{"id":10676,"date":"2019-07-23T03:03:52","date_gmt":"2019-07-23T03:03:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lapluma.net\/?p=10676"},"modified":"2019-07-23T03:16:15","modified_gmt":"2019-07-23T03:16:15","slug":"isaka-varsham-llueve-arena-en-rayalaseema-india","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapluma.net\/fr\/2019\/07\/23\/isaka-varsham-llueve-arena-en-rayalaseema-india\/","title":{"rendered":"Isaka varsham : Il pleut du sable au Rayalaseema, en Inde"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10682 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/aut_6827.jpg\" alt=\"\" width=\"158\" height=\"106\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/aut_6827.jpg 200w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/aut_6827-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 158px) 100vw, 158px\" \/>Le changement des modes de culture, le r\u00e9tr\u00e9cissement de la couverture foresti\u00e8re, l\u2019explosion du nombre de puits d\u2019irrigation, la mort d\u2019une rivi\u00e8re, entre autres, ont eu des effets dramatiques sur la terre, l\u2019air, les for\u00eats et le climat dans le district d\u2019Anantapur de l\u2019\u00c9tat d\u2019Andhra Pradesh.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">C\u2019est un d\u00e9cor classique du cin\u00e9ma indien\u00a0: celui du combat dans le d\u00e9sert. Sur un fond de dunes et de ravines, parsem\u00e9 de quelques maigres buissons, le h\u00e9ros surgit des sables br\u00fblants d\u2019un d\u00e9sert aride pour r\u00e9duire les m\u00e9chants en bouillie. En ajoutant plein de chaleur et de poussi\u00e8re \u00e0 celles qu\u2019offre g\u00e9n\u00e9reusement la nature, il apporte au film une conclusion heureuse (sauf pour les m\u00e9chants). D\u2019innombrables films indiens ont tourn\u00e9 de telles sc\u00e8nes dans quelque r\u00e9gion d\u00e9sol\u00e9e du Rajasthan. Ou m\u00eame dans les ravins de la vall\u00e9e du Chambal au Madhya Pradesh.<\/span><\/p>\n<p><b><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/ruralindiaonline.org\/media\/images\/01-IMG_6818-PS-Its_raining_sand_in_Rayalaseem.width-1400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Photo\u00a0 Rahul M.\/PARI<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais voil\u00e0, le d\u00e9cor aride et d\u00e9sol\u00e9 de la vid\u00e9o ci-dessous ne doit rien au Rajasthan ou au Chambal. Il est situ\u00e9 tout au sud de la p\u00e9ninsule, au Rayalaseema, une r\u00e9gion de l\u2019Andhra Pradesh. Ce lieu sp\u00e9cifique d\u2019environ 4 00 hectares du district d\u2019Anantapur \u2013 autrefois recouvert de champs de millet \u2013 s\u2019est inexorablement transform\u00e9 en d\u00e9sert au fil des d\u00e9cennies. Cela tient \u00e0 des facteurs souvent paradoxaux, cr\u00e9ant le genre d\u2019espace recherch\u00e9 par les \u00e9quipes de tournage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Dans le village de Dargah Honnur, o\u00f9 vivent les principaux propri\u00e9taires fonciers de ce secteur, nous avons eu du mal \u00e0 convaincre quiconque que nous n&rsquo;\u00e9tions pas en rep\u00e9rage. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour quel film ? Quand va-t-il \u00eatre tourn\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb La question \u00e9tait, soit formul\u00e9e, soit implicite. Certains montraient leur manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en apprenant que nous n\u2019\u00e9tions que journalistes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les r\u00e9alisateurs du film en t\u00e9lougou <em>Jayam Manade Raa (La Vicoire nous appartient), <\/em>qui a rendu cet endroit c\u00e9l\u00e8bre<em>,<\/em> ont tourn\u00e9 ces sc\u00e8nes de combat ici entre 1998 et 2000. Comme tous les cin\u00e9astes commerciaux dignes de ce nom le feraient, ils ont bricol\u00e9 leur \u00ab\u00a0plateau\u00a0\u00bb pour renforcer le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9sert. \u00ab\u00a0Nous avons d\u00fb arracher nos plantations (ils nous ont indemnis\u00e9s pour \u00e7a)\u00a0\u00bb, explique Pujari Linganna, 45 ans, dont la famille poss\u00e8de les 34 arpents o\u00f9 le combat a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9. \u00ab\u00a0Nous