La nature réagit

La nature n’a rien de personnel contre le progrès humain, mais elle se soucie comme de sa dernière calotte des prétextes vertueux avec lesquels la « vie intelligente » justifie l’effondrement de la planète.

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Les rivières ne vont pas s’asseoir avec les cours d’eau pour s’accorder sur de nouvelles alternatives aux lits de rivières asséchés. Les braises de l’incendie ne compenseront pas non plus la montagne, tout comme je ne peux pas imaginer les racines des arbres récemment abattus rédigeant une plainte en assemblée publique.

Les vaches folles n’ont pas plus à cirer de la psychiatrie que les oiseaux de l’ibuprofène, et il semble peu probable que ces autres soi-disant  » animaux de ferme  » aient développé leur dépendance aux hormones à cause de problèmes liés au décrochage scolaire ou à une maltraitance paternelle. Ce n’est pas par prescription médicale que le plastique fait partie de la diète des tortues. La fonte des glaces aux pôles n’a pas lieu parce que la glace, mécontente de son sort glaciaire, a décidé de migrer en caravane à la recherche d’un avenir meilleur comme cube dans un cocktail sur un comptoir de bar. Et le climat n’est pas un fonctionnaire capricieux, avec un doctorat en changement et une maîtrise en arbitraire génétique.

La nature n’a rien de personnel contre le progrès humain, mais elle se soucie comme de sa dernière calotte des prétextes vertueux avec lesquels la « vie intelligente » justifie l’effondrement de la planète. La nature, qui n’exige ni majorité, ni consensus, ni recours à la Cour suprême, ne fait que réagir.

(Euskal presoak-euskal herrira/Llibertat presos politics/Altsasukoak aske)

Koldo Campos Sagaseta, Cronopiages


Original: La naturaleza responde

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Source: Tlaxcala, le 21 novembre 2018