Pétain: le rôle méconnu du maréchal dans la Guerre du Rif

Si son rôle dans ces deux guerres est expliqué en long et en large dans les livres d’Histoire, son implication directe dans les combats au nord du Maroc et les contacts cordiaux, voire amicaux qu’il y a tissés avec Francisco Franco en sont en revanche absents.

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Alors qu’Emmanuel Macron et des personnalités politiques françaises s’apprêtaient à rendre hommage au Maréchal Pétain pour son action lors de la Première guerre mondiale avant de faire volte-face, son passage au Maroc dans les années 20 demeure méconnu. Pourtant, il joua un rôle déterminant dans l’écrasement de la rébellion du Rif menée par Abdelkrim

« Le maréchal Pétain a été pendant la Première guerre mondiale, aussi, un grand soldat ». En déplacement dans les Ardennes pour commémorer les 100 ans de la fin de la Grande guerre, c’est par ces mots que le Président français a déclenché en France et à l’étranger une vive polémique.

Le Maréchal Pétain, qui a été considéré les années suivant la fin du conflit comme le « héros de Verdun », a par la suite pris la tête du régime de Vichy et a été le principal collaborateur de l’Allemagne nazie en France, mettant en place des lois antisémites et abolissant un bon nombre de libertés fondamentales. Si son rôle dans ces deux guerres est expliqué en long et en large dans les livres d’Histoire, son implication directe dans les combats au nord du Maroc et les contacts cordiaux, voire amicaux qu’il y a tissés avec Francisco Franco en sont en revanche absents.

Alors que l’armée espagnole est victime de plusieurs défaites face aux résistants rifains à partir de 1921, la France sent que la République mise en place par Abdelkrim El Khattabi menace ses projets coloniaux en Afrique du Nord et décide d’intervenir dans la Guerre du Rif. La principale déroute espagnole, celle de juillet 1921 à Anoual, pose les bases de la féroce contre-offensive franco-espagnole qui interviendra quelques années plus tard. Le Général espagnol Sylvestre y perd quelques 20 000 hommes et se suicide sur le champ de bataille. A la tête du Protectorat français, le Maréchal Lyautey s’inquiète dans une directive du 20 décembre 1924 d’un éventuel retrait des troupes espagnoles et préconise alors une action de l’armée française pour asseoir de nouveau le pouvoir des armées coloniales dans la région.

Quand Pétain remplace Lyautey

Pour Lyautey le Résident Général, la situation au nord du Maroc est « sérieuse et compliquée ». Il n’en faudra pas plus pour que se tienne à Madrid, en juillet 1925, une conférence franco-espagnole pour décider des actions à mener contre Abdelkrim El Katthabi et ses hommes. Malade, le Maréchal Lyautey demande depuis longtemps à ce qu’un général vienne le seconder dans sa mission au Maroc et puisse le remplacer en cas de besoin. Dans de nombreuses lettres, il s’alarme après ses lourdes opérations de ne pas pouvoir continuer sa mission si il venait à être immobilisé une nouvelle fois. En haut lieu, on lui répond sèchement, « un chef tel que vous, chargé d’un tel passé, un maréchal de France, n’abandonne pas son poste à l’heure où le danger menace encore ». Dans les couloirs du gouvernement Painlevé, un seul nom circule : celui du vainqueur de Verdun, le Maréchal Pétain.

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Pétain et Lyautey dans le Rif

Louis Witter

Source:Tlaxcala, le 13 novembre 2018

Publié par :Le Desk