avons aussi enlev\u00e9 un peu de v\u00e9g\u00e9tation et de petits arbres pour que \u00e7a ait l&rsquo;air plus vrai\u00a0\u00bb. L\u2019habilet\u00e9 du cameraman et un emploi savant des filtres ont fait le reste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Si les cr\u00e9ateurs de J<em>ayam Manade Raa<\/em> tournaient un nouvel \u00e9pisode aujourd&rsquo;hui, 20 ans apr\u00e8s, ils auraient beaucoup moins de travail. Le temps et la nature martyris\u00e9e, en plus de l&rsquo;activit\u00e9 acharn\u00e9e de l&rsquo;homme, ont apport\u00e9 au d\u00e9sert toutes les am\u00e9liorations qu&rsquo;ils pourraient esp\u00e9rer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cette sc\u00e8ne, tourn\u00e9e dans un d\u00e9cor aride et sauvage (voir la vid\u00e9o) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9e au Rajasthan ou au Chambal, mais tout en bas de la p\u00e9ninsule, dans la r\u00e9gion de Rayalaseema de l&rsquo;Andhra Pradesh.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OF3G8hLZQYQ\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais c&rsquo;est un curieux coin de d\u00e9sert. C\u2019est encore une r\u00e9gion agricole, car il y a encore de l&rsquo;eau juste en-dessous de la surface. \u00ab\u00a0Nous avons trouv\u00e9 de l&rsquo;eau \u00e0 seulement 15 pieds sous terre\u00a0\u00bb, nous dit P. Honnureddy, le fils de Linganna. Dans une grande partie de l&rsquo;Anantapur, les puits d\u2019irrigation ne trouvent pas l&rsquo;eau \u00e0 moins de 150-180 m\u00e8tres. Dans certaines parties du district, ils ont pass\u00e9 la barre des 300 m\u00e8tres. Pourtant, \u00e0 l\u2019instant m\u00eame, nous voyons de l&rsquo;eau jaillir d&rsquo;un puits de 10 cm de profondeur. Tant d&rsquo;eau, si pr\u00e8s de la surface, dans un coin aussi chaud et sablonneux ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Toute cette zone se trouve sur le lit d\u2019une rivi\u00e8re\u00a0\u00bb, explique Palthuru Mukanna, un fermier d&rsquo;un village voisin. Quelle rivi\u00e8re ? Nous ne voyons rien. \u00ab\u00a0Ils ont construit un barrage il y a une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, \u00e0 environ 25 \u00e0 30 kilom\u00e8tres de Honnur, sur la rivi\u00e8re Vedavathi qui coulait \u00e0 cet endroit. Notre partie du Vedavathi \u00a0(un affluent du Tungabhadra, ou Aghari) s&rsquo;est simplement tarie.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est effectivement ce qui s&rsquo;est pass\u00e9\u00a0\u00bb, dit Malla Reddy du Centre \u00c9cologique (du <em>Rural Development Trust<\/em> d&rsquo;Anantapur) . Peu de gens connaissent la r\u00e9gion aussi bien que lui. \u00ab La rivi\u00e8re est peut-\u00eatre morte, mais elle a contribu\u00e9 au fil des si\u00e8cles \u00e0 cr\u00e9er une nappe d&rsquo;eau souterraine constamment exploit\u00e9e, \u00e0 un rythme qui annonce une catastrophe imminente.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce d\u00e9sastre ne sera pas long \u00e0 venir. \u00ab\u00a0Il y a 20 ans, il y avait tout juste un seul forage\u00a0\u00bb, explique V. L. Himachal, 46 ans, qui exploite 5 hectares dans la zone d\u00e9sertifi\u00e9e. \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait enti\u00e8rement de l&rsquo;agriculture pluviale. Aujourd&rsquo;hui, il y a entre 300 et 400 puits d\u2019irrigation sur environ 400 hectares. Et nous touchons l&rsquo;eau vers 10-12 m\u00e8tres, parfois plus.\u00a0\u00bb \u00c7a fait un puits pour 1,2 hectares, ou moins.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Cela fait beaucoup, comme le souligne Malla Reddy, m\u00eame pour Anantapur, qui \u00ab\u00a0a pr\u00e8s de 270 000 puits, bien que la capacit\u00e9 du district soit de 70.000 puits. Et sur ce nombre \u00e9norme, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 sont \u00e0 sec cette ann\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-10677 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Pujari-Linganna-300x98.jpg\" alt=\"\" width=\"662\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Pujari-Linganna-300x98.