en hommes\u00a0! Instaurons, dans les \u00e9coles, une journ\u00e9e de la jupe th\u00e9rapeutique permanente\u00a0! Et on pourra remettre en route l&rsquo;\u00e9conomie, \u00e0 condition d&rsquo;aller travailler travestis.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/RTxGOHzyghU\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Autre film tout aussi \u00e9tonnant, pour d&rsquo;autres raisons, <em>Le Fran\u00e7ais<\/em>, d&rsquo;Andre\u00ef Smirnov. Le film est de 2019, mais il semble nous arriver des pires ann\u00e9es de la guerre froide et de la propagande anti-sovi\u00e9tique\u00a0; du reste, comme il se d\u00e9roule en 1959, il est tourn\u00e9 en noir et blanc, ce qui compl\u00e8te l&rsquo;illusion. Le h\u00e9ros, Pierre, pr\u00e9sent\u00e9 comme communiste,va faire un stage en URSS, ce qui nous donne une nouvelle version de Tintin chez les Soviets. Le d\u00e9gel introduit par le rapport Khrouchtchev ne semble avoir rien am\u00e9lior\u00e9, tout est sinistre, la musique dramatique \u00e0 souhait, les ouvriers sont harass\u00e9s, les autorit\u00e9s sont des bourgeois caricaturaux qui mangent dans de la vaisselle en or (j&rsquo;exag\u00e8re \u00e0 peine) et ne respirent que censure et d\u00e9lation. Du reste, l&rsquo;exp\u00e9rience de Pierre se limite \u00e0 des milieux tr\u00e8s r\u00e9duits\u00a0: Pierre int\u00e8gre une bande de zazous qui ne jurent que par le jazz et les USA, et la population se r\u00e9duit \u00e0 des victimes et enfants de victimes du goulag, anciens nobles et officiers, dont la haine de l&rsquo;URSS est telle que l&rsquo;un d&rsquo;eux souhaitait que Truman lance une bombe atomique sur le pays\u00a0! Pierre se livre en effet \u00e0 une enqu\u00eate dans les milieux russes blancs, \u00e0 la recherche de son p\u00e8re biologique, dont sa m\u00e8re lui parlait toujours, lui disant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Tu ne peux pas faire n&rsquo;importe quoi, tu es un membre de la famille des Tatishev\u00a0\u00bb\u00a0!Notre jeune communiste \u00e9tait en fait une sorte de Princesse Anastasia&#8230; Et la salle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;image du film, riant en ch\u0153ur \u00e0 chaque plaisanterie \u00e9cul\u00e9e sur les Sovi\u00e9tiques (l&rsquo;usine \u00e0 pain est surveill\u00e9e\u00a0: on craint qu&rsquo;un espion ne s&#8217;empare du secret de la fabrication des biscottes\u00a0: ha ha ha!).\u00a0; et l&rsquo;organigramme du festival est \u00e0 cette image\u00a0: l&rsquo;invit\u00e9e d&rsquo;honneur en est Macha M\u00e9ril, d&rsquo;origine en partie ukrainienne, qui a le titre de princesse, qui a soutenu Hollande, et maintenant Macron (Wikip\u00e9dia).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il n&rsquo;y a, pour racheter ce festival, que les films anciens, notamment une \u00e9mouvante <em>Ballade du soldat<\/em>, de Grigori Tchoukhra\u00ef (1959), v\u00e9ritable antidote \u00e0 l&rsquo;histoire d&rsquo;Igor\u00a0: le jeune soldat, qui s&rsquo;est conduit en h\u00e9ros, en d\u00e9truisant deux chars allemands, obtient une permission de six jours pour rentrer dans son village, revoir sa m\u00e8re et r\u00e9parer le toit de la maison. Mais les rencontres qu&rsquo;il fait au cours de son voyage sont autant d&rsquo;occasions de rendre des services \u00e0 autrui, qui le retardent d&rsquo;autant\u00a0: il n&rsquo;aura finalement que dix minutes pour embrasser sa m\u00e8re. Curieux de voir comme on faisait de beaux films en partant d&rsquo;une id\u00e9e humaniste de solidarit\u00e9, et comme on produit de tristes navets \u00e0 partir de l&rsquo;id\u00e9ologie lib\u00e9rale du chacun pour soi, de la concurrence et du m\u00e9pris\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/SAIxQipQQlc\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<div id=\"ffenetremailtomailModal\" style=\"z-index: 20002; text-align: justify;\">\n<div id=\"ffenetremailtopopupModalMail\">\n<div id=\"ffenetremailtotoModalClose\"><\/div>\n<div id=\"ffenetremailtopopupQuestion\"><span style=\"font-size: 12pt;\">What do you want to do ?<\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><a id=\"ffenetremailtoemailOpen\"><\/a>New mail<button id=\"ffenetremailtobuttonEmail\">Copy<\/button><textarea id=\"ffenetremailtotextArea\"><\/textarea><\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span class=\"auteur\">Rosa Llorens<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong>Traductions disponibles: <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2020\/03\/09\/en-paris-festival-de-cine-ruso-o-antisovietico\/\">Espa\u00f1ol<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Curieux de voir comme on faisait de beaux films en partant d&rsquo;une id\u00e9e humaniste de solidarit\u00e9, et comme on produit de tristes navets \u00e0 partir de l&rsquo;id\u00e9ologie lib\u00e9rale du chacun pour soi, de la concurrence et du m\u00e9pris\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"author":564,"featured_media":17190,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[8323,8324,8325,8326,6588],"coauthors":[8077],"class_list":["post-17184","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-teatro-cine","tag-cine-ruso","tag-cine-sovietico","tag-cinema-russe","tag-cinema-sovietique","tag-rosa-llorens"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.12.2","language":"fr","enabled_languages":["es","fr"],"languages":{"es":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/564"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17184"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17184\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17188,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17184\/revisions\/17188"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17184"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=17184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}