Le gouvernement de Madrid condamne les violations des droits humains partout dans le monde, sauf au Sahara occidental occupé

« quand le meurtre de la jeune fille sahraouie et les incidents graves ont eu lieu, aucune voiture de la MINURSO n’a quitté sa base pour observer », ce qui se passe « avec la complicité de la France et de l’Espagne, avec le silence de leur presse…

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  • Le deux poids deux mesures du gouvernement socialiste : le ministère des Affaires étrangères ne se prononce pas sur la mort de Sabah Osman Hmeida, 23 ans, qui a été intentionnellement écrasée à mort par un véhicule militaire marocain.
  • Les « attaques aveugles contre la population » dans des pays comme le Soudan ne méritent pas l’attention de l’exécutif quand elles se produisent au Sahara occidental.
  • Depuis le début de l’année, le ministère espagnol des Affaires étrangères a publié 120 communiqués sur les événements dans le monde, dont aucun sur les violations des droits de l’homme dans l’ancienne colonie espagnole.

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 Sabah

Le Ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération du Gouvernement espagnol condamne habituellement les attaques contre la population civile dans différents pays du monde, tant qu’elles n’ont pas lieu dans les territoires du Sahara occidental occupés par le Maroc.

Depuis le début de l’année, le ministère des Affaires étrangères s’est prononcé à 120 reprises sur des événements internationaux d’actualité, notamment des atteintes aux droits humains, des tentatives de coups d’État, des attaques, la défaite du Daesh, le plateau du Golan, la bande de Gaza, les colonies israéliennes, la situation au Venezuela, en Libye, Iran, Sri Lanka, Niger, Russie, détroit d’Ormuz, Somalie, Tunisie, Arabie saoudite…

Toutefois, il n’a fait aucune déclaration sur l’intensification de la répression contre la population sahraouie par l’armée et la police marocaines au Sahara occidental, où Sabah Osman Hmeida, 23 ans, a été délibérément écrasée par un véhicule militaire.

Depuis le 19 juillet, date à laquelle des milliers de jeunes Sahraouis sont descendus dans la rue pour célébrer la victoire de l’équipe algérienne en finale de la Coupe d’Afrique des Nations au Caire (Égypte) et s’exprimer pour l’indépendance du Sahara occidental, envahi par le Maroc il y a plus de 43 ans, les forces marocaines exercent une répression brutale contre la population sahraouie, enfants compris, à El Ayoun, Smara, Boujdour et Dakhla, en faisant des descentes dans les domiciles, des arrestations, des emprisonnements et de nombreux blessés.

Le Ministère des Affaires Etrangères, le département que dirige encore, en fonctions, Josep Borrell, connu pour ses positions pro-marocaines, a publié cette année 120 déclarations institutionnelles, dont plusieurs sur des cas de lutte pour les libertés et pour la défense des droits humains : le 21 février, à l’occasion du cinquième anniversaire des manifestations de Maidan en Ukraine, l’Espagne a honoré  » la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie pour défendre leurs libertés  » et, le 17 mars, a condamné la répression contre les manifestants et les journalistes pacifiques au Nicaragua et déclaré qu’il était essentiel  » de garantir l’exercice des droits et libertés fondamentaux, notamment le droit à la manifestation pacifique et la protestation « .

Condamnation du recours à la violence au Soudan

Le Ministre des affaires étrangères s’est prononcé à plusieurs reprises sur la situation au Soudan : le 8 avril, il a appelé le gouvernement soudanais, l’armée et les forces de sécurité à éviter l’usage excessif de la force, « permettant ainsi au peuple de continuer à s’exprimer pacifiquement, et à cesser les arrestations des dirigeants politiques, des journalistes et des manifestants » ; le 15 juin, il a demandé la libération de « tous les prisonniers politiques » et que les responsables de violations des droits humains soient traduits en justice ; le 3 juin, il a condamné « le recours à la force pour disperser les manifestants à Khartoum » et quatre jours plus tard, l’Espagne a réitéré « sa plus ferme condamnation de l’utilisation de la violence contre des civils ».

En ce qui concerne les droits humains, le 11 juin, le gouvernement s’est déclaré préoccupé par l’augmentation de la violence au Sahel et a souligné la nécessité de « combattre ces crimes et violations des droits humains qui touchent particulièrement la population civile ».

Dans leurs communiqués, les Affaires étrangères ont également évoqué des cas particuliers : « préoccupation » le 14 mars pour la condamnation de Nasrin Sotoudeh, défenseure iranienne des droits humains et en particulier des droits des femmes ; « grave préoccupation » le 13 avril pour l’arrestation au Tchad d’Andrés Esono Ondo, dirigeant du parti équatoguinéen CPDS, accusé de préparer un coup d’État, pour lequel on a demandé « un respect total de ses droits fondamentaux et des principes et garanties propres à la règle du droit ».

Le 2 juillet, le ministère des Affaires étrangères a rapporté que l’ambassadeur du Venezuela à Madrid avait été convoqué pour lui faire part « de la répulsion du gouvernement espagnol pour la mort tragique du capitaine de corvette Rafael Acosta, probablement due aux mauvais traitements qui lui auraient été infligés pendant sa détention et jsuqu’à sa comparution devant la justice ».

Entre autres cas, l’Espagne a condamné le 3 avril le nouveau Code pénal de Brunei, qui criminalise « l’homosexualité, l’adultère, le blasphème et l’apostasie, qui punit de la peine de mort et prévoit des châtiments corporels pour vol ou avortement », que le gouvernement de Pedro Sanchez a considéré contraire « aux obligations prises par ce pays en matière de droits humains, et, le 19 juillet, elle a condamné l’assassinat au Honduras de deux militants LGTBI des droits humains, suite à quoi le gouvernement espagnol a réaffirmé « l’urgente nécessité de garantir la protection des journalistes et des défenseurs des droits humains ».

Toutes ces condamnations, demandes de garanties et de protection des droits humains se réfèrent à des événements qui se sont produits partout dans le monde, sauf au Sahara occidental, territoire que l’Espagne a cédé au Maroc fin 1975. Comme l’a dit le vice-président de la CODAPSO, Hmad Hammad, « quand le meurtre de la jeune fille sahraouie et les incidents graves ont eu lieu, aucune voiture de la MINURSO n’a quitté sa base pour observer », ce qui se passe « avec la complicité de la France et de l’Espagne, avec le silence de leur presse et leurs spéculations sur les faits, comme celles du correspondant de l’Agence EFE à Rabat ».