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Pujari-Linganna.jpg 635w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Il y a vingt ans. Pujari Linganna (photo de gauche\u00a0; et avec son fils P. Honnureddy \u00e0 droite), a d\u00fb arracher la v\u00e9g\u00e9tation pour un tournage. Aujourd&rsquo;hui, le temps et l\u2019activit\u00e9 humaine ont contribu\u00e9 pareillement \u00e0 la d\u00e9sertification. (Photos : \u00e0 gauche : Rahul M\/PARI ; \u00e0 droite : P. Sainath\/PARI)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Alors \u00e0 quoi servent les puits d\u2019irrigation dans ces <em>badlands [mauvaises terres\u00a0: terres erod\u00e9es]<\/em> ? Qu&rsquo;est-ce qu\u2019on y cultive ? Ce qu\u2019on remarque le plus dans la parcelle que nous explorons, ce n&rsquo;est m\u00eame pas l&rsquo;arachide omnipr\u00e9sente dans le district, mais le <em>bajra [mil perl\u00e9 ou petit mil]<\/em>. Ce mil est cultiv\u00e9 ici pour la multiplication des semences. Pas pour la consommation ou pour le march\u00e9, mais pour les entreprises semenci\u00e8res qui ont pass\u00e9 contrat avec les agriculteurs pour ce travail. On voit des plantes m\u00e2les et femelles dispos\u00e9es de fa\u00e7on ordonn\u00e9e en rang\u00e9es adjacentes. Les compagnies cr\u00e9ent un hybride \u00e0 partir de deux souches diff\u00e9rentes de <em>bajra<\/em>. Cette op\u00e9ration va n\u00e9cessiter beaucoup d&rsquo;eau. Ce qui restera de la plante apr\u00e8s l&rsquo;extraction des graines servira de fourrage, au mieux. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Nous gagnons 3 800 roupies [= 49\u20ac] par quintal pour ce travail de multiplication de semences\u00a0\u00bb, dit Pujari Linganna. Cela semble peu, compte tenu de la main-d&rsquo;\u0153uvre et des soins n\u00e9cessaires &#8211; et du fait que les entreprises vendront ces semences \u00e0 la m\u00eame cat\u00e9gorie d&rsquo;agriculteurs \u00e0 des prix tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. Une autre cultivatrice sur cette m\u00eame parcelle, Y. S. Shantamma, dit que sa famille gagne 3 700 roupies par quintal.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">Shantamma et sa fille Vandakshi disent que le probl\u00e8me de la culture ici n&rsquo;est pas l&rsquo;eau. \u00ab\u00a0Nous avons m\u00eame l&rsquo;eau au village bien que nous n&rsquo;ayons pas l&rsquo;eau courante \u00e0 la maison.\u00a0\u00bb Leur probl\u00e8me, c\u2019est le sable qui \u2013 en plus de l&rsquo;\u00e9norme quantit\u00e9 qui existe d\u00e9j\u00e0 &#8211; peut s&rsquo;accumuler tr\u00e8s rapidement. Et marcher, m\u00eame sur de courtes distances, sur un sable de plusieurs pieds de profondeur, peut \u00eatre tr\u00e8s fatigant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Il peut tout bonnement d\u00e9truire le travail que vous avez fait\u00a0\u00bb, disent la m\u00e8re et la fille. P. Honnureddy est d&rsquo;accord. Il nous montre une bande de terrain, au pied d\u2019une dune de sable, o\u00f9 il avait laborieusement dispos\u00e9 des rang\u00e9es de plantes, il n\u2019y a pas quatre jours. Maintenant, ce ne sont plus que des sillons recouverts de sable. Ce village, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d&rsquo;une zone de plus en plus aride battue par des vents violents, conna\u00eet des temp\u00eates de sable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Trois mois par an, il pleut du sable sur ce village,\u00bb, dit M. Basha, un autre fermier du d\u00e9sert. \u00ab\u00a0\u00c7a entre dans nos maisons, dans notre nourriture.\u00a0\u00bb Les vents apportent du sable jusque dans les maisons, m\u00eame celles qui ne sont pas si pr\u00e8s des dunes. Les treillis \u00e0 mailles fines ou les portes suppl\u00e9mentaires ne sont pas toujours efficaces. \u00ab\u00a0I<em>saka varsham <\/em>[la pluie de sable] fait partie de nos vies maintenant, nous vivons avec.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-10679 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Honnureddy-300x100.jpg\" alt=\"\" width=\"645\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Honnureddy-300x100.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-Honnureddy.jpg 646w\" sizes=\"auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00c0 gauche<\/strong> <strong>: Honnureddy a laborieusement dispos\u00e9 des rang\u00e9es de plantes qui ont \u00e9t\u00e9 recouvertes de sable en quatre jours. \u00c0 droite : Y. S. Shantamma et sa fille Vandakshi disent\u00a0: \u00ab\u00a0Le sable peut simplement d\u00e9truire votre travail.