28 février : Il y a 41 ans, l’Andalousie obtenait son Statut d’autonomie

Le 28 février 1980, eut enfin lieu le référendum qui devait créer la nouvelle communauté autonome, l’Andalousie.

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Dans le sud de l’Espagne, « vert, blanc et vert » brille l’Andalousie, la communauté autonome la plus peuplée d’Espagne, la deuxième après Castilla y León et qui compte 8,3 millions d’habitants. Elle compte huit provinces et possède un riche patrimoine naturel, historique et culturel connu de tous. Un territoire si vaste et si varié, avec une diversité de paysages et de climats comme un trésor, qui en font une destination idéale à visiter en toute saison de l’année. Le 28 février est un jour spécial pour cela, lorsque la communauté célèbre la Journée de l’Andalousie.

Pour les Andalou·es, le 28 Février est une date très importante. Nous commémorons le jour de l’Andalousie, étant donné que c’est le jour où eut lieu le premier Référendum d’autonomie et que nous avons obtenu le Statut pour l’Andalousie. Ce processus fut la conséquence de soulèvements populaires face à un pouvoir colonial qui avait opprimé notre peuple depuis la conquête germanique d’Al Andalus. Cette conquête a servi de modèle pour le reste des invasions de l’Empire espagnol, où ont été perpétrées les mêmes méthodes qui avaient été utilisées dans nos terres et avec notre peuple.

Juan Kalvellido, Tlaxcala

Dans les conquêtes de l’Espagne, l’Andalousie a été sa première victime.

Le partage de la terre entre les conquérants, leur monopole, la religion unique du Vatican en tant qu’acteur et instigateur de l’entreprise, le dénigrement de la population qui a abouti à en faire de simples sujets d’un royaume imposé, ont soumis notre peuple à des niveaux de pauvreté et d’humiliation jamais vus, qui menaçaient continuellement Madrid de révoltes et soulèvements populaires.

Mais notre peuple n’a jamais oublié, il a utilisé la culture populaire, la mémoire familiale pour se souvenir et reconstruire une société qui, inévitablement, s’est révoltée.

Et elle le fit de façon remarquable à partir du 4 décembre 1977, quand près d’un million et demi d’Andalous exprimèrent leur désir d’obtenir ce statut d’Autonomie pour lequel beaucoup avaient donné leur vie. Ce fut un grand acte d’affirmation, comme cet autre 4 décembre, en 1868, lorsque Cadix se souleva, revendiquant la République Fédérale. Les Andalous surmontèrent leur peur à l’égard d’une dictature qui, même après la mort de son “caudillo”, gardait intact tout son pouvoir de répression et de contrôle.

Et ils le déployèrent.

De nombreuses victimes “collatérales” assombrirent notre joie d’une liberté rêvée, mais ne purent arrêter notre soif de liberté.  Ce processus historique comporte des crimes non élucidés, comme celui de Manuel José García Caparrós, qui fut assassiné lors de la manifestation où plus de 200 000 personnes descendirent dans la rue. Il n’avait que 18 ans.

En effet, après d’intenses luttes sociales, on nous accorda un référendum qui s’annonçait déjà plein de pièges et de tromperies. L’article 151 de la Constitution espagnole, qu’on appelle “initiative municipale”, permit de demander un processus rapide pour accéder à la pleine autonomie pour l’Andalousie. Selon cette disposition, une communauté autonome pouvait lancer ce processus rapide pour accéder à la pleine autonomie si plus de 75% de ses municipalités dans chaque province (si, par exemple, il y en avait 80% dans une province et  20% dans une autre, ce n’était pas valable), de la communauté concernée approuvait la mesure dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire.

Chaque fois que la société andalouse faisait un pas sur le chemin de l’autonomie, on suscitait de nouveaux obstacles légaux, mais ils furent franchis avec la même détermination.

Le 28 février 1980, eut enfin lieu le référendum qui devait créer la nouvelle communauté autonome, l’Andalousie. Un référendum soumis à conditions, puisqu’il fallait que 50% des électeurs répondent affirmativement dans les huit provinces ; si ce chiffre n’était pas atteint, il faudrait refaire cinq ans plus tard le référendum général, ou, selon l’article 151 de la Constitution, les villes qui  atteignaient ce chiffre, pourraient se constituer en villes autonomes.

Même lorsque Rafael Escudero, le dirigeant politique le plus important dans ce processus, essaya d’exercer son droit de vote dans son collège électoral le matin du 28 février 1980, il découvrit avec stupeur que son nom ne figurait pas sur la liste électorale. Après de nombreuses allées et venues, consultations, doutes, attentes et situations aberrantes, il put finalement voter. Quelques instants avant d’introduire son bulletin dans l’urne, le président de la Junte dit : “Lors de ce référendum, les morts ont voté facilement, tandis que, nous, les vivants, nous avons connu, pour ce faire, de sérieuses difficultés”.

Les irrégularités dans le référendum furent constatées tout au long de la journée, et, bien sûr, lors du comptage, ce qui leur permit de réaliser une fraude caractéristique, en proclamant que la province d’Almería avait “seulement” atteint  49% du total des inscrits, ce qui faisait que nous avions perdu.

La réaction populaire des jours suivants s’imposa et le gouvernement dut finalement céder ; et bien qu’ils aient refusé de nous reconnaître en tant que communauté “historique”, le 28 février nous avons obtenu par référendum d’accéder à notre autonomie sur un pied d’égalité avec d’autres communautés. Nous l’avons obtenu, et nous avons eu un autogouvernement, la Junte d’Andalousie.

Mural de Decima à Jerez de la Frontera

Juan Pedro Sarasua Helices

Original: 28-F: hace 41 años, Andalucía consiguió su Estatuto autonómico

Traduit par  Rosa Llorens Ρόζα Λιώρενς

Edité par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Traductions disponibles : English  Deutsch 

Source: Tlaxcala le 28 février 2021

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg