Sahara occidental : Selon l’ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ?

Les négociations menées à Genève par les représentants du Maroc et les propriétaires légitimes du Sahara Occidental ne pourront jamais être approuvées par l’ONU vue l’absence de l’État qui a réellement l’administration légale du territoire : l’Espagne.

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Un rapport juridique des Nations Unies ratifie le fait que le Sahara occidental n’est pas administré par le Maroc, mais que la puissance administrante est l’Espagne. Donc, selon l’ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ? (Lire le rapport ici).

Le Sahara occidental parmi les tableaux de chasse du roi Juan Carlos

Le Royaume d’Espagne, avec son chef d’État à sa tête, a une responsabilité envers le Sahara occidental qui va au-delà du sentimentalisme car, juridiquement, le territoire continue à appartenir à l’Espagne et non au Maroc. Il y a un aspect qui a été négligé dans notre pays : l’ONU a déclaré nuls et non avenus les Accords de Madrid de 1975 signés par Juan Carlos de Bourbon, qui ont cédé l’administration du Sahara au Maroc et à la Mauritanie. Cette nullité explique pourquoi le territoire fait toujours partie des seize territoires non autonomes supervisés par le Comité spécial de décolonisation de l’ONU.

C’est la Cour internationale de Justice de La Haye qui a refusé au Maroc et à la Mauritanie les droits d’administration sur le Sahara occidental, mais Hassan II a décidé d’envahir le territoire en masquant une invasion militaire en marche pacifique de civils. À cette époque, le dictateur Francisco Franco agonisait à l’hôpital de La Paz et le gouvernement espagnol était intimidé par les menaces marocaines. Des missions furent envoyées à Rabat pour négocier avec le roi alaouite. Juan Carlos de Bourbon, alors chef de l’État par intérim, a rendu visite aux troupes, ce à quoi s’est opposé le président du gouvernement, Carlos Arias Navarro. La Marche verte a finalement été autorisée à entrer sur le territoire pendant que l’Accord tripartite de Madrid était en cours de négociation. Le ministre Antonio Carro y fut pour beaucoup.

Toutefois, dans cet accord signé quelques jours avant la mort de Franco par Juan Carlos de Bourbon, la souveraineté sur le Sahara occidental n’a pas été transmise, outre le fait que l’Espagne a transféré l’administration du territoire au Maroc et à la Mauritanie illégalement, le droit international empêchant l’État d’administration d’abandonner unilatéralement ses responsabilités sur un territoire non autonome et colonisé.

En 1976, alors que Carlos Arias Navarro était encore président du gouvernement, après le départ du dernier contingent espagnol, l’Espagne a informé l’ONU qu’après avoir quitté le territoire, elle était exonérée de toute responsabilité internationale en ce qui concerne l’administration du Sahara et qu’elle le laissait sous occupation du Maroc et de la Mauritanie. Ce raisonnement était fondé sur les accords de Madrid, déclarés illégaux, de novembre 1975. Trois ans plus tard, le gouvernement mauritanien a également abandonné l’administration et, depuis lors, le Maroc occupe et administre le territoire bien qu’il ne figure pas en tant que puissance administrante sur la liste de l’ONU, car l’ONU ne l’a jamais considéré comme tel. C’est ce qui a été établie en 2002 par un rapport juridique signé par Hans Corell, Secrétaire général adjoint aux affaires juridiques de l’ONU. Le Sahara occidental reste donc un territoire espagnol. Sur le plan juridique et sur la base du droit international, l’Espagne est la puissance administrante et permet donc à une nation étrangère d’occuper illégalement le territoire.

Au milieu de la controverse sur Gibraltar et la revendication espagnole de souveraineté sur le Rocher, il est remarquable que l’Espagne ne fasse rien quand elle est légalement la puissance administrante du Sahara. Pour cette raison, notre pays a la responsabilité d’exiger que le Maroc quitte le territoire, avec les sanctions à appliquer. D’autre part, en tant que pays souverain, il doit tenir la promesse faite au peuple sahraoui d’organiser un référendum d’autodétermination, soit par une position forte aux Nations unies, soit en exigeant que le Maroc organise un tel référendum.

Nous avons déjà rapporté dans Diario16 l’hostilité de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell, envers le peuple sahraoui et sa position pro-marocaine : y aurait-il un rapport avec les méga-contrats signés par l’entreprise Abengoa avec le Maroc à l’époque où Borrell faisait partie du conseil d’administration de l’entreprise ?

José Antonio Gómez

Original: Sahara occidental: Según la ONU, ¿Marruecos está ocupando un territorio español?

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Source: Tlaxcala, le 28 décembre 2018