\u00a0\u00bb (Photos: P. Sainath\/PARI. )<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les sables ne sont pas \u00e9trangers au village de D. Honnur. \u00ab\u00a0C\u2019est vrai, ils sont devenus plus intenses\u00a0\u00bb, dit Himachal. Beaucoup de buissons et d&rsquo;arbustes qui formaient des coupe-vent efficaces ont disparu. Himachal parle en connaissance de cause de l&rsquo;impact de la mondialisation et de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9. \u00ab\u00a0Maintenant, on calcule tout en argent. Les arbustes, les arbres, toute la v\u00e9g\u00e9tation est partie parce que les gens voulaient utiliser chaque parcelle de terre pour la culture commerciale.\u00a0\u00bb Et \u00ab\u00a0si une pluie de sable s\u2019abat quand les graines sont en cours de germination\u00a0\u00bb, dit le fermier M. Tippaiah, 55 ans, \u00ab\u00a0tout est d\u00e9truit\u00a0\u00bb. Les rendements sont plus faibles malgr\u00e9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau. \u00ab\u00a0Nous obtenons trois quintaux d&rsquo;arachides par arpent (0,4ha), au mieux quatre, dit le fermier K. C. Honnur Swamy, 32 ans, alors que le rendement moyen du district est d&rsquo;environ cinq quintaux par arpent.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ils ne voient aucun int\u00e9r\u00eat aux coupe-vent naturels ? \u00ab\u00a0Ils ne chosissent que des arbres qui ont une valeur commerciale\u00a0\u00bb, dit Himachal. Ceux-l\u00e0, inadapt\u00e9s \u00e0 ces conditions, peuvent ne pas pousser du tout ici. \u00ab\u00a0En plus, les autorit\u00e9s disent tout le temps qu&rsquo;elles vont nous aider \u00e0 planter des arbres, mais rien ne vient.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Il y a quelques ann\u00e9es\u00a0\u00bb, dit Palthuru Mukanna, \u00ab\u00a0plusieurs repr\u00e9sentants du gouvernement se sont rendus dans la zone des dunes pour une inspection.\u00a0\u00bb Leur safari dans le d\u00e9sert s&rsquo;est mal termin\u00e9 et leur 4&#215;4, enlis\u00e9 dans le sable, a d\u00fb \u00eatre remorqu\u00e9 par les villageois avec un tracteur. \u00ab\u00a0Nous ne les avons plus revus depuis\u00bb, \u00a0ajoute Mukanna. Il y a aussi des p\u00e9riodes, dit le fermier Mokha Rakesh, \u00ab\u00a0o\u00f9 le bus n\u2019arrive m\u00eame plus jusqu\u2019\u00e0 l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du village.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La disparition des arbustes et de la for\u00eat est un probl\u00e8me dans toute la r\u00e9gion du Rayalaseema. Dans le seul district d&rsquo;Anantapur, 11 % de la superficie est class\u00e9e comme \u00ab\u00a0zone foresti\u00e8re\u00a0\u00bb. Le couvert forestier r\u00e9el a chut\u00e9 \u00e0 moins de 2%. Cela a eu un impact in\u00e9vitable sur le sol, l&rsquo;air, l&rsquo;eau et les temp\u00e9ratures. La seule grande for\u00eat que l\u2019on voit \u00e0 Anantapur est la jungle des \u00e9oliennes qui constellent le paysage, m\u00eame en bordure du mini-d\u00e9sert. Elles ont pouss\u00e9 sur des terres achet\u00e9es ou lou\u00e9es \u00e0 long terme par des entreprises productrices d&rsquo;\u00e9nergie \u00e9olienne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">De retour \u00e0 D. Honnur, un groupe de cultivateurs du d\u00e9sert nous assure que les choses ont toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. Ils pr\u00e9sentent ensuite des preuves irr\u00e9futables du contraire. Les sables ont toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, oui. Mais leur force, cause des temp\u00eates de sable, s&rsquo;est accrue. Il y avait plus d&rsquo;arbustes et de couverture arbor\u00e9e autrefois. Il en reste tr\u00e8s peu. Ils ont toujours eu de l&rsquo;eau, oui, mais on apprend ensuite que leur rivi\u00e8re est morte. Qu&rsquo;il y avait tr\u00e8s peu de forages il y a vingt ans, qu\u2019il y en a des centaines aujourd&rsquo;hui. Chacun a \u00e0 l\u2019esprit la forte augmentation du nombre de ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations a chang\u00e9. \u00ab\u00a0Pour ne parler que de la p\u00e9riode o\u00f9 nous avons besoin des pluies, je parlerais d\u2019un d\u00e9ficit de 60 pour cent\u00a0\u00bb, dit Himachal. \u00ab\u00a0Il y a eu moins de pluies autour d&rsquo;Ugadi [le Jour de l\u2019An t\u00e9lougou, habituellement en avril] ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\u00a0\u00bb \u00a0Anantapur est touch\u00e9 \u2013 de fa\u00e7on limit\u00e9e &#8211; par les moussons d\u2019\u00e9t\u00e9 [de juin \u00e0 septembre, NdT] et d\u2019hiver [\u00e0 partir de septembre], mais ne profite pleinement ni de l&rsquo;une ni de l&rsquo;autre.