Septembre sahraoui : du Grand Wyoming à l’UNESCO, campagne révisionniste marocaine

La activista de Derechos Humanos saharaui y premio Nobel Alternativo  Aminetu Haidar fue contundente: recordó que el Sáhara Occidental es la última colonia en África y dijo a la ministra que el pueblo saharaui “existirá a pesar de su complicidad y a pesar de la traición de su gobierno”.

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Le Maroc a du voir avec une grande satisfaction en septembre 2020 comment le territoire non autonome du Sahara occidental apparaissait à l’intérieur de ses frontières sur une carte utilisée par l’émission El Gran Wyoming, sur la chaîne de télévision espagnole La Sexta, le même mois où la capitale de l’ex-colonie espagnole, El Ayoun, a été incluse par l’UNESCO dans une liste de villes marocaines.

Le Maroc le martèle sans relâche : le Sahara occidental fait partie de son intégrité territoriale, bien qu’il soit un territoire relevant du Comité spécial de la décolonisation des Nations unies et qu’aucun pays au monde n’a reconnu la souveraineté marocaine.

Le Maroc prétend que ses frontières incluent les territoires qu’il a envahis fin 1975, au point qu’en février 2018, il a retiré 25 publications de la Foire internationale du livre de Casablanca parce qu’elles contenaient des cartes montrant séparément le Sahara occidental et le Maroc, un pays où les cartes routières, les manuels scolaires et les cartes illustrant les murs des écoles ne comportent pas de ligne de démarcation avec le territoire que l’Espagne a omis de décoloniser.

Dans ce contexte, et à la grande joie du régime marocain, le 14 septembre est paru dans El intermedio — l’émission d’actualité et d’humour qui présente le Grand Wyoming avec la phrase « vous connaissez les nouvelles, maintenant nous allons vous dire la vérité » — une carte du monde où le Maroc s’étendait jusqu’au sud du Sahara occidental. Un tweet d’Actualidad saharaui le dit clairement : « Messieurs d’El Intermedio – Voyons si vous pouvez changer la carte d’El Intermedio… Le Sahara occidental n’est PAS au Maroc ».

La surprise marocaine a dû être importante : El Intermedio est une émission de télévision qui a montré une sensibilité à la cause sahraouie, comme lorsqu’en novembre 2016 le reporter Gonzo s’est rendu dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie) et a interviewé le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali.

Un autre incident en septembre a eu comme protagoniste l’UNESCO : l’organisation a incorporé El Ayoun, capitale du Sahara occidental, parmi les villes marocaines incluses dans le programme du Réseau mondial des villes apprenantes. À cette occasion, la joie du régime marocain a été de courte durée : quelques jours plus tard, l’UNESCO a reconnu son erreur, s’est excusée et a retiré El Ayoun de la liste des villes marocaines.

En cause : la directrice de l’UNESCO, la franco-marocaine Audrey Azoulay, représentante du Makhzen marocain dans cette organisation, selon le journal LRS, et issue d’une famille juive marocaine originaire de la ville d’Essaouira ; son père, André Azoulay, est conseiller du roi du Maroc, Mohamed VI, selon l’ECS.

La Sexta n’est pas le seul cas d’un média espagnol présentant le Sahara occidental sur une carte du Maroc : El País l’a fait le 6 février 2018, à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro des mutilations génitales féminines, et El Diario.es le 30 juin 2020 dans un vaste reportage intitulé « La carte mondiale du coronavirus », mais en incluant dans ce cas au Maroc la zone occupée du Sahara, séparée de celle contrôlée par le Front Polisario. Plus tard, la carte de ces informations, dans laquelle apparaît comme source une étude de l’Université Johns Hopkins de Baltimore, Maryland (USA), a été modifiée, en différenciant le Maroc et tout le Sahara occidental.

Un cas de double jeu est celui de Google Maps : si on le consulte depuis le Maroc, il n’y a pas de ligne de démarcation avec le Sahara occidental et la frontière marocaine atteint la Mauritanie, mais si on le fait depuis toute autre localisation que le Maroc, une ligne en pointillés sépare sur la carte l’ex-colonie espagnole du territoire de son envahisseur.

À propos de cartes, , si quelqu’un a fait plaisir au régime marocain, ce doit être la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya : le 25 mai 2020, elle a félicité sur son compte Twitter 3tous les Africains3 pour la Journée de l’Afrique, mais a retiré le drapeau sahraoui de la carte politique de l’Union africaine (UA), dont la RASD est cofondatrice.

La militante sahraouie des droits humains et prix Nobel alternatif Aminetu Haidar a été cinglante : elle a rappelé que le Sahara occidental est la dernière colonie d’Afrique et a déclaré à la ministre que le peuple sahraoui « existera malgré sa complicité et malgré la trahison de son gouvernement ».

Dans les territoires occupés du Sahara occidental que le Maroc présente comme sien et appelle ses « provinces du sud », dans les villes du sud du Maroc avec une population sahraouie et dans les prisons marocaines avec des prisonniers politiques sahraouis, les droits humains ont violés quotidiennement, comme le montre la chronique suivante pour septembre 2020, étable d’après les informations des organisations sociales et des médias sahraouis :

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Alfonso Lafarga

Original: Septiembre saharaui: De El Gran Wyoming a la UNESCO

Traduit par   Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Source: Tlaxcala, le 9 octobre 2020

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg