Le Front POLISARIO qualifie d’ « infâme » la mise en garde du ministère espagnol des Affaires étrangères contre une possible attaque « imminente » contre des Espagnols dans la zone des campements sahraouis de Tindouf

Le gouvernement sahraoui et le Front POLISARIO insistent sur le fait que jusqu’à présent, il n’y a pas d’avertissements concernant d’éventuelles menaces pour visiter les campements de réfugiés sahraouis, connus pour leur sécurité.

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Le Ministère des Affaires Etrangères espagnol considère les camps de réfugiés sahraouis comme une zone à risque d’éventuelle attaque terroriste imminente.
Le Front POLISARIO parle d’un « communiqué stupéfiant » et d’une déclaration « étrange et suspecte ».
Le POLISARIO accuse le régime marocain d’entretenir des relations étroites avec les groupes terroristes au Sahel, alimentés par les drogues cultivées et vendues par le Royaume du Maroc.

La mise en garde sur le site du ministère, présente depuis 2013 et « actualisée le 27 novembre »

Le gouvernement sahraoui et le Front POLISARIO ont qualifié d’ »infâme » l’avertissement lancé par le ministère espagnol des Affaires étrangères concernant une attaque djihadiste imminente dans les campements de réfugiés sahraouis à Tindouf (Algérie).

Le ministère des Affaires Etrangères considère les camps sahraouis comme une zone à risque face à « l’instabilité croissante dans le nord du Mali et à l’augmentation de l’activité des groupes terroristes dans la région ».

Après la diffusion du message le mercredi 27 sur Twitter, le lendemain El País annonce que les services secrets mettent en garde contre le risque d’une attaque djihadiste contre les Espagnols au Sahara, après avoir reçu des informations de « sources fiables » que l’action terroriste est « dans un état avancé de préparation ».

Selon les « sources gouvernementales » du journal, l’annonce provient des services de renseignement opérant dans la région et désignant directement l’Etat islamique du Grand Sahara (ISIS-GS), « dont les attaques ont causé plus d’une centaine de morts rien que ce mois-ci», le ministère des Affaires étrangères recommande donc de ne pas se rendre dans les campements sahraouis.

Par la suite, la ministre de la Défense par intérim, Margarita Robles, assure sur la chaîne Cadena SER dans la matinée que la menace est « réelle, très avancée et pourrait être imminente » et le ministre des Affaires étrangères par intérim, Josep Borrell, déclare dans l’après-midi que les informations sont confidentielles, même si elles ne peuvent être données comme absolument exactes, sans exclure le rapatriement du personnel humanitaire espagnol.

C’est précisément dans un proche avenir que les familles espagnoles devraient se rendre dans les campements de réfugiés sahraouis pour y vivre avec les enfants qu’elles ont reçus chez elles l’été dernier dans le cadre du programme Vacances dans la paix. Dans les campements, il y a un nombre important de travailleurs humanitaires, espagnols et d’autres nationalités.

La réaction du gouvernement de la République sahraouie et du Front POLISARIO à un « communiqué stupéfiant » et une déclaration «  étrange et suspecte «  est forte : l’avertissement de ne pas visiter les campements de réfugiés sahraouis n’est pas justifié à moins que des raisons politiques ou objectives « résultent d’une complicité surprenante » et «  elle est dirigée non seulement contre les réfugiés, mais aussi contre leur pays hôte « .

Pour le Front POLISARIO, il est regrettable que le gouvernement espagnol « persécute encore, 44 ans plus tard, les Sahraouis, qu’il a poussés à l’exil (…), à l’exode et contraints de quitter leurs propres terres après avoir été livrés à l’armée marocaine, qui a tenté de les exterminer avec des bombes au napalm et au phosphore blanc, interdites internationalement ».

L’Etat espagnol, selon le POLISARIO, cherche à créer « ambiguïté et confusion » et à « promouvoir une image fabriquée d’horreur et de danger imminent » dans les campements sahraouis et affirme que les autorités espagnoles ont essayé d’amener les organisations humanitaires à quitter la région et à réduire ainsi le soutien humanitaire aux réfugiés, « en pleine harmonie avec la campagne conduite par le Maroc et la France ».

Le gouvernement sahraoui et le Front POLISARIO insistent sur le fait que jusqu’à présent, il n’y a pas d’avertissements concernant d’éventuelles menaces pour visiter les campements de réfugiés sahraouis, connus pour leur sécurité.

Ils accusent le régime marocain d’entretenir des relations étroites avec les groupes terroristes au Sahel pour créer l’instabilité dans la région, groupes qui se nourrissent principalement des drogues cultivées et vendues par le Royaume du Maroc, premier producteur et exportateur mondial de cannabis.

Le gouvernement sahraoui et le Front POLISARIO condamnent la « déclaration infâme » du ministère espagnol des Affaires étrangères et notent sa coïncidence avec la récente rencontre entre Josep Borrell et le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui a été reçu par le Président en exercice du gouvernement, Pedro Sánchez.

La déclaration du ministère des Affaires étrangères a également été contestée par des responsables du POLISARIO en Espagne, tels que sa déléguée nationale, Jira Bulahi, qui la considère « extrêmement suspecte » et d’une hostilité complice à la lutte du peuple sahraoui.

Il a critiqué le fait que personne du gouvernement espagnol n’avait pris contact avec le gouvernement sahraoui pour l’informer de ces éventuels actes terroristes, inconnus également de la mission des Nations Unies au Sahara occidental, et a souligné qu’ils avaient dû demander un entretien avec un responsable du ministère espagnol.

Du Pays Basque, le délégué sahraoui, Abdulah Arabi, se demande pourquoi on remet en avant maintenant une annonce qui se trouve sur le site ouèbe du ministère depuis 2013 et affirme qu’il s’agit d’une nouvelle manœuvre du Maroc : il profite de la reddition et du caractère intérimaire de la politique étrangère espagnole pour éviter une importante présence internationale au 15ème  Congrès du Front POLISARIO, qui aura lieu en décembre à Tifariti, dans les zones libérées de la République Sahraouie.

Le chef de la Commission des affaires étrangères du Front polisario, Mhamed Jadadad, a déclaré que la déclaration du ministère espagnol des Affaires étrangères montre la complicité du gouvernement espagnol avec le colonialisme marocain, en grande difficulté sur son front intérieur et très préoccupé par les décisions que prendra le congrès du POLISARIO.

« Le Maroc sera directement responsable de toute action terroriste contre les campements de réfugiés sahraouis et leurs environs », a déclaré à RASD TV le coordinateur sahraoui avec la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), rappelant que le régime marocain est le premier exportateur de terroristes dans le monde.

Alfonso Lafarga

Source: Tlaxcala, le 29 novembre 2019