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-10680 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-invasion-de-la-arena-300x202.jpg\" alt=\"\" width=\"602\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-invasion-de-la-arena-300x202.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-invasion-de-la-arena-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-invasion-de-la-arena.jpg 601w\" sizes=\"auto, (max-width: 602px) 100vw, 602px\" \/><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Rang\u00e9e du haut : Le sable envahit tout, dit M. Basha, un autre cultivateur du d\u00e9sert, \u00ab\u00a0il entre dans nos maisons, il se met dans notre nourriture \u00ab\u00a0. Rang\u00e9e du bas : La seule grande for\u00eat d&rsquo;Anantapur est aujourd&rsquo;hui la jungle des \u00e9oliennes qui bouchent l\u2019&rsquo;horizon. (Photos : Rahul M.\/PARI)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">M\u00eame les ann\u00e9es o\u00f9 le district re\u00e7oit des pr\u00e9cipitations annuelles moyennes de 535mm, leur fr\u00e9quence, leur dur\u00e9e et leur \u00e9tendue ont \u00e9t\u00e9 terriblement irr\u00e9guli\u00e8res. Certaines ann\u00e9es, les pluies sont pass\u00e9es de la saison de culture \u00e0 la p\u00e9riode de jach\u00e8re. Parfois, il y a eu des pluies diluviennes dans les premi\u00e8res 24 \u00e0 48 heures, et de grandes p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse ensuite. L&rsquo;an dernier, certains <em>mandals <\/em>(cantons) ont connu des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse de pr\u00e8s de 75 jours pendant la p\u00e9riode de culture (de juin \u00e0 octobre). Avec 75 pour cent de la population d&rsquo;Anantapur vivant dans les zones rurales et 80\u00a0% de tous les travailleurs engag\u00e9s dans l&rsquo;agriculture (comme fermiers ou ouvriers), cela s&rsquo;av\u00e8re d\u00e9vastateur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il n&rsquo;y a eu que deux ann\u00e9es vraiment \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb \u00e0 Anantapur au cours de chacune des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies\u00a0\u00bb, dit Malla Reddy du Centre d&rsquo;\u00e9cologie. \u00ab\u00a0Au cours de chacune des 16 autres ann\u00e9es, 2\/3 \u00e0 3\/4 du secteur ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s touch\u00e9s par la s\u00e9cheresse. Au cours des 20 ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 cette p\u00e9riode, il y avait trois s\u00e9cheresses par d\u00e9cennie. Les changements sont apparus \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 et se sont aggrav\u00e9s chaque ann\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Un district qui abritait autrefois une grande vari\u00e9t\u00e9 de mils s&rsquo;est tourn\u00e9 de plus en plus vers les cultures commerciales comme l&rsquo;arachide. En cons\u00e9quence, un nombre massif de puits d\u2019irrigation ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9s. (Un rapport de la National Rainfed Area Authority indique qu&rsquo;il y a maintenant des \u00ab\u00a0poches o\u00f9 l&rsquo;exploitation des eaux souterraines a d\u00e9pass\u00e9 100 pour cent\u00a0\u00bb).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Il y a quarante ans, nous avions un sch\u00e9ma clair &#8211; trois s\u00e9cheresses en dix ans &#8211; et les agriculteurs savaient quoi planter. Il y avait entre 9 et 12 cultures diverses et un cycle de culture stable \u00ab\u00a0, dit C.K.