Le PP, le PSOE et Ciudadanos refusent que le ministre de l’Intérieur vienne s’expliquer devant le Parlement espagnol sur la remise au Maroc du demandeur d’asile sahraoui Hussein Bachir

Pour les Basques, c’est une question d’urgence, tandis que les indépendantistes (catalans) critiquent le fait que le cas de Bachir Brahim montre que l’exécutif actuel « semble suivre les mêmes politiques d’asile et de refuge » que ses prédécesseurs du PP.

Redes Sociales:
0

MADRID, 28 janvier (EUROPA PRESS) – Le Parti Populaire (opposition de droite), le PSOE (« socialistes ouvriers » au gouvernement)  et Ciudadanos [Citoyens, « libéraux de centre-droit, alliés au Parti Populaire et aux fachos de Vox en Andalousie, NdT]  ont rejeté lundi la demande déposée par Unidos Podemos et Compromís de comparution enregistrée ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, pour expliquer au Parlement la déportation de Hussein Bachir Brahim, défenseur sahraouis des droits humains.

Fernando Grande-Marlaska, un gay marié bilbotarra (bilbayen, de Bilbao), a été magistrat pendant 31 ans avant d’être nommé ministre de l’Intérieur par Pedro Sánchez. Lors de son premier voyage officiel, le 25 juin 2018, il a rencontré le ministre marocain de l’Intérieur pour « aborder le problème des migrations et du terrorisme djihadiste », selon des sources officielles. Pour l’éminent juriste, la lutte des Sahraouis pour leurs droits doit apparemment être traitée dans ce cadre [Commentaire de Tlaxcala].

Selon les porte-parole d’Unidos Podemos et de Compromís dans ce débat, Marcelo Expósito et Joan Baldoví, respectivement, Bachir Brahim a été arrêté aux îles Canaries, après son arrivée en patera, par la police et six jours plus tard il a été déporté au Maroc, où il a été incarcéré pour « activités politiques illégales ».

Le député d’En Comú reconnaît que les relations entre l’Espagne et le Maroc en matière migratoire, entre autres, conditionnent ses décisions, mais estime que l’Espagne ne doit pas faire passer ses intérêts avant  » la loi et les conventions internationales ».

Le député valencien, pour sa part, a critiqué le fait que le pays agit de manière « hypocrite » en matière de refuge et d’asile, en fonction de la géographie et que des permis de séjour sont accordés aux Vénézuéliens, alors que certains militants du Sahara ne bénéficient pas des mêmes avantages. Ces différences dans l’action du gouvernement ont conduit Compromís, comme l’a souligné Baldoví, à demander des explications à l’Intérieur.

Lire L’Espagne livre un étudiant sahraoui au Maroc, qui l’emprisonne

Relations avec le Maroc

Seuls le PNV [Parti nationaliste basque] et ERC [Gauche républicaine catalane] ont soutenu la demande de ces formations. Pour les Basques, c’est une question d’urgence, tandis que les indépendantistes (catalans) critiquent le fait que le cas de Bachir Brahim montre que l’exécutif actuel « semble suivre les mêmes politiques d’asile et de refuge » que ses prédécesseurs du PP.

Les socialistes se sont défendus contre ces accusations en soulignant qu’il s’agit d’un cas très spécifique qui ne permet pas d’évaluer la politique générale d’un gouvernement sur ces questions. Le porte-parole à l’Intérieur du PSOE, David Serrada, a également précisé que le militant, une fois arrêté, avait pris connaissance de la décision de refoulement, en présence d’un avocat et d’un interprète, sans demander de protection internationale. « C’est donc difficile de lui appliquer le protocole », a-t-il dit. [Selon le frère de Hussein, qui l’a rencontré en prison au Maroc, il avait dit aux policiers espagnols qu’il souhaitait demander l’asile, mais peut-être l’avocat et l’interprète s’étaient-ils absentés pour aller pisser jusque à ce moment-là NdT]

La secrétaire d’État aux Migrations, Consuelo Rumi, a déjà expliqué qu’en raison d’un accord bilatéral, les citoyens marocains ne se voient pas accorder l’asile, une explication que Ciudadanos ont estimée valable, ne partageant donc pas avec Unidos Podemos et Compromís l’avis qu’une comparution du ministre de l’Intérieur était nécessaire

Le porte-parole à l’Intérieur des « orangés » [Ciudadanos], Miguel Gutiérrez, a demandé à l’Assemblée de discuter avec le gouvernement quelle va être sa politique pour améliorer le système d’asile et de refuge en Espagne, qui, à son avis, ne fonctionne pas.

Enfin, le PP a également rejeté la présence de Grande-Marlaska au Parlement parce que, à son avis, ce qui est arrivé à Bachir Brahim est le renvoi d’un immigrant irrégulier appartenant à un pays avec lequel il existe une coopération étroite en matière de sécurité. Cette attitude, a déclaré la députée »populaire » Valentina Martinez, est nécessaire pour lutter contre « le terrorisme, le trafic de drogue et l’immigration clandestine ».

Europa Press

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Source: Tlaxcala, le 30 janvier 2019