Mexique : La guerre contre les peuples autochtones

La expresión « guerra contra los pueblos » se escuchó en todas las mesas de trabajo y plenarias, destacando que el mal gobierno, junto con sus grupos armados … extienden, en nombre del dinero y el « progreso », la destrucción sobre todo el territorio nacional.

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Alors que le gouvernement dit de la « Quatrième Transformation »* célébrait sa victoire à la Pyrrhus d’une prétendue approbation citoyenne du mégaprojet du Maya (sic), avec un vote de moins de 3 pour cent des électeurs inscrits, et avec le consentement apocryphe des peuples originels, en violation de la Convention 169 de l’OIT et avec la condamnation de l’ONU, dans le caracol zapatiste Jacinto Canek, au Cideci-Unitierra, à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, des rencontres ont eu lieu du 18 au 22 décembre, organisées par la quatrième assemblée nationale conjointe du Congrès National Indigène (CNI), du Conseil de Gouvernement Indigène (CIG) et de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), d’une part, et, d’autre part, le Forum pour la défense du territoire et de la Terre Mère.

Les zones par lesquelles le train maya passera. Photo prise de Twitter @TrenMayaMX

Il était choquant et significatif d’entendre pendant ces jours les témoignages des délégués et des conseillers de tous les coins de notre République assiégée, dans lesquels se mêlaient « le deuil et la colère » pour les spoliations de toutes les formes de vie, pour les menaces et les atteintes contre la Terre Mère, pour les assassinats de ses défenseurs, comme le délégué de Popoluca du CNI, Josué Bernardo Marcial Campo, « aussi connu sous le nom de Tío Bad, qui pour son art, sa musique et sa protestation contre les mégaprojets que le mauvais gouvernement prétend avoir mené à bien, comme la fracturation hydraulique, a disparu et a été retrouvé brutalement assassiné le 16 décembre dernier », comme les crimes d’état (par omission ou commission) de Samir Flores Soberanes (Nahua de Morelos), Julián Cortés Flores (Mephaa de Guerrero), Ignacio Pérez Girón (Tzotzil du Chiapas), José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahujote (Nahuas du Guerrero), Juan Monroy et José Luis Rosales (Nahuas de Jalisco), Feliciano Corona Cirino (Nahua du Michoacán). Tous, «  assassinés pour s’être opposés à la guerre par laquelle le mauvais gouvernement entend s’emparer de nos terres, de nos montagnes et de nos eaux, pour consolider la dépossession qui menace notre existence en tant que peuples autochtones ».

Les participants ont qualifié les consultations du gouvernement actuel de « mensonges » et de « manipulations », et ont réitéré qu’elles violaient la jurisprudence internationale. L’intention est de supplanter la volonté collective et d’ignorer les formes d’organisation communautaire, principalement les assemblées comme organes suprêmes de débat et de décision. L’objectif est de démanteler le tissu communautaire, en encourageant le conflit, la polarisation et la confrontation au sein des villages par les entreprises capitalistes et par des programmes gouvernementaux individualisés et clientélistes, comme Sembrando Vida (Semer la vie), qui a été sévèrement critiqué. « Les conflits internes (…) entachent les communautés de violence entre ceux qui défendent la vie et ceux qui ont décidé d’y mettre un prix, même au prix de la vente des générations futures pour les profits de millions de quelques corrompus, que les groupes armés du crime organisé servent ».

L’expression « guerre contre les peuples » a été entendue à toutes les tables de travail et séances plénières, soulignant que le mauvais gouvernement, avec ses militaires armés, sa police, ses paramilitaires, sa garde blanche et ses groupes de choc, répande la destruction sur tout le territoire national au nom de l’argent et du «  progrès ».

Les menaces qui pèsent sur la vie et la reproduction des peuples autochtones se manifestent par l’imposition de gazoducs, d’aqueducs, de centrales hydroélectriques, thermoélectriques et éoliennes, de la fracturation hydraulique, de dépossession et de privatisation de l’eau, de projets miniers, routiers, aéroportuaires, immobiliers, touristiques, de couloirs industriels, de barrages et de réservoirs, de zones franches, de monocultures, de destruction et de pillage des forêts, de mort des lacs et des rivières et, dans toutes les régions, la violence déclenchée par le crime organisé comme une entreprise capitaliste parmi d’autres, soutenue par et au service du pouvoir, comme un agent de terreur et de pillage, comme un bras armé de plus destiné à vider les territoires et à éliminer la résistance communautaire.

La critique du mégaprojet de l’Isthme de Tehuantepec, « une attaque contre Mère Nature, les peuples autochtones et la souveraineté nationale », qui transformerait la région «  en un immense parc industriel », a été significative, tout comme la critique du Projet Intégral de Morelos et du Train Maya (sic), puisque l’objectif de tous ces projets est de brader les territoires et les ressources naturelles de la nation et de ses peuples aux entreprises capitalistes.

La conviction a été unanime et forte dans les réunions : il faut continuer à renforcer l’autonomie anticapitaliste, antiraciste et anti-patriarcale (semence de rébellion au milieu de la mort) comme stratégie fondamentale des résistances émancipatrices, en reconnaissant les processus d’autonomie extraordinaires des Mayas zapatistes, exemple d’intégralité et d’articulation avec les luttes du Mexique et du monde.

« Samir vit, la lutte continue ! »

NdT

*La « quatrième transformation du Mexique » annoncée par Andrés Manuel Obrador dès son élection est censée venir après les trois précédentes :  l’indépendance de 1810, la réforme instaurant la laïcité de 1857 à 1861 et la révolution de 1910.

Gilberto López y Rivas

Original: México: La guerra contra los pueblos indígenas

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Edité par María Piedad Ossaba

Source: Tlaxcala, le 1 janvier 2019