&rsquo;Bablu&rsquo; Ganguly. Il dirige le Collectif Timbaktu, une ONG qui, depuis trois d\u00e9cennies, se concentre sur le mieux-\u00eatre \u00e9conomique des pauvres des zones rurales de cette r\u00e9gion. Son engagement de quatre d\u00e9cennies lui a permis d&rsquo;acqu\u00e9rir une connaissance approfondie de l&rsquo;agriculture de la r\u00e9gion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0L&rsquo;arachide [qui couvre maintenant 69 pour cent des terres cultiv\u00e9es d&rsquo;Anantapur] nous a fait ce qu&rsquo;elle a fait en Afrique, au Sahel. La monoculture que nous avons adopt\u00e9e n&rsquo;a pas seulement modifi\u00e9 les conditions hydrographiques. Comme l&rsquo;arachide ne supporte pas l&rsquo;ombre, les gens enl\u00e8vent les arbres. \u00c0 Anantapur, le sol a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit. Mils et millets ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9s. L&rsquo;humidit\u00e9 a disparu, ce qui rend al\u00e9atoire un retour \u00e0 l&rsquo;agriculture pluviale.\u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9volution des cultures a \u00e9galement remis en question le r\u00f4le des femmes dans l&rsquo;agriculture. Traditionnellement, elles \u00e9taient les gardiennes des graines des diverses cultures pluviales cultiv\u00e9es ici. Une fois que les agriculteurs ont commenc\u00e9 \u00e0 acheter des semences sur le march\u00e9 pour faire pousser les hybrides commerciaux qui ont envahi Anantapur (comme pour l&rsquo;arachide), le r\u00f4le des femmes a \u00e9t\u00e9 largement r\u00e9duit \u00e0 celui d\u2019ouvri\u00e8res non qualifi\u00e9es. En deux g\u00e9n\u00e9rations, beaucoup d\u2019agriculteurs ont perdu le savoir-faire acquis dans l&rsquo;art complexe de faire cohabiter des cultures nombreuses et vari\u00e9es sur le m\u00eame champ.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-10681 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-los-nietos-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"599\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-los-nietos-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-los-nietos-435x290.jpg 435w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-los-nietos-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.lapluma.net\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-los-nietos-370x247.jpg 370w\" sizes=\"auto, (max-width: 599px) 100vw, 599px\" \/><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les petits-fils de Linganna, Honnur Swamy (en haut, \u00e0 gauche) et Nagaraju (en haut, \u00e0 droite), sont maintenant des cultivateurs du d\u00e9sert, dont les tracteurs et les chars \u00e0 b\u0153ufs (en bas) laissent de profonds sillons dans le sable. (Photos : En haut \u00e0 gauche et en bas \u00e0 gauche : Rahul M.\/PARI. En haut \u00e0 droite et en bas \u00e0 droite : P. Sainath\/PARI)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les cultures fourrag\u00e8res repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui moins de 3 % des superficies cultiv\u00e9es. \u00ab\u00a0Anantapur avait autrefois l&rsquo;un des plus grands nombres de petits ruminants du pays \u00bb, dit M. Ganguly. \u00ab\u00a0Les petits ruminants sont la meilleure ressource \u2013 des biens meubles &#8211; des vieilles communaut\u00e9s pastorales traditionnelles comme les Kurumbas. Le cycle traditionnel o\u00f9 les troupeaux des \u00e9leveurs fournissaient aux fermiers le fumier \u00e0 base de bouses et d\u2019urine qu\u2019ils \u00e9tendaient sur leurs champs apr\u00e8s la r\u00e9colte, est maintenant perturb\u00e9 par la modification des modes de culture et l&rsquo;agriculture chimique. Dans cette r\u00e9gion, la planification a nui aux secteurs les plus marginaux de la population.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00c0 Honnur, Himachal admet la diminution de la biodiversit\u00e9 agricole locale et ses cons\u00e9quences. \u00ab\u00a0Autrefois, dans ce village m\u00eame, nous avions du <em>bajra<\/em>, du ni\u00e9b\u00e9 (cornille), du pois cajan, du <em>ragi (<\/em>\u00e9leusine), du millet des oiseaux, du soja vert, des f\u00e8ves&#8230;,\u00a0\u00bb \u00e9num\u00e8re-t-il. \u00ab\u00a0Beaucoup plus faciles \u00e0 cultiver, mais l&rsquo;agriculture pluviale ne rapporte pas d&rsquo;argent.