Sa Majesté se tait et s’en va

“Avec la vérité, je n’offense ni ne crains ; le gouvernement vénézuélien se réserve le droit de répondre à toute agression, en tout lieu, en tout espace et sur n’importe quel ton, uniquement cela”.

Redes Sociales:
9
20
fb-share-icon20

Ce mois-ci, l’ex roi d’Espagne Juan Carlos I, a annoncé sa décision de quitter son pays. Le roi se tait quand dans sa lettre à son fils Felipe VI, publiée dans un communiqué officiel de la Maison royale, il évoque une enquête judiciaire pour corruption d’une centaine de millions de dollars en la présentant comme « certains événements passés de ma vie privée » et sa fuite en exil comme « ma décision réfléchie de voyager hors d’Espagne ».

Bien qu’il souffre quotidiennement d’interventionnisme, le Venezuela est un pays qui n’intervient pas dans les affaires intérieures d’autres nations. Les cas discutables et répréhensibles de Juan Carlos I sont des affaires qui correspondent à l’Espagne, à ses citoyens et à sa justice.

Mais leur roi en étant de nouveau à la une, a rappelé aux Vénézuéliens qu’en d’autres temps, il avait publiquement osé donner l’ordre de se taire à leur président Hugo Chávez.

Pourquoi ne te tais-tu pas ?

En 2007, lors du XVIIe Sommet ibéro-américain des chefs d’État au Chili, le président espagnol Zapatero a exigé le respect pour son prédécesseur Aznar, face aux accusations de Chávez « Parce qu’il manque de respect au Venezuela en tous lieux, j’ai droit à la défense … » mais interrompu par le roi Juan Carlos qui demanda avec autorité à Chávez « Pourquoi ne te tais-tu pas ? ».

Peut-être le roi, invité du Sommet, était-il déphasé de plus de deux siècles, se souvenant de l’Empire espagnol quand les pays d’Amérique du Sud étaient de simples Capitaineries.

De son côté Chávez, se souvenait-il probablement des implications de l’Espagne et d’Aznar pour le coup d’État dont il fut victime en avril 2002:

. L’Espagne dans une déclaration conjointe avec les États-Unis soutenant le coup d’État.
. Aznar donnant ses instructions à son ambassadeur au Venezuela pour soutenir le coup d’État.
. Aznar divulguant sa thèse en 2006 et déclarant l’Amérique latine « une région menacée par la combinaison explosive du populisme et de l’indigénisme sous l’ombre de l’alliance entre Fidel Castro et le vénézuélien Hugo Chávez » et que Chávez était « une menace dangereuse pour la région ».

Le lendemain de l’ordre prétentieux de Sa Majesté de se taire, Chávez demanda une minute au président Ortega du Nicaragua pour clarifier que : “Avec la vérité, je n’offense ni ne crains ; le gouvernement vénézuélien se réserve le droit de répondre à toute agression, en tout lieu, en tout espace et sur n’importe quel ton, uniquement cela”.

Du temps de ses prédécesseurs Conquistadors, probablement à Sa Majesté Juan Carlos n’était pas parvenu à l’avertissement que ne peut être réduit au silence qui a du sang de cimarron (esclaves déplacés d’Afrique qui en rébellion ont gagné la liberté) et du sang de zambo (la race autochtone surgie de l’alliance entre un cimarron et un indien  d’Amérique du Sud).

Au Venezuela d’aujourd’hui, aux descendants des zambos s’est unit un peuple qui rassemble une grande majorité de patriotes, qui s’identifient à leur mot d’ordre « loyaux toujours, traîtres jamais ».

Nilan,  Pourquoi ne te tais-tu pas !, huile sur toile,  85 X100 cm,  2007. Incident célèbre entre Juan Carlos I et Chavez

Jean Araud pour La Pluma

Original: Su Majestad se calla y se va

Edité par María Piedad Ossaba