\u00a0\u00bb L&rsquo;arachide l&rsquo;a fait, pendant un certain temps.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le cycle de culture de l&rsquo;arachide est d&rsquo;environ 110 jours. Sur cette dur\u00e9e, elle ne couvre le sol, le prot\u00e9geant de l&rsquo;\u00e9rosion, que pendant 60 \u00e0 70 jours. A l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on cultivait neuf vari\u00e9t\u00e9s de millets et de l\u00e9gumineuses diff\u00e9rentes, chaque ann\u00e9e de juin \u00e0 f\u00e9vrier, elles offraient \u00e0 tour de r\u00f4le leur ombre protectrice \u00e0 la terre arable.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00c0 Honnur, Himachal est pensif. Il sait que les puits d\u2019irrigation et les cultures de rente ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s profitables pour les agriculteurs. Il observe aussi la tendance \u00e0 la baisse dans ce domaine \u2013 qui se manifeste par les migrations croissantes \u00e0 mesure que les moyens d&rsquo;existence diminuent. \u00ab\u00a0Il y a toujours plus de 200 familles qui cherchent du travail ailleurs\u00a0\u00bb, dit Himachal. Soit le sixi\u00e8me des 1 227 m\u00e9nages enregistr\u00e9s lors du recensement de 2011 dans ce village du <em>mandal<\/em> de Bommanahal d&rsquo;Anantapur. \u00ab\u00a0Environ 70 \u00e0 80 pour cent de tous les m\u00e9nages sont endett\u00e9s\u00a0\u00bb, ajoute-t-il. La d\u00e9tresse agricole est s\u00e9v\u00e8re \u00e0 Anantapur depuis vingt ans\u00a0: c&rsquo;est le district de l&rsquo;Andhra Pradesh o\u00f9 l\u2019on compte le plus de suicides d&rsquo;agriculteurs.\u00a0<\/span><\/p>\n<figure style=\"width: 615px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ruralindiaonline.org\/media\/images\/06a-_SAI3627-PS-Its_raining_sand_in_Rayala.max-1400x1120.jpg\" alt=\"\" width=\"615\" height=\"410\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Pujari Linganna (Photo : P. Sainath\/PARI)<\/figcaption><\/figure>\n<figure style=\"width: 357px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"lazyloaded\" src=\"https:\/\/ruralindiaonline.org\/media\/images\/06b-IMG_6983-PS-Its_raining_sand_in_Rayala.max-1400x1120.jpg\" alt=\"Palthuru Mukanna \" width=\"357\" height=\"376\" data-src=\"\/media\/images\/06b-IMG_6983-PS-Its_raining_sand_in_Rayala.max-1400x1120.jpg\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Palthuru Mukanna (Photo : Rahul M.\/PARI)<\/figcaption><\/figure>\n<figure style=\"width: 487px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"lazyloaded\" src=\"https:\/\/ruralindiaonline.org\/media\/images\/06c-DSC02515-PS-Its_raining_sand_in_Rayala.max-1400x1120.jpg\" alt=\"V. L. Himachal\" width=\"487\" height=\"400\" data-src=\"\/media\/images\/06c-DSC02515-PS-Its_raining_sand_in_Rayala.max-1400x1120.jpg\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">V. L. Himachal (Photo : P. Sainath\/PARI)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Le temps du boom des puits d\u2019irrigation est r\u00e9volu\u00a0\u00bb, dit Malla Reddy. \u00ab\u00a0Il en va de m\u00eame pour les cultures de rente et les monocultures.\u00a0\u00bb Tous trois prolif\u00e8rent encore, cependant, sous l&rsquo;impulsion de cette mutation fondamentale, de la polyculture vivri\u00e8re \u00e0 la \u00ab\u00a0cr\u00e9ation de produits destin\u00e9s \u00e0 de nouveaux march\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Si le changement climatique n\u2019est que le signe que la nature se r\u00e9initialise, alors, qu&rsquo;est-ce que nous constatons \u00e0 Honnur et \u00e0 Anantapur ? En outre, \u00e0 ce que nous disent les scientifiques, le changement climatique intervient sur de tr\u00e8s vastes r\u00e9gions et zones naturelles &#8211; Honnur et Anantapur ne sont que des unit\u00e9s administratives, de simples points sur la carte, trop petits pour \u00eatre pertinents. Se pourrait-il que des changements \u00e0 grande \u00e9chelle concernant des r\u00e9gions beaucoup plus vastes puissent parfois aggraver les ph\u00e9nom\u00e8nes bizarres qui se produisent dans les sous-r\u00e9gions de ces r\u00e9gions ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Presque tous les \u00e9l\u00e9ments du changement local r\u00e9sultent de l&rsquo;intervention humaine. L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de forages, le passage massif aux cultures commerciales et \u00e0 la monoculture, la perte de la biodiversit\u00e9 qui pourrait \u00eatre la meilleure d\u00e9fense d&rsquo;Anantapur contre le changement climatique, l&rsquo;\u00e9puisement continu de la nappe phr\u00e9atique, la destruction de la mince couverture foresti\u00e8re dans cette r\u00e9gion semi-aride ; la d\u00e9gradation de l&rsquo;\u00e9cologie des prairies et une grave d\u00e9gradation des sols ; l&rsquo;intensification de l&rsquo;agriculture chimique pouss\u00e9e par l&rsquo;industrie ; l&rsquo;effritement des relations symbiotiques entre la ferme et la for\u00eat, les \u00e9leveurs et les agriculteurs &#8211; et la perte des moyens de subsistance ; et enfin la mort des rivi\u00e8res. Tous ces facteurs ont eu un impact \u00e9vident sur les temp\u00e9ratures, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques et le climat, qui ont \u00e0 leur tour accentu\u00e9 ces processus.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Si l&rsquo;action humaine, guid\u00e9e par un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique devenu fou, est un facteur d\u00e9terminant dans les changements que nous subissons, il y a beaucoup \u00e0 apprendre de cette r\u00e9gion et de bien d&rsquo;autres comme elle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Peut-\u00eatre devrions-nous fermer les puits d\u2019irrigation et revenir \u00e0 l&rsquo;agriculture pluviale\u00a0\u00bb, dit Himachal. \u00ab\u00a0Mais c&rsquo;est trop difficile.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Le projet de reportages au niveau national de PARI (Archives populaires de l&rsquo;Inde rurale) sur le changement climatique fait partie d&rsquo;une initiative soutenue par le PNUD pour saisir ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 travers les voix et l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue de gens ordinaires.<\/strong><\/span><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/d\/d7\/Map_AP_dist_all_shaded.png\" width=\"660\" height=\"630\" \/><span class=\"texte1\">Le Rayalaseema comprend quatre districts m\u00e9ridionaux de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Andra Pradesh, \u00e0 savoir Anantapur, Chittoor, Kadapa (Cuddapah) et Kurnool<\/span><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/7\/7e\/Rayalaseema_in_Andhra_Pradesh.png\" width=\"618\" height=\"576\" \/><strong><span class=\"auteur\" style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=6827&amp;lg_pp=fr\">Palagummi Sainath<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Original: <span class=\"navigation_cadre\"> <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=26509\">It\u2019s raining sand in Rayalaseema<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Traduit par <span class=\"trad\"><a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=4445&amp;lg_pp=fr\">Jacques Boutard<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Edit\u00e9 par <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=2&amp;lg_pp=fr\"><span class=\"auteur\">Fausto Giudice \u0424\u0430\u0443\u0441\u0442\u043e \u0414\u0436\u0443\u0434\u0438\u0447\u0435 \u0641\u0627\u0648\u0633\u062a\u0648 \u062c\u064a\u0648\u062f\u064a\u0634\u064a<\/span><\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Source: <a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=26533\">Tlaxcala<\/a>, le 23 juillet 2019<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Traductions disponibles: <span class=\"navigation_cadre\"><a href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=26569\">Italiano<\/a>\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.lapluma.net\/2019\/07\/23\/isaka-varsham-llueve-arena-en-rayalaseema-india\/\">Espa\u00f1ol\u00a0 <\/a><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si l&rsquo;action humaine, guid\u00e9e par un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique devenu fou, est un facteur d\u00e9terminant dans les changements que nous subissons, il y a beaucoup \u00e0 apprendre de cette r\u00e9gion et de bien d&rsquo;